Musical’été : 20 ans et tous ses talents !

Du 30 juin au 2 juillet, le festival Musical’été fêtera sa 20e édition au parc du Jard à Saint-Dizier. En programmant Amir, Julian Perretta, MHD, Black M, Slimane et Claudio Capéo, les organisateurs espèrent battre tous les records d’affluence.
L’Agglo a réussi à boucler une programmation finalement assez éclectique, afin de plaire à un public large. A commencer par celui qui ouvrira le festival, le vendredi soir. Révélé au grand public lors du concours de l’Eurovision où il a obtenu la 6e place, Amir est sans conteste l’artiste français du moment, avec un premier album double disque de platine, un single visionné plus de 50 millions de fois sur Internet, deux NRJ Music Awards, deux nominations aux Victoires de la musique… Bref, tout lui réussit.
En deuxième partie de soirée, c’est un artiste international, qui se produira au Jard. S’il s’est fait connaître en 2010 avec son single “Wonder why”, Julian Perretta a depuis parcouru un sacré chemin, avec notamment une tournée avec Amy Winehouse et les premières parties de Beyoncé. De retour en 2016, il doit sortir un album cet été et prépare un duo pour les semaines à venir.
Le samedi, c’est une autre révélation qui ouvrira la soirée. Précurseur de l’Afro-Trap, MHD a explosé ces derniers mois et cumule déjà plus de 150 millions de vues sur Internet. Ce n’est donc pas un hasard s’il a déjà parcouru le monde et partagé de nombreuses scènes avec un autre Français : Black M. Et cela tombe bien, puisque c’est justement lui qui se produira juste après sur la scène du Jard. Déjà venu à Saint-Dizier avec son groupe Sexion d’Assaut en 2013, puis en solo en 2015 aux Fuseaux, Black M présentera son nouvel album “Eternel insatisfait” devant un public désormais fidèle.
Enfin le dimanche, c’est une soirée de chansons qui est proposée, avec Slimane, en ouverture. Le gagnant de The Voice 5 tentera d’envoûter un public réputé difficile, avec sa voix singulière et son premier single “Paname”. Autre révélation de la saison 5 du célèbre télé-crochet, Claudio Capéo refermera cette 20e édition, avec son accordéon, sa voix rocailleuse et ses chansons réalistes.
Reste à savoir si ces choix permettront d’attirer la foule. Sarah Garcia ne s’en cache pas : «Pour les 20 ans, on nous met la pression pour battre le record de 60 000 personnes en trois jours…» Réponse début juillet, sous le soleil (du moins on l’espère) du parc du Jard.
P.-J. P.

Vendredi 30 juin, Amir précédera Julian Perretta (notre photo) au Jard. (Photo d’archives P.-J. P.)
Samedi 1er juillet, Black M (notre photo) sera de retour à Saint-Dizier, juste après la révélation MHD.
Dimanche 2 juillet, Slimane et Claudio Capéo (notre photo).

Décès de Maurice Vander

Maurice Vander, monstre sacré du jazz, s’est éteint à Paris jeudi 16 février. Il a été l’alter-égo musical de Claude Nougaro durant de longues années.
Musicien génial, Maurice Vander était resté dans l’ombre du grand Claude. L’artiste toulousain lui doit les musiques de ses plus grands succès dont Le coq et la pendule (vidéo de l’entretien de Maurice Vander, accordé à France 3, ci-dessous).
Fils d’accordéoniste, natif de Vitry-sur-Seine, Vander a débuté le piano à 8 ans. C’est son frère, Freddy, accordéoniste lui aussi, qui lui fait découvrir le jazz.
Maurice Vander avait notamment enregistré aux côtés de Django Reinhardt, de l’orchestre d’Aimé Barelli, Chet Baker, Stéphane Grappelli, etc.

Punk à donf

L’association Lemon’s Art et la MJC de Chaumont organisent une semaine entière consacrée à la culture punk. Ateliers, expositions, rencontres, conférence, concert… Des événements ouverts à tous.

«Le punk ne se résume pas à des punks à chiens ivres qui boivent des canettes dans les ruelles sombres»,explique Léo Poirson de l’association Lemon’s Art. Et pour le prouver à tout le monde, l’association et la MJC se sont associées pour créer une semaine entière consacrée à la culture punk. «Elle (la culture punk, Ndlr) est beaucoup plus complexe­ que ce qu’on pense. On va essayer d’apporter aux gens des informations qu’ils n’iraient pas chercher. Rendre le punk accessible», affirme Lucas, un autre des membres de l’association. Pour cela, ils ont prévu les choses en grand sur une semaine dont le point culminant sera la soirée de concerts prévus jeudi 23 février au Nouveau Relax (lire ci-dessous).

Le point d’orgue : un concert All punks, groupe issu de l’atelier de reprise de la MJC, travaille depuis plusieurs semaines sur des titres et des auteurs représentatifs du mouvement comme les Sex Pistols ou encore Iggy Pop and the Stooges. Après eux viendra Faux départ, un tout jeune groupe composé de Romain, Léo et Lucas sur les ruines de Lemon’s back. Cette fois, les trois artistes s’attaquent à un répertoire très punk avec beaucoup de compositions.

Tête d’affiche de la soirée­, Intenable vient de Toulouse et Bordeaux. Ses musiciens se produisent depuis une bonne dizaine d’années et viennent de sortir un nouvel album intitulé Quatrième mur. C’est donc tout naturellement qu’ils ont inclus Chaumont dans leur tournée.

«Ce qu’on souhai­te en présentant cette soirée, c’est aussi dynamiser la scène de la ville et enrichir l’offre existante», explique Lucas. C’est aussi pour cette raison que ces mélomanes ne se sont pas contentés d’organiser un concert.

Du 15 au 24 février, petits et grands pourront découvrir toute cette philosophie de vie grâce à des conférences, des rencontres, des ateliers qui auront lieu dans différents lieux culturels de la ville. Les membres de l’association sont très impliqués : rendez-vous avec les partenaires, choix des animations, affiche imaginée et créée par leurs soins… Objectif affiché : s’adresser à un maximum de personnes et ouvrir la culture punk aux esprits de chacun. C’est ça l’éducation populaire.

Laura Spaeter

 

Punk programme

– Du mercredi 15 février au vendredi 17 février aux Silos : table thématique avec divers objets (disques, livres, films) sur le punk et projection d’un documentaire sur le sujet le 15 février à 15 h 30.

– Du lundi 20 au mercredi 22 février à la MJC : Atelier de reprise punk avec des adhérents de la MJC au local de répétition de la Maison des associations. Cinq chansons reflétant les différentes périodes du punk rock parmi lesquels “God save the Queen” des Sex Pistols ou encore “Self Esteem” des Offsprings.

– Du mercredi 22 au dimanche 26 février au Signe : Atelier libre autour de la création d’une pochette de disque. Tous les ingrédients pour faire cet atelier seront disposés sur une table en accès libre aux horaires d’ouverture du Signe pour tous les usagers. De quoi confectionner une pochette de disque complètement personnalisée. Ensuite, toutes les pochettes seront exposées sur un panneau à proximité. L’espace comportera également de véritables pochettes de disque, des impressions et des libres pour trouver l’inspiration.

– Jeudi 23 février au Nouveau Relax : Concert punk à la salle de répétitions du Nouveau Relax avec Intenable en tête d’affiche précédé par Faux départ et All Punks. L’association a également prévu un vestiaire à prix libre et un stand avec vente d’objets et de vinyles au profit de Lemon’s Art.

– Vendredi 24 février à la MJC : Conférence musicale donnée par les membres de l’association Lemon’s art dans laquelle ils reviendront sur le contexte de création des chansons issues du répertoire punk. All Punks donnera ensuite une ultime représentation. A cela s’ajoutera l’Apéro Chorale 2.0 avec une animation 100 % punk : Should I stay or should I go?

Pour finir, 6m2zic proposera à quelques musiciens de se produire sur scène et d’avoir sa première expérience devant un public.

Jukebox 7, l’aventure continue

Le concours musical du Journal de la Haute-Marne est relancé pour la septième année consécutive. Avec quelques surprises.

