2016 : musique(s) !

Pour la rétrospective de l’année musicale en Haute-Marne (notamment) c’est ci-dessous.
Vous pouvez piocher dans le fil de l’actu. Il y a matière.

La rédaction ramassée de ce blog a aimé :

– Les 20 ans du Chien à plumes avec une programmation étincelante.
– La prestation de Les Flow en mai au Festival Dimey de Nogent.
– Et toutes les rencontres musicales et inspirantes vécues durant ces douze derniers mois.

Microsillons d’hiver

Dans le dernier mag Musicorama du JHM (version papier) dimanche 8 janvier 2017, focus sur deux albums parus ces dernières semaines.
Celui du Meusien Eric Frasiak, Sous mon chapeau, (chronique ci-dessous) et celui de Claire Taïb, Chansons pour demain, un hommage au poète nogentais Bernard Dimey.

Le clip tout chaud d’Eric Frasiak « Le jardin de papa » tourné fin décembre à Bar-le-Duc.

Eric Frasiak : chapeau l’artiste !

Quatre ans qu’on n’avait pas eu droit à notre livraison de Frasiak frais. Certes, il y a eu l’hommage à François Béranger, artiste qui lui a donné envie, à l’adolescence, de prendre une guitare et de donner de la voix.
«Je suis très heureux car ce nouvel album bénéficie de critiques très positives. Je pensais qu’avec le précédent (Chronique paru en 2012, Ndlr) j’avais donné le meilleur de moi. Mais, visiblement, Sous mon chapeau est encore un cran au dessus», s’enthousiasme l’artiste meusien.
Frasiak signe tous les textes et toutes les musiques à l’exception d’une adaptation d’un titre emblématique du grand Léo Ferré. «La solitude, c’est le premier morceau de Ferré que j’ai entendu. C’était chez mon frère Romane. J’avais été emballé. La mélodie est magnifique mais, en grand admirateur de Pink Floyd, je trouvais que le solo de guitare était trop court. Je me suis toujours dit que, si je devais l’enregistrer un jour, je lui redonnerais une place de choix», assure-t-il. Jean-Pierre Fara, son guitariste attitré, montre toute sa maestria sur 3 minutes particulièrement jouissives pour tous les aficionados de la six cordes électrique. «La solitude, c’est une montagne. Je ne suis pas mécontent du résultat», poursuit-il.
Mais c’est sans doute quand Eric fait du Frasiak qu’il est le plus convaincant. Sur des sujets souvent sensibles (Migrant, Colonie 6…) mais toujours traités avec humanité et une écriture d’une incroyable justesse. Même quand il décrit Noël et les travers de la société de consommation, ça reste poétique et emprunt d’une tendresse sous-jacente (C’est beau Noël). Le beau frère évoqué tient surtout de la caricature du beauf façon Cabu. «J’ai pleuré plusieurs jours quand toute la bande de Charlie a été décimée. On a tué Le grand Dudule à la kalachnikov !».
Ce grand gaillard à la sensibilité exacerbée (Le jardin de papa, je t’écris) manie tout aussi brillamment la dérision, la révolte ou la sagesse, c’est selon, en objecteur de (bonne) conscience (Espèce de cons, Cuisine politique). Ce morceau, qui parachève l’album, «c’est un Polaroïd de la classe politique. Un peu dans la même veine que le Magouille blues de Béranger. A peine sorti qu’il devrait être réactualisé. On ne s’interdit pas de le faire sur scène», assure-t-il.
Tenez-vous le pour dit, sous son chapeau, Eric Frasiak est plus libre que jamais.
A.S

Un air de cathédrale

Un air de cathédrale

Rien ne sera plus jamais comme avant. Et surtout pas au Bataclan. Les 21, 22 et 23 décembre, Damien Saez a marqué le lieu de son empreinte – son humanisme presque -.

Damien Saez et le Bataclan, c’est une longue histoire. Il en avait déjà empli sa poésie par le passé. Mais en cette fin 2016, ses trois concerts donnés en hommage aux victimes des attentats – son album, L’oiseau liberté, rappelle d’ailleurs sans cesse à quel point il a été marqué par l’année 2015 -, ont donné un ton tout particulier à cette parenthèse, qui verra, avec l’arrivée du printemps, éclore une tournée annoncée comme beaucoup plus rock.
La comparaison est facile, peut-être, mais Saez a transformé le lieu en une véritable cathédrale, trois soirs de suite. Quatre heures de concert, pas moins, une incroyable proximité avec le public, de l’humour, mais point trop n’en faut vu les circonstances, un discours revendicatif toujours, l’artiste s’est voulu bouleversant. Par la force des mots, cette voix qui vient des tripes et une simple guitare. Simple ? Tellement magique…

Que dire de cet Ave Maria, accompagné au piano, qui restera sans doute dans les mémoires, digéré par le public dans un silence religieux. Et de tous ces autres morceaux, dans lesquels le mot Bataclan, le mot terroriste et bien d’autres lancés du fond de l’âme ont forcément touché. Beaucoup touché les 1 500 fans présents à chaque opus.

Il a régné pendant ces trois soirs une ambiance très particulière. De celles qui marquent un artiste. De celles qui marquent une salle. Et de celles qui marquent ceux qui auront eu la chance d’être là.

Christophe Bonnefoy

Majestueux envol

Cette fois, on sait… Le nouvel album de Damien Saez est majestueux. Comme cet Oiseau liberté qui vient de prendre son envol. Emouvant et revendicatif. Et ça n’est pas incompatible.

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On savait que Le Manifeste, vaste projet mûri par Saez après la digestion de Miami en 2013, serait un grand projet. On le devinait différent, le mystère venant vernir l’attente d’une douce excitation.

Le Manifeste est loin, très loin d’avoir connu son aboutissement. A la surprise quasi-générale, la fin du projet, programmée en juillet 2017… attendra Noël de la même année. Un peu de plaisir en plus…

On devinait donc ce retour en fanfare, plutôt que dans la discrétion. Fanfare il y eut. Mais ce ne sont pas les quelques éclats de voix liés à des critiques assassines et systématiques ou des soucis de divulgation de morceaux avant l’heure qu’il faudra retenir. Non : les textes et les musiques sont forts. Très forts. Bourrés d’émotion. C’est donc finalement surtout sur l’art qu’il faut juger ce dernier opus. Son contenu. Sa forme.

L’oiseau liberté prend aux tripes. Tout simplement. Sur fond d’attentats, de liberté(s), de mélancolie, mais d’espoir(s) aussi, les sept morceaux de l’album auxquels s’ajoutent trois “bonus” montrent un Saez révolté – on le savait – mais aussi extrêmement réfléchi, pas seulement dans la colère froide. Un Saez qui s’interroge. Sur la société, sur lui-même aussi.

Un humaniste. Un homme qui a envie d’écrire à son pays (“Mon pays je t’écris”), un homme qui parle de cet oiseau dont les ailes peuvent encore mener loin, malgré des constats implacables.

L’oiseau liberté est évidemment un album qui colle en tout point à l’actualité de ces derniers mois. Un album qu’on écoute… mais dont on s’imprègne, surtout. Pour finalement tomber d’accord : Saez fait définitivement partie de ces artistes à part qui donnent ou redonnent leurs lettres de noblesse à la poésie. Dans tout ce qu’elle a de moderne et d’envoûtant.

De très bon augure, quelques jours avant un Bataclan (21, 22 et 23 décembre) complet depuis un moment et une tournée début 2017.

Christophe Bonnefoy

Happy birthday to You…

Happy birthday to You…

Placebo a 20 ans. Et en ce 26 novembre au Galaxie d’Amnéville, l’anniversaire a viré au gros déballage de son et à l’évocation de beaux souvenirs.
The Joy Formidable, en première partie, avait donné le ton. La soirée serait rock.
Brian Molko et ses acolytes ont ensuite largement répondu aux attentes des fans. Le leader de Placebo avait prévenu : des tubes pas forcément joués lors des précédentes tournées et un gros gâteau d’anniversaire rempli de décibels.
Jusqu’à la dernière seconde, l’ambiance est montée crescendo, pour un final qui aura clos le show sur une excellente note.

Cette mini-tournée des 20 ans en France en annonce une autre, en 2017. Impossible de passer à côté. Le cru Placebo 2016-2017 fera partie des grands millésimes. A déguster, pour le coup, sans modération.

Christophe Bonnefoy

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Yann (Mass Hysteria) : «Le metal, c’est presque 
une religion»

Pour les metalleux français, ils ne sont plus à présenter. Avec 20 ans de carrière, et huit albums, Mass Hysteria a su s’imposer dans le paysage musical du metal français. Ils étaient sur la scène du Metalfest à Saint-Dizier à la mi-novembre, et c’est Yann, le guitariste du groupe, qui a répondu à nos questions.

Le Journal de la Haute-Marne : Comment se passe la tournée ?
Yann Heurtaux : Ultra bien. On est en tournée depuis le 13 novembre 2015, et ça s’arrête le 18 décembre. On fera peut-être quelques dates en 2017. Depuis le début de celle-ci, on a déjà fait 90 dates. Le public est toujours au rendez-vous, c’est un peu fou d’ailleurs que tous ces gens nous suivent. Ça nous surprend, c’est touchant, et c’est plutôt génial.

JHM : 90 dates en un an, et ce n’est pas fini donc. C’est quoi le secret de votre longévité ? Mass Hysteria, ça ira jusqu’ou ?
Y. H. : Avec Mass Hysteria, on a huit albums derrière nous. On s’est toujours dit qu’on voulait arriver à dix ! (rires). En regardant notre longévité, et nos âges, ça nous semble logique… On va essayer de tenir ce cap-là, mais on verra bien ce qui se passe. On aimerait bien en tout cas.

JHM : Votre dernier album «Matière Noire» a été particulièrement acclamé, par la critique et le public. Vous vous y attendiez ?
Y. H : Nous, on ne fait jamais de calcul. On fait du mieux qu’on peut, on essaie toujours d’aller chercher les meilleures compositions, de faire ce qu’on fait de mieux.
Du coup c’est carrément génial pour nous. C’est Mouss, le chanteur, qui écrit les paroles, moi, qui vient du metal, je m’occupe de la musique, mais je ne suis pas seul, même si généralement je sais ce que je veux quand j’amène les riffs de guitare.

JHM : Sur l’album, il y a un morceaux qui s’appelle « Plus que du metal », tu peux nous en parler ?
Y. H : Ce morceau a été particulier… Au départ, moi je n’aimais pas le texte, j’avais peur que les gens le comprennent mal, et pensent qu’on disait que nous, nous étions plus, ou au-dessus du metal. Je m’en excuse aujourd’hui encore auprès de Mouss, qui a écrit les paroles.
J’ai changé d’avis dès la première écoute. Il faut comprendre que le metal, c’est presque une religion. Quelqu’un qui écoute du metal à 12 ans, il en écoute à 40 ans. Les metalleux, c’est une grande famille et ce qu’a écrit Mouss est génial, et ça se voit dans nos concerts où le public est très varié, mais se rassemble pour la musique.

JHM : Comment décrirais-tu l’identité de Mass Hysteria ?
Y. H : Je pense que l’identité du groupe c’est les chants, les paroles. Il y a des gens qui détestent ce qu’on fait, et d’autres qui aiment beaucoup, je pense que c’est soit l’un soit l’autre. Parce qu’il y a des puristes du metal qui n’aiment pas les chants mais c’est aussi pour ça que Mass marche. Moi, je suis fan de Mouss, des chants, et c’est ça Mass Hysteria. Et tant pis pour les autres, on ne changera pas.
En 2006, on a fait un album plus « rock », plus « soft ». Cela aurait carrément pu être un album parallèle tellement il était différent, la production avait changé le ton, mais on assume. Les premières maquettes en 1995 de Mass Hysteria étaient en anglais mais on préfère chanter en français : les émotions passent mieux.

JHM : Vous êtes des artistes engagés?
Y. H : Nous ne sommes pas engagés dans le sens politique. Etre engagé politiquement, ça ne sert pas à grand-chose. Nous, on est engagé dans le positif, encourager les gens à sortir de chez eux, à aller au musée, leur dire de regarder autour d’eux, de se bouger le cul. On est positif à bloc, depuis le début. On a un texte qui s’appelle « L’enfer des dieux » dans lequel Mouss parle du ras-le-bol des guerres de religion par exemple, et on fait simplement des bilans.

JHM : Le 13 novembre l’année dernière, jour des attentats à Paris, vous commenciez votre tournée. Racontez-nous.
Y. H : Oui, on était sur scène à Tulles, quand c’est arrivé. Il y a même des gens qui sont montés sur scène en disant que c’était la guerre à Paris… Si on avait été sur Paris, on aurait été au concert. Dans la suite des événements, on a appris les morts, les blessés. Alors c’est sûr, au concert d’après, tu jettes un œil sur les sorties de secours.

JHM : Une dernière pensée ?
Y. H : Je veux juste remercier les gens qui nous soutiennent, qui soutiennent la scène française (…)!
Propos recueillis 
par Feriel Rarrbomasshysteria
(Photo d’archives P-J P)

Par tous les saints de la guitare

Le festival de guitare d’Issoudun (Indre) est une manifestation qui a lieu chaque année aux alentours de la Toussaint. Cet événement s’adresse aux passionnés de guitare. La dernière édition s’est déroulée du 28 au 31 octobre dans la Champagne berrichonne.

Initiée à la fin des années 80 par Marcel Dadi, guitariste français disparu dans un accident d’avion en 1996, et dont le renouveau acoustique lui doit beaucoup, son contenu s’est élargi à tous les styles possibles : classique, jazz, blues, rock… C’est ainsi que ce festival a réussi à programmer au fil des ans, les plus fines gâchettes de la planète : Chet Atkins, Albert Lee, Larry Coryell, Biréli Lagrene, Mike Stern, Christian Escoudé, Raphaël Fays, Roland Dyens, Michel Cusson, Stephan Grossman, Adrian Legg, Pierre Bensusan, Nguyên Lê, Romane, Jennifer Batten, Michel Haumont, Serge Lopez, John Renbourn, Larry Carlton, Al di Méola, Tommy Emmanuel, Paul Personne…
Pour cette édition 2016, Steve Waring a eu l’honneur de lancer les festivités avec un concert dédié aux enfants. Si les paroles font mouche chez les plus jeunes, sa musique relève toujours d’une richesse harmonique et rythmique aux confins du jazz, du blues, mâtinée de folklore. L’artiste avait séduit les guitaristes les plus exigeants, par le passé, avec ses productions blues, son chant et sa maîtrise instrumentale.
Les conventionnistes, nom donné aux festivaliers qui choisissent l’intégralité de la manifestation, baignent dans une ambiance de concerts, de rencontres amicales et musicales.
La radio Fréquence Guitare Issoudun (FGI), s’est installée à nouveau à proximité du Dadgad café, lieu de convivialité par excellence. Elle interviewe durant trois jours les acteurs de l’événement. Pour partager la vie du festival sur les ondes et le réseau des guitaristes. 
Ce week-end était l’occasion d’échanges amicaux et musicaux très forts. Bon nombre de conventionnistes reviennent fidèlement chaque année. De nombreuses amitiés se nouent. La proximité des artistes professionnels est réelle et s’affirme lors des déjeuners ou d’instants précédant les concerts. Rafaël Fays, Patrice Jania, Michel Ghuzel, Michel Haumont, Eric Gombart, Antoine Tatich, Christian Laborde… pour ne citer que ces concertistes affirmés.
Des concerts haut de gamme
La grande scène du soir a lancé à trois reprises ses bouquets d’artifice : le duo Ezra Esper, Chino l’Argentin qui magnifie sa musique latino sur un dobro, et qui lève la foule de l’auditorium.
Le Canadien Don Ross explore et triture son instrument en fingerstyle avec des possibilités insoupçonnées. Le lendemain, Loula B, duo formé d’une chanteuse accompagnée d’une simple basse (et quelle basse !) et John Scofield en seconde partie ont assuré le show électrique. Chez Scofield, le jazz prend des couleurs bluesy, se démarquant de sa collaboration avec Miles Davis. La dernière soirée est dédiée à Marcel Dadi avec un hommage vibrant à l’œuvre du fondateur du festival. Onze artistes pour prolonger sa musique, offrant une variété d’interprétations sur une vingtaine de ses titres majeurs avec en apothéose des improvisations qui font mouche.
La lutherie à l’honneur
Chacun navigue à son gré entre les plus beaux instruments réalisés par les luthiers présents.
Le salon de la lutherie présente du rêve avec cette multitude d’instruments, aux finitions sobres ou clinquantes. Les plus hardis s’essayent sur ces pièces d’orfèvres. Quatre fournisseurs de bois de lutherie, Français, Italiens ou Espagnols répondent aux besoins des luthiers. Dans ce créneau, la guitare de notre Johnny national trône à proximité de la Chapline en hommage à l’artiste cinématographique du muet. Deux œuvres d’art signées Franck Cheval, le luthier de la première convention accompagnant Dadi. Un film lui a d’ailleurs été dédié, rapportant les histoires de liens et d’amitié entre les artistes et ce luthier majeur.
La scène des luthiers permet pendant deux heures de mettre à l’honneur ces artisans choyés par les musiciens. Afin d‘essayer et apprécier leur travail, les guitares sont essayées par des artistes ou conventionnistes devant un grand public, devenu au fil du temps fin connaisseur. Cabrel n’a jamais dissimulé son profond respect pour celles et ceux qui font chanter les essences diverses de bois : « Dans ce monde rapide, il est des artistes méticuleux, presque arrêtés, des surdoués de la patience : les luthiers de belles guitares. » 
Autour de ces rendez-vous, il faut ajouter une bourse aux guitares et ses accessoires, pas moins de cinq stages de perfectionnement et les Aft’heures dans une programmation off, ces concerts dans les bars jusqu’à très tard au cœur de la nuit et du plaisir musical. De là-haut, sûr que le maître Marcel Dadi devait jubiler devant tant d’éclectisme et d’engouement.
De notre correspondant Sylvain Jobert
 
Trois questions à… Cyril Grandgirard : «Comprendre les attentes du musicien»
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Cyril Grandgirard a installé son atelier de luthier à Arc-les-Gray (70). Il était à Issoudun avec ses dernières créations.
Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous réaliser dans ce métier ?
J’ai commencé, comme beaucoup, par jouer de la guitare, puis je me suis mis à démonter et remonter mes guitares, pour voir comment c’était fait, tester des réglages… Et puis j’ai réalisé ma première guitare en marge de mon métier de menuisier agenceur, il y a 15 ans, en bois de récupération, dans le couloir de mon petit appartement. La passion est née. J’ai décidé d’en faire mon métier.
Comment concevez-vous la réalisation d’un instrument ?
Je travaille beaucoup avec des gens de toute la France et de l’étranger qui ne se déplacent pas tous. Le cahier des charges est donc souvent établi par mails la plupart du temps ou par téléphone. Bien sûr, je reçois volontiers les gens à l’atelier, pour discuter de leur projet, ce qui rend les choses plus explicites. L’essentiel est de comprendre les attentes du musicien, le type de son attendu, l’ergonomie comme le profil du manche, les réglages… Une bonne relation doit s’installer, un partage, une compréhension, pour que l’instrument corresponde complètement aux attentes du musicien.
Vous avez présenté des guitares électriques, acoustiques et des basses. Avez-vous une préférence pour un type d’instrument ?  Quels sont les matériaux que vous préférez utiliser ?
Chaque type d’instrument est différent. J’aime beaucoup travailler sur les basses qui permettent, à mon avis, plus de libertés esthétiques et techniques. J’aime aussi travailler les guitares acoustiques, tester des choses, et sortir un peu des sentiers battus avec par exemple le multi-diapason qui est de plus en plus présent tant dans le monde électrique que dans l’acoustique. J’aimerais pouvoir ne travailler qu’avec des essences locales ou européennes, mais ce n’est pas toujours possible en raison de la demande.
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issoudun4/>Chino l’Argentin magnifie sa musique latino sur un dobro
photo-6-don-rossLe Canadien Don Ross explore et triture son instrument en fingerstyle
photo-7-alain-girouxAlain Giroux : un demi siècle de blues à raconter
photo-9-raphael-fays-1En stage avec un maître du flamenco et du jazz manouche Raphaël Fays
photo-10-scofield2John Scofield (à droite), une référence de la planète jazz
photo-15-faysdadiHommage à Dadi avec Raphaël Fays pour une reprise qui swingue

Léonard Cohen est décédé

Leonard Cohen, gravement malade depuis plusieurs mois, est mort à l’âge de 82 ans. Le chanteur à la voix rauque et intime, aux paroles mélancoliques, au charme discret de gentleman, a imprégné l’imaginaire culturel au fil d’une longue et riche carrière artistique.
«Leonard Cohen était un artiste sans pareil dont l’œuvre a été adoptée par des générations d’admirateurs et d’artistes», a indiqué sa compagnie de disques, Sony Music Canada. On retiendra notamment son succès planétaire «Suzanne» adapté dans de nombreuses langues, notamment en Français par Alain Bashung, Graeme Allwright…
leonard-cohen


Reaction

Une «grande tristesse» pour Jean Fiquet

Bien connu dans le Sud de la Haute-Marne, Jean Fiquet interprète des œuvres de Leonard Cohen lors des concerts avec son groupe. Il s’exprime suite à la mort hier 
du chanteur et poète canadien.