Le département se révèle un véritable vivier de talents musicaux, tous styles confondus. «Bien sûr, il y a beaucoup de pop-rock et de chanson française parmi les postulants, mais on a eu la chance de découvrir sur les finales précédentes des choses plus inattendues : Du hip hop, de l’électro, du reggae, du métal instrumental… C’est très ouvert, et nous sommes surpris chaque année !», continue Aymeric Laloux. Au niveau de l’organisation, pas de révolution pour Jukebox 2017. Les règles sont toujours les mêmes : chaque candidat doit déposer son morceau sur www.jhm-jukebox.fr avant le 30 mars, puis les internautes votent et les dix chansons les plus populaires voient leurs interprètes sélectionnés en demi-finales. Etape suivante : la sélection par le jury composé des organisateurs du concours et de spécialistes du domaine culturel. C’est à son niveau que se détermine la liste des quatre candidats qui s’affronteront en finale. «Le lieu de la finale est encore tenu secret, mais nous pensons surprendre positivement le public comme les participants», explique l’organisateur.

Pour la dotation, par contre, pas de changement : le grand vainqueur voit s’ouvrir pour lui les portes du studio de Faverolles. Alors qui succédera au groupe chaumontais Z-Plank ? Qui aura la chance d’enregistrer ou de tourner un vidéoclip dans un studio professionnel ? Réponse dans quelques mois. Mais pour l’instant place aux candidatures.

M. D.

 

festival du Chien à plumes : les premiers noms

Le festival du Chien à Plumes repart pour un tour et la programmation s’annonce alléchante avec Matmatah, Vianney, mais aussi et surtout l’excellente Lisa Leblanc.
Les dates du Chien à Plumes sont calées et les festivaliers peuvent d’ores et déjà réserver leur week-end des 4, 5 et 6 août sur le site de Villegusien.Les premiers noms commencent à être distillés au compte-gouttes.
Parmi les têtes d’affiche, Matmatah, qui fera son retour après 10 ans d’absence.

Vianney (photo), Fakear, Danakil, Chinese Man.. La Québécoise Lisa Leblanc (photo) est très attendue sur les bords de la Vingeanne avec son univers aux accents folk rock.
Pour le reste de la programation, il faudra être encore patient. Les organisateurs promettent «plus de 20 groupes à venir, dont de très belles surprises…»

Microsillons d’hiver

Dans le dernier mag Musicorama du JHM (version papier) dimanche 8 janvier 2017, focus sur deux albums parus ces dernières semaines.
Celui du Meusien Eric Frasiak, Sous mon chapeau, (chronique ci-dessous) et celui de Claire Taïb, Chansons pour demain, un hommage au poète nogentais Bernard Dimey.

Le clip tout chaud d’Eric Frasiak « Le jardin de papa » tourné fin décembre à Bar-le-Duc.

Eric Frasiak : chapeau l’artiste !

Quatre ans qu’on n’avait pas eu droit à notre livraison de Frasiak frais. Certes, il y a eu l’hommage à François Béranger, artiste qui lui a donné envie, à l’adolescence, de prendre une guitare et de donner de la voix.
«Je suis très heureux car ce nouvel album bénéficie de critiques très positives. Je pensais qu’avec le précédent (Chronique paru en 2012, Ndlr) j’avais donné le meilleur de moi. Mais, visiblement, Sous mon chapeau est encore un cran au dessus», s’enthousiasme l’artiste meusien.
Frasiak signe tous les textes et toutes les musiques à l’exception d’une adaptation d’un titre emblématique du grand Léo Ferré. «La solitude, c’est le premier morceau de Ferré que j’ai entendu. C’était chez mon frère Romane. J’avais été emballé. La mélodie est magnifique mais, en grand admirateur de Pink Floyd, je trouvais que le solo de guitare était trop court. Je me suis toujours dit que, si je devais l’enregistrer un jour, je lui redonnerais une place de choix», assure-t-il. Jean-Pierre Fara, son guitariste attitré, montre toute sa maestria sur 3 minutes particulièrement jouissives pour tous les aficionados de la six cordes électrique. «La solitude, c’est une montagne. Je ne suis pas mécontent du résultat», poursuit-il.
Mais c’est sans doute quand Eric fait du Frasiak qu’il est le plus convaincant. Sur des sujets souvent sensibles (Migrant, Colonie 6…) mais toujours traités avec humanité et une écriture d’une incroyable justesse. Même quand il décrit Noël et les travers de la société de consommation, ça reste poétique et emprunt d’une tendresse sous-jacente (C’est beau Noël). Le beau frère évoqué tient surtout de la caricature du beauf façon Cabu. «J’ai pleuré plusieurs jours quand toute la bande de Charlie a été décimée. On a tué Le grand Dudule à la kalachnikov !».
Ce grand gaillard à la sensibilité exacerbée (Le jardin de papa, je t’écris) manie tout aussi brillamment la dérision, la révolte ou la sagesse, c’est selon, en objecteur de (bonne) conscience (Espèce de cons, Cuisine politique). Ce morceau, qui parachève l’album, «c’est un Polaroïd de la classe politique. Un peu dans la même veine que le Magouille blues de Béranger. A peine sorti qu’il devrait être réactualisé. On ne s’interdit pas de le faire sur scène», assure-t-il.
Tenez-vous le pour dit, sous son chapeau, Eric Frasiak est plus libre que jamais.
A.S

Un air de cathédrale

Un air de cathédrale

Rien ne sera plus jamais comme avant. Et surtout pas au Bataclan. Les 21, 22 et 23 décembre, Damien Saez a marqué le lieu de son empreinte – son humanisme presque -.

Damien Saez et le Bataclan, c’est une longue histoire. Il en avait déjà empli sa poésie par le passé. Mais en cette fin 2016, ses trois concerts donnés en hommage aux victimes des attentats – son album, L’oiseau liberté, rappelle d’ailleurs sans cesse à quel point il a été marqué par l’année 2015 -, ont donné un ton tout particulier à cette parenthèse, qui verra, avec l’arrivée du printemps, éclore une tournée annoncée comme beaucoup plus rock.
La comparaison est facile, peut-être, mais Saez a transformé le lieu en une véritable cathédrale, trois soirs de suite. Quatre heures de concert, pas moins, une incroyable proximité avec le public, de l’humour, mais point trop n’en faut vu les circonstances, un discours revendicatif toujours, l’artiste s’est voulu bouleversant. Par la force des mots, cette voix qui vient des tripes et une simple guitare. Simple ? Tellement magique…

Que dire de cet Ave Maria, accompagné au piano, qui restera sans doute dans les mémoires, digéré par le public dans un silence religieux. Et de tous ces autres morceaux, dans lesquels le mot Bataclan, le mot terroriste et bien d’autres lancés du fond de l’âme ont forcément touché. Beaucoup touché les 1 500 fans présents à chaque opus.

Il a régné pendant ces trois soirs une ambiance très particulière. De celles qui marquent un artiste. De celles qui marquent une salle. Et de celles qui marquent ceux qui auront eu la chance d’être là.

Christophe Bonnefoy

Happy birthday to You…

Happy birthday to You…

Placebo a 20 ans. Et en ce 26 novembre au Galaxie d’Amnéville, l’anniversaire a viré au gros déballage de son et à l’évocation de beaux souvenirs.
The Joy Formidable, en première partie, avait donné le ton. La soirée serait rock.
Brian Molko et ses acolytes ont ensuite largement répondu aux attentes des fans. Le leader de Placebo avait prévenu : des tubes pas forcément joués lors des précédentes tournées et un gros gâteau d’anniversaire rempli de décibels.
Jusqu’à la dernière seconde, l’ambiance est montée crescendo, pour un final qui aura clos le show sur une excellente note.

Cette mini-tournée des 20 ans en France en annonce une autre, en 2017. Impossible de passer à côté. Le cru Placebo 2016-2017 fera partie des grands millésimes. A déguster, pour le coup, sans modération.

Christophe Bonnefoy

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Marie d’Epizon, l’engagée poétique

Marie d’Epizon, l’engagée poétique

Ses parents chantaient. Elle ne pouvait être qu’à la meilleure école. Avec des textes ciselés remarquablement écrits, Marie d’Epizon, intimiste, toute en sensibilités, parcourt les scènes de France.

D’abord, sa voix, elle la prête aux standards éternels de grands de la chanson française, Brassens, «puits sans fond de références littéraires», Brel, Ferré, Barbara «qui raconte notre histoire», Gainsbourg, Ricet Barrier, Anne Sylvestre… Des interprétations remarquables, tout en finesse, tantôt en toute sensualité, toujours dans son style, et qui lui ont valu un succès d’estime à travers la France et même à l’étranger. Marie a la voix claire, a du talent, et le fait valoir dans le circuit parallèle de la chanson, ce milieu “off”, populaire sans être commercial. Elle y évolue comme un poisson dans l’eau, parvenant à donner beaucoup de plaisir aux gens via des textes profonds, émouvants, la plupart écrits par son complice Claude Kintzler.
Ayant posé ses valises en Languedoc il y a 30 ans, Marie, fille d’ouvrier, n’a jamais oublié sa Haute-Marne natale d’où, pour les besoins de la scène, elle a emprunté le nom du village de ses racines (Epizon). Cet été et cet automne, Marie aura chanté et lu des textes «gourmands» devant son public à Fayl-Billot et à Arc-en-Barrois. Elle a, jadis, déjà pris part au Festival Bernard-Dimey à Nogent. «J’aime Epizon et la Haute-Marne, j’y reviens le plus souvent possible», souligne celle qui revisite “Le marchand de sable”, chanson qui évoque son enfance dans le Vallage.
Souvenirs, donc. Marie, sa première guitare en main, a commencé à chanter avec des copains de lycée. Artiste dans l’âme, elle a suivi en dilettante les cours d’histoire de l’art avant de répondre à l’appel du spectacle. Il a fallu à la jeune femme à la sensibilité bien perceptible franchir le mur d’un défi : celui du trac.
La chanteuse qu’on invite chez soi
Depuis la chanteuse, auteur, compositeur, interprète, guitariste, “diseuse”, très demandée, va de scène en scène, tenant jalousement à son indépendance. Les grands podiums ne sont pas faits pour celle qui veut rester proche de son auditoire. Echange toujours recherché, sinon spontané. Ne propose-t-elle pas des spectacles chez l’habitant, “Les Chant’appart”  ? epizon5epizon1epizon2

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A travers la douceur des mots et une simplicité toute musicale, pointe une rebelle à petites touches, ancrée dans son temps. Comment détourner la voix devant tous ces naufrages, version contemporaine et tragique du Grand Bleu ? «Ces tristes compagnons d’Ulysse subissent leur dernier supplice dans les abysses les grands fonds…» Tendre hommage aux migrants en quête d’Eldorado et en proie à l’indifférence, dans la “Sirène de Lampedusa”, un des titres marquants du dernier opus – le quatrième CD de Marie – “Bleu nuit” qui vient de sortir. La chanteuse invite à nous voir dans le miroir des sentiments, rappelant dans une atmosphère parfumée de mélancolie cette insouciance révolue «le nez au vent et la vie devant…». Superbe chanson sur l’espérance.
L’authentique poésie de Marie, qui, dans ses tournées, ressuscite aussi les textes de Dimey et de Leprest, n’a pas échappé à Paco Ibanez qui l’a fait un jour monter sur une scène espagnole, à ses côtés, et pour qui la chanteuse est «une des plus importantes interprètes françaises actuelles». Rien que ça.
Artiste véritable, loin des honneurs, la Haut-Marnaise se distingue déjà par son humilité, sachant que le métier de chanteuse est difficile, et, qui plus est, dans son cas, sans grands relais médiatiques. Mais la passion ne se nourrit pas de regrets, ni de gloire. “L’optimiste inquiète” trace un sillon de bonheur entraînant derrière elle bien des âmes en quête de songes, de vérité, de paix et de légèreté. L’essentiel est là. Nous ne sommes riches que de notre poésie… C’est la devise de Marie.
Eric Piderit

Tournelune en clair obscur

Tournelune en clair obscur

Rock, sombre, poétique et ouvert, c’est ce qui caractérise le nouvel album de Tournelune, Jour de l’aveugle. Tentons d’y voir plus clair.

Revoilà Tournelune. Le groupe sud haut-marnais fait preuve d’une régularité métronomique. En 2003 sortait son premier album, Le tourne-disque, en 2007, SuperJésus, en 2011, Il est temps. La dernière pépite, Jour de l’aveugle, a été livrée au coeur de l’été. Entre temps, les Tournelune se sont faits entendre sur plusieurs compilations indépendantes et sur l’album Dimey Pluriel paru l’an dernier.
Une production discographique soutenue qui se double d’une même frénésie scénique. Bref, Tournelune turbine gaillardement en restant fidèle à son postulat : un rock très personnel et dynamique qui ne s’interdit aucune incartade sur des chemins de traverse plus populaires ou expérimentaux.
Jour de l’aveugle s’inscrit dans cette veine-là. Un album compact (9 titres) et efficace.
Barnaum itinérant
Et comme les Tournelune ne font décidément rien comme les autres, ils ont convié bon nombre d’invités à participer aux sessions d’enregistrement qui se sont déroulées dans des conditions plutôt inhabituelles. Une large part de l’album a été mis en boîte à la MLAC de Clamecy (Nièvre). Des sessions additionnelles ont été faites à La niche du Chien à plumes à Dommarien et au studio 4-4-2 à Cramans (Jura). Un véritable barnaum itinérant voulu par ces joyeux drilles qui ont confié les captations et le mixage à l’excellent Adrien Rolet.
«Enregistrer dehors, ça change la donne», assure Alexandre Doizenet, membre du groupe depuis ces débuts. «Si on écoute les morceaux au casque, on peut entendre le chant des oiseaux ou l’arrivée tonitruante de l’agent de La poste venu livrer le courrier. On a choisi volontairement des lieux ouverts car l’environnement direct agit sur l’ambiance générale des sessions», poursuit encore Alexandre.
Ouvertement
Cette volonté d’ouverture s’affiche aussi quand on consulte la liste des musiciens qui ont participé aux enregistrements. Les six membres permanents (Fabien Peter, Morgan Vogenstahl, Alexandre Doizenet, Grégoire Simon, Pierre Lainé, Sylvain Lainé) de Tournelune ont sonné le rappel des amis qui ont notamment partagé les étapes du Track-tour annuel menant, jusqu’à l’an dernier*, cette troupe atypique sur les routes de France.
La multiplicité des invités fait que «c’est hyper vivant. C’est un beau cadeau qu’ils nous font en venant participer à l’album», souligne Fabien Peter, charismatique chanteur de Tournelune. On y croise donc les camarades d’Eleazar, Jean-Hughes et Benjamin Voillemin ; Mike Ravassat pour quelques prises de basse et de guitare ; Pierre Gauthé, ex-Têtes Raides, Mano Negra, au saxophone ; Yannick Blanchot et Paul Galeron à la basse ; Sébastien Huguenin à la trompette et au trombone ; Juliette Taffin aux choeurs et même Norbert Brunner, l’ancien intendant du château de Faverolles.
Obscurantisme
L’album s’est finalisé au fil de ces interventions ponctuelles avec ce même besoin d’ouverture dans l’interprétation de chacun. Et la sauce a pris remarquablement. Ambiances musicales et textes sont en totale cohérence.
Parlons-en justement des textes écrits, en garde partie, et interprétés par Fabien Peter. Les thèmes abordés sont sombres comme l’air du temps. «On vit une période d’obscurantisme», lâche Fabien. Se connecter à la réalité d’une société en mal de repères, c’est forcément faire ressortir une part d’ombre, une tension qui pénètre chacun des morceaux de l’album jusqu’à l’os. «L’écriture est un muscle», assure encore l’ancien tennisman.
Et ça fait le plus grand bien de se plonger dans cet univers poétique et engagé d’où émanent quelques influences stylistiques qu’on situera sans mal du côté de chez Rimbaud et d’autres poètes de la même lignée. A une époque où la tendance aux textes mous du genou est particulièrement prégnante, on saluera la démarche de Tournelune. Rester authentiques et énervés… En clair obscur !
A.S
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* Le vieux tracteur a fini son périple dans un ravin alpin et la vieille remorque attend depuis ses propriétaires.

Show case et tournée
C’est un souffle nouveau qui anime les membres de Tournelune, tous décidés à mettre le paquet dans les semaines qui viennent pour porter leur dernier opus.
Outre l’apport d’une nouvelle section rythmique (Lucas et Jéjé), le groupe devrait faire feu de tout bois avec des show-case en projet à la librairie A la Une à Chaumont et au bar-tabac Le Balto, QG du groupe à Langres. Des dates de concerts sont annoncées à Gérardmer en novembre, Paris, Migennes (Yonne). Tournelune compte bien se faire également une place dans la programmation des festivals d’été en 2017. L’album est disponible sur le Net et dans différents points de vente du département (Le quotidien à Fayl-Billot, Le Balto à Langres, A la Une à Chaumont, au Centre Leclerc de Saints-Geosmes, chez Cultura à Dijon).