«Je suivais sa carrière depuis les années 60 et j’avais eu le plaisir de le voir sur scène à plusieurs reprises, la dernière fois il y a quelques années à Strasbourg. La dégradation de la santé de Leonard Cohen lors de ces dernières années m’avait fait craindre cette issue. Il souffrait notamment du dos et avait aussi été particulièrement affecté par la mort, durant l’été, de celle qui avait été sa muse et son grand amour, Marianne Ihlen».
Jean Fiquet souligne également combien Leonard Cohen aimait se produire sur scène même en prenant de l’âge. «En dépit de ces soucis de santé et d’une lassitude qu’il avait parfois laissée transparaître, Leonard Cohen avait indiqué dans une interview qu’il s’imaginait encore faire deux albums et débuter une tournée en 2017. Cette soif artistique se voyait dans son dernier album sorti il y a quelques semaines et que, personnellement, je considérais comme fantastique et à la hauteur de l’artiste qu’il a toujours été. Leonard Cohen était un homme emprunt de mysticisme et qui semblait avoir fait la paix avec lui-même. Récemment, il avait eu des paroles fortes pour féliciter Bob Dylan pour son prix Nobel de littérature. A mes yeux, Cohen aurait pu tout à fait être lauréat de ce prix parce qu’au-delà de ses chansons, il était aussi un poète. Si je ne devais retenir qu’une chanson de son répertoire, je choisirais “Suzanne”, qui est peut-être sa plus belle, même si j’ai aussi une affection particulière pour “Dance me to the end 
of love” que j’interprète parfois lors de mes concerts».
Au-delà de la tristesse qui accompagne l’annonce de son décès pour tous ceux qui ont aimé l’homme et l’artiste Leonard Cohen, Jean Fiquet pense que c’est surtout d’ici quelque temps que l’on prendra la pleine mesure de ce que le chanteur a voulu transmettre comme message tout au long de sa vie.
Propos recueillis 
par Pierre Gaudiot
fiquetLe Haut-Marnais Jean Fiquet reprenait régulièrement les chansons 
de Leonard Cohen dans ses concerts.

Bouleversant

Bouleversant

saez

Cette fois… c’est fait ! Le Manifeste, entretenu à petits coups de textes – superbes – via le site Internet de Damien Saez et l’application Requiem a bel et bien pris son envol. Il ne manquait plus que quelques sons pour ravir les fans. C’est fait. Et quels sons ! Dédiés aux victimes des attentats de janvier et ceux du 13 novembre, Tous les gamins du monde et Les enfants paradis ont tout d’hymnes qui pourraient bien devenir intemporels. La voix est posée, sans excès, les mots justes. Ici, pas de hargne, pas de colère – ou seulement contenue -. Non, juste un hommage simple, efficace et poignant. Les mélodies sont évidemment magnifiques, mais ce sont surtout les textes qui accrochent. Qui émeuvent aux larmes.

L’hommage aux victimes du Bataclan, notamment dans le second morceau, prend d’ailleurs aujourd’hui tout son sens. Evidemment parce que le 13 novembre est dans toutes les têtes, mais aussi parce que Saez sera sur cette scène parisienne les 21, 22 et 23 décembre. C’est bien sûr complet, depuis quelques jours.

Certains évoquaient, les heures dernières, l’hypothèse de deux ou trois morceaux distillés chaque semaine, jusqu’à former un album, annoncé pour le 9 décembre. Pourquoi pas, mais rien dans les annonces faites par Saez ces derniers mois ne semble aller dans ce sens. Rien non plus, il est vrai, n’allait dans le sens de la sortie de ces deux hymnes en ce début novembre. Qui sait… Depuis l’annonce de son retour, Saez entretient le mystère. Il aurait bien tort de ne pas continuer, il en joue… et ceux qui l’apprécient adorent !

En attendant, Tous les gamins du monde et Les enfants paradis sont bouleversants. A écouter via www.culturecontreculture.fr (téléchargement gratuit des deux titres).

Christophe Bonnefoy

 

Eclectik rock : c’est parti !

Laura Cahen et Son Del Salon ont ouvert jeudi 10 novembre le festival Eclectik Rock, qui a duré jusqu’au 27 novembre à Saint-Dizier. Une quinzaine marquée vendredi 18 novembre par 
le Metalfest, une soirée dédiée au metal avec six groupes programmés.
Ce n’est un secret pour personne, le nord haut-marnais est une terre fertile pour le métal. Pour la musique Metal aussi, tout naturellement. Ceux que l’on appelle «les metalleux» sont nombreux. Certains font partie de l’association Lezard’Os, qui a organisé plusieurs concerts et festivals dédiés au genre. L’association, toujours marquée par un festival difficile en 2014 au château de Matignicourt (en raison d’une météo épouvantable), remet le couvert, en s’associant à l’Agglomération Saint-Dizier Der et Blaise. L’idée a été la suivante : intégrer la soirée metal – le Metalfest donc – à Eclectik Rock, le temps d’une soirée.
Vendredi 18 novembre, ce sont cinq groupes qui passeront avant la tête d’affiche Mass Hysteria. Un festival «donnant-donnant» où l’agglo, via son service culturel, finance la soirée* et récupère les recettes tandis que Lezard’Os fait de même avec le bar. La logistique est conjointe. «C’est un partenariat total, on a un bon relationnel avec eux», confirme Yannick Giraldi, président de l’association. «Le festival nous permet de toujours exister, alors que les subventions deviennent difficiles à obtenir. On remonte la pente», explique le président de Lezard’Os.
La programmation permet d’offrir au public des groupes rodés ou avec des musiciens expérimentés. Du Metal pur pour démarrer la soirée, avant le tête d’affiche, «pas quelque chose qui soit du pur Metal pour s’ouvrir un public plus large, ce choix n’est pas anodin». Pour le bon déroulement de la soirée, un noyau dur de l’association bragarde sera épaulé par des membres de l’association Metal division (Chaumont-Langres), L.A. Events (Châlons-en-Champagne) et Arden rock metal fest (Rethel). «On s’aide les uns les autres pour pouvoir tous exister», reprend Yannick Giraldi, qui espère voir une suite à la soirée du 18 novembre.
N. F.

* Le budget prévisionnel de la soirée Metalfest est de 60 000 €.

Le programme
Le festival Metalfest a lieu vendredi 18 novembre, aux Fuseaux, 
à partir de 17 h :
17 h : Deadwood (Reims, groove metal).
18 h 15 : Tankrust (région parisienne, death trash).
19 h 10 : Death Decline (Dijon et Chaumont, death trash)
20 h : Assassin (Düsseldorf, Allemagne, trash metal)
21 h 10 : Regarde les hommes tomber (Nantes, black metal)
22 h 30 : Mass Hysteria (Paris, metal)

Renseignements et réservations au 03.25.07.31.26 et sur billetterie.saint-dizier.fr

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Regarde els hommes tomber (Photo DR)
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Mass Hystéria, tête d’affiche de cette soirée consacrée à la musique Metal (photo d’archives Pierre-Julien Prieur)
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Death Decline (Photo Anaïs Somaglino/Lartwork Stan W Decker)
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Assassin (Photo DR)

Georges Jouvin s’est éteint

Georges Jouvin, vice-président honoraire de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) et trompettiste émérite s’est éteint à Saint-Cloud.
Entré à la Sacem comme stagiaire en novembre 1956 et promu sociétaire définitif le 31 mars 1966, « L’homme à la trompette d’or » est décédé lundi à l’âge de 93 ans, au terme d’une carrière exceptionnelle.
René Grolier, accordéoniste installé à Cirey-sur-Blaise, côtoyait Georges Jouvin chaque mois au siège de la Sacem à Neuilly-sur-Seine. «Au-delà du très grand musicien, compositeur et virtuose, c’est un homme engagé pour la défense des créateurs, du droit d’auteur et de la gestion collective qui disparaît. Avec une constance et une énergie jamais mises à défaut, il a notamment assumé, pendant de longues années, les fonctions d’administrateur et de vice-président de l’organisme, était également président de la SDRM (Société pour l’administration du droit de reproduction mécanique), membre et président du Comité de gestion du DRM, administrateur de la Smacem (Mutuelle des auteurs compositeurs éditeurs de musique) dont je suis le trésorier-adjoint depuis 12 ans à ses côtés. Georges Jouvin était également, vice-président de L’IRCEC (Institut de retraite complémentaire des artistes auteurs) et membre de la commission de professionnalisation de l’Agessa (Sécurité sociale des auteurs).
Diner à ses côtés, une fois par mois, je ne pourrai pas l’oublier. Nous faisions partie de L’ACEG (association des compositeurs éditeurs gastronomes) ce qui nous permettait de nous rencontrer souvent entre artistes autour d’une bonne table», souligne René Grolier.
jouvingeorges

Pierre Etaix, l’ami de Bernard Dimey, s’en est allé

Philippe Savouret, biographe de Bernard Dimey, évoque son ami Pierre Etaix décédé il y a quelques jours.

«Cinéaste, écrivain, dessinateur, c’est surtout le mot CLOWN qui nous vient tout de suite à l’esprit. Tant le cirque a marqué sa vie en particulier avec Annie Fratellini, avec laquelle il a créé l’Ecole Nationale du Cirque en 1973.
Ce touche à tout, gagman, assistant réalisateur de Jacques Tati, est le digne héritier d’une longue tradition de burlesque de Charlie Chaplin à Buster Keaton.
Bernard Dimey, notre poète qui s’intéressait à tous les styles était l’ami d’Annie et Pierre et des clowns en général. D’ailleurs il leur a consacré une des émissions qu’il animait sur la 3e chaîne « Pour l’amour de… » Celle-ci « pour l’amour du cirque ».
De même, Bernard Dimey qui aurait aimé jouer la comédie eut l’opportunité de participer à des films grâce à  Pierre Etaix entre autres qui lui confia le rôle d’un truculent médecin dans «Tant qu’on a la santé» 1966. Sur un scénario de Jean-Claude Carrière lui aussi ami de Pierre Etaix.
Il y a quelques années alors que la présidente voulait le faire venir pour parler de B.Dimey et de sa relation au cinéma dans le cadre du festival, on eut la désagréable surprise d’apprendre que ses films étaient bloqués pour de sordides affaires de droits. On ne put les voir pendant 20 ans. Et puis grâce à une mobilisation nationale de la presse, du métier et des amitiés, son œuvre cinématographique fut non seulement autorisées en 2009 mais on peut redécouvrir l’intégrale de ces chefs-d’œuvre poétiques et burlesques dans un coffret DVD.
Pierre Etaix résidait à Montmartre dans un endroit bien connu des Dimeyphiles : 13 rue Germain Pilon. Dans ce magnifique immeuble, il louait quelques pièces au poète. C’est ainsi que de 1969 à son décès, Bernard Dimey y vécu avec sa compagne Yvette Cathiard. En face d’un célèbre troquet immortalisé par Dimey : « Le Gerpil ».
C’est d’ailleurs sur le mur de cette propriété qu’on peut voir la sculpture en pierre consacrée à Bernard Dimey. (Ou plutôt qu’on reverra, car celle-ci fut démontée pour refaire le mur. C’est quelqu’un de l’entourage de Pierre Etaix qui me l’a confirmé lorsqu’on s’était inquiété de sa disparition cet été.).
Pourtant bien qu’artiste, Pierre Etaix se fit l’un des ardents défenseurs de la charcuterie menacée de disparaître. Celle-ci se trouvait dans un endroit stratégique à l’angle des rues Germain Pilon et des Abbesses. Or, la Ville de Paris voulut construire un théâtre et une école de danse en 1996. Mais une polémique avait pour objet le projet lui-même. La destruction de la charcuterie a été très mal perçue par les habitants de ce «village très commerçant». Guy Franquet, montmartrois originaire de Saint-Dizier en a fait un feuilleton : «le cochon rose». D’abord distribué en feuille, chez les commerçants, il fut ensuite édité et illustré par Pierre Etaix. prix Alphonse Allais 1997.
L’intégrale des films De Pierre Etaix comme « Le cochon rose », est disponible à la médiathèque Bernard Dimey de Nogent.
’ai eu la chance de rencontrer Pierre Etaix, invité par Yvon Lallemand et les écrivains haut-marnais en 1996 à Saint-Dizier. L’occasion de parler de Bernard Dimey. Il a dédicacé pour la médiathèque,: «Le métier de Pierre Etaix» livre qui venait de sortir, préfacé par Jerry Lewis».etaix0En 1995 à Saint-Dizier : Pierre Etaix et Philippe Savouret (au premier plan)
etaix1La dédicace de Pierre Etaix pour la médiathèque de Nogent.etaix2Pierre Etaix par Hervé le Graët à montmartre…etaix3Au 13 rue Germain Pilon à Montmartre où vécu Dimey et Etaix qui sous louait une partie de la maison.etaix4En 1966 avec Bernard Dimey pour « Tant qu’on a la santé ».

Marie d’Epizon, l’engagée poétique

Marie d’Epizon, l’engagée poétique

Ses parents chantaient. Elle ne pouvait être qu’à la meilleure école. Avec des textes ciselés remarquablement écrits, Marie d’Epizon, intimiste, toute en sensibilités, parcourt les scènes de France.

D’abord, sa voix, elle la prête aux standards éternels de grands de la chanson française, Brassens, «puits sans fond de références littéraires», Brel, Ferré, Barbara «qui raconte notre histoire», Gainsbourg, Ricet Barrier, Anne Sylvestre… Des interprétations remarquables, tout en finesse, tantôt en toute sensualité, toujours dans son style, et qui lui ont valu un succès d’estime à travers la France et même à l’étranger. Marie a la voix claire, a du talent, et le fait valoir dans le circuit parallèle de la chanson, ce milieu “off”, populaire sans être commercial. Elle y évolue comme un poisson dans l’eau, parvenant à donner beaucoup de plaisir aux gens via des textes profonds, émouvants, la plupart écrits par son complice Claude Kintzler.
Ayant posé ses valises en Languedoc il y a 30 ans, Marie, fille d’ouvrier, n’a jamais oublié sa Haute-Marne natale d’où, pour les besoins de la scène, elle a emprunté le nom du village de ses racines (Epizon). Cet été et cet automne, Marie aura chanté et lu des textes «gourmands» devant son public à Fayl-Billot et à Arc-en-Barrois. Elle a, jadis, déjà pris part au Festival Bernard-Dimey à Nogent. «J’aime Epizon et la Haute-Marne, j’y reviens le plus souvent possible», souligne celle qui revisite “Le marchand de sable”, chanson qui évoque son enfance dans le Vallage.
Souvenirs, donc. Marie, sa première guitare en main, a commencé à chanter avec des copains de lycée. Artiste dans l’âme, elle a suivi en dilettante les cours d’histoire de l’art avant de répondre à l’appel du spectacle. Il a fallu à la jeune femme à la sensibilité bien perceptible franchir le mur d’un défi : celui du trac.
La chanteuse qu’on invite chez soi
Depuis la chanteuse, auteur, compositeur, interprète, guitariste, “diseuse”, très demandée, va de scène en scène, tenant jalousement à son indépendance. Les grands podiums ne sont pas faits pour celle qui veut rester proche de son auditoire. Echange toujours recherché, sinon spontané. Ne propose-t-elle pas des spectacles chez l’habitant, “Les Chant’appart”  ? epizon5epizon1epizon2

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A travers la douceur des mots et une simplicité toute musicale, pointe une rebelle à petites touches, ancrée dans son temps. Comment détourner la voix devant tous ces naufrages, version contemporaine et tragique du Grand Bleu ? «Ces tristes compagnons d’Ulysse subissent leur dernier supplice dans les abysses les grands fonds…» Tendre hommage aux migrants en quête d’Eldorado et en proie à l’indifférence, dans la “Sirène de Lampedusa”, un des titres marquants du dernier opus – le quatrième CD de Marie – “Bleu nuit” qui vient de sortir. La chanteuse invite à nous voir dans le miroir des sentiments, rappelant dans une atmosphère parfumée de mélancolie cette insouciance révolue «le nez au vent et la vie devant…». Superbe chanson sur l’espérance.
L’authentique poésie de Marie, qui, dans ses tournées, ressuscite aussi les textes de Dimey et de Leprest, n’a pas échappé à Paco Ibanez qui l’a fait un jour monter sur une scène espagnole, à ses côtés, et pour qui la chanteuse est «une des plus importantes interprètes françaises actuelles». Rien que ça.
Artiste véritable, loin des honneurs, la Haut-Marnaise se distingue déjà par son humilité, sachant que le métier de chanteuse est difficile, et, qui plus est, dans son cas, sans grands relais médiatiques. Mais la passion ne se nourrit pas de regrets, ni de gloire. “L’optimiste inquiète” trace un sillon de bonheur entraînant derrière elle bien des âmes en quête de songes, de vérité, de paix et de légèreté. L’essentiel est là. Nous ne sommes riches que de notre poésie… C’est la devise de Marie.
Eric Piderit

Tournelune en clair obscur

Tournelune en clair obscur

Rock, sombre, poétique et ouvert, c’est ce qui caractérise le nouvel album de Tournelune, Jour de l’aveugle. Tentons d’y voir plus clair.

Revoilà Tournelune. Le groupe sud haut-marnais fait preuve d’une régularité métronomique. En 2003 sortait son premier album, Le tourne-disque, en 2007, SuperJésus, en 2011, Il est temps. La dernière pépite, Jour de l’aveugle, a été livrée au coeur de l’été. Entre temps, les Tournelune se sont faits entendre sur plusieurs compilations indépendantes et sur l’album Dimey Pluriel paru l’an dernier.
Une production discographique soutenue qui se double d’une même frénésie scénique. Bref, Tournelune turbine gaillardement en restant fidèle à son postulat : un rock très personnel et dynamique qui ne s’interdit aucune incartade sur des chemins de traverse plus populaires ou expérimentaux.
Jour de l’aveugle s’inscrit dans cette veine-là. Un album compact (9 titres) et efficace.
Barnaum itinérant
Et comme les Tournelune ne font décidément rien comme les autres, ils ont convié bon nombre d’invités à participer aux sessions d’enregistrement qui se sont déroulées dans des conditions plutôt inhabituelles. Une large part de l’album a été mis en boîte à la MLAC de Clamecy (Nièvre). Des sessions additionnelles ont été faites à La niche du Chien à plumes à Dommarien et au studio 4-4-2 à Cramans (Jura). Un véritable barnaum itinérant voulu par ces joyeux drilles qui ont confié les captations et le mixage à l’excellent Adrien Rolet.
«Enregistrer dehors, ça change la donne», assure Alexandre Doizenet, membre du groupe depuis ces débuts. «Si on écoute les morceaux au casque, on peut entendre le chant des oiseaux ou l’arrivée tonitruante de l’agent de La poste venu livrer le courrier. On a choisi volontairement des lieux ouverts car l’environnement direct agit sur l’ambiance générale des sessions», poursuit encore Alexandre.
Ouvertement
Cette volonté d’ouverture s’affiche aussi quand on consulte la liste des musiciens qui ont participé aux enregistrements. Les six membres permanents (Fabien Peter, Morgan Vogenstahl, Alexandre Doizenet, Grégoire Simon, Pierre Lainé, Sylvain Lainé) de Tournelune ont sonné le rappel des amis qui ont notamment partagé les étapes du Track-tour annuel menant, jusqu’à l’an dernier*, cette troupe atypique sur les routes de France.
La multiplicité des invités fait que «c’est hyper vivant. C’est un beau cadeau qu’ils nous font en venant participer à l’album», souligne Fabien Peter, charismatique chanteur de Tournelune. On y croise donc les camarades d’Eleazar, Jean-Hughes et Benjamin Voillemin ; Mike Ravassat pour quelques prises de basse et de guitare ; Pierre Gauthé, ex-Têtes Raides, Mano Negra, au saxophone ; Yannick Blanchot et Paul Galeron à la basse ; Sébastien Huguenin à la trompette et au trombone ; Juliette Taffin aux choeurs et même Norbert Brunner, l’ancien intendant du château de Faverolles.
Obscurantisme
L’album s’est finalisé au fil de ces interventions ponctuelles avec ce même besoin d’ouverture dans l’interprétation de chacun. Et la sauce a pris remarquablement. Ambiances musicales et textes sont en totale cohérence.
Parlons-en justement des textes écrits, en garde partie, et interprétés par Fabien Peter. Les thèmes abordés sont sombres comme l’air du temps. «On vit une période d’obscurantisme», lâche Fabien. Se connecter à la réalité d’une société en mal de repères, c’est forcément faire ressortir une part d’ombre, une tension qui pénètre chacun des morceaux de l’album jusqu’à l’os. «L’écriture est un muscle», assure encore l’ancien tennisman.
Et ça fait le plus grand bien de se plonger dans cet univers poétique et engagé d’où émanent quelques influences stylistiques qu’on situera sans mal du côté de chez Rimbaud et d’autres poètes de la même lignée. A une époque où la tendance aux textes mous du genou est particulièrement prégnante, on saluera la démarche de Tournelune. Rester authentiques et énervés… En clair obscur !
A.S
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* Le vieux tracteur a fini son périple dans un ravin alpin et la vieille remorque attend depuis ses propriétaires.