Microsillons (haut-marnais) d’été

Dans le mag Musicorama du JHM ce dimanche 10 juillet, les chroniques de plusieurs albums de groupes haut-marnais qui viennent de sortir : Red House, Lazy at work et ZEF.
Red House et Lazy at work, lors de la finale du tremplin musique du JHM et les musiciens de ZEF, filmés en répétition, et qui nous gratifient de deux extraits de leur album.
La musique est de toutes les couleurs. Bel été à tous. Les filles assurent.
Les vidéos ici :


Un vent nouveau
 souffle pour Zef

Nouvelle ère pour le groupe bragard, qui a sorti, hier, son premier album baptisé “Fairground”. Une nouvelle étape pour ce groupe qui existe depuis plus de 15 ans, mais qui s’est totalement renouvelé l’an dernier, grâce à sa nouvelle chanteuse.

Sortir un album, c’est toujours une aventure pour un groupe. Et ce n’est pas Zef qui dira le contraire. La formation bragarde a en effet attendu plus de 15 ans pour sortir son premier opus. Baptisé “Fairground”, il est disponible depuis hier. «On avait envie depuis très longtemps de faire un album et, souvent, à la fin de nos concerts, des gens venaient nous voir pour nous demander notre album, mais nous n’avions rien à leur proposer», raconte Rénald Bailly, bassiste du groupe.
Le déclic est venu il y a un an, «grâce au bouche à oreille. Quelqu’un nous a parlé d’une chanteuse anglaise, qui vivait à Saint-Dizier. On l’a contacté via Facebook et on s’est rencontré rapidement. Ça a collé tout de suite, tant musicalement, que personnellement.» Le groupe se met alors rapidement au travail. «Siobhan nous a apporté ses morceaux, qui étaient plutôt électro-pop. On les a repris ensemble en y amenant une énergie rock. L’album est le fruit de cette collaboration», poursuit Rénald. Le nouveau Zef était né.
Un line-up stabilisé
Car en 15 ans d’existence, le groupe a vu passer bon nombre de chanteuses et de musiciens. Mais désormais, le line-up est stabilisé autour de Rénald, de Loïc Moulun à la batterie (les deux fondateurs), de Jean-Marc Lévy à la guitare, arrivé en 2013, et de Siobhan Codd au chant, depuis avril 2015. Une formation qui s’est déjà produite l’année dernière sur deux scènes bragardes d’importance : celle de la Fête de la Musique, en juin, place Emile-Mauguet, et celle du Commerce, à l’occasion du parcours musical d’Eclectik Rock, en novembre.
Depuis, le groupe s’était enfermé en studio. «On a fait les prises de batterie, guitare et basse dans notre studio. Enregistrement, mixage et mastering, on a tout fait nous-même. Et puis Sarah Garcia, vice-présidente de l’Agglo et Ilona Pietrzok, directrice culturelle, nous ont contactés pour nous proposer le studio des Fuseaux. On a pu y enregistrer toutes les parties chantées», se réjouit Rénald Bailly.
Le résultat c’est un album de sept titres, en anglais, pressé à 500 exemplaires. Quant au style ? «On nous répertorie comme pop-rock, mais pour moi, c’est plus que ça. Il y a un peu de métal et de rock progressif dans certains morceaux», explique le bassiste. Un style bien à eux, donc, à découvrir dès samedi, à 23 h, pour la Fête de la musique de Bettancourt-la-Ferrée, puis mardi, à 22 h 50, aux pieds des remparts, pour celle de Saint-Dizier et enfin le 2 juillet, en compagnie d’autres groupes locaux, aux Etangs Franchot.
P.-J. P.

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En 2015, la Ville a offert la scène de la place Emile-Mauguet au groupe, à l’occasion de la Fête de la musique,
avant de le programmer pour Eclectik Rock. (Photo d’archives Marine Tétard)
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Rénald, Loïc, Siobhan et Jean-Marc forment désormais le groupe Zef,
qui vient de sortir son premier album. (Photo Fabrice Petermann)

Festival Dimey 2016 : un très grand cru

Festival Dimey 2016 : un très grand cru

Le festival Dimey 2016 aura été marqué par quelques temps forts : la prestation de Les Flow, dès le premier soir, et la classe de Jean-Michel Piton, dans un spectacle magique autour des textes de Bernard Dimey. Retour, au jour le jour, sur ce cru 2016 particulièrement gouleyant.

Quatrième jour

La fiesta totale

Au quatrième jour, il y avait du « off » dans l’air. Les réjouissances ont débuté à l’heure de l’apéro. Dixwatts remettait sa tournée dans les estaminets de Nogent. le groupe a participé à l’aventure de l’album Dimey Pluriel. Depuis, il a mis en musiques quelques textes du poète nogentais. Pour la deuxième année consécutive, les musiciens sont allés -de leur propre initiative- au contact des gens de Nogent dans les lieux de vie qu’ils fréquentent. Au cheval blanc à l’heure de l’apéro, Au San Remo pour un déjeuner gourmand – avec une belle tablée de soldats du feu qui ne s’attendaient sans doute pas à une telle animation – puis au petit bar-tabac de la rue Astier où le groupe à désormais ses habitudes. De bons moments de partage jusqu’à la pause café. Ensuite, un autre groupe du cd Dimey Pluriel a pris la relève pour un concert gratuit en extérieur, vers le centre culturel : Joli Falzar. Les festivaliers ont apprécié ce nouveau rendez-vous. Sur la scène baignée de soleil, Jean et ses camarades ont livré un concert des plus rythmés.
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Enfin, avec Les Didoudingues, le feu d’artifice espéré a été coloré. Ce groupe est composé de multiples talents. A l’occasion du Festival “Faites de la chanson” à Arras, l’association Di Dou Da avait souhaité réunir ces artistes. Les festivaliers ont eu plaisir à retrouver des connaissances. Le groupe est composé d’Hervé Lapalud, Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger et Eric Frasiak. Leur rencontre est toujours réjouissante.
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Une pièce créée pour l’événement
La troupe “Le Petit théâtre d’Ernest” a créé une pièce originale. 
Elle a la particularité d’être composée d’une vingtaine de textes 
de Bernard Dimey, qui s’enchaînent sous forme de dialogues. 
Le spectacle a déjà été réservé à Chaumont et du côté de Nancy.
L’association est de Metz. Les comédiens du “Petit théâtre d’Ernest” sont principalement issus de sa région et de Nancy. C’est parce qu’ils venaient au festival à Nogent qu’il a été proposé à ces passionnés de Dimey, par l’association organisatrice du Festival, de créer une pièce de théâtre. Un défi qu’ils ont relevé avec un travail original de la part du metteur en scène, Patrice Guillaumet. Dans cette pièce, il a planté cinq personnages dans “Le bistrot d’Alphonse”, le titre d’un texte du poète nogentais. Trois sont de Dimey : “Pépère”, “Mimi” et “Alfonse le patron du bistrot”. Deux ont été créés, “Nanar” et “Bébert”. Patrice Guillaumet est accompagné par Claude Lecarme, Gilles Grateau, Anne-Marie Boussange-Diaquin et Calogero Di Maïda.
Deux représentations, dans la Cave à Bernard, ont séduit le public pendant le festival, jeudi 5 et vendredi 6 mai. A tel point que la pièce a été commandée pour une représentation à Chaumont. La semaine prochaine, ce sera en Meurthe-et-Moselle.
Pour les contacter, téléphoner au 06.13.85.98.98 ou par mail : pternest57@hotmail.com
E. G.
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Un spectacle original conçu spécialement pour les festivaliers nogentais, et qui a séduit.


Troisième jour

La fille et la rock star

Imaginez une fille qui se prend pour son violoncelle. Elle arbore même une coiffure en forme de tête de cello déglinguée, c’est vous dire si cette fille-là est légèrement barrée. Katrin Waldteufel, M. cello et son excellent homme orchestre (claviers-guitare) ont embarqué les festivaliers dans un monde loufoque. Une promenade enchantée et toute douce. A grand renfort de boucles vocales et/ou instrumentales, les artistes ont pris leur temps pour poser les ambiances. On aura préféré la tessiture du violoncelle et des cordes vocales de la jeune femme. On a encore rien trouvé de mieux que la chaleur de ses deux instruments là pour titiller nos sens. L’interprétation au violoncelle, dans un épurement magnifique, de L’affiche rouge du duo Ferré-Aragon en a donné la plus parfaite illustration.
Puis est venu le tour de Jérémy Bossone. Physique de rock star, l’artiste déploie une belle énergie à en faire rompre les contingences techniques. Sa voix androgyne donne le meilleur en concert. C’est un fait. Le public, pourtant mûr du festival, a pris un bon bol d’airs frais.


Deuxième jour

Piton s’est envolé

C’était une grande soirée avec du grand Piton, du grand Dimey. Les deux artistes sont liés à la vie, à la mort.
Jean-Michel Piton a réussi un tour de force en convoquant Dimey pour le plus grand plaisir de amoureux du poète de Nogent qui se sont pressés dans la grande salle du centre culturel. Ils l’attendaient les «Dimeytistes» ce rendez-vous là. Ils n’ont pas été déçus.
Piton, voue un véritable culte au plus prolixe des paroliers de Montmartre. Il a su puiser et assembler quelques-uns de ses plus beaux textes en trouvant le bon fil conducteur. Il en livre sa vision à lui, écorchée, sensible au possible, émouvante. On traine dans les bas-fonds de l’âme, là où peu se risquent vraiment. Au contact des clodos magnifiques qui s’inventent un monde où l’humanisme règle en valeur absolue. La tendresse des sentiments et la force des mots de Dimey ont trouvé leur meilleur ambassadeur. Piton s’est envolé hier et le public avec lui.
Auparavant, Pierre Lebelâge est arrivé et reparti… sur la pointe des pieds. Ce petit gars de la région de Perpignan écrit très bien. Une dentelle d’une finesse rare, c’est évident. Musicalement, c’est irréprochable. Vocalement, ça chante juste aussi mais, car il y a un mais : il manquait un petit supplément d’âme pour que Lebelâge embarque le public de Nogent.
Ce supplément-là, le Petit théâtre d’Ernest l’a trouvé au plus profond des textes de Dimey, en après-midi, dans La cave à Bernard. Un beau moment plein de sens.
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(Photo Patrick Boez)

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(Photo Estelle Galland)

Premier jour

Se retrouver à Nogent

Une fois l’an, se retrouver à Nogent. On croise des têtes connues dans le hall du centre culturel et sportif. Les habitués du Festival Dimey, des nouveaux venus aussi et la cohorte des bénévoles qui s’active à quelques minutes de l’ouverture officielle.
Le soleil est de la partie, les sourires sont sur les lèvres. Dans la grande salle, les artistes balancent gentiment. En cuisine Jean-Paul et son équipe s’affairent. Du côté du bar où a lieu, chaque soir, la troisième mi-temps chère aux festivaliers, ont s’active aussi.
Bref, il règne l’agitation propre au festival. Chacun est à sa place, impatient d’entrer dans le vif du sujet.
Ce sera chose faite au terme des discours inauguraux, rituel là-encore bien rôdé mais toujours apprécié. On s’est délecté des bons mots de Jean-Claude Daniel qui est venu réitérer le soutien de la nouvelle grande région ; on sait que, cette année encore, Anne-Marie Nédélec, mairesse de Nogent et fidèle parmi les fidèles, a pris son pass sans même regarder de quoi il en retournait «car on aime découvrir les artistes et on n’est jamais déçu» ; Yves Amour, président de l’association Dimey, a sorti, comme de coutume, une de ses chemises à fleurs dont il a le secret. Le décor est planté et la convivialité s’installe à l’heure de l’apéro, à grand renfort d’emmenthal et de rosette arrosés gaillardement du breuvage dont s’est délecté Dimey sans modération une bonne partie de sa vie de poète.
Mam’zelle Suzi, fil rouge 2016, a pris le relais avec son orgue de barbarie. Premières notes guillerettes d’un début de festival qui devait réserver un premier temps fort d’entrée de jeu.
On attendait Les Flow, on n’a pas été déçu. Cette petite nana-là est sur scène comme à la ville : authentique. Dégaine des gens de la rue (casquette visée sur la tête et sweat extra-large). Pas de chi-chi sur les apparences. A l’intérieur, il y a un cœur gros comme ça. Flow évoque les enfants, son enfance. Les guerres couvertes dans la vie d’avant. La fragilité de la paix. Sa paix intérieure parfois mise à mal. Sa sensibilité a fait mouche. Ce fut un moment de bonheur trop court livré par une grande dame de la chanson et par un excellent guitariste.
Difficile, après ce moment de partage magnifique, de s’embarquer dans l’univers cadavérique de Mazo. Ces gars-là sont des instrumentistes talentueux, certes, mais le prêchi-prêcha du Mac Abbé manquait de vérité et de profondeur. On a vu des musiciens adopter des postures dignes des zombies d’un Thriller façon king of pop. D’accord ! Au premier rang, un spectateur s’est même fait baptiser, façon Mazo, au vin d’une étrange messe et s’en est visiblement beaucoup amusé. Pour apprécier Mazo, il fallait être sensible au troisième degré alors qu’on avait encore à l’esprit la belle simplicité de Flow.
A.S
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Pas facile pour Mazo de passer après Les Flow…

Le festival Dimey sur le site d’une copine, Claude Fèvre, qui parle tellement bien des artistes. C’est ici : http://chantercestlancerdesballes.fr/

Avant le festival, c’est déjà le festival

Les mots coulent à Flow
Un atelier d’écriture a été offert par la chanteuse Flow. Une artiste hors du commun, qui ne mâche pas ses mots, qui s’est servie de la richesse de la langue française pour jouer à écrire avec une classe de 3e. Emotions garanties.
nogflow
Auteur, interprète, éditeur, producteur de musique et de livres, voici Flow, Florence Vaillant, invitée au Festival Dimey. A la classe de 3e du collège Françoise-Dolto de Nogent et à leur professeur Margaut Tenand, elle s’est présentée. «Moi je n’ai pas mon bac. Je suis ce que l’on appelle un cancre». Voilà qui est dit. De surcroit, pas souvent dans un collège. Mais ce cancre s’en est bien sorti. «Vous savez ce qui m’a sauvée. C’est l’écriture. Pourtant, je suis dyslexique. A 47 ans, je fais encore pas mal de fautes. Je fais gaffe si c’est un courrier important mais quand j’écris mes chansons, je me lance et je corrige après». Des adolescents parfaitement à l’aise avec cette intervenante et qui acceptent de suite le premier exercice. Deux colonnes sur une feuille. Dans l’une il fallait trouver cinq mots pour désigner une émotion positive, le mot qui vient quand on pense à quelqu’un qu’on aime. A l’inverse dans la seconde, il était destiné à une personne beaucoup, beaucoup moins sympathique. «Attention, sans insulte et niaiseries. Evitez les ‘‘Je t’aime’’ et ‘‘pouffiasse’’, il existe des tas d’autres mots pour exprimer ses sentiments. Par exemple, moi quand je pense à quelqu’un que je déteste, je l’associe à une fosse à purin. Vous comprenez bien le rapport». C’est ainsi que les élèves ont trouvé, entre autres, ‘‘moitié’’, ‘’sagesse’’ pour le coté positif. ‘‘Godzilla’’ ou encore ‘‘misérable’’, pour le coté négatif. Ecrire pour être bien Et avec les mots, ils ont construit des phrases comme : «L’amitié est un trésor, nous sommes complices». Flow a commenté, «si je reçois ce genre de courrier, ça me touche». La version moins sympa : «Tu reflète le noir, j’ai pitié de toi». Une telle phrase dans une lettre, «ça tue ! Et pourtant vous n’avez employé aucun mot grossier. Prenez conscience de l’écriture. Si nous la perdons, nous ne serons plus que de bons petits soldats, manipulables à souhaits». Flow leur a donné des exemples de situations où il était important d’écrire. «Une personne à qui on a envie de dire qu’on l’aime, au moins on ne rougit pas, on n’est pas là quand elle lit. Et si un jour, vous devez 500 euros aux Impôts, que vous n’avez que cinq à leur donner, ce sera plus facile de leur expliquer par écrit. L’écriture ça rend service, ça permet d’exprimer ses sentiments, de se libérer, ça fait du bien pour tout, tout le temps». Les exercices ludiques se sont enchainés. Les collégiens comblés ont été invités par l’association Bernard-Dimey au concert de Flow qui a eu lieu mercredi 4 mai. Pour découvrir Flow,: http//les-flow.wix.com/les-flow Au festival Jeudi 5, Pierre Lebelage et Jean-Michel Piton ; vendredi 6, Katrin Waldteufel et Jeremie Bossone ; samedi 7, Joli Falzar et Les Didoudingues ; jeudi 5 et vendredi 6, à 15 h 30, à la médiathèque Bernard-Dimey, ‘‘Le bistrot d’Alphonse’’, une mise en scène des textes de Bernard Dimey par Le Petit théâtre d’Ernest. La Chaumontaise Mam’zelle Suzi assurera le fil rouge de cette 16e édition. Renseignements au 06.40.17.22.01ou au centre culturel. Programme sur : (http://festival-bernard-dimey.fr/Bienvenue.html).
De notre correspondante Estelle Galland