Show case et tournée
C’est un souffle nouveau qui anime les membres de Tournelune, tous décidés à mettre le paquet dans les semaines qui viennent pour porter leur dernier opus.
Outre l’apport d’une nouvelle section rythmique (Lucas et Jéjé), le groupe devrait faire feu de tout bois avec des show-case en projet à la librairie A la Une à Chaumont et au bar-tabac Le Balto, QG du groupe à Langres. Des dates de concerts sont annoncées à Gérardmer en novembre, Paris, Migennes (Yonne). Tournelune compte bien se faire également une place dans la programmation des festivals d’été en 2017. L’album est disponible sur le Net et dans différents points de vente du département (Le quotidien à Fayl-Billot, Le Balto à Langres, A la Une à Chaumont, au Centre Leclerc de Saints-Geosmes, chez Cultura à Dijon).

Co & Jane : first EP

La scène musicale haut-marnaise se divise principalement en deux courants : d’un côté les aficionados de rock musclé et de l’autre les amateurs de chanson française. Entre les deux, quelques originaux, dont Co & Jane. Ces deux lycéens langrois s’illustrent par un univers musical pop en anglais. De la feel good music, traduction française : de la musique pour se sentir bien.
Cette joie de la musique et l’envie de la partager, Corentin Péchiné et Jeanne Bardin semblent les porter en eux depuis toujours. Un état d’esprit palpable en concert bien sûr, et dorénavant sur ce très réussi cd six titres, sorti il y a quelques semaines.
Produit à la maison, ce petit bijou permet de retrouver quelques-unes des compositions de Co & Jane dans toutes leurs caractéristiques : des mélodies immédiatement mémorisables, des arrangements délicats, et ces voix qui s’emmêlent à merveille, fraîches et bienveillantes.
La bande-son de ces belles journées de printemps qu’on voudrait éternelles.
A.L.co-jane

Le Chien à plumes a fait son festival

Le Chien à plumes a fait son festival

Retour en images sur la dernière livrée du Chien à plumes. Le festival fêtait ses vingt ans le week-end dernier à Villegusien. (Photos Christophe Bonnefoy et Marine Prodhon)
Au total, sur les trois jours, le festival affiche 24 000 entrées. Un record ! « Nous avons fait un très bon vendredi ainsi qu’un excellent dimanche, et nous étions complet – soit 9 000 personnes – rien que sur la journée du samedi», signale Eric Meunevelle, directeur du Chien à plumes, très satisfait de ces chiffres. «Cette année, 80 % des entrées étaient des “pass 3 jours” alors qu’habituellement ce sont 70 % de celles-ci».
Pour lui, plusieurs facteurs expliquent ce succès : «Evidemment la programmation entre en compte, avec la chance d’avoir Louise Attaque, qui d’habitude n’est présent que sur les gros festivals». Il y a six ou sept ans, le violoniste de Louise Attaque avait déjà participé au festival avec un autre groupe peu connu à l’époque, et le directeur du festival en est persuadé, cette expérience a pesé dans la décision des artistes. Il y a également l’effet 20 ans, qui attise la curiosité.
Les festivaliers qui avaient déjà eu l’occasion de participer aux dernières éditions ont voulu voir ce qui était programmé pour cet anniversaire. Mais pour Eric Meunevelle, un autre élément a favorisé cette affluence exceptionnelle : «Le festival dans sa globalité a très bien fonctionné, je pense que le climat quelque peu morose de ces derniers temps pousse les gens à se retrouver pour s’amuser afin de montrer que la vie continue». Un autre point peut aussi être constaté : celui de la démocratisation. «Au début, les festivals s’adressaient à un public spécifique. Aujourd’hui, “Monsieur tout le monde” peut s’y rendre et nous devons cela au travail de longue haleine de tous les festivals en France. L’ambiance est bon enfant et les musiques ne touchent pas qu’une tranche de personnes». Eric Meunevelle connaît d’ailleurs plusieurs personnes qui ont découvert le Chien à plumes cette année. «En prévision du nombre de festivaliers, les organisateurs avaient renforcé leurs équipes «pour pouvoir gérer les trois jours». Ainsi, 340 bénévoles étaient présents sur le festival. «C’était une chouette équipe. Les bénévoles étaient investis et débordaient d’énergie, de plus, ils étaient très solidaires entre eux».
Une édition qui restera donc dans les annales du Chien à plumes, tant par sa programmation que par son affluence.
M. P.

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Microsillons (haut-marnais) d’été

Dans le mag Musicorama du JHM ce dimanche 10 juillet, les chroniques de plusieurs albums de groupes haut-marnais qui viennent de sortir : Red House, Lazy at work et ZEF.
Red House et Lazy at work, lors de la finale du tremplin musique du JHM et les musiciens de ZEF, filmés en répétition, et qui nous gratifient de deux extraits de leur album.
La musique est de toutes les couleurs. Bel été à tous. Les filles assurent.
Les vidéos ici :


Un vent nouveau
 souffle pour Zef

Nouvelle ère pour le groupe bragard, qui a sorti, hier, son premier album baptisé “Fairground”. Une nouvelle étape pour ce groupe qui existe depuis plus de 15 ans, mais qui s’est totalement renouvelé l’an dernier, grâce à sa nouvelle chanteuse.

Sortir un album, c’est toujours une aventure pour un groupe. Et ce n’est pas Zef qui dira le contraire. La formation bragarde a en effet attendu plus de 15 ans pour sortir son premier opus. Baptisé “Fairground”, il est disponible depuis hier. «On avait envie depuis très longtemps de faire un album et, souvent, à la fin de nos concerts, des gens venaient nous voir pour nous demander notre album, mais nous n’avions rien à leur proposer», raconte Rénald Bailly, bassiste du groupe.
Le déclic est venu il y a un an, «grâce au bouche à oreille. Quelqu’un nous a parlé d’une chanteuse anglaise, qui vivait à Saint-Dizier. On l’a contacté via Facebook et on s’est rencontré rapidement. Ça a collé tout de suite, tant musicalement, que personnellement.» Le groupe se met alors rapidement au travail. «Siobhan nous a apporté ses morceaux, qui étaient plutôt électro-pop. On les a repris ensemble en y amenant une énergie rock. L’album est le fruit de cette collaboration», poursuit Rénald. Le nouveau Zef était né.
Un line-up stabilisé
Car en 15 ans d’existence, le groupe a vu passer bon nombre de chanteuses et de musiciens. Mais désormais, le line-up est stabilisé autour de Rénald, de Loïc Moulun à la batterie (les deux fondateurs), de Jean-Marc Lévy à la guitare, arrivé en 2013, et de Siobhan Codd au chant, depuis avril 2015. Une formation qui s’est déjà produite l’année dernière sur deux scènes bragardes d’importance : celle de la Fête de la Musique, en juin, place Emile-Mauguet, et celle du Commerce, à l’occasion du parcours musical d’Eclectik Rock, en novembre.
Depuis, le groupe s’était enfermé en studio. «On a fait les prises de batterie, guitare et basse dans notre studio. Enregistrement, mixage et mastering, on a tout fait nous-même. Et puis Sarah Garcia, vice-présidente de l’Agglo et Ilona Pietrzok, directrice culturelle, nous ont contactés pour nous proposer le studio des Fuseaux. On a pu y enregistrer toutes les parties chantées», se réjouit Rénald Bailly.
Le résultat c’est un album de sept titres, en anglais, pressé à 500 exemplaires. Quant au style ? «On nous répertorie comme pop-rock, mais pour moi, c’est plus que ça. Il y a un peu de métal et de rock progressif dans certains morceaux», explique le bassiste. Un style bien à eux, donc, à découvrir dès samedi, à 23 h, pour la Fête de la musique de Bettancourt-la-Ferrée, puis mardi, à 22 h 50, aux pieds des remparts, pour celle de Saint-Dizier et enfin le 2 juillet, en compagnie d’autres groupes locaux, aux Etangs Franchot.
P.-J. P.

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En 2015, la Ville a offert la scène de la place Emile-Mauguet au groupe, à l’occasion de la Fête de la musique,
avant de le programmer pour Eclectik Rock. (Photo d’archives Marine Tétard)
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Rénald, Loïc, Siobhan et Jean-Marc forment désormais le groupe Zef,
qui vient de sortir son premier album. (Photo Fabrice Petermann)

Christian Codfert 
allume la mèche

L’auteur-compositeur-interprète langrois, Christian Codfert, vient de sortir “L’étincelle”, son premier album studio, entre chansons à texte et réminiscences de jazz.

Il a enfin franchi le pas. Baignant dans l’univers de la musique, sa passion, depuis les années 90, le Langrois Christian Codfert, auteur-compositeur-interprète, sort (enfin) son premier album, “L’étincelle”. «J’ai eu mon premier groupe dans les années 90, c’était alors les balbutiements. Je me suis mis à écrire sérieusement dans les années 2000, avant tout pour la scène.»
C’est une opportunité artistique qui l’a poussé à passer enfin la porte d’un studio. «Je me suis retrouvé avec un ami qui enregistrait un album de reprises de Brassens. Et là, j’y ai trouvé un son exceptionnel alors je suis revenu pour moi. J’avais déjà essayé d’enregistrer, par le passé, mais je n’étais pas satisfait du son.»
codfert
Pour l’artiste, c’est enfin l’occasion de faire partager son univers exigeant et atypique. Christian Codfert ne s’en cache pas, il est loin d’être convaincu par la scène musicale francophone actuelle. «Il y a un manque d’inspiration générale depuis les années 80.» La faute aux plus grands des années 70, comme Joan-Pau Verdier, qu’il adore, «qui ont tout fait, tout tracé.»
Seuls trouvent grâce à ses yeux, aujourd’hui, Stromae — «qui propose quelque chose de nouveau» — et Hubert-Félix Thiéfaine, même s’il n’est plus au niveau «du chef-d’œuvre qu’était son premier album.»
Avec des artistes comme Michel Fugain, William Sheller, mais aussi les groupes Yes, Led Zeppelin et Pink Floyd, ces chanteurs à texte figurent au nombre de ses inspirations. Pour lui, le texte, le message à transmettre est le plus important.
Et pas de n’importe quelle manière. «J’apprécie les gens qui se donnent dans la recherche. La construction doit être une recherche, et sûrement pas la reproduction d’un modèle tout fait. Mon métier, ce n’est pas d’écrire une chanson mais de la musique.»
Hommage à Coluche
Dans “L’étincelle”, Christian Codfert a mis en musique le résultat de plusieurs années de “recherche”. «Le fait d’être auteur-compositeur ne devrait pas être une activité intégrale, mais une activité correspondant à ce qu’on a réellement à dire. De temps en temps, il y a des idées qui tombent et ça aboutit… ou non.»
Et lorsqu’elles aboutissent, elles font des étincelles, comme cet hommage à Mimi, qui est en réalité Coluche. Et comme Christian Codfert aimait bien aussi Gainsbourg, il n’a pas oublié de faire (un peu) de provoc : «Le premier mot du premier titre, c’est “merde”. Et c’est fait exprès.»
N. C.

Julien Kerfuric : Des mots sur les maux

Julien Kerfuric : Des mots sur les maux

Dans le regard clair de Julien Kerfuric, on lit toutes les nuances de l’âme humaine, de la douceur à la colère. Ce jeune auteur-compositeur-interprète de Haute-Marne n’est pas chanteur par hasard. Il chante parce que c’est nécessaire… Parce qu’il a mal aux autres. Après plusieurs années à travailler comme infirmier dans le milieu psychiatrique, toutes ces émotions accumulées, toute cette détresse, tous ces espoirs se sont transformés en chansons.
Julien a le sens du mot juste, celui qui touche forcément où ça compte : au coeur et aux tripes. C’est en orfèvre qu’il écrit ses textes, et c’est en orfèvre qu’il les délivre. A la fois forte et limpide, la voix de Julien est une arme qu’il a travaillée pendant des années. Au sein de groupes de reprises d’abord, puis au travers d’Amadeus, formation pop-rock de Saint-Dizier dont il est l’un des membres fondateurs. Dans le sillage des groupes qui les ont influencé (Yodelice, -M-, Shaka Ponk, Skip the Use, Muse ou encore Coldplay) Julien et ses acolytes ont patiemment rôdé leur spectacle sur les planches du Grand-Est. De ces centaines de concerts, ils acquièrent cette maîtrise professionnelle de la scène qu’on n’obtient qu’à la dure, au fond des rades, là où il faut aller chercher les applaudissements. Riche de cette expérience, Julien se forge une conviction : il doit essayer de vivre de sa passion. A 33 ans, il intègre la prestigieuse MAI (Music Academy International) de Nancy. Au contact de professionnels reconnus comme Bruno Berberes, Angie Berthias-Cazaux, Charlotte Berry, Marlène Schaff, Jimmy Bourcerau, Vincent Baguian, Jacky Locks et Arnaud Alain, il peaufine, il perfectionne… sans perdre pour autant cette belle sensibilité qui fait de lui un chanteur un peu à part. L’ aventure commence à peine.

Aymeric Laloux

Plus d’infos sur le groupe Amadeus : https://www.facebook.com/amadeusmusique

Julien Kerfuric du groupe Amadeus
Julien Kerfuric du groupe Amadeus

Jukebox 6 : Z-Plank d’un cheveu

Retour en vidéo sur la finale du tremplin musical du JHM qui avait lieu vendredi 3 juin à Chaumont. Quels sont les gagnants du jukebox6 déjà ????

Entretien et extraits du concert de Red House, groupe lauréat du tremplin 2015.




Des musiciens aux spectateurs en passant par l’organisation, il n’y avait que des sourires sur les visages des personnes présentes vendredi soir au Nouveau Relax à Chaumont. Il faut dire que le spectacle offert par cette sixième finale du tremplin musical Jukebox organisé par le JHM était particulièrement enthousiasmant. Au point de donner des cheveux blancs à certains membres du jury, bien embêtés pour départager les quatre groupes candidats. Lazy at work ? Cheeky ? Co&Jane ? Z-Plank ? Qui allait partir enregistrer un album au Château de Faverolles ? La réponse ne serait donnée qu’après plus de quatre heures d’un concert de haute voltige, dans un Relax plein comme un oeuf avec une ambiance de folie !

Lazy at work
Charge au duo Chaumontais d’ouvrir le spectacle, ce qui fut fait de fort belle manière. Julien à la basse, Alexandre à la batterie, les deux compères ont lancé leur show électro – trip hop à fond la caisse. Sur cette section rythmique au groove impeccable des samples et des projections vidéos habillaient les morceaux et construisaient l’univers Lazy at work. Un spectacle étonnant, complexe et un pari gagné pour ce nouveau projet qui a su réellement envoûter le public.

Co&Jane
Autre groupe, autre ambiance avec Corentin et Jeanne, les deux lycéens langrois qui étaient déjà présents en finale l’année dernière sous le nom de Magic. Rebaptisé Co&Jane, le duo a progressé à une vitesse incroyable en l’espace d’un an. Tout en gardant leur fraîcheur, les deux amis ont complètement restructuré leur set. Plus pro, plus mature, plus ambitieux aussi. Leur feel good pop a mis leu feu au Relax et si l’élection se faisait à l’applaudimètre ils auraient certainement gagné.

Cheeky
Un rapide changement de plateau plus tard, et Cheeky était en place. Groupe funk-rock basé sur le nord de la Haute-Marne, cette récente formation composée de musiciens expérimentés était l’inconnue de la soirée. Et ils ont rapidement mis le public dans leur poche. Devant des spectateurs majoritairement venus soutenir d’autres artistes, le quintet emmené par la chanteuse Aurélie a complètement retourné la salle, à l’énergie. Leur reprise de Nirvana "Smells like teen spirit" achevant de mettre tout le monde d’accord.

Z-Plank
Sur leurs terres, les jeunes Chaumontais de Z-Plank jouaient gros. Demi-finalistes en 2014 et 2015, Sébastien, Baptiste, Antoine et Flavien atteignaient enfin la finale et ils étaient attendus au tournant. Malgré des problème techniques, ils ne se sont pas laissé déstabiliser et portés par un public en délire, ils ont probablement livré ce vendredi 3 juin leur meilleure prestation : ils ont tout donné ! Casse-tête total pour le jury, pour beaucoup les compteurs venaient d’être remis à zéro de très belle manière.
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Alors que Red House montait sur scène pour présenter "Blurred memory" excellent album enregistré à Faverolles et récompense de leur victoire sur l’édition 5 de Jukebox, le jury était à l’ouvrage (voir encadré).
Il fallait une conclusion à cette belle soirée musicale, et les membres du jury et des quatre groupes candidats se sont rassemblés sur scène pour couronner le nouveau lauréat… Roulement de tambour, déception pour les uns, explosion de joie pour les autres : c’est Z-Plank qui l’emporte cette année, d’une courte tête devant Co&Jane.
Bravo à tous les candidats, et vivement la saison 7 !

«Je ne m’attendais pas à ce qu’on gagne, tous les groupes le méritaient», a réagi Sébastien en remerciant dans la foulée les organisateurs ainsi que «tous ceux qui nous ont soutenus». Félicités par leurs proches, les quatre ne redescendaient pas de leur petit nuage. «C’est la première fois que l’on gagne quelque chose avec notre musique. Notre travail commence à payer», complétait Baptiste, lors du premier interview donné à l’issue de la soirée. Avec leurs textes imprégnés de rock, leur humour noir qui flirte avec un délicieux absurde et leur aisance, ils ont fait la différence. Ils ont aussi eu à faire face à un souci technique et non des moindres : un ampli grillé en pleine finale ! Faisant fi de leur panique, ils ont géré au mieux et sans perdre le sourire. La veille, ils jouaient à Fayl-Billot et le lendemain devant le public des 24 heures Solex, forts de leur fraîche consécration. «C’est notre week-end», plaisantait Flavien.
L’enregistrement du CD à Faverolles, ils l’attendent avec impatience. Disposant d’un répertoire de quatorze titres et d’une reprise – de Muse -, ils vont se remettre au travail pour compléter leur univers en vue de l’album. En parallèle, ils aimeraient théâtraliser plus encore leurs passages en scène, «en créant des personnages, qui permettraient de se lâcher», expliquent Antoine et Sébastien. Leur projet aboutira bientôt. Mais déjà, de vraies personnalités se dégagent, une énergie du tonnerre et une gentillesse qui les rend… tellement attachants !

Red House : un final en beauté
Ils sont jeunes et revendiquent des racines musicales qui se situent quelque part dans les années 70. «On n’a pas connu cette époque mais notre musique en est très imprégnée», assure Louisa, chanteuse et guitariste du groupe. C’est la raison principale pour laquelle l’album de Red House s’intitule Blurred memory (souvenir flou). Et puis il y a aussi ce concert particulier du guitariste américain Joe Bonamassa, à Londres, auquel Louisa et Vincent (batterie) ont assisté. Sans lever le voile, on comprend bien que ce moment-là était très particulier pour les jeunes musiciens haut-marnais. Louisa a écrit un texte mis en musique par le groupe. Le titre qui donne son nom à l’album est particulièrement réussi avec le renfort inattendu d’un saxophone inspiré (Constantin Alaïmalaïs).
Blurred memory, dont le groupe a livré de larges extraits, vendredi soir, a été enregistré l’hiver dernier au studio de Faverolles, dans des conditions optimales de confort. «On a été bichonné !», assurent-ils de concert. Les pistes de batterie et de basse ont été bouclées en deux jours. «Il nous restait six jours à Louisa et moi pour passer les guitares, le chant et les choeurs. C’était très confortable», assure Anthony.
Le quartet s’est assuré les services de Benjamin Voillemin à la console. Il a tenu un rôle majeur dans l’aventure. «On a tous usé l’album d’Eleazar (le groupe de Benjamin Voillemin, ndlr). A Faverolles, il nous a sorti du matériel vintage. Des vieux micros des années 30, des années 50. Benjamin fabrique ou restaure des vieux compresseurs…».
Bref, le groupe a pris le temps de se sculpter un son chaud et rond qui caractérisait la musique des années 70. Le concert de présentation de l’album, vendredi soir, en clôture de la finale Jukebox6, fut donc chaud et rond. Il laissera, à n’en pas douter, des traces dans la mémoire du public chaumontais.