Concentré de talents à Nogent

L’association Bernard Dimey a mitonné une programmation aux petits oignons pour cette 16e édition du festival qui a lieu du 4 au 7 mai. Nogent accueillera la jeune garde de la chanson française (Flow, Mazo, Lebelâge, Bossone…), le patriarche, Jean-Michel Piton, dans un spectacle truculent autour de l’œuvre du poète nogentais, et les Didoudingues pour un final qui s’annonce haut en couleurs.

Le printemps, c’est la saison des poètes. Nogent s’apprête à fêter cette catégorie d’artistes aux tempéraments bien trempés quatre jours – et quatre nuits – durant. Le festival donnera le ton mercredi 4 mai avec Flow puis Mazo. Ils sont jeunes. Ils sont talentueux. La première occupe une place à part dans la chanson française. A la fois rebelle et sensible. Les seconds sont des musiciens virtuoses totalement déjantés qui évoluent au sein du Mac Abbé et le Zombi Orchestra. De quoi réveiller les morts comme les vivants.
La Chaumontaise Dorothée Daniel devancera l’appel des beaux textes, la veille, avec un spectacle pour les scolaires. Les jeunes têtes blondes goûteront aux charmes d’un conte acidulé concocté par Lady Do (Dorothée Daniel) et Monsieur Papa (Frédéric Feugas). L’association Dimey renoue ainsi avec les spectacles pour la jeunesse après une courte pause d’une année due aux vacances scolaires qui tombaient en plein festival.
En trombe
Les organisateurs ont demandé également à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto. Une initiative qui doit beaucoup à l’arrivée d’une nouvelle enseignante au sein de l’équipe pédagogique. On a hâte d’en découvrir la teneur tant la démarche artistique de Flow est totalement «raccord» avec l’impétuosité de notre belle jeunesse. Les bénévoles de l’association ont approché l’artiste à Barjac (Ardèche), l’été dernier, lors du festival Chansons de parole. Ils sont tombés sous son charme à l’instar d’un certain Yannick Noah qui a invité ce talent brut à assurer les premières parties de ses concerts parisiens il y a quelques temps déjà. Depuis, l’ancienne reporter photographe, dont la trajectoire artistique peut s’apparenter à celle de Patti Smith ou du regretté Mano Solo, trace son sillon en toute indépendance.
Jeudi soir, Jean-Michel Piton (lire en page 6) livrera son Dimey de cœur. Un Dimey chantant et théâtral. Il succèdera sur la grande scène à Pierre Lebelâge. Les chansons de ce jeune artiste «pétillent d’humour et d’intelligence», assurent les organisateurs.
Digne héritier de Brassens, Lebelâge a séduit Leprest, Lemesle, et trouvé son public avec un album, Babel, qui a caracolé en tête du classement des radios indépendantes françaises durant plusieurs mois.
Final collégial
Vendredi, Katrin Waldteufel donnera le La à M. Cello, son violoncelle, pour un set un tantinet burlesque et décalé. Jérémie Bossone accordera sa guitare et racontera ses histoires d’écorchés de sa voix singulière.
Samedi, le festival s’achèvera avec la troupe musicale Les Didoudingues (lire en page 7), un collectif réunissant la fine fleur de la chanson (Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger, Eric Frasiak) à l’invitation d’Hervé Lapalud, autre habitué du festival de Nogent. Ce grand brassage musical a été monté spécialement pour les dix ans du festival Faites de la chanson à Arras. Depuis, Les Didoudingues font les belles heures des rencontres musicales de l’Hexagone. Les spectateurs de Nogent devraient goûter leur poésie et leur bonne humeur communicative. Voilà qui préfigure assurément une ultime troisième mi-temps intense et dans l’air du temps. A Nogent aussi se sera nuit debout… ou assis.
A.S

Piton love Dimey

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Jean-Michel Piton sera sur la grande scène jeudi soir. Un rendez-vous qu’attendent tout spécialement les aficionados de Bernard Dimey.

Dans la galaxie Dimey, trois étoiles brillent tout particulièrement au firmament. Il y a Jehan, bien sûr, Valérie Mischler, aussi et Jean-Michel Piton. Les deux premiers sont déjà venus rendre leur hommage très personnel au poète de Nogent. Au tour, cette année, du plus débonnaire de ce trio de tête.
«C’est un spectacle pas tout à fait complet car je ne danse pas», s’amuse-t-il. Un spectacle qui a mûri au fil des ans. Jean-Michel Piton en livre des versions revisitées depuis 1982. «Je me suis vraiment penché sur l’œuvre de Dimey à sa mort en juillet 1981 en m’intéressant à la face un peu moins connue de l’auteur».
Le rapport à l’ivresse est une constante chez ceux qui ont osé ouvrir le grand livre de Dimey et s’en approprier quelques pages. Jean-Michel Piton a voulu se démarquer en allant chercher des pépites plus mystiques. Candidat au grand séminaire, Dimey a largement abordé le sujet dans ses écrits. Dieu et la mort sont traités de façon quasi obsessionnelle. «Dans L’homme de la manche, j’ai cherché à raconter une histoire proche de la faune des gens que Dimey a côtoyé lorsqu’il vivait à Montmartre. Ces anciens militaires, ces philosophes à leur façon», souligne Jean-Michel Piton qui s’est demandé «pourquoi cette faune en est arrivé là».
L’homme de la manche conte cette quête en mêlant l’interprétation théâtrale (Jean-Michel Piton est aussi acteur) et le chant. Un tableau en 25 nuances que l’artiste livrera avec deux musiciens qui connaissent la chanson : Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon.Piton se lovera autour de Dimey à Nogent. Enfin !
A.S

Joli Falzar : «C’est le public qu’on aime»

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Cette année, le festival Dimey propose un concert gratuit, aux abords du centre culturel, samedi après-midi, avec le groupe Joli Falzar. Anatole Jeanson (trompette et choeurs) s’en réjouit déjà.

Journal de la Haute-Marne : Joli Falzar essuie les plâtres avec un nouveau rendez-vous sur ce festival. Il y a un côté existant à ouvrir cette nouvelle voie ?
– Anatole Jeanson : On attendait ça depuis la sortie du cd Dimey Pluriel. C’est un grand plaisir de pouvoir jouer sur le festival. On avait eu de bons retours lors de notre courte prestation durant la soirée de lancement de l’album en mars 2015. Un concert en journée, touche généralement un public plus large. C’est le public qu’on aime.

L’été s’annonce chaud pour Joli Falzar ?
On a beaucoup, beaucoup de dates prévues. Ca tombe bien car on adore partager ces moments avec le public. Avoir des retours directs de leur part. Ce sont autant d’opportunités pour décrocher de nouveaux concerts. Dernièrement, on a fait un tremplin à Nancy. On a signé plusieurs dates dans la foulée.

Bernard Dimey, c’est quelqu’un qui parle à un jeune groupe comme Joli Falzar ?
On l’a découvert avec le projet Dimey Pluriel. On n’a pas trop creusé son univers depuis, il faut l’avouer, mais on se sent une filiation même si nous ne sommes pas de la même génération. Actuellement, nous sommes surtout proches d’un mouvement comme Nuit debout. Il faut dire que nos textes parlent essentiellement de notre rapport à la société.
Recueillis par A.S

Final Didoudingues

Les Didoudingues

Ils seront huit sur scène, samedi, pour assurer la dernière soirée du festival Dimey. La fine fleur de la chanson française réunie dans un spectacle collectif des plus rafraîchissants.

Le tour de chant a été conçu à Arras en juin 2014 à la demande de l’association DiDouDa qui fêtait les 10 ans de son festival Faites de la chanson. L’idée consistait à créer un spectacle réunissant des artistes qui ont participé aux cabarets découvertes organisés par ces amoureux de la chanson française. La mission a été confiée à Hervé Lapalud. L’artiste avait deux jours pour monter un spectacle collectif avec ses sept nouveaux amis (Marion Rouxin, Coline Malice, Julie Rousseau, Laurent Berger, Davy Kilembé, Gilles Roucaute et Eric Frasiak). Une sacrée gageure !
Respect mutuel
Le défi a été relevé haut la main avec un concept à la fois simple et efficace, qu’Hervé Lapalud n’a eu aucun mal à vendre aux organisateurs et qui consiste à «partager les chansons des copains, des copines et celle du répertoire de la chanson française, bien sûr. On aime tous interpréter les autres», assure Hervé Lapalud. A titre d’exemple, Gilles Roucaute a adapté Bruce Springsteen en français. Eric Frasiak glisse toujours des chansons de Béranger dans ses concerts.
A Nogent, la troupe sera au complet, bien sûr. «C’est un spectacle construit. Tout est tellement lié qu’on peut difficilement se passer d’un copain ou d’une copine. On a fait le choix des chansons ensemble», souligne le monsieur Loyal des Didoudingues qui est tout à sa joie de retrouver ses camarades à Nogent. «Chacun a sa trajectoire mais là c’est une réunion d’amour. On est dans de la jalousie positive car on a beaucoup de respect humainement et artistiquement entre nous», poursuit-il.
Clin d’oeil
Le talent et la complicité qui se dégage des Didoudingues expliquent sans doute l’engouement suscité lors de leurs trop rares prestations en public.
Voilà une belle et grande famille artistique faite d’individualités qui, pour la plupart, ont découvert les bienfaits de partager la même scène. Et ils en redemandent. «C’est vraiment bien de se frotter à d’autres gens. Tu sors de ta bulle. Tu apprends. Tu regardes», témoigne Eric Frasiak. L’artiste meusien est un peu à l’origine de la venue des Didoudingues, cette année, en terre nogentaise.
Tous les amoureux de spectacle vivant s’en réjouissent car le festival Dimey cultive depuis toujours ce goût du partage qui colle vraiment aux aspirations des Didoudingues. Et si la structure de base du spectacle reste la même, il est prévu qu’un clin d’oeil à Bernard Dimey figure au répertoire. Et pourquoi pas de façon pérenne ?
A.S

Carte blanche à Mam’zelle Suzi
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Géraldine Salmon, alias Mam’zelle Suzi, a carte blanche. La Chaumontaise aime les vieilles rengaines qu’elle revisite avec son orgue de barbarie. Elle sera le fil rouge de cette édition 2016, se produira dans les maisons de retraite du pays de Nogent et lancera les 3e mi-temps qui font aussi l’âme du festival. Pour l’occasion, elle a convié Snic’Fou, des p’tits gars du Bassigny, sera accompagnée pour un soir par son guitariste Poêt et rejointe par ses camarades des Voix de Dimey lors de la soirée inaugurale. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Avis aux amateurs !

Le petit théâtre d’Ernest
Ambiance troquet assurée dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Le petit théâtre d’Ernest s’y installera pour deux après-midis. Les personnages qui se mettent à table dans Le bistrot d’Alphonse sont truculents. Et Dimey n’est jamais loin. Réservation obligatoire.

Chansons à l’étal
Le Pythagore sera à nouveau présent dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif. L’an dernier, les festivaliers avaient apprécié la qualité et la diversité des ouvrages proposés sur la thématique de la chanson.
Cette année, le libraire fera pièce commune avec Jean-Yves Coissard et son impressionnant stand de cd et vinyles. Il y aura matière à assouvir bien des envies entre les spectacles.

L’oeil de Dominique Decker
Dominique Decker capture les à-côtés du festival de son œil aiguisé. La photographe réalise des tirages, dans la foulée, qui sont accrochés aux cimaises du hall d’accueil. A la fin du festival, on peut même emporter un de ses clichés en souvenir.

A table !
Initiative appréciée des festivaliers, la cantine reprendra du service pour le déjeuner et le repas du soir. Des moments d’échanges et de partage bien dans l’esprit du festival. Réservation obligatoire.

Les coups de coeur de Josette Dupont
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Au sein de l’association Bernard Dimey, Josette Dupont fait partie de la commission programmation. A quelques jours du festival, elle nous livre ses coups
de cœur.
Pierre Lebelâge
Ce jeune talent raconte des histoires, celles de la vie, la vraie, la nôtre, pas de la guimauve aseptisée par le politiquement correct. Il écrit très bien, dans une langue maîtrisée qui ne se croit pas obligée de faire des écarts… pour faire jeune. De la lucidité, le regard attentif à ce qui se passe autour et, malgré tout, avec une tendresse pour les pauvres humains que nous sommes.
Jérémie Bossone
La voix est haute avec du coffre et les mots portent autant d’urgence que de fraîcheur. Il passe d’une couleur à l’autre, de la ballade à la guitare, à la saga épique, au rock le plus électrifié. Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs.
Katrin Waldteufel
Chanteuse-violoncelliste comme certains sont plombiers-chauffagistes, Katrin Waldteufel visite avec humour les petits riens de la vie quotidienne. La tendresse est là, comme le culot. Elle porte ses chansons avec un timbre de voix d’une belle limpidité et fait valser les mots et les notes avec grâce. Courez-y !

Revivez les précédentes éditions du festival


Courir les rues : trop forts, les gars !

Samedi : Courir les rues

Courir les rues a pris son temps. Le groupe a dix ans et quatre albums au compteur. Leur spectacle est rôdé : la musique est parfaitement en place, les éclairages et la scénographie inventifs et efficaces. Quelques spectateurs ont trouvé le son un peu fort. Ou un peu rock, peut-être… Maxime Tailliez, chanteur et guitariste, signe la plupart des paroles et musiques. «Nous interprétons des chansons à texte, soulignait-il en fin de concert.» Ses poèmes méritent effectivement d’autres écoutes et d’autres lectures. Courir les rues a respecté la tradition en donnant sa version de « Quand on n’a rien à dire ». Et le lien s’est – à nouveau – fait entre les musiciens de 2015 et le poète nogentais. Parfait pour le tomber de rideau de cette 15e édition du Festival Dimey.


Vendredi : jeunes et beaux

Les programmateurs du Festival Dimey savent décidément dénicher des jeunes talents aux univers marqués. Vendredi, après le tour de chant du trio Un chat dans la main qui remettait le couvert dans La cave à Bernard, l’espace du centre culturel dédié aux 3e mi-temps accueillait un disciple du slam atypique : Jean-Noël Bobey. L’artiste à l’allure d’éternel adolescent manie les mots avec une belle dextérité. Il excelle dans l’art de mêler la dialectique et les langues régionales. Sans sonorisation, jouant tant sur la rime que sur la proximité avec son public, Bobey a donné du plaisir.
Autre jeune talent, au féminin, Claire Danjou. Ce petit bout de femme a vaincu un trac immense, pour livrer une prestation d’une grande élégance. Elle déménage Claire, la bien nommée. Son prénom résume à lui seul la pureté de sa voix. La thématique de l’amour, le fou, l’impossible, l’absolu… était omniprésente dans l’entame de son tour de chant. Puis, comme libérée d’un fardeau, elle s’est glissée dans une peau toute neuve mais aussi sensuelle, portant haut les textes de Nicolas Daquin. Revisitant Nougaro et chantant Dimey (Quarante ans). Le poète de Nogent dont on avait trop peu entendu les mots, jusque là, sur la grande scène. Une fleur a éclos. Son nom : Danjou.
En fin de soirée, Fred Bobin, électrique et sensible, a parachevé cette avant dernière journée du festival Dimey en poète engagé.
A.S

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Claire Danjou, une jeune femme pleine de fraicheur.