Jukebox6 : étape par étape

jukebox6 La sélection des finalistes du tremplin Jukebox, organisé par le JHM et ses partenaires, a été faite sans concertation, chaque membre du jury se prononçant de manière individuelle sans savoir ce que les autres décidaient. Le résultat pour cette année ? Etonnant ! Sur les quatre groupes retenus, seul Cheeky fait figure de réelle surprise. En effet les autres finalistes présentent des visages connus.
Qu’il s’agisse de Co&Jane, finalistes 2015 sous le nom de Magic, de Z-Plank, demi-finalistes 2015 et dontc’est la troisième participation, ou de Lazy at work dont les deux membres arpentent les scènes de Haute-Marne depui longtemps, on pourrait avoir le sentiment d’être en territoire familier. Et en même temps, pas tant que ça… Prenez Co&Jane : en l’espace de douze mois, le jeune duo langrois a su se construire une identité beaucoup plus affirmée, et revient avec un projet solide. Idem, pour Z-Plank, ils ont beau n’avoir qu’une vingtaine d’années de moyenne d’âge, leur répertoire et leurs interprétations se sont considérablement musclés en cinq ans. Et que dire de Lazy at work ? Formé l’année dernière, ce binôme de vieux briscards de la scène chaumontaise aborde des territoires musicaux jusque-là inexplorés. Une chose est sûre, cette finale 2016 mettra en scène des univers très différents (rock, pop, expérimental…), beaucoup d’expérience, de l’envie et surtout de la qualité !
Rendez-vous est donc pris pour le 3 juin, le concert est gratuit et le public pourra une dernière fois voter pour envoyer leur groupe préféré en studio !
Cerise sur le gâteau, Red House, vainqueur 2015, conclura la soirée par un concert de présentation, en avant-première, de "Blurred memory" leur disque enregistré au château de Faverolles.

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Lazy at work
lazyatworkL’OVNI de la demi-finale Jukebox 2016, c’est incontestablement ce nouveau projet musical du multi-instrumentiste chaumontais Alexandre Andreotti. Lazy at work est un duo expérimental mêlant sons électroniques, samples vocaux, instruments acoustiques, électriques et projections vidéos.

Leur titre en écoute sur jhm-jukebox.fr : It’s time that you came
Feeling oriental et rythme hypnotisant pour un voyage sur des terres musicales aussi étranges que fascinantes.

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Co&Jane
Co&janeSous le nom de Magic, Jeanne Bardin et Corentin Péchiné avaient illuminé la finale Jukebox 2015 de leur pop rafraîchissante. Aujourd’hui reconcentrés sur leur duo, les deux lycéens de Langres ont affiné leur identité musicale à travers l’enregistrement d’un 6 titres. Des compositions plus matures et ouvertes à d’autres influences comme le jazz et l’electro.

Leur titre en écoute sur jhm-jukebox.fr : You’re my home
Délicate chanson d’amour et petit écrin pop pour les deux voix emmêlées de Jeanne et Corentin.

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Cheeky
cheekyGroupe de trentenaires emmené par Benjamin, batteur originaire du canton de Joinville, Cheeky est un quintet de funk-rock progressif qui commence à faire parler de lui dans le nord du département. Musicalement bien en place, c’est la prestation de la chanteuse Aurélie qui donne la profondeur et la couleur spécifique du groupe.

Leur titre en écoute sur jhm-jukebox.fr : Lumière et dragon
Bel équilibre entre des musiciens accomplis et une chanteuse inspirée qui réussit à faire passer une réelle émotion.

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Z-Plank
z-plankDébutée il y a cinq ans à la MJC de Chaumont, l’aventure Z-Plank se poursuit pour Sébastien, Baptiste, Antoine et Flavien. Rock et humour noir au service d’une mise en scène particulièrement théâtralisée, les quatre musiciens voudraient passer un cap. Déjà demi-finalistes en 2015, c’est peut-être leur année ?

Leur titre en écoute sur jhm-jukebox.fr : Au secours
Son très actuel et belle production pour un titre agressif au bon sens du terme. La voix et les lyrics de Sébastien sont meilleurs que jamais.

Passeport pour Faverolles

Pour de nombreux musiciens de Haute-Marne et d’ailleurs, le château de Faverolles est un lieu mythique.
Planté au milieu d’un parc à flanc de rivière, ce studio ultra-perfectionné permet aux artistes de se consacrer à leurs créations dans un environnement unique de calme. Piloté depuis toujours par Andréas Rathgeb, ingénieur du son à la renommée internationale, cet endroit magique dédié à la musique et à la vidéo est en constante évolution, au gré des améliorations techniques et des idées de son propriétaire. «Faverolles, c’est un rêve de gosse qui se réalise. La semaine dont je me souviendrai toute ma vie !», explique Louisa Filliot, chanteuse et guitariste du groupe Red House, gagnant 2015 du concours Jukebox.

faverollesQui leur succèdera au studio ? Réponse le 3 juin.

Fred Chapellier fait la « couve »

GUITARExtrême consacre un dossier aux guitares blues de légende. Aux côtés des Clapton Bonamassa, Page, Hendrix… on reconnait le guitariste Fred Chapellier qui a grandi du côté de Saint-Dizier. A l’extrême gauche, sur la photo.guitaremag
Fred Chapellier a sorti un nouvel album il y a quelques mois, It never comes easy. Il est actuellement en tournée.

Champlitte très guitare(s)

Le Festival de guitare des 27 et 28 mai présentera sa 20e édition à la salle des fêtes de Champlitte. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs ont choisi de faire appel à deux instrumentistes de la scène internationale et au quartette de jazz manouche “Guitar’Swing”. Stage de guitare et masterclasses à l’appui.
Il y a 20 ans, quelques musiciens de la région grayloise mettaient sur pied une soirée guitare. Avec les moyens limités du bord, une sono de fortune et un public prêt à pardonner les errances de ce premier “festin musical”. Bien des rides plus tard, soutenues par un certain entêtement à présenter une qualité instrumentale, l’événement guitare fêtera les 27 et 28 mai, sa 20e édition à la salle des fêtes. Fingerstyle, blues et rock acoustique, jazz manouche sonneront en accord lors de cette soirée. Olivier Giry, guitariste soliste international, joue ses arrangements d’œuvres diverses et ses propres compositions issues de ses quatre albums. Alain Giroux est l’un des pionniers de la musique ragtime, folk et blues en France, dès les années 1960 et a beaucoup joué avec Bill Deraime, Jean-Jacques Milteau et JL Mahjun. Ces deux artistes se produiront sur la scène de Champlitte le 28 mai, après avoir réalisé chacun une master classe la veille à 18 h. D’autre part, un stage de musique brésilienne est organisé de 10 h à 18 h, samedi avec une dizaine de stagiaires.
Vendredi 27 : master class, de 18 h à 20 h, (sur réservations uniquement), jauge de 30 personnes. Samedi 28 : stage, de 10 h à
18 h et concert le soir à partir de 20 h 45. Pour tous renseignements, contacter le 06.81.40.31.39 ou par courriel à jobert_sylvain@orange.fr
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Festival Dimey 2016 : un très grand cru

Festival Dimey 2016 : un très grand cru

Le festival Dimey 2016 aura été marqué par quelques temps forts : la prestation de Les Flow, dès le premier soir, et la classe de Jean-Michel Piton, dans un spectacle magique autour des textes de Bernard Dimey. Retour, au jour le jour, sur ce cru 2016 particulièrement gouleyant.

Quatrième jour

La fiesta totale

Au quatrième jour, il y avait du « off » dans l’air. Les réjouissances ont débuté à l’heure de l’apéro. Dixwatts remettait sa tournée dans les estaminets de Nogent. le groupe a participé à l’aventure de l’album Dimey Pluriel. Depuis, il a mis en musiques quelques textes du poète nogentais. Pour la deuxième année consécutive, les musiciens sont allés -de leur propre initiative- au contact des gens de Nogent dans les lieux de vie qu’ils fréquentent. Au cheval blanc à l’heure de l’apéro, Au San Remo pour un déjeuner gourmand – avec une belle tablée de soldats du feu qui ne s’attendaient sans doute pas à une telle animation – puis au petit bar-tabac de la rue Astier où le groupe à désormais ses habitudes. De bons moments de partage jusqu’à la pause café. Ensuite, un autre groupe du cd Dimey Pluriel a pris la relève pour un concert gratuit en extérieur, vers le centre culturel : Joli Falzar. Les festivaliers ont apprécié ce nouveau rendez-vous. Sur la scène baignée de soleil, Jean et ses camarades ont livré un concert des plus rythmés.
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Enfin, avec Les Didoudingues, le feu d’artifice espéré a été coloré. Ce groupe est composé de multiples talents. A l’occasion du Festival “Faites de la chanson” à Arras, l’association Di Dou Da avait souhaité réunir ces artistes. Les festivaliers ont eu plaisir à retrouver des connaissances. Le groupe est composé d’Hervé Lapalud, Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger et Eric Frasiak. Leur rencontre est toujours réjouissante.
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Une pièce créée pour l’événement
La troupe “Le Petit théâtre d’Ernest” a créé une pièce originale. 
Elle a la particularité d’être composée d’une vingtaine de textes 
de Bernard Dimey, qui s’enchaînent sous forme de dialogues. 
Le spectacle a déjà été réservé à Chaumont et du côté de Nancy.
L’association est de Metz. Les comédiens du “Petit théâtre d’Ernest” sont principalement issus de sa région et de Nancy. C’est parce qu’ils venaient au festival à Nogent qu’il a été proposé à ces passionnés de Dimey, par l’association organisatrice du Festival, de créer une pièce de théâtre. Un défi qu’ils ont relevé avec un travail original de la part du metteur en scène, Patrice Guillaumet. Dans cette pièce, il a planté cinq personnages dans “Le bistrot d’Alphonse”, le titre d’un texte du poète nogentais. Trois sont de Dimey : “Pépère”, “Mimi” et “Alfonse le patron du bistrot”. Deux ont été créés, “Nanar” et “Bébert”. Patrice Guillaumet est accompagné par Claude Lecarme, Gilles Grateau, Anne-Marie Boussange-Diaquin et Calogero Di Maïda.
Deux représentations, dans la Cave à Bernard, ont séduit le public pendant le festival, jeudi 5 et vendredi 6 mai. A tel point que la pièce a été commandée pour une représentation à Chaumont. La semaine prochaine, ce sera en Meurthe-et-Moselle.
Pour les contacter, téléphoner au 06.13.85.98.98 ou par mail : pternest57@hotmail.com
E. G.
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Un spectacle original conçu spécialement pour les festivaliers nogentais, et qui a séduit.


Troisième jour

La fille et la rock star

Imaginez une fille qui se prend pour son violoncelle. Elle arbore même une coiffure en forme de tête de cello déglinguée, c’est vous dire si cette fille-là est légèrement barrée. Katrin Waldteufel, M. cello et son excellent homme orchestre (claviers-guitare) ont embarqué les festivaliers dans un monde loufoque. Une promenade enchantée et toute douce. A grand renfort de boucles vocales et/ou instrumentales, les artistes ont pris leur temps pour poser les ambiances. On aura préféré la tessiture du violoncelle et des cordes vocales de la jeune femme. On a encore rien trouvé de mieux que la chaleur de ses deux instruments là pour titiller nos sens. L’interprétation au violoncelle, dans un épurement magnifique, de L’affiche rouge du duo Ferré-Aragon en a donné la plus parfaite illustration.
Puis est venu le tour de Jérémy Bossone. Physique de rock star, l’artiste déploie une belle énergie à en faire rompre les contingences techniques. Sa voix androgyne donne le meilleur en concert. C’est un fait. Le public, pourtant mûr du festival, a pris un bon bol d’airs frais.


Deuxième jour

Piton s’est envolé

C’était une grande soirée avec du grand Piton, du grand Dimey. Les deux artistes sont liés à la vie, à la mort.
Jean-Michel Piton a réussi un tour de force en convoquant Dimey pour le plus grand plaisir de amoureux du poète de Nogent qui se sont pressés dans la grande salle du centre culturel. Ils l’attendaient les «Dimeytistes» ce rendez-vous là. Ils n’ont pas été déçus.
Piton, voue un véritable culte au plus prolixe des paroliers de Montmartre. Il a su puiser et assembler quelques-uns de ses plus beaux textes en trouvant le bon fil conducteur. Il en livre sa vision à lui, écorchée, sensible au possible, émouvante. On traine dans les bas-fonds de l’âme, là où peu se risquent vraiment. Au contact des clodos magnifiques qui s’inventent un monde où l’humanisme règle en valeur absolue. La tendresse des sentiments et la force des mots de Dimey ont trouvé leur meilleur ambassadeur. Piton s’est envolé hier et le public avec lui.
Auparavant, Pierre Lebelâge est arrivé et reparti… sur la pointe des pieds. Ce petit gars de la région de Perpignan écrit très bien. Une dentelle d’une finesse rare, c’est évident. Musicalement, c’est irréprochable. Vocalement, ça chante juste aussi mais, car il y a un mais : il manquait un petit supplément d’âme pour que Lebelâge embarque le public de Nogent.
Ce supplément-là, le Petit théâtre d’Ernest l’a trouvé au plus profond des textes de Dimey, en après-midi, dans La cave à Bernard. Un beau moment plein de sens.
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(Photo Patrick Boez)

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(Photo Estelle Galland)

Premier jour

Se retrouver à Nogent

Une fois l’an, se retrouver à Nogent. On croise des têtes connues dans le hall du centre culturel et sportif. Les habitués du Festival Dimey, des nouveaux venus aussi et la cohorte des bénévoles qui s’active à quelques minutes de l’ouverture officielle.
Le soleil est de la partie, les sourires sont sur les lèvres. Dans la grande salle, les artistes balancent gentiment. En cuisine Jean-Paul et son équipe s’affairent. Du côté du bar où a lieu, chaque soir, la troisième mi-temps chère aux festivaliers, ont s’active aussi.
Bref, il règne l’agitation propre au festival. Chacun est à sa place, impatient d’entrer dans le vif du sujet.
Ce sera chose faite au terme des discours inauguraux, rituel là-encore bien rôdé mais toujours apprécié. On s’est délecté des bons mots de Jean-Claude Daniel qui est venu réitérer le soutien de la nouvelle grande région ; on sait que, cette année encore, Anne-Marie Nédélec, mairesse de Nogent et fidèle parmi les fidèles, a pris son pass sans même regarder de quoi il en retournait «car on aime découvrir les artistes et on n’est jamais déçu» ; Yves Amour, président de l’association Dimey, a sorti, comme de coutume, une de ses chemises à fleurs dont il a le secret. Le décor est planté et la convivialité s’installe à l’heure de l’apéro, à grand renfort d’emmenthal et de rosette arrosés gaillardement du breuvage dont s’est délecté Dimey sans modération une bonne partie de sa vie de poète.
Mam’zelle Suzi, fil rouge 2016, a pris le relais avec son orgue de barbarie. Premières notes guillerettes d’un début de festival qui devait réserver un premier temps fort d’entrée de jeu.
On attendait Les Flow, on n’a pas été déçu. Cette petite nana-là est sur scène comme à la ville : authentique. Dégaine des gens de la rue (casquette visée sur la tête et sweat extra-large). Pas de chi-chi sur les apparences. A l’intérieur, il y a un cœur gros comme ça. Flow évoque les enfants, son enfance. Les guerres couvertes dans la vie d’avant. La fragilité de la paix. Sa paix intérieure parfois mise à mal. Sa sensibilité a fait mouche. Ce fut un moment de bonheur trop court livré par une grande dame de la chanson et par un excellent guitariste.
Difficile, après ce moment de partage magnifique, de s’embarquer dans l’univers cadavérique de Mazo. Ces gars-là sont des instrumentistes talentueux, certes, mais le prêchi-prêcha du Mac Abbé manquait de vérité et de profondeur. On a vu des musiciens adopter des postures dignes des zombies d’un Thriller façon king of pop. D’accord ! Au premier rang, un spectateur s’est même fait baptiser, façon Mazo, au vin d’une étrange messe et s’en est visiblement beaucoup amusé. Pour apprécier Mazo, il fallait être sensible au troisième degré alors qu’on avait encore à l’esprit la belle simplicité de Flow.
A.S
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Pas facile pour Mazo de passer après Les Flow…

Le festival Dimey sur le site d’une copine, Claude Fèvre, qui parle tellement bien des artistes. C’est ici : http://chantercestlancerdesballes.fr/

Avant le festival, c’est déjà le festival

Les mots coulent à Flow
Un atelier d’écriture a été offert par la chanteuse Flow. Une artiste hors du commun, qui ne mâche pas ses mots, qui s’est servie de la richesse de la langue française pour jouer à écrire avec une classe de 3e. Emotions garanties.
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Auteur, interprète, éditeur, producteur de musique et de livres, voici Flow, Florence Vaillant, invitée au Festival Dimey. A la classe de 3e du collège Françoise-Dolto de Nogent et à leur professeur Margaut Tenand, elle s’est présentée. «Moi je n’ai pas mon bac. Je suis ce que l’on appelle un cancre». Voilà qui est dit. De surcroit, pas souvent dans un collège. Mais ce cancre s’en est bien sorti. «Vous savez ce qui m’a sauvée. C’est l’écriture. Pourtant, je suis dyslexique. A 47 ans, je fais encore pas mal de fautes. Je fais gaffe si c’est un courrier important mais quand j’écris mes chansons, je me lance et je corrige après». Des adolescents parfaitement à l’aise avec cette intervenante et qui acceptent de suite le premier exercice. Deux colonnes sur une feuille. Dans l’une il fallait trouver cinq mots pour désigner une émotion positive, le mot qui vient quand on pense à quelqu’un qu’on aime. A l’inverse dans la seconde, il était destiné à une personne beaucoup, beaucoup moins sympathique. «Attention, sans insulte et niaiseries. Evitez les ‘‘Je t’aime’’ et ‘‘pouffiasse’’, il existe des tas d’autres mots pour exprimer ses sentiments. Par exemple, moi quand je pense à quelqu’un que je déteste, je l’associe à une fosse à purin. Vous comprenez bien le rapport». C’est ainsi que les élèves ont trouvé, entre autres, ‘‘moitié’’, ‘’sagesse’’ pour le coté positif. ‘‘Godzilla’’ ou encore ‘‘misérable’’, pour le coté négatif. Ecrire pour être bien Et avec les mots, ils ont construit des phrases comme : «L’amitié est un trésor, nous sommes complices». Flow a commenté, «si je reçois ce genre de courrier, ça me touche». La version moins sympa : «Tu reflète le noir, j’ai pitié de toi». Une telle phrase dans une lettre, «ça tue ! Et pourtant vous n’avez employé aucun mot grossier. Prenez conscience de l’écriture. Si nous la perdons, nous ne serons plus que de bons petits soldats, manipulables à souhaits». Flow leur a donné des exemples de situations où il était important d’écrire. «Une personne à qui on a envie de dire qu’on l’aime, au moins on ne rougit pas, on n’est pas là quand elle lit. Et si un jour, vous devez 500 euros aux Impôts, que vous n’avez que cinq à leur donner, ce sera plus facile de leur expliquer par écrit. L’écriture ça rend service, ça permet d’exprimer ses sentiments, de se libérer, ça fait du bien pour tout, tout le temps». Les exercices ludiques se sont enchainés. Les collégiens comblés ont été invités par l’association Bernard-Dimey au concert de Flow qui a eu lieu mercredi 4 mai. Pour découvrir Flow,: http//les-flow.wix.com/les-flow Au festival Jeudi 5, Pierre Lebelage et Jean-Michel Piton ; vendredi 6, Katrin Waldteufel et Jeremie Bossone ; samedi 7, Joli Falzar et Les Didoudingues ; jeudi 5 et vendredi 6, à 15 h 30, à la médiathèque Bernard-Dimey, ‘‘Le bistrot d’Alphonse’’, une mise en scène des textes de Bernard Dimey par Le Petit théâtre d’Ernest. La Chaumontaise Mam’zelle Suzi assurera le fil rouge de cette 16e édition. Renseignements au 06.40.17.22.01ou au centre culturel. Programme sur : (http://festival-bernard-dimey.fr/Bienvenue.html).
De notre correspondante Estelle Galland

Concentré de talents à Nogent

L’association Bernard Dimey a mitonné une programmation aux petits oignons pour cette 16e édition du festival qui a lieu du 4 au 7 mai. Nogent accueillera la jeune garde de la chanson française (Flow, Mazo, Lebelâge, Bossone…), le patriarche, Jean-Michel Piton, dans un spectacle truculent autour de l’œuvre du poète nogentais, et les Didoudingues pour un final qui s’annonce haut en couleurs.

Le printemps, c’est la saison des poètes. Nogent s’apprête à fêter cette catégorie d’artistes aux tempéraments bien trempés quatre jours – et quatre nuits – durant. Le festival donnera le ton mercredi 4 mai avec Flow puis Mazo. Ils sont jeunes. Ils sont talentueux. La première occupe une place à part dans la chanson française. A la fois rebelle et sensible. Les seconds sont des musiciens virtuoses totalement déjantés qui évoluent au sein du Mac Abbé et le Zombi Orchestra. De quoi réveiller les morts comme les vivants.
La Chaumontaise Dorothée Daniel devancera l’appel des beaux textes, la veille, avec un spectacle pour les scolaires. Les jeunes têtes blondes goûteront aux charmes d’un conte acidulé concocté par Lady Do (Dorothée Daniel) et Monsieur Papa (Frédéric Feugas). L’association Dimey renoue ainsi avec les spectacles pour la jeunesse après une courte pause d’une année due aux vacances scolaires qui tombaient en plein festival.
En trombe
Les organisateurs ont demandé également à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto. Une initiative qui doit beaucoup à l’arrivée d’une nouvelle enseignante au sein de l’équipe pédagogique. On a hâte d’en découvrir la teneur tant la démarche artistique de Flow est totalement «raccord» avec l’impétuosité de notre belle jeunesse. Les bénévoles de l’association ont approché l’artiste à Barjac (Ardèche), l’été dernier, lors du festival Chansons de parole. Ils sont tombés sous son charme à l’instar d’un certain Yannick Noah qui a invité ce talent brut à assurer les premières parties de ses concerts parisiens il y a quelques temps déjà. Depuis, l’ancienne reporter photographe, dont la trajectoire artistique peut s’apparenter à celle de Patti Smith ou du regretté Mano Solo, trace son sillon en toute indépendance.
Jeudi soir, Jean-Michel Piton (lire en page 6) livrera son Dimey de cœur. Un Dimey chantant et théâtral. Il succèdera sur la grande scène à Pierre Lebelâge. Les chansons de ce jeune artiste «pétillent d’humour et d’intelligence», assurent les organisateurs.
Digne héritier de Brassens, Lebelâge a séduit Leprest, Lemesle, et trouvé son public avec un album, Babel, qui a caracolé en tête du classement des radios indépendantes françaises durant plusieurs mois.
Final collégial
Vendredi, Katrin Waldteufel donnera le La à M. Cello, son violoncelle, pour un set un tantinet burlesque et décalé. Jérémie Bossone accordera sa guitare et racontera ses histoires d’écorchés de sa voix singulière.
Samedi, le festival s’achèvera avec la troupe musicale Les Didoudingues (lire en page 7), un collectif réunissant la fine fleur de la chanson (Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger, Eric Frasiak) à l’invitation d’Hervé Lapalud, autre habitué du festival de Nogent. Ce grand brassage musical a été monté spécialement pour les dix ans du festival Faites de la chanson à Arras. Depuis, Les Didoudingues font les belles heures des rencontres musicales de l’Hexagone. Les spectateurs de Nogent devraient goûter leur poésie et leur bonne humeur communicative. Voilà qui préfigure assurément une ultime troisième mi-temps intense et dans l’air du temps. A Nogent aussi se sera nuit debout… ou assis.
A.S

Piton love Dimey

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Jean-Michel Piton sera sur la grande scène jeudi soir. Un rendez-vous qu’attendent tout spécialement les aficionados de Bernard Dimey.

Dans la galaxie Dimey, trois étoiles brillent tout particulièrement au firmament. Il y a Jehan, bien sûr, Valérie Mischler, aussi et Jean-Michel Piton. Les deux premiers sont déjà venus rendre leur hommage très personnel au poète de Nogent. Au tour, cette année, du plus débonnaire de ce trio de tête.
«C’est un spectacle pas tout à fait complet car je ne danse pas», s’amuse-t-il. Un spectacle qui a mûri au fil des ans. Jean-Michel Piton en livre des versions revisitées depuis 1982. «Je me suis vraiment penché sur l’œuvre de Dimey à sa mort en juillet 1981 en m’intéressant à la face un peu moins connue de l’auteur».
Le rapport à l’ivresse est une constante chez ceux qui ont osé ouvrir le grand livre de Dimey et s’en approprier quelques pages. Jean-Michel Piton a voulu se démarquer en allant chercher des pépites plus mystiques. Candidat au grand séminaire, Dimey a largement abordé le sujet dans ses écrits. Dieu et la mort sont traités de façon quasi obsessionnelle. «Dans L’homme de la manche, j’ai cherché à raconter une histoire proche de la faune des gens que Dimey a côtoyé lorsqu’il vivait à Montmartre. Ces anciens militaires, ces philosophes à leur façon», souligne Jean-Michel Piton qui s’est demandé «pourquoi cette faune en est arrivé là».
L’homme de la manche conte cette quête en mêlant l’interprétation théâtrale (Jean-Michel Piton est aussi acteur) et le chant. Un tableau en 25 nuances que l’artiste livrera avec deux musiciens qui connaissent la chanson : Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon.Piton se lovera autour de Dimey à Nogent. Enfin !
A.S

Joli Falzar : «C’est le public qu’on aime»

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Cette année, le festival Dimey propose un concert gratuit, aux abords du centre culturel, samedi après-midi, avec le groupe Joli Falzar. Anatole Jeanson (trompette et choeurs) s’en réjouit déjà.

Journal de la Haute-Marne : Joli Falzar essuie les plâtres avec un nouveau rendez-vous sur ce festival. Il y a un côté existant à ouvrir cette nouvelle voie ?
– Anatole Jeanson : On attendait ça depuis la sortie du cd Dimey Pluriel. C’est un grand plaisir de pouvoir jouer sur le festival. On avait eu de bons retours lors de notre courte prestation durant la soirée de lancement de l’album en mars 2015. Un concert en journée, touche généralement un public plus large. C’est le public qu’on aime.

L’été s’annonce chaud pour Joli Falzar ?
On a beaucoup, beaucoup de dates prévues. Ca tombe bien car on adore partager ces moments avec le public. Avoir des retours directs de leur part. Ce sont autant d’opportunités pour décrocher de nouveaux concerts. Dernièrement, on a fait un tremplin à Nancy. On a signé plusieurs dates dans la foulée.

Bernard Dimey, c’est quelqu’un qui parle à un jeune groupe comme Joli Falzar ?
On l’a découvert avec le projet Dimey Pluriel. On n’a pas trop creusé son univers depuis, il faut l’avouer, mais on se sent une filiation même si nous ne sommes pas de la même génération. Actuellement, nous sommes surtout proches d’un mouvement comme Nuit debout. Il faut dire que nos textes parlent essentiellement de notre rapport à la société.
Recueillis par A.S

Final Didoudingues

Les Didoudingues

Ils seront huit sur scène, samedi, pour assurer la dernière soirée du festival Dimey. La fine fleur de la chanson française réunie dans un spectacle collectif des plus rafraîchissants.

Le tour de chant a été conçu à Arras en juin 2014 à la demande de l’association DiDouDa qui fêtait les 10 ans de son festival Faites de la chanson. L’idée consistait à créer un spectacle réunissant des artistes qui ont participé aux cabarets découvertes organisés par ces amoureux de la chanson française. La mission a été confiée à Hervé Lapalud. L’artiste avait deux jours pour monter un spectacle collectif avec ses sept nouveaux amis (Marion Rouxin, Coline Malice, Julie Rousseau, Laurent Berger, Davy Kilembé, Gilles Roucaute et Eric Frasiak). Une sacrée gageure !
Respect mutuel
Le défi a été relevé haut la main avec un concept à la fois simple et efficace, qu’Hervé Lapalud n’a eu aucun mal à vendre aux organisateurs et qui consiste à «partager les chansons des copains, des copines et celle du répertoire de la chanson française, bien sûr. On aime tous interpréter les autres», assure Hervé Lapalud. A titre d’exemple, Gilles Roucaute a adapté Bruce Springsteen en français. Eric Frasiak glisse toujours des chansons de Béranger dans ses concerts.
A Nogent, la troupe sera au complet, bien sûr. «C’est un spectacle construit. Tout est tellement lié qu’on peut difficilement se passer d’un copain ou d’une copine. On a fait le choix des chansons ensemble», souligne le monsieur Loyal des Didoudingues qui est tout à sa joie de retrouver ses camarades à Nogent. «Chacun a sa trajectoire mais là c’est une réunion d’amour. On est dans de la jalousie positive car on a beaucoup de respect humainement et artistiquement entre nous», poursuit-il.
Clin d’oeil
Le talent et la complicité qui se dégage des Didoudingues expliquent sans doute l’engouement suscité lors de leurs trop rares prestations en public.
Voilà une belle et grande famille artistique faite d’individualités qui, pour la plupart, ont découvert les bienfaits de partager la même scène. Et ils en redemandent. «C’est vraiment bien de se frotter à d’autres gens. Tu sors de ta bulle. Tu apprends. Tu regardes», témoigne Eric Frasiak. L’artiste meusien est un peu à l’origine de la venue des Didoudingues, cette année, en terre nogentaise.
Tous les amoureux de spectacle vivant s’en réjouissent car le festival Dimey cultive depuis toujours ce goût du partage qui colle vraiment aux aspirations des Didoudingues. Et si la structure de base du spectacle reste la même, il est prévu qu’un clin d’oeil à Bernard Dimey figure au répertoire. Et pourquoi pas de façon pérenne ?
A.S

Carte blanche à Mam’zelle Suzi
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Géraldine Salmon, alias Mam’zelle Suzi, a carte blanche. La Chaumontaise aime les vieilles rengaines qu’elle revisite avec son orgue de barbarie. Elle sera le fil rouge de cette édition 2016, se produira dans les maisons de retraite du pays de Nogent et lancera les 3e mi-temps qui font aussi l’âme du festival. Pour l’occasion, elle a convié Snic’Fou, des p’tits gars du Bassigny, sera accompagnée pour un soir par son guitariste Poêt et rejointe par ses camarades des Voix de Dimey lors de la soirée inaugurale. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Avis aux amateurs !

Le petit théâtre d’Ernest
Ambiance troquet assurée dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Le petit théâtre d’Ernest s’y installera pour deux après-midis. Les personnages qui se mettent à table dans Le bistrot d’Alphonse sont truculents. Et Dimey n’est jamais loin. Réservation obligatoire.

Chansons à l’étal
Le Pythagore sera à nouveau présent dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif. L’an dernier, les festivaliers avaient apprécié la qualité et la diversité des ouvrages proposés sur la thématique de la chanson.
Cette année, le libraire fera pièce commune avec Jean-Yves Coissard et son impressionnant stand de cd et vinyles. Il y aura matière à assouvir bien des envies entre les spectacles.

L’oeil de Dominique Decker
Dominique Decker capture les à-côtés du festival de son œil aiguisé. La photographe réalise des tirages, dans la foulée, qui sont accrochés aux cimaises du hall d’accueil. A la fin du festival, on peut même emporter un de ses clichés en souvenir.

A table !
Initiative appréciée des festivaliers, la cantine reprendra du service pour le déjeuner et le repas du soir. Des moments d’échanges et de partage bien dans l’esprit du festival. Réservation obligatoire.

Les coups de coeur de Josette Dupont
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Au sein de l’association Bernard Dimey, Josette Dupont fait partie de la commission programmation. A quelques jours du festival, elle nous livre ses coups
de cœur.
Pierre Lebelâge
Ce jeune talent raconte des histoires, celles de la vie, la vraie, la nôtre, pas de la guimauve aseptisée par le politiquement correct. Il écrit très bien, dans une langue maîtrisée qui ne se croit pas obligée de faire des écarts… pour faire jeune. De la lucidité, le regard attentif à ce qui se passe autour et, malgré tout, avec une tendresse pour les pauvres humains que nous sommes.
Jérémie Bossone
La voix est haute avec du coffre et les mots portent autant d’urgence que de fraîcheur. Il passe d’une couleur à l’autre, de la ballade à la guitare, à la saga épique, au rock le plus électrifié. Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs.
Katrin Waldteufel
Chanteuse-violoncelliste comme certains sont plombiers-chauffagistes, Katrin Waldteufel visite avec humour les petits riens de la vie quotidienne. La tendresse est là, comme le culot. Elle porte ses chansons avec un timbre de voix d’une belle limpidité et fait valser les mots et les notes avec grâce. Courez-y !

Revivez les précédentes éditions du festival


Courir les rues : trop forts, les gars !

Samedi : Courir les rues

Courir les rues a pris son temps. Le groupe a dix ans et quatre albums au compteur. Leur spectacle est rôdé : la musique est parfaitement en place, les éclairages et la scénographie inventifs et efficaces. Quelques spectateurs ont trouvé le son un peu fort. Ou un peu rock, peut-être… Maxime Tailliez, chanteur et guitariste, signe la plupart des paroles et musiques. «Nous interprétons des chansons à texte, soulignait-il en fin de concert.» Ses poèmes méritent effectivement d’autres écoutes et d’autres lectures. Courir les rues a respecté la tradition en donnant sa version de « Quand on n’a rien à dire ». Et le lien s’est – à nouveau – fait entre les musiciens de 2015 et le poète nogentais. Parfait pour le tomber de rideau de cette 15e édition du Festival Dimey.


Vendredi : jeunes et beaux

Les programmateurs du Festival Dimey savent décidément dénicher des jeunes talents aux univers marqués. Vendredi, après le tour de chant du trio Un chat dans la main qui remettait le couvert dans La cave à Bernard, l’espace du centre culturel dédié aux 3e mi-temps accueillait un disciple du slam atypique : Jean-Noël Bobey. L’artiste à l’allure d’éternel adolescent manie les mots avec une belle dextérité. Il excelle dans l’art de mêler la dialectique et les langues régionales. Sans sonorisation, jouant tant sur la rime que sur la proximité avec son public, Bobey a donné du plaisir.
Autre jeune talent, au féminin, Claire Danjou. Ce petit bout de femme a vaincu un trac immense, pour livrer une prestation d’une grande élégance. Elle déménage Claire, la bien nommée. Son prénom résume à lui seul la pureté de sa voix. La thématique de l’amour, le fou, l’impossible, l’absolu… était omniprésente dans l’entame de son tour de chant. Puis, comme libérée d’un fardeau, elle s’est glissée dans une peau toute neuve mais aussi sensuelle, portant haut les textes de Nicolas Daquin. Revisitant Nougaro et chantant Dimey (Quarante ans). Le poète de Nogent dont on avait trop peu entendu les mots, jusque là, sur la grande scène. Une fleur a éclos. Son nom : Danjou.
En fin de soirée, Fred Bobin, électrique et sensible, a parachevé cette avant dernière journée du festival Dimey en poète engagé.
A.S

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Claire Danjou, une jeune femme pleine de fraicheur.


Jeudi : intenses rendez-vous

On l’avait un peu vu venir. Le programme de ce deuxième jour de festival annonçait de belles rencontres ou de belles retrouvailles. Ce fut encore plus intense qu’espéré. D’abord. D’abord, il y a eu « Un chat dans la main », trio « anarcho-chantant » venu du pays lingon (lire le portrait sur cette même page). Ca se passait sur les coups de 15 h 30 dans La cave à Bernard devant une soixantaine de spectateurs qui ont vécu un excellent moment. Les chansons sont faites pour être partagées. Les voix pour être mêlées. La mayonnaise a vite pris et le public a été soumis, pacifiquement bien sûr, à la question. Couté, Nougaro, Blanche, Ferré, Aragon ?… Les amateurs de beaux textes, plutôt grisonnants dans l’ensemble, n’ont pas la mémoire qui flanche pour autant et, quand retentira le Syracuse de Dimey immortalisé par Salvador ou Montand, un murmure cadencé montera harmonieusement dans la cave. Comme le chant des partisans d’une certaine esthétique culturelle défendue par Michel Bellegy, Pascal Inza et Jean-Luc Juy.
Dans la foulée de ce spectacle intimiste du meilleur tonneau, le trio a remis ça au monument des Mobiles dans un petit square qui surplombe la vallée de la Traire sur les hauteurs de Nogent. La municipalité dévoilait une plaque en hommage à Bernard Dimey (lire ci-dessous) qui a immortalisé l’endroit et son fameux marbre dans son poème « L’enfance ». Celui-ci a été déclamé par Chantal, Nogentaise, fidèle de l’association Dimey, dans la douceur de cet après-midi printanier où émotion, recueillement et culture se sont mêlés intensément.
Au rendez-vous du soir, dans la grande salle, il y avait un espoir de la chanson française. Gaëlle Vignaux, petit bout de femme noué par le trac. Ce troublant compagnon ne l’a pas quittée de la soirée, de son propre aveu. La belle a parfois perdu le fil des mots mais personne ne lui en a voulu vraiment. Au contraire. Ces textes brossent de jolis portraits, en phase avec son quotidien qu’on devine à fleur de peau.
Au rendez-vous du soir, dans cette même grande salle, il y avait aussi Barzingault. On ne sent pas de trac chez ce professeur « tourne clé de sol » venu de Toul dans sa « Barzingault mobile » et flashé à Goncourt par un gendarme gris et immobile. On vous l’a fait court !!! Quand Barzingault monte sur scène, il est comme dans la vie. Un intarissable moulin à bonnes paroles et autres truculents jeux de mots. Sa prestation tient aussi du one man show. C’est ce qu’on appelle FAIRE SON NUMÉRO.
A.S


La colonne des Mobiles 
et Bernard Dimey

La Ville a restauré le monument des Mobiles et l’extrait 
d’un poème de Bernard Dimey enrichit le site, son point de vue, et rend hommage aux victimes de la guerre de 1870.
Anne-Marie Nédélec et son conseil municipal ont été ravis de dévoiler avec l’Association Bernard-Dimey, le monument des Mobiles restauré, jeudi
7 mai. Cette colonne a été érigée par souscription publique et inaugurée le 19 juillet 1875 en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1870. Sa remise en place rend hommage aux nombreuses victimes et à la population qui a connu ces événements tragiques.
Comme l’a rappelé Philippe Savouret, «du 6 au 13 décembre de cette funeste année, 80 maisons ont été brûlées, surtout à Nogent-le-Bas, d’autres ont été atteintes par des obus. Ce sont 500 personnes qui se sont retrouvées sans abri au cœur de l’hiver. Chez les victimes, on dénombre 30 soldats français et 81 prussiens. A ceci s’ajoutait la variole et l’hiver rigoureux».
Sur l’ancien cimetièreUn élan de solidarité s’est mis en place. Les bienfaiteurs étaient le baron Lesperat, M. Du Breuil de Saint-Germain, la comtesse de Paris, l’évêque de Langres. Ainsi que les communes d’Ageville, Esnouveaux, Vitry-lès-Nogent, Champlitte qui donnèrent argent et grains. Quant au capitaine Barotte, il a transmis les cotisations de l’armée de Langres. «La Ville de Nogent, meurtrie a décidé d’élever un monument commémoratif aux victimes. Il a été érigé à l’emplacement de l’ancien cimetière et financé par souscription publique», a précisé Philippe Savouret. Une colonne en fonte de 7 m de haut, avec des anges. Au socle, quatre plaques. Celle au nord rappelle l’événement. Celle au sud, indique la souscription publique. A l’est, les noms des victimes civiles  : Pierre Degabrielle, Didier Nancey, François Robert, Claude Georgin, Jean-Baptiste Remy, Eugène Coyot et les frères Devoisin. A l’ouest, les soldats tués : Arthur Pernot, Joseph Dupont, Auguste Lepine, De-Jossey Grandjean, Charles Landenwesth, deux inconnus et un “turco” (surnom donné aux tirailleurs). Le poème de Dimey «décrit parfaitement cet endroit, son joli point de vue, qu’il fallait admirer sur le mur, aujourd’hui il est dégagé», a commenté Anne-Marie Nédélec. Le président de l’Association Bernard-Dimey, Yves Amour, a exprimé sa fierté et associé aux remerciements, tous ceux qui ont œuvré et continue à le faire pour rendre hommage au poète nogentais. Le poème “L’Enfance” a été lu par Chantal, avant quelques chants de circonstance par Un Chat dans la main, un groupe de Langres. La plaque a été dévoilée par le maire et la tante de Bernard Dimey, Michelle Delanne.
Estelle Galland

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Barzingault et une partie de sa fine équipe.
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Trois chats dans la cave à Bernard.
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Un plaque en hommage à Dimey vers le monument des mobiles qui surplombe la vallée de la Traire.
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Gaëlle Vignaux, talentueuse et un brin espiègle.