Jeudi : intenses rendez-vous

On l’avait un peu vu venir. Le programme de ce deuxième jour de festival annonçait de belles rencontres ou de belles retrouvailles. Ce fut encore plus intense qu’espéré. D’abord. D’abord, il y a eu « Un chat dans la main », trio « anarcho-chantant » venu du pays lingon (lire le portrait sur cette même page). Ca se passait sur les coups de 15 h 30 dans La cave à Bernard devant une soixantaine de spectateurs qui ont vécu un excellent moment. Les chansons sont faites pour être partagées. Les voix pour être mêlées. La mayonnaise a vite pris et le public a été soumis, pacifiquement bien sûr, à la question. Couté, Nougaro, Blanche, Ferré, Aragon ?… Les amateurs de beaux textes, plutôt grisonnants dans l’ensemble, n’ont pas la mémoire qui flanche pour autant et, quand retentira le Syracuse de Dimey immortalisé par Salvador ou Montand, un murmure cadencé montera harmonieusement dans la cave. Comme le chant des partisans d’une certaine esthétique culturelle défendue par Michel Bellegy, Pascal Inza et Jean-Luc Juy.
Dans la foulée de ce spectacle intimiste du meilleur tonneau, le trio a remis ça au monument des Mobiles dans un petit square qui surplombe la vallée de la Traire sur les hauteurs de Nogent. La municipalité dévoilait une plaque en hommage à Bernard Dimey (lire ci-dessous) qui a immortalisé l’endroit et son fameux marbre dans son poème « L’enfance ». Celui-ci a été déclamé par Chantal, Nogentaise, fidèle de l’association Dimey, dans la douceur de cet après-midi printanier où émotion, recueillement et culture se sont mêlés intensément.
Au rendez-vous du soir, dans la grande salle, il y avait un espoir de la chanson française. Gaëlle Vignaux, petit bout de femme noué par le trac. Ce troublant compagnon ne l’a pas quittée de la soirée, de son propre aveu. La belle a parfois perdu le fil des mots mais personne ne lui en a voulu vraiment. Au contraire. Ces textes brossent de jolis portraits, en phase avec son quotidien qu’on devine à fleur de peau.
Au rendez-vous du soir, dans cette même grande salle, il y avait aussi Barzingault. On ne sent pas de trac chez ce professeur « tourne clé de sol » venu de Toul dans sa « Barzingault mobile » et flashé à Goncourt par un gendarme gris et immobile. On vous l’a fait court !!! Quand Barzingault monte sur scène, il est comme dans la vie. Un intarissable moulin à bonnes paroles et autres truculents jeux de mots. Sa prestation tient aussi du one man show. C’est ce qu’on appelle FAIRE SON NUMÉRO.
A.S


La colonne des Mobiles 
et Bernard Dimey

La Ville a restauré le monument des Mobiles et l’extrait 
d’un poème de Bernard Dimey enrichit le site, son point de vue, et rend hommage aux victimes de la guerre de 1870.
Anne-Marie Nédélec et son conseil municipal ont été ravis de dévoiler avec l’Association Bernard-Dimey, le monument des Mobiles restauré, jeudi
7 mai. Cette colonne a été érigée par souscription publique et inaugurée le 19 juillet 1875 en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1870. Sa remise en place rend hommage aux nombreuses victimes et à la population qui a connu ces événements tragiques.
Comme l’a rappelé Philippe Savouret, «du 6 au 13 décembre de cette funeste année, 80 maisons ont été brûlées, surtout à Nogent-le-Bas, d’autres ont été atteintes par des obus. Ce sont 500 personnes qui se sont retrouvées sans abri au cœur de l’hiver. Chez les victimes, on dénombre 30 soldats français et 81 prussiens. A ceci s’ajoutait la variole et l’hiver rigoureux».
Sur l’ancien cimetièreUn élan de solidarité s’est mis en place. Les bienfaiteurs étaient le baron Lesperat, M. Du Breuil de Saint-Germain, la comtesse de Paris, l’évêque de Langres. Ainsi que les communes d’Ageville, Esnouveaux, Vitry-lès-Nogent, Champlitte qui donnèrent argent et grains. Quant au capitaine Barotte, il a transmis les cotisations de l’armée de Langres. «La Ville de Nogent, meurtrie a décidé d’élever un monument commémoratif aux victimes. Il a été érigé à l’emplacement de l’ancien cimetière et financé par souscription publique», a précisé Philippe Savouret. Une colonne en fonte de 7 m de haut, avec des anges. Au socle, quatre plaques. Celle au nord rappelle l’événement. Celle au sud, indique la souscription publique. A l’est, les noms des victimes civiles  : Pierre Degabrielle, Didier Nancey, François Robert, Claude Georgin, Jean-Baptiste Remy, Eugène Coyot et les frères Devoisin. A l’ouest, les soldats tués : Arthur Pernot, Joseph Dupont, Auguste Lepine, De-Jossey Grandjean, Charles Landenwesth, deux inconnus et un “turco” (surnom donné aux tirailleurs). Le poème de Dimey «décrit parfaitement cet endroit, son joli point de vue, qu’il fallait admirer sur le mur, aujourd’hui il est dégagé», a commenté Anne-Marie Nédélec. Le président de l’Association Bernard-Dimey, Yves Amour, a exprimé sa fierté et associé aux remerciements, tous ceux qui ont œuvré et continue à le faire pour rendre hommage au poète nogentais. Le poème “L’Enfance” a été lu par Chantal, avant quelques chants de circonstance par Un Chat dans la main, un groupe de Langres. La plaque a été dévoilée par le maire et la tante de Bernard Dimey, Michelle Delanne.
Estelle Galland

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Barzingault et une partie de sa fine équipe.
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Trois chats dans la cave à Bernard.
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Un plaque en hommage à Dimey vers le monument des mobiles qui surplombe la vallée de la Traire.
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Gaëlle Vignaux, talentueuse et un brin espiègle.



Extraits de la prestations du groupe Casius Belli

Extraits de la prestation d’Anne Baquet

Mercredi : De toutes les couleurs !..

Yves Amour, président de l’association Dimey, l’avait annoncé mercredi en fin d’après-midi dans son petit mot inaugural : Les festivaliers vont en voir de toutes les couleurs quatre jours durant.
Cette 15e édition a démarré fort avec le groupe Casius Belli. Un groupe du secteur (Chaumont-Châteauvillain-Mandres-la-Côte) qui aime les défis. Le groupe s’est rapproché de l’association Dimey à la faveur de sa participation constructive à l’album Dimey Pluriel dont le lancement officiel a eu lieu quelques semaines auparavant au Centre culturel de Nogent qui accueille également le festival depuis ses débuts.
Avec Yann le formidable (rôle de pure composition pour Yannick) et son équipe, la mise en perspective est soignée. Le groupe a travaillé son set cet hiver lors d’une résidence au Nouveau Relax de Chaumont. La matière a bien évolué, certes. Musicalement, Casius Belli tient la route, on le sait depuis longtemps. Yannick a aussi un talent certain d’interprète. Mettez-lui un texte de Bernard Dimey entre les mains et le résultat est là, avec cette version remarquablement troussée du poème «Le français» qui ouvre l’album Dimey Pluriel et restera LE temps fort de la prestation du groupe mercredi soir à Nogent. Pour celles et ceux qui placent l’intérêt pour la langue française au premier plan.
Avec Anne Baquet, qui partageait l’affiche avec Casius Belli, point de rose bonbon dans le décor mais une ambiance monochrome hyper classe. Du velours ! Pardon. De la soie. Enveloppante. Du meilleur grain ! Anne Baquet, c’est quelqu’un. Une voix étonnante : tantôt fragile, tantôt d’une force impressionnante. Madame Baquet n’en fait pas des tonnes. Tout est dans la mesure, dans le contrôle. Une perfection incarnée aussi par Grégoire, pianiste au tempérament débordant. Quelle claque ! C’est burlesque, intime, profond, décalé… C’est grand.
A.S

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Dixwatts a fait son marché et la tournée des bars de Nogent.

Nogentais et fiers de Dimey
A l’origine, il y a près de deux décennies, le Festival Dimey allait à la rencontre des Nogentais dans ces lieux où l’on revendique une culture populaire. C’est dans cet esprit qu’Anicet Seurre et ses amis du groupe Dixwatts ont décidé de faire leur marché, samedi à la mi-journée, avant d’investir les bars du centre-ville. Dans leur cabas, les textes de Bernard Dimey mis en musique par leurs soins, mais aussi ceux d’Alain Bashung, de Léo Ferré