Extraits de la prestations du groupe Casius Belli

Extraits de la prestation d’Anne Baquet

Mercredi : De toutes les couleurs !..

Yves Amour, président de l’association Dimey, l’avait annoncé mercredi en fin d’après-midi dans son petit mot inaugural : Les festivaliers vont en voir de toutes les couleurs quatre jours durant.
Cette 15e édition a démarré fort avec le groupe Casius Belli. Un groupe du secteur (Chaumont-Châteauvillain-Mandres-la-Côte) qui aime les défis. Le groupe s’est rapproché de l’association Dimey à la faveur de sa participation constructive à l’album Dimey Pluriel dont le lancement officiel a eu lieu quelques semaines auparavant au Centre culturel de Nogent qui accueille également le festival depuis ses débuts.
Avec Yann le formidable (rôle de pure composition pour Yannick) et son équipe, la mise en perspective est soignée. Le groupe a travaillé son set cet hiver lors d’une résidence au Nouveau Relax de Chaumont. La matière a bien évolué, certes. Musicalement, Casius Belli tient la route, on le sait depuis longtemps. Yannick a aussi un talent certain d’interprète. Mettez-lui un texte de Bernard Dimey entre les mains et le résultat est là, avec cette version remarquablement troussée du poème «Le français» qui ouvre l’album Dimey Pluriel et restera LE temps fort de la prestation du groupe mercredi soir à Nogent. Pour celles et ceux qui placent l’intérêt pour la langue française au premier plan.
Avec Anne Baquet, qui partageait l’affiche avec Casius Belli, point de rose bonbon dans le décor mais une ambiance monochrome hyper classe. Du velours ! Pardon. De la soie. Enveloppante. Du meilleur grain ! Anne Baquet, c’est quelqu’un. Une voix étonnante : tantôt fragile, tantôt d’une force impressionnante. Madame Baquet n’en fait pas des tonnes. Tout est dans la mesure, dans le contrôle. Une perfection incarnée aussi par Grégoire, pianiste au tempérament débordant. Quelle claque ! C’est burlesque, intime, profond, décalé… C’est grand.
A.S

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Dixwatts a fait son marché et la tournée des bars de Nogent.

Nogentais et fiers de Dimey
A l’origine, il y a près de deux décennies, le Festival Dimey allait à la rencontre des Nogentais dans ces lieux où l’on revendique une culture populaire. C’est dans cet esprit qu’Anicet Seurre et ses amis du groupe Dixwatts ont décidé de faire leur marché, samedi à la mi-journée, avant d’investir les bars du centre-ville. Dans leur cabas, les textes de Bernard Dimey mis en musique par leurs soins, mais aussi ceux d’Alain Bashung, de Léo Ferré et les propres compositions du groupe. Dixwatts a participé à l’album Dimey Pluriel qui regroupe une douzaine d’artistes du département autour des textes de Dimey (lire plus bas sur cette même page). Autant dire qu’on est ici en présence de musiciens concernés par l’oeuvre du poète nogentais. « Dimey, c’est tout le contraire d’une culture élitiste. C’est la culture populaire transcendée. C’est pour ça qu’on a voulu investir le marché, les cafés », assure Anicet, Nogentais lui aussi, et initiateur de l’album Dimey Pluriel qui est sorti le 28 mars dernier. Dans Dixwatts, tous les musiciens, à l’exception de Kamel (guitare-chant), ont un lien avec Nogent. Arnaud Maîtrehenry (percussions) travaille dans la cité coutelière, Pierre Huguenel (basse) a épousé une fille d’ici), Anicet (chant-guitare) a passé sa petite enfance à quelques mètres de la médiathèque Dimey où l’on trouve aujourd’hui La cave à Bernard, seul lieu de spectacle ouvert dans l’hyper centre mais où les Nogentais vont peu.
« Plutôt que de les stigmatiser, on préfère leur chanter Dimey, aux gens de Nogent », s’amuse Anicet. « Chanter Dimey, c’est un bonheur qu’on veut partager là où le poète a passé le plus clair de son temps. Dans un bistrot, un verre à la main. Et puis, je me plais à penser que mon grand-père, qui fréquentait assidument les troquets de Nogent, a pu trinquer avec Dimey. On est très heureux d’avoir investi ces lieux de vie ». Surtout au petit bar-tabac situé au bas de la rue Astier où Dixwatts a reçu un accueil formidable de la part de la patronne. Le groupe est allé chercher les gens dans la rue. Deux heures d’enfer. Et il n’y avait quasiment que des Nogentais pour écouter la poésie chantée de Dimey. Comme quoi !..
A.S


L’expo des photos instantanées de Dominique Decker.

Ci-dessous, le petit journal du festival Dimey 2014 (photos, vidéos…)lapalud

Barzingault, comme son nom l’indique

Quand on lui demande qui sont ses papas, il n’en finit plus… Higelin, Thiéfaine, Desproges… Ben voyons, rien que cela !!! Son poète contemporain préféré : Wally. Une de ses salles favorites : Chez Paulette, un haut-lieu du rock et du blues dans la banlieue de Toul, où il a enregistré un DVD. Son style : un country slave, vous voyez…, un genre de rock mou, avec des côtés musette, mais à texte, quoi, vous y êtes ? Voilà… de la poésie vivante, sortie des boucles folles d’une tête de savant dingue, pianiste doué, entouré comme il se doit d’un accordéon, d’un violon et d’une section rythmique. Tenez, en deux citations qu’il utilise, vous allez avoir une idée : «Un véritable anarchiste, il traverse dans les clous parce qu’il n’a pas envie de parler aux agents… (Georges Brassens)», «Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien… (Jean-Claude Van Damme)».
Barzingault va vous faire rire, il va aussi vous émouvoir. Ne le manquez pas, parce que lui, il ne va pas vous louper… Le bougre a donné plus de 1200 concerts en dix ans. Il n’a pas peur du public intransigeant, des connaisseurs de la bonne chanson française et des adeptes des troisièmes mi-temps bruyantes. Il les attend. Il est né à Chalindrey, et sa grand-mère est de Bricon. Même que son voisin, qui jouait de la batterie avec lui, s’appelle Dimey… et qu’il est parent avec le grand Bernard. Alors, c’est pas une preuve, ça ?
De notre correspondant Florent Desprez

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Barzingault, jeudi soir au centre culturel de Nogent

Un chat dans la main : «A trois, c’est plus jouissif»

Un chat dans la main ne se prend pas au sérieux mais le trio langrois fait les choses sérieusement et dans une belle harmonie. Démonstration lors du festival dans La cave à Bernard où le groupe vocal chantera deux fois.
Ils n’en reviennent toujours pas. Les trois gais lurons qui forment le groupe vocal Un chat dans la main ne s’attendaient pas à se produire en public aux quatre coins du territoire national. De Cohons à Dignes en passant par Langres, leur terre d’adoption.
L’aventure a débuté en 2012 à la faveur d’une sortie à Verdun au monument des Basques. Portés sur les chants antimilitaristes et pacifiques, Michel Bellegy et Pascal Inza sont rapidement rejoints par Jean-Luc Juy. Cette rencontre doit beaucoup à «un pote qui n’est plus là», assurent-ils, en pleine répétition, dans un des rares moments où l’émotion prend le dessus sur l’humour. Avec ces trois gaillards-là, éclats de rire et contrepèteries font bon ménage.
Double sens
Leur spectacle «Encore un vers» cultive le goût du double sens à l’instar du nom de groupe retenu par le triumvirat. «On aime l’ambiguïté. Un chat dans la main, c’est limite coquin. On veut intriguer, interpeller», assure Pascal Inza.
Et rester dans un esprit «anarcho-libertaire» revendiqué.
Leur prestation pour La libre pensée, en faveur d’une reconnaissance des fusillés pour l’exemple, les a amené jusqu’à Hénin-Beaumont en terre frontiste. Ils en rigolent encore. «On n’est pas du genre à se laisser faire. On dénonce la connerie ambiante, les fachos…», renchérit Jean-Luc Juy.
Dans La cave à Bernard, le trio chantera Dimey, bien sûr, mais aussi Vian, Blanche, Tachant, Couté, Brassens, Aragon…
Aux forceps
«Généralement, chacun vient avec un texte qu’il apprécie. On choisit au forceps. Parfois, la sauce ne prend pas», attestent-ils. Et c’est toujours le plaisir qui guide les ébats collectifs. «Chanter à trois, c’est plus jouissif !» Et le public ne s’en lasse pas. «On arrive toujours à décrocher quelques engagements quand on joue quelque part», assurent-ils un rien surpris par leur pouvoir d’attraction.
Le tour de chant, travaillé avec l’aide du metteur en scène langrois Jérôme Hudeley, est construit autour d’une vingtaine de textes interprétés dans des versions déjà existantes. Le pouvoir de leurs voix mêlées, la force des mots et la passion véhiculée par ces trois grands gamins valent vraiment le détour.
Dans l’antre de Dimey, Un chat dans la main va en surprendre plus d’un.
A.S
Un chat dans la main, jeudi et vendredi à 15 h 30, Cave à Bernard.

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Douze allers pour Syracuse

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Dimey-Syracuse

Qui a eu cette idée folle ? Réunir onze groupes haut-marnais pour un album célébrant Bernard Dimey, né à Nogent en 1931 et décédé à Montmartre moins de cinquante ans plus tard.
C’est Anicet Seurre, nogentais lui-même, qui a soufflé cette folie à Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et du festival annuel du même nom.
Et pour ce qui est des talents vivants dans le département, ils n’ont eu que l’embarras du choix. Le voisin lorrain Eric Frasiak a accepté la direction artistique de l’album. Et ce n’était pas rien, car la diversité stylistique des artistes impliqués saute aux yeux et aux oreilles. Pourtant, la mayonnaise a pris. Grâce à deux ingrédients : le coup de patte indéniable du meusien auprès des artistes et des techniciens du studio de Faverolles, et, plus encore, les textes du poète hirsute.
Non, Dimey l’écorché n’a pas pris une ride : sa poésie bien torchée va comme un gant au rock, à l’électro, aux chanteurs d’aujourd’hui tout simplement. Tout le monde s’en est emparé, comme on a pu le voir lors de la soirée de présentation du CD à Nogent (*). La Haute-Marne célèbre sa richesse dans cet album superbe. Ne prêtez jamais ce disque, on ne vous le rendra pas. Offrez-le, c’est mieux.
De notre correspondant Florent Desprez

Il reste quelques expemplaire du CD Dimey pluriel (Casius Belli, Ya-Ourt, Joli Falzar, Cédric Barré, Dorothée Daniel, Bagad Café, Millefeuille, Céline Bardin, Christophe Rémy, Tournelune, Dixwatts – Direction artistique : Eric Frasiak) à la vente.
Association Dimey – BP 37-52800 NOGENT (15 € + 2 € envoi)
*http://site17.ippac2.nfrance.com/2015/04/01/dimey-pluriel-un-vrai-festival-avant-lheure/

Microsillons haut-marnais

La production discographique haut-marnaise se porte à merveille. En attendant les albums annoncés de Seconde classe, Red House, Dixwatts, entre autres, éclairages sur les dernières et fraîches productions de Chinese Dog et NTTF.

Chinese Dog : un album qui déboîteTouchofevil
Chinese Dog en a sous la patte. Le groupe avait déjà scotché son monde avec un premier EP des plus convaincants en 2013. Il est de retour avec un premier album «Touch of evil» qui confirme tout le potentiel de ce quatuor survitaminé issu de la scène indépendante chaumontaise.
L’album, porté par le label Subwave Records, a été réalisé de façon artisanale. Les prises de son ont été effectuées essentiellement au local du groupe dans des conditions assez proches du live afin de préserver l’énergie brute du Chinese Dog. «On a enregistré d’octobre à décembre. En deux jours pour la section rythmique. Le chant a pris un peu plus de temps. Les guitares ont été mises en boîte en une semaine», assure Mike Vignacq, guitariste et maître es-son.
Le groupe a tenu à peaufiner la coloration musicale de cet album qui a bénéficié d’un traitement analogique réalisé au studio White Bat Recorders, à côté de Mulhouse, par Rémi Gattliffe, qui a sculpté le son du groupe Last Train, révélation rock du moment.
CD et vinyl
«On a enregistré en numérique mais le mixage a été fait en analogique», souligne Mike Vignacq. Il a fallu prendre en compte des impératifs de mastering spécifiques puisque Chinese Dog a voulu presser 500 cd digipack et 300 vinyls. «Pour un pressage vinyl, il ne faut pas trop ouvrir la stéréo et bien gérer les graves pour éviter de faire sauter le diamant de la platine à la lecture», précise encore Mike Vignacq.
Les Chaumontais ont voulu sortir «un objet de collection». La packaging est très soigné à l’instar de la pochette, une peinture de l’artiste chaumontais Eric Mugnier.
Côté son, «Touch of evil» est chaud comme une vieille lampe incandescente.
Parmi la dizaine de titres (dont certains tournent déjà depuis quelques temps en concert) figurent quelques nouveautés. L’album s’ouvre sur l’échevelé «Born in a trailer». Qu’on en s’y méprenne pas, on est loin ici de l’ambiance feu de camp d’un Raphaël. Les guitares de Mike Vignacq dégagent la voie, placées sur orbite par la section rythmique du tandem PP-Brice Simonnet. Rémi Bablon récite sa partition vocale avec la conviction d’un Scott Weiland des meilleurs jours. L’état d’urgence artistique transpire de bout en bout. Une pure réussite.
A.S

Un tour en répète avec Chinese dog.

+ le teaser de l’album

NTTF pour une place au soleilNTTFpochette
Il y a 20 ans, le groupe était plus étoffé, mais il a évolué. Des sonorités rock festif avec des percussions et cuivre, au quatuor actuel (Tobad, Sébastien, Ludo et Yannick), ce sont donc deux décennies d’évolution musicale et de références anciennes et nouvelles qui viennent d’accoucher d’un nouvel album : une place au soleil.
La construction de ce nouvel opus s’est faite tranquillement, sans pression. Certains morceaux datent de cinq ans déjà. Ils ont été travaillés, améliorés, modifiés, réarrangés… Les thèmes abordés sont multiples. Ils ciblent les petits travers de la vie comme dans Il va péter les plombs. Le second degré est bien présent comme pour Tape dedans.
La volonté du groupe est de faire des chansons qui veulent dire quelque chose, qu’elles soient compréhensibles par tous. Et si elles dérangent un peu, ce n’est pas plus mal. Dans C’est ça qui est bon, on a droit à un florilège de tout ce qui pourrait rendre heureux, de tous les petits plaisirs de la vie.
Une place au soleil est un album qui donne envie de bouger. Certains penseront qu’il fait la part belle au rock des années 80 avec des morceaux de synthétiseur, d’autres entendront les riffs de basse et les guitares à la sauce Red Hot Chili Peppers, ou encore des connotations à la Gainsbourg. C’est un joyeux mélange qui a été pensé, mûri. Tobad (chant) insiste sur le fait que les références et influences sont importantes dans la vie de tous les jours, mais NTTF ne souhaitent pas faire de simples… reprises de rythmes. C’est saupoudré. Clin d’œil : le CD rappelle les 45 tours des années 80.
Mais c’est sur scène que le groupe donne le meilleur. Plusieurs dates sont d’ores et déjà programmées au festival les Houblonnades à Dijon le 2 avril, le 9 avril au Rézo’Fêt’Art toujours à Dijon, le 23 juillet à Biesles, le 17 septembre à Marnay (Haute-Saône) lors du festival La bière Ki Cool, et début août pour une apparition sur le Ringo’star du festival du Chien à Plumes qui fêtera ses 20 ans. Comme NTTF.
Correspondance : Thomas Damoiseau
Et un extrait de l’album de NTTF :
des gens bizarres .

Le Prince est mort




Prince, musicien de génie, dandy et bête de scène, est mort jeudi à l’âge de 57 ans dans sa demeure de Paisley Park. L’artiste aura marqué des générations de fans avec des tubes comme “Purple Rain”, “Girls & Boys” ou “Kiss” qui sont un peu la bande son de la fin des années 80.

«C’est avec une profonde tristesse que je confirme que le légendaire interprète, Prince Roger Nelson, est mort dans sa résidence de Paisley Park ce matin», a indiqué sa porte-parole Yvette Noel-Schure. «Il n’y a pas plus de détails sur la cause de sa mort pour le moment», ajoute-t-elle.
Le chanteur avait été hospitalisé d’urgence vendredi dernier pour une grippe. Le shérif du comté où réside Prince a tweeté qu’une «enquête était ouverte pour un décès à Paisley Park», la résidence du musicien.
Le “Kid de Minneapolis” a été l’un des plus grands musiciens des années 80 et 90, avec des tubes comme “Purple Rain”, “Cream”, “Girls & Boys”, “Kiss”, qui ont fait danser le monde entier, mêlant riffs de guitare, poésie des paroles et rythmes funk.
Mesurant moins d’1,60 m, mais avec une personnalité surdimensionnée, celui qui était parfois présenté comme le grand rival de Michael Jackson était une véritable bête de scène, au style dandy et jouant sur l’androgynie sexuelle.
Alors qu’il avait commencé une série de concerts, il avait aussi annoncé le mois dernier qu’il allait publier ses mémoires, dont son éditeur prédit qu’ils seront «anticonformistes». Le musicien, né sous le nom de Prince Nelson, vivait toujours en périphérie de Minneapolis. Il était resté prolifique et s’était récemment converti au streaming, estimant qu’Internet lui donnait plus de liberté artistique.
Dans les années 1990, Prince avait changé son nom pour un imprononçable “Love symbol”. Il avait inscrit le mot «esclave» (slave) sur sa joue pour protester contre les conditions contractuelles qui le liaient alors à son label Warner.
Acclamé comme guitariste, chanteur et danseur, Prince avait récemment organisé des concerts dans ses studios de Paisley Park, dans le Minnesota (Etats-Unis), et en Australie, durant lesquels il a joué du piano en solo, déclarant qu’il voulait se confronter à un nouveau défi artistique.
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Au nom des musiques d’ici

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Laurent Rémy et son équipe de la Médiathèque départementale travaillent d’arrache-pied à la réalisation d’une base de données accessible sur le web regroupant les musiciens du département et leurs œuvres. Un travail de numérisation et de compilation colossal pour ce qui constitue sans doute un des plus ambitieux projets liés aux musiques d’ici.

Cinq cents artistes haut-marnais recensés, 300 œuvres numérisées… Le travail déjà réalisé est impressionnant. Les cd d’artistes haut-marnais occupent une place de choix dans le bureau que Laurent Rémy partage avec deux de ses collègues à la Médiathèque départementale, dont Marie-Cécile Wendling, assistante de conservation du patrimoine, qui se charge plus spécifiquement du travail de numérisation des œuvres estampillées 52. Et des productions locales, Laurent continue à en débusquer régulièrement. Le dernier arrivage est composé de vieux vinyls dont un 33 tours du poète Nogentais Bernard Dimey datant de 1975, d’un 45 tours du groupe Chaumontais Yves Dir (1), quatuor qui sévissait à la fin des années 70.
Pépinière de talents
Les premières traces connues d’une vie musicale dans le département remontent au XVIe siècle avec les maîtres de chapelles. Un des plus illustres fut sans doute Jehan Tabourot, chanoine à la cathédrale de Langres, dont les œuvres sont encore jouées de nos jours. Il n’existe aucun témoignage sonore de l’époque, bien sûr, mais on trouve des partitions et des enregistrements d’ensembles contemporains.
«Le grand public n’imagine pas la richesse et la diversité de la vie musicale en Haute-Marne. Ca a toujours été une pépinière de talents», s’enthousiasme Laurent, incollable sur la période qui va des années 80 à nos jours. Il y a la cohorte des artistes qui ont laissé une empreinte plus ou moins fugace localement et ceux qui ont fait carrière. Dans cette dernière catégorie, on citera notamment le Joinvillois Christian Vander, leader de Magma, Yves Simon (romancier à succès et à la discographie impressionnante) natif de Choiseul ou encore Nicole Rieu «qui a débuté dans un groupe yé-yé à Chaumont. Les anecdotes sont nombreuses», assure Laurent.
Collecteur de mémoire
Autre cas intéressant : celui de Carmina. Créé par Olivier Brochart, qui a mené une belle carrière ensuite avec Deus Ex. Machina, ce groupe était composé de musiciens talentueux «comme Michel Deneuve, autre haut-marnais qui est devenu le grand spécialiste de l’orgue de cristal. Il parcourt le monde aujourd’hui», souligne Laurent Rémy qui aimerait mettre la main sur un enregistrement réalisé en 1976 alors que Carmina assurait la première partie de Magma. «Il y a eu une captation live sur K7. C’est avéré !», s’enthousiasme-t-il. Et à chaque échange avec un musicien d’ici, Laurent enrichit ses connaissances sur le microcosme musical du département.
«Pour intégrer la base de données, il faut être né en Haute-Marne ou y avoir séjourné au moins 5 ans, être auteur-compositeur ou éventuellement interpréter des reprises mais créatives», insiste-t-il.
En se lançant dans cette aventure, il y a trois ans, ce collecteur passionné, qui a lui-même fait partie du sérail au sein du groupe chaumontais Eau de rose, dans les années 80 (lire ci-contre), n’avait sans doute pas imaginé qu’il ouvrirait autant de tiroirs remplis de destins musicaux tous uniques. Tel Alan Lomax en son temps, il compile avec passion un hétéroclite magma toujours en fusion. Pour la postérité.
A.S

(1) Yves Dir (chant, guitares) Edmond Gonthier (basse) Christian Sibot (claviers) Jean-François Fouley (batterie).

Artistes, à vos contrats

La base de données des artistes du département devrait être accessible sur le portail webothèque52 (www.webotheque.haute-marne.fr) qui a été repensé il y a quelques semaines. L’usage du conditionnel s’impose ici car un problème demeure. Pour figurer sur ce portail, les artistes doivent retourner un contrat de cession de droits. Une formalité indispensable qui fixe les règles d’exploitation des œuvres avec CVS, prestataire de la plateforme numérique. Celles-ci seront proposées ensuite à l’écoute en streaming (et non en téléchargement) à l’instar de ce que proposent des plateformes comme soundcloud où les choses sont nettement moins… encadrées.
«Pour que la base soit attractive, il faut qu’un maximum d’artistes se plient à cette simple formalité. Hélas, les retours sont peu nombreux pour le moment», constate Laurent Rémy.
Pourtant, ce portail est une belle vitrine qui s’adresse au large public potentiel des bibliothèques de France et de Navarre. «Il suffit d’adhérer à une des quelques 160 médiathèques du département, hors Saint-Dizier, Chaumont et Langres, lesquelles ne figurent pas dans le réseau de la Médiathèque départementale. L’adhésion est gratuite», souligne Sylviane Barrand, directrice de la structure qui dépend du Conseil départemental. Les artistes disposeront d’un accès gratuit au portail. Une rémunération sous forme de droits d’auteur est même prévue pour les morceaux les plus écoutés. La balle est dans le camp des artistes. Le formidable travail réalisé par Laurent Rémy et son équipe mérite bien de satisfaire à quelques démarches administratives.

Et en complément, ici, la bio du groupe Eau de rose dont Laurent Rémy faisait partie. Cette bio sera accessible sur le portail de la médiathèque départementale pour les adhérents. On pourra aussi y entendre tous les artistes haut-marnais recensés par ses soins.
En écoute ici et en bonus, le 45 tours numérisé du groupe Eau de rose, Claustrophobie.PochetteEaudeRose

La bio d’Eau de rose

Groupe de rock d’origine Bolognaise fondé en 1981, composé de Laurent Remy (auteur / compositeur et chant), Benoit Bernard (compositeur / guitare et choeurs), Frédéric Leclerc (batterie et choeurs) formé par Michel Denizet, Alain Possamaï (basse et choeurs).
Influencée par les Who, AC/DC, Trust, Police, Simple Minds, U2, Eric Clapton, Van Halen… la formation opte pour le hard-rock à ses débuts. Eau de Rose (l’idée est venu au chanteur après avoir vu sa petite amie utiliser un flacon du produit cosmétique du même nom), a une vraie révélation en découvrant Trust en 1979, à la salle des fêtes de Chaumont. Les membres du groupe seront même engagés comme roadies pour quelques dates régionales lors d’une tournée dans les 80 grâce aux relations qu’entretenait Pierre Lebert avec le manager de Trust.
La formation change de style à partir de 1986 et surfe sur le mouvement New-Wave. Eric Mugnier (claviers), ex. Fils à Papa, et également artiste peintre, puis Philippe Maës (claviers) collaborent successivement et éphémèrement au groupe. En 1988, Alain Possamaï quitte Eau de rose. Il ne sera pas remplacé. Le trio se tourne alors vers la Mao (Musique assistée par ordinateur) pour palier à l’absence de basse et de claviers. En 1989, une bourse Défi-jeunes, obtenue auprès de Jeunesse et Sports, permet de financer l’enregistrement (24 pistes) et la production d’un 45 tours, Claustrophobie, chez Milkshake Records (Vitry-sur-Seine). La pochette est signée Philippe Péchinet. Plusieurs clips sont réalisés pour des émissions sur FR3 Champagne-Ardenne, Bourgogne-Franche-Comté et Lorraine-Alsace. En 1994, le groupe se rebaptise « EX’S » et cherche son second souffle mais, usé par le manque de reconnaissance et l’éloignement géographique des membres, il se sépare en 1995 après plus 500 concerts, dont plusieurs scènes parisiennes à la fin des années 80 : La Locomotive, le Gibus, le Caf’ Conc’, le Grand Rex et les premières parties d’Ange (Francis Décamps, le claviériste du groupe Ange ayant remarqué une prestation du groupe lors d’un tremplin) à Belfort en 1988 et de François Feldman à Nancy en 1990 devant 3 000 personnes.

Décès de Michel Célie, éditeur de Bernard Dimey

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Michel Célie, l’éditeur musical et l’ami du poète nogentais Bernard Dimey, est décédé vendredi. Le dernier des Capenoules 
avait 87 ans. Philippe Savouret, de l’association Bernard-Dimey, 
qui le rencontrait régulièrement, revient sur son parcours.
Michel Célie est venu au Festival Dimey jusqu’en 2006. Des ennuis de santé l’en ont ensuite empêché. Il est décédé vendredi 1er avril. Originaire de Mouscron (où est né Raymond Devos), Michel Célie a créé avec Pierre, son frère, et Robert Lefèvre, l’émission de télévision “Les Copains du samedi”. Les soirées se terminaient entre amis en chansons 100 % Ch’ti : les Capenoules sont nés.
«Pour préserver le folklore du Nord et pour enregistrer Les Capenoules, une maison de disques est créée à Paris. Le catalogue présentait Raoul de Godewarsvelde, Mouloudji, George Zampfir, Jean-Claude Pascal, Michel Murty, Claude Barzotti et quelqu’un qu’on connaît bien dans la région : Claude Vanony. Ce sont eux qui ont produit des tubes comme “Besoin de rien, envie de toi” de Peter et Sloane ; “La Danse des canards” qui a été vendue à 3,2 millions d’exemplaires. Les succès commerciaux permettaient de produire des coups de cœur moins vendables», explique le conservateur de la médiathèque de Nogent.
Si Michel Célie a connu Jacques Brel à 19 ans, le personnage qui l’aura le plus marqué c’est Bernard Dimey.
Il avait expliqué leur rencontre : «J’étais au Bar des artistes à l’Olympia et là j’entends un homme incroyable réciter un poème, c’est Coquatrix qui m’a dit que c’était l’auteur de “Mon truc en plumes”. Je l’ai rattrapé, on ne s’est plus quittés.» Régulièrement, Bernard Dimey et Michel Célie se retrouvaient au fameux Lux-bar. Les frères Célie se sont consacrés à la promotion de Bernard Dimey sous le nom “Paroles de Dimey”. «Grâce à Michel Célie, Bernard Dimey a voyagé au Québec d’où il nous a rapporté le texte “Le Français”, hélas toujours d’actualité, et en Egypte, chère à Michel, il nous a fait cadeau des “Enfants de Louxor”. C’est d’ailleurs un caillou ramassé dans la Vallée des rois que Michel a glissé dans la main de Bernard avant de refermer son cercueil. Michel Célie s’est voué principalement à perpétuer sa mémoire sur disque puis CD et à travers des expositions. Mais en 2010, il arrête définitivement et vend le fonds Dimey aux éditions Raoul Breton qui malheureusement ne le font pas fructifier. Michel était intarissable sur ce grand poète nogentais. C’est le grand ami et dépositaire de la mémoire de Bernard Dimey qui vient de nous quitter», conclut Philippe Savouret.
Propos recueillis 
par Estelle Galland

Youth festirock : les jeunes montrent leur travail

Ce mardi soir, des jeunes musiciens formés aux métiers de la scène par la MJC de Chaumont s’exprimeront au Nouveau Relax, lors du Youth festirock. Quatre groupes seront sous les projecteurs.

Les jeunes adhérents de la MJC vont démontrer ce qu’ils ont appris lors des métiers de la scène pendant le Youth Festirock, mardi 5 avril à 20 h, au Nouveau Relax. Quatre groupes monteront sur scène pour trois heures de concert : Bêta -, The Lines, Volt et ASK.
Le festival, finalement concentré sur une soirée, est la partie la plus visible des stages métiers de la scène proposés par la maison des jeunes et de la culture. «Au début, cette activité était pour qu’ils découvrent les métiers de la scène», raconte Fabrice Montignon, animateur à la MJC. «Puis c’est devenu quelque chose de concret. C’est un projet unique en Haute-Marne porté par cette jeunesse-là.»
À l’occasion de ce Youth Festirock, des jeunes de 16 à 25 ans auront l’opportunité de monter sur une grande scène pour jouer des morceaux allant du rock au néo-métal en passant par le hard-rock. Les autres stagiaires seront derrière le bar (sans alcool) et à l’éclairage. Ils auront aussi fait les flyers pour la communication en amont, préparé la console de mixage pour le professionnel et rangeront la salle après le concert. «Les plus “anciens” qui ont déjà joué les années précédentes ont coaché les nouveaux», indique Léo, membre du groupe Lemon’s Back et bénévole à la MJC.
Damien est bassiste dans le groupe Bêta -. «On jouera du rock français pendant 35 minutes», annonce-t-il. «C’est intéressant pour eux de se produire devant le public», précise Fabrice. «Il y a une prise de risque.» youth1youth2youth3
ASK n’en est pas à son premier concert. Groupe le plus expérimenté des quatre qui se produiront et ancien vainqueur du Jukebox, ses membres ont déjà un public et leur style bien à eux. En revanche, le groupe The Lines, formé de collégiens, est plutôt nouveau dans l’exercice. Ils se cantonneront plus à des reprises rock. Entre les deux, il y a Volt avec Valentin, l’un des trois guitaristes, et Vincent, bassiste. Le groupe interprétera ses compositions en anglais dans un genre hard rock à métal et quelques reprises. «Mais on y rajoute notre patte», assure Vincent.
Pour l’animateur, le Youth Festival est bien plus qu’un moyen d’expression musical pour les jeunes. «C’est aussi un projet d’éducation populaire, donner une participation active à voir aux jeunes. Certains montent ensuite des associations avec lesquelles on peut travailler.»
Il ne faudra pas arriver en retard le soir du concert. La jauge est limitée à une centaine de places.
Leslie Mucret

Une tournée dans l’Agglo

Le Youth Festival est le point d’orgue de l’activité métiers de la scène, mais il y a une suite pour les stagiaires. Ils travaillent sur une plaquette d’information pour présenter leur spectacle dans les communes de l’Agglomération et faire une tournée. Une date est déjà prévue le 30 juin à Villiers-le-Sec. «Les jeunes voient comment on peut participer à des lieux de vie sans aller bien loin», explique Fabrice. En plus de cela, les musiciens joueront sur la grande scène devant la mairie de Chaumont lors de la fête de la musique le 21 juin et lors de la fête des activités à la MJC.

Eric Frasiak : le son et l’image

Avant son nouveau album prévu à l’automne, Eric Frasiak sort un dvd très réussi enregistré en public le 3 octobre dernier au théâtre de Bar-le-Duc. Et c’est une vraie performance que l’auteur-compositeur-interprète a livré à domicile avec son groupe. «Généralement, lorsqu’on se lance dans l’aventure d’un enregistrement en public, on fixe plusieurs concerts et on prend le meilleur. Là, il s’agissait d’une soirée unique. Mais dans une belle salle avec un bon public, les sensations éprouvées sur scène ont été confirmées à la réécoute», assure-t-il.
On y retrouve les incontournables, extraits des quatre derniers albums, dont un hommage appuyé à son maître à chanter, François Béranger, mais aussi et surtout des nouveaux titres qui figureront sur le prochain album. Et ce qui est toujours remarquable chez Eric Frasiak, c’est ce travail d’écriture exigeant. «C’est la vie qui écrit pour moi», assure-t-il. Les textes sont ciselés, intelligents. Ils sont la quintessence d’une belle âme qui continue à semer des graines de bonheur tout en restant lucide sur l’état du monde.
Le prochain album «Sous mon chapeau», à l’instar du dvd, comportera une quinzaine de titres. «Tout est très écrit», dans le processus de création. «Il faut préserver l’âme d’une chanson. Et j’aime les arrangements qui ont de la couleur», poursuit-il.
Le nouvel album d’Eric Frasiak ne manquera assurément ni d’âme, ni de couleurs.
A.S

Dvd Sous mon chapeau
http://www.frasiak.com

Red House : Faverolles, c’est le rêve !


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Louisa, Anthony, Vincent et Pierre-Etienne, les quatre musiciens 
du groupe Red House, vainqueur du tremplin JHM Jukebox 2015, sont unanimes : enregistrer au château de Faverolles est une expérience inoubliable !
Dans le cadre idéal du château de Faverolles, temple dédié au son dans son écrin de verdure, les membres du groupe Red House sont comme chez eux. Il faut dire qu’ils en rêvaient de cette consécration. Un défi personnel en forme de blague lancé un soir de finale du tremplin Jukebox en juin 2014. «J’avais très envie de faire de la musique avec Louisa, et quand on s’est retrouvé en spectateurs à la finale de ce concours organisé par le JHM, je lui ai dit en rigolant : l’année prochaine on s’inscrit et on gagne !» explique Vincent, le batteur. Les événements lui ont donné raison : vainqueur du tremplin 2015, le tout jeune groupe a gagné le droit de poser ses valises au château pour enregistrer son premier album.
«C’est toujours impressionnant de se retrouver dans un endroit comme Faverolles, aussi, c’était déterminant pour nous de bien préparer les choses en amont», précise Louisa, la chanteuse et guitariste.
Jeunes mais perfectionnistes
Du haut de leur vingtaine, les quatre musiciens mettent beaucoup d’atouts de leur côté. Tout d’abord, ils sont tous étudiants à la prestigieuse école nationale de musique de Villeurbanne et ils n’ont pas hésité à solliciter leurs enseignants pour préparer leur enregistrement. De la même manière, ils ont tenu à travailler en studio avec Benjamin Voillemin, ingénieur du son bien connu de la scène locale, avec lequel ils partagent le même perfectionnisme. «On est un groupe de rock-blues, et nos influences viennent directement des années 70. Du son analogique avec un grain immédiatement identifiable. Avec Benjamin, on est prêts à passer des heures sur un réglage d’ampli pour qu’il sonne comme on veut», expliquent de concert Anthony et Pierre-Etienne, respectivement guitariste et bassiste de la formation. Place maintenant au mixage, au packaging, bref tout ce qui fera de cette semaine de studio un vrai disque que Red House sera fier de présenter à la finale 2016 du tremplin Jukebox. Rendez-vous est pris au Nouveau Relax à Chaumont, le 3 juin.
A. L.

Pour les candidats à l’édition 2016 du tremplin Jukebox, il ne faut plus traîner. Les inscriptions seront closes le 21 mars.

Entre deux caisses : Chics types et bon genre

Le groupe Entre deux caisses a fait salle comble au Nouveau Relax jeudi soir pour un spectacle consacré aux chansons de filles. Un régal…

Les titres qui composent Sous la peau des filles ont été choisis minutieusement par les quatre « chantistes », comme ils s’aiment à s’appeler. Au programme, ni mièvrerie sur le débat rose ou bleu, ni aboiements de Chiennes de garde, et pas plus de grosses blagues machistes, sinon au troisième degré. Simplement une belle farandole de textes de tous temps et de tous styles. «Nous avons fait beaucoup de découvertes, explique Dominique Bouchery dans une vidéo en ligne». On ne sera pas surpris que les artistes aient fouillé dans les catalogues de Brigitte Fontaine, Anne Sylvestre ou Claire Diterzi. Pas étonné non plus que Michèle Bernard ait écrit spécialement pour le quartet, et que la grande Juliette (Patronne !) ait accepté de mettre en scène ce nouveau spectacle. Son coup de patte était déjà remarquable dans Je hais les gosses, consacré par Entre deux caisses aux chansons d’Allain Leprest ces années passées.
Les liaisons, les déplacements, les lumières, ont la même précision que les orchestrations, la même justesse que les voix. C’est au cordeau, si ce n’était cette quinte de toux dans le coffre de Jean-Michel Mouron… pour rappeler qu’on était en direct. Beaucoup d’hommes ont écrit sur les filles ou pour les filles. «L’heure n’est plus, rappelle Gilles Raymond, à bidouiller un texte selon qu’il est chanté par un homme ou une femme.» Tenancier de la contrebasse, l’imposant Gilles Martins l’a prouvé en reprenant superbement un succès de Dalida, Il venait d’avoir 18 ans. Idem pour l’insolent Infidèle, écrit par Patrick Font pour Evelyne Gallet. Le groupe nous promet un album de ce spectacle pour l’automne prochain. On s’en réjouit. Et on espère que l’association Bernard Dimey et le Nouveau Relax nous proposeront encore des chanteurs de ce niveau.
entrecaisses4entrepublicDe notre correspondant Florent DESPREZ

Dimey-Lai : un rare moment de création

Exceptionnel : un moment de création partagé entre le parolier nogentais Bernard Dimey (alors tout jeune) et Françis Lai (à l’accordéon).
L’émission a été diffusée le 14 mai 1964 sur la 1ère chaîne historique de télévision dans le cadre des émissions destinées à la jeunesse.
« A partir d’un sujet proposé, Francis Lai va chercher un thème sur son accordéon, trouver des variations et construire une véritable partition musicale. Pendant ce temps Bernard Dimey, écoutera et écrira un refrain… Ainsi on peut décortiquer le processus de création et voir naître une nouvelle chanson.
Un moment rare.
Pour rappel, le festival Bernard Dimey aura lieu du 4 au 7 mai à Nogent.

Of Ivory & Horn : lionceaux rugissants

Of Ivory & Horn : lionceaux rugissants

Changement d’humeur, instant de liberté octroyé au détour d’un live bien ficelé… animent les morceaux du groupe Of Ivory & Horn. Rencontre avec Damien Chamoin, Langrois et initiateur du groupe, qui touche un premier aboutissement avec la sortie en mars d’un premier opus : “Where lions cry”.

L’histoire de Of Ivory & Horn, c’est avant tout l’histoire de trois garçons dans le vent qui pensent chaque morceau comme une œuvre à part entière, plutôt que comme support de promotion. La base reste la même. Un thème vocal simple et quelques notes pour former une mélodie. Là-dessus, s’ajoute tout un travail de construction harmonique qui va se jouer des changements d’humeur et donner tout son sens au morceau. Les paroles – secondaires pour Damien Chamoin – «sont extrapolées de fables inspirées de mes expériences, mais aussi de choses plus universelles». Ce projet, c’est en quelque sorte son bébé, le jeune homme de 27 ans en est à l’origine. A l’âge de 22 ans, il rédige ses premiers écrits avant de trouver Rémi Fay et Vincent Fliniaux, son batteur et son contrebassiste qui l’accompagneront sur diverses scènes.
1, 2, 3, et puis s’en vont
Puis leurs chemins devront se séparer… L’un ira au Canada, où il est encore actuellement et produit des musiques pour jeux vidéo, l’autre essaiera une galerie d’Art en Islande. Reste Damien qui, marqué par un caractère fort et une motivation plus que grandissante, reconstituera son groupe avec d’autres membres et l’histoire continuera… Sur sa route, il trouvera Gabriel Rouet, étudiant en musicologie et claviériste, ainsi que Willy Brauner, un batteur amateur de punk et de jazz.
Ensemble, ils se donnent un objectif : faire aboutir ce beau projet à la rythmique “néo-folk”. Un vrai challenge car il faut allier le côté intimiste du disque avec celui presque animalier tellement empli d’énergie, du live. D’ailleurs, Damien Chamoin ne s’en cache pas : «Dans un live quand je ne transpire pas, c’est qu’il est raté». Si toutefois d’autres multi-instrumentistes veulent transpirer avec lui, il est preneur. L’homme souhaite en effet voir évoluer son trio en quintet pour prendre encore plus de plaisir sur scène.
Pas de promo,
juste du risque
Des scènes, il en a connu avec son groupe, celle du Chien à plumes notamment. Mais c’est la représentation en première partie d’Emilie Simon, qui a donné un vrai coup de fouet à Of Ivory & Horn.
Son fil conducteur reste clair, ne pas s’enfermer dans l’acoustique et ne pas avoir un rendu dit «promotionnel». Lui et ses musiciens aiment particulièrement le goût du risque, c’est pourquoi ils cherchent l’innovant, l’atypique… «Il faut que quelque chose se construise, si ça te parle et que tu rentres dedans, tu as réussi ton objectif». Toujours dans l’atypique, il ne se conforme pas au format standard. Son disque à venir en est la preuve, il contiendra sept morceaux pour une durée de 36 minutes. Une fabrication qui se veut artisanale, avec du mastering fait maison et quelques voix enregistrées via Iphone… Verdict en mars prochain.
Marine Prodhon


ofivoryandhorn

La musique avant tout avec JeHan et Suarez

jehan-suarezMalgré le coup du sort de la fermeture de L’Epicerie par la commission de sécurité, l’association Mélanges improbables maintient le cap. C’est en se repliant au théâtre Michel-Humbert, vendredi soir, que Lionel Suarez et JeHaN ont rendu hommage a Allain Leprest.
Tout le monde n’aurait pas pu tenir dans L’Epicerie, vu le déplacement exceptionnel des mélomanes amateurs de l’association Mélanges improbables. C’est sans doute ce que Philippe Chanclu, le président, s’est dit, vendredi soir, en voyant l’affluence au théâtre Michel-Humbert, vers lequel il a dû se replier après la décision de fermeture immédiate de L’Epicerie, menacée par l’écroulement à venir de l’immeuble voisin. Une bien maigre consolation, tant l’homme a été affecté par la mesure, mais une consolation tout de même. La priorité doit rester à la (bonne) musique.
Et, de ce point de vue, JeHaN et l’accordéoniste Lionel Suarez ont fait ce qu’il fallait. Réunis pour interpréter “Pacifiste inconnu”, une création autour du répertoire d’Allain Leprest, les deux hommes ont rendu un vibrant et musical hommage au chanteur-poète décédé en 2011, autant adulé par ses nombreux fans qu’il était inexplicablement boudé par les grands médias. Presque inexplicablement, en réalité : ceux-ci ne goûtaient guère l’engagement affirmé et détonnant d’un chanteur social et très politique. De quoi donner un surcroît de courage et de motivation à Philippe Chanclu, lui qui n’en manque déjà pas. Pour preuve : le prochain concert, prévu dès ce vendredi, à 20 h 30, aura bien lieu. C’est à la salle Jean-Favre que le “Tram des Balkans” viendra se produire.
N. C.

Pour les gens

Le concert de Christophe Rémy et ses Mot’ziciens a rassemblé un large public d’habitués mais aussi de curieux qui ont pu apprécier celui qui se joue des mots avec habileté et humour lors de son spectacle organisé la semaine dernière au lycée agricole de Chaumont où l’artiste enseigne.
C’est à la salle Pisani du Lycée agricole que les musiciens ont fait une entrée remarquée, côté public. Investissant la salle de leurs instruments avant de monter sur scène afin d’interpréter une série de portraits largement portée par l’orchestre composé d’artistes de talent.
“Les Gens”, c’est le titre du spectacle, qui traite une série de portraits de personnes qui nous ressemblent, que l’on croise quotidiennement, et dont souvent on imagine l’histoire. Les gens-Paul, les gens-Jacques, les gens-tils, les gens-merdeurs, les gens-gueulent, etc. Dans des lieux singuliers qui eux aussi nous parlent, ascenseurs, maternité, salle d’attente, bac à sable ou encore tas d’ordure. Avec ses paroles puissantes, Christophe Rémy s’est fait le porte-parole de nos pensées parfois lubriques et que la bienséance ne peut rendre publique. Des mots crus mais point vulgaires venus tout droit de notre vocabulaire. L’artiste s’est fait l’écho de ses réflexions sur un travail de deux ans où l’amour est omniprésent, mais aussi la révolte, la solitude, la vie, la société et ses travers.
De notre correspondant Norbert Monzein
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Sous le charme de Christophe Willem

wilhemnogwilhemnog2sthalmatinRien ne vaut la magie du direct. La voix envoûtante de Christophe Willem, ses mélodies douces ou entraînantes, l’accompagnement musical et son jeu scénique ont séduit. Un public touché 
par le talent de l’artiste et la gentillesse de l’homme qui se produisait samedi à Nogent.

Sa puissance vocale, son humour, la complicité qui s’instaure de suite avec le public ont contribué au succès du concert de Christophe Willem, samedi 27 février à Nogent. Il y a les fans qui n’ont pu s’empêcher de se lever, de danser, de chanter, entrainant une grande partie de la salle. Un vrai concert, une ambiance unique. Un public dont l’âge varie de 7 à 77 ans. Chacun a pu approcher le chanteur. Il s’est aussi souvent déplacé, dansant avec une jeune femme, allant à la rencontre des spectateurs, au fond de la salle et au balcon. En toute simplicité.
Avec sa voix douce et unique, Christophe Willem offre un quatrième album atypique, collant parfaitement à son personnage. Il y dévoile des textes forts. Son humour et sa générosité ont contribué à rendre le concert inoubliable.

En première partie, il avait invité un jeune chanteur, Martin Stahl. Auteur compositeur suédois à la belle gueule, à la voix grave et envoutante, il chante des mélodies pop-folk vibrantes à la Damien Rice ou Matt Corby. La salle a été de suite emportée dans son univers romantique, avec une touche rock. Ses compositions troublante et son interprétation unique feront sans doute parler beaucoup de lui. Martin Stahl à découvrir sur : (https://soundcloud.com/martinstahl)
Correspondance : Estelle Galland

Jehan, Suarez et… Leprest

Désormais habitués aux concerts de L’Epicerie proposés par l’association Mélanges improbables, JeHaN et l’accordéoniste Lionel Suarez seront réunis, vendredi soir à Langres, pour un hommage au poète Allain Leprest.

Ils sont tous deux passés récemment par la salle de spectacle de L’Epicerie, à l’invitation de l’association musicale Mélanges improbables, mais séparément. Ils seront cette fois réunis. Vendredi, à 20 h 30, le chanteur provençal JeHaN et l’accordéoniste Lionel Suarez seront tous les deux sur scène pour un concert exceptionnel. Aucun des deux ne proposera son répertoire : c’est le chanteur et poète Allain Leprest, mort en août 2011, qui sera au centre de cet hommage.
«Un moment rare où la force des mots et la musique s’enlacent et se dégustent comme des friandises acidulées, voire agressives, douces ou voluptueuses, mais toujours empreintes de l’immense tendresse et de la saine colère que trimballat l’artiste», écrit, dans son texte de présentation du concert, Philippe Chanclu, le président de Mélanges improbables.
A l’instar d’un Hubert-Félix Thiefaine, longtemps inconnu du grand public alors qu’il remplissait les plus grandes salles, Allain Leprest a, durant toute sa carrière, été snobé par les médias généralistes, malgré un succès public qui ne s’est jamais démenti. La faute, sans doute, à son tempérament réservé. La faute, surtout, à ses engagements politiques qui l’ont conduit, notamment, à des textes très corrosifs dénonçans la marginalisation sociale à l’endroit des plus faibles.
Allain Leprest avait, au moins, la reconnaissance de ses pairs. Claude Nougaro avait ainsi dit de lui : «C’est bien simple, je considère Allain Leprest comme un des plus foudroyants auteurs de chansons que j’ai entendus au ciel de la chanson française», disait de lui Claude Nougaro. JeHaN et Lionel Suarez seront, jeudi, sur la même longueur d’ondes.
N. C.jehan-suarez

Les deux faces d’une même comédie

Papa joue avec moi, c’est une comédie musicale imaginée par Jean-Paul Thierion (pour la musique) avec l’aide de Marc Rollet (pour les textes). Le CD est sorti il y a peu. Il a été joué, en fin d’année dernière, sur la scène du Nouveau Relax à Chaumont et son papa géniteur aimerait décrocher un contrat d’édition pour que cette belle aventure perdure.

Jean-Paul Thierion, pour ses 50 ans, s’est fait le plus beau des cadeaux. Il a convié les copains pour enregistrer un CD. Papa joue avec moi est une comédie musicale que le Chaumontais, fin pédagogue au demeurant, a maturé longuement. «J’avais certains morceaux dans mes tiroirs depuis une vingtaine d’années. Comme j’apprécie beaucoup le travail et l’humour de Marc Rollet, notamment aux côtés de Martine Capelle dans sa chorale, je lui ai demandé d’écrire les paroles de ce conte qui comporte certains côtés autobiographiques», reconnaît-il.
Ca, c’est pour la version «adulte» donnée en décembre dernier, au Nouveau Relax, à Chaumont, à l’occasion de la sortie officielle de l’album pressé à 300 exemplaires. Car cette comédie musicale a été également portée sur scène, un an plus tôt, avec des élèves de l’école chaumontaise Jean Macé. Ils s’étaient penchés auparavant sur les textes lors d’ateliers d’écriture.
Les deux faces de cette même comédie ont trouvé un terreau commun dans la trame d’une histoire qui conte les vicissitudes d’un enfant (Jonas) et d’un père (M. Delagrue) lequel brille le plus souvent par son absence.
Avec les copains

Sur cet album, Jean-Paul Thierion a convié tous «les copains musiciens. Enfin presque, car il a fallu faire des choix. Sébastien Huguenin, avec qui j’ai joué dans le Bagad Café, a écrit les cuivres. D’autres n’ont fait que des apparitions ponctuelles». C’est le cas de Lorenzo Sanchez, par exemple.
Un joyeux barnaum (30 musiciens et chanteurs) a investi les locaux du conservatoire de musique de Chaumont plusieurs jours durant pour les sessions d’enregistrement. «Il a fallu deux week-ends de répétitions avec Céline Bardin à la baguette pour l’aspect théâtral et Valérie Martin pour le travail avec les gamins. L’enregistrement a été bouclé en 5 jours», précise encore Jean-Paul Thierion.
«C’était une belle aventure notamment au niveau des rencontres. Il y avait plein de gens qui ne se connaissaient pas ou n’avaient pas eu l’occasion de travailler ensemble. Je me souviens plus spécialement de l’ambiance qui a précédé le concert de décembre dernier à Chaumont et des petits ajustements indispensables. Certains morceaux ont été écrits pour des enfants ou des adolescents qui ont mué depuis. Je pense à Clement Bertin qui tient le rôle principal (aux côtés de Christophe Remy, ndlr). On a été contraint de prendre une doublure».
Trouver un éditeur

Si le spectacle lui tient particulièrement à cœur, Jean-Paul Thierion est bien conscient des difficultés pour le produire compte tenu des coûts qu’il engendre. Dix musiciens sur scène en plus des chanteurs intervenants et des techniciens, c’est une vraie gageure. Sans écarter l’option d’une troupe allégée, le père de cette comédie musicale espère surtout décrocher un contrat d’édition par le biais de catalogues de chants pour les enfants ou d’éditeurs spécialisés.
Le 7 février prochain, il sera à Paris, au Grand Palais, pour la remise des prix du concours de la Sacem dans la catégorie «Musique pour enfants». Ce grand raout – initialement prévu en novembre dernier mais différé en raison des événements parisiens – est une belle opportunité. Il est très couru par les représentants des maisons d’édition.
A.S

Album disponible à Chaumont aux librairies A la Une et Pythagore, au Centre Leclerc et au conservatoire de musique.papathierionpapacd

C’est reparti pour les scènes locales

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Portées sur les fonts baptismaux l’an dernier, les Scènes locales sont de retour ce vendredi 22 janvier en soirée au Nouveau Relax à Chaumont.
Les organisateurs avaient été contraints de réduire la voilure la saison dernière en raison de problèmes de financements qui ont hypothéqué une partie de la programmation de la salle de spectacle chaumontaise, la seule scène conventionnée du chef-lieu.
Les groupes locaux ne peuvent donc que se réjouir de retrouver une opportunité de jouer dans les meilleures conditions. Pour ouvrir la saison 2 des Nouvelles scènes#4, trois groupes se partageront la scène : Sunburn et ses reprises. Le groupe est composé de Céline mouton,Claude Rossignol, Agathe Delhommeau et Arnaud Maîtrehenry. Suivront Iradium et son hard rock et le heavy métal des vétérans de Point G avec Flora (chant), Gueugueu (basse), Puce (batterie) et Nono (guitare/chant).
Ouverture des portes à 20 h 30. Concert gratuit.

Funk Academy et Les Bagatelles sans fioritures

Funk academy et Les Bagatelles ont fait le show, samedi 16 janvier au soir, au pôle socioculturel lors du concert qu’ils ont donné en faveur du voyage en Andalousie des classes de 3e espagnol du collège Jean-Renoir.
Environ 200 personnes se sont déplacées pour assister au concert des deux groupes de la classe de Musiques Actuelles d’Arnaud Leseur, à l’école de musique du Pays du Der. Dans le public, beaucoup d’élèves de 3e et de 4e sont venus mais également de nombreux fans des deux groupes.
Les huit musiciens de Funk academy ont mis l’ambiance dès leurs premières minutes en faisant une présentation de leur concert en espagnol approximatif par Arnaud avec traduction instantanée en français tout aussi approximatif par Maude sous les fous rires des spectateurs ravis.
Durant une heure, ils ont interprété leur programme, mêlant musique et chant, invitant le public à les suivre dans certains morceaux. Si les Funk academy ont bien chauffé la salle, l’arrivée du trio Les Bagatelles a mis le feu à celle-ci et c’est en cœur que les spectateurs ont repris certaines des compositions ou des reprises des trois musiciennes toujours aussi joyeuses sur scène.
Pour le final, les deux groupes se sont rejoints pour trois derniers morceaux, invitant tous les élèves de 3e qui doivent partir en Espagne à monter sur scène pour le dernier. Ils ne se sont pas fait prier et c’est avec beaucoup de plaisir qu’ils ont rejoint les musiciens accompagnés de leur professeur de français, Caroline Bouvier, à l’origine de ce concert et de leur professeur d’espagnol, Déborah Daval.
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On a allumé Bowie à l’étage…

Comité restreint mais extrêmement chaleureux pour la soirée hommage à Bowie, ce jeudi à l’étage de la librairie chaumontaise A la Une. Anicet et Aymeric, initiateurs de cette musicale dédicace, ont voulu marquer le coup quelques jours après la disparition de l’artiste en proposant une scène ouverte.
Ils ont invité le public a donner de la voix sur une sélection de textes du Major Tom. De Rebel rebel, à Diamond dogs, en passant par Rock and rock suicide, The man who sold the world, All the young dudes, etc. On a aussi joué les prolongations avec Lou Reed et Bernard Dimey.
Prochain rendez-vous dès vendredi 17 h pour l’enregistrement de l’émission Mon Chaumont Show avec Lorenzo Sanchez.bowieune

Carton plein pour Tomawok

Samedi soir, les organisateurs de la soirée, Stay Roots et Le Nouveau Relax de Chaumont, affichaient complet.
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Plus de 300 personnes ont ainsi fait le déplacement pour accueillir chaleureusement les artistes venus porter haut les valeurs de la musique reggae.
C’est le groupe de percussion formé en septembre dernier Percu’ Métissée qui a ouvert le bal. Une inexpérience compensée par un enthousiasme communicatif.
Puis Spirit’S, groupe de reggae dijonnais, bien qu’en formation réduite (chant et guitare acoustique) a laissé parler son sens du rythme et les harmonies de sa guitare à douze cordes pour présenter au public un set truffé de références de ces dernières années comme Damian Marley et son incontournable «Welcome to Jamrock» ou certains des nombreux classiques de son illustre père Bob.
En tête d’affiche, “l’Apache” (tel qu’il se définit lui-même) Tomawok est venu défendre son nouvel album Weedamuffin, sorti le 15 octobre dernier, avec la collaboration de pointures comme Manudigital, Sizzla ou encore le vétéran du reggae Max Romeo.
Il faut dire que le français n’en est pas à son coup d’essai ! Déjà venu présenter son album précédent «Wakatanka» en 2013 à Chaumont, il a à nouveau fait vibrer un public conquis par les vagues d’ondes positives du chanteur.
C’est donc avec un plaisir renouvelé que les adeptes de reggae ont bougé aux rythmes Ragga-Hiphop de l’artiste aux 15 ans de carrière et fort d’une solide expérience de scène, avec plus de 900 concerts en France, en Espagne, en Suisse, au Portugal, et même en Côte d’Ivoire et en Jamaïque.
Mission réussie donc pour l’association Stay Roots, dont les bénévoles s’impliquent depuis une vingtaine d’années dans la vie culturelle haut-marnaise à travers l’organisation de concerts reggae, mus par la passion de la musique reggae et l’envie de diffuser un message d’ouverture sur le monde.
De notre correspondant Maxime Belliart
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Graham Parker & The Rumour

La reformation de The Rumour, le mythique groupe de Graham Parker, est un petit évènement. The Rumour s’était séparé dans les années 80 après avoir écumé toutes les scènes de la Perfide Albion et des States avec son pub rock inspiré et colérique. Certes, Steve Goulding, Brinsley Schwartz et consorts ont pris quelques cheveux blancs mais leur jeu est toujours aussi efficace. La révolte a cédé sa place à une maturité qui s’accommode généralement mal avec le rock. Pas dans le cas précis ! La magie de The Rumour, alliée au talent de parolier du camarade Parker, est toujours intacte. Comme à la grande époque du mythique Parkerilla. God save Graham Parker & The Rumour !
A.S

Langres aura son festival de jazz

L’association “Mélanges improbables” a décidé d’organiser, cette année, un festival dédié au jazz, qui sera ainsi le premier événement du genre à Langres. Il devrait se tenir début juillet, à la Lunette 10.
«Cela me trottait dans la tête depuis plusieurs années…» Philippe Chanclu, féru de jazz et cheville ouvrière de l’association Mélanges Improbables, est sur le point de concrétiser son rêve de longue date : créer un festival de jazz à Langres. «Il n’en existe pas entre Nancy (“Nancy Jazz pulsations”) et Lyon (“Jazz à Beaune”), et nous pensons que cette idée de création peut et doit trouver sa place dans notre ville, notre département et notre future grande région et dans un environnement propre à Langres.»
Pour le lieu, le choix de l’association s’est porté sur l’ancien fort de la Lunette 10, dont l’aspect circulaire convient bien à une scène en plein air. Trois jours, les 1er, 2 et 3 juillet, sont prévus. «Mais il n’y en aura peut-être que deux, en fonction des financements obtenus.» C’est, en effet, le dernier point à concrétiser, une question de détails. Une chose est certaine : la Ville est enthousiasmée par le projet et le soutiendra.
L’objectif affiché du festival est l’accessibilité, pour toucher le grand public : «Nous défendons l’idée que le jazz est tout sauf une musique réservée à une élite, gardant à l’esprit le souci d’accessibilité pour tous.» La programmation ne sera, du reste, pas exclusivement jazz : «Il y aura également un peu de blues et des musiques du monde, un chapiteau pour la nourriture et peut-être quelques conférences et échanges entre artistes et public.» Une liste d’une quinzaine de musiciens de jazz et de blues a été élaborée par Philippe Chanclu : Vincent Peirani, Fred Chappelier, Miguel M, le trio Gypsy Winsberg, ou encore Frédéric Borey, sont notamment pressentis.

La saison 2016 de Mélanges Improbables

Vendredi 22 janvier, 20 h 30, à l’Epicerie : Trio La & Ca (jazz).
Vendredi 5 février, 20 h 30, à l’Epicerie : Al Delort (french pop à textes).
Vendredi 26 février, 20 h 30, à l’Epicerie : JeHaN et Lionel Suarez (chanson française).
Vendredi 4 mars, 20 h 30, à l’Epicerie : Tram des Balkans (musique des Balkans).
Vendredi 8 avril, 20 h 30, à l’Epicerie : The Summer Rebellion (freak blues).
Samedi 30 avril, 20 h 30, à la salle Jean-Favre : Otis Taylor (blues).
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Vendredi 20 mai, 20 h 30, à l’Epicerie : Baben Sissoko Kintet (kora jazz).
Vendredi 17 juin, 20 h 30, à l’Epicerie : MAM (swing).
Vendredi 23 septembre, 20 h 30, au théâtre Michel-Humbert : Roca/Wally (chanson française et humour).
Vendredi 14 octobre, 20 h 30, au théâtre Michel-Humbert : Daniel Mille (tango, musique classique et jazz).
Vendredi 18 novembre, 20 h 30, à l’Epicerie : Manu Pekar Quintet (jazz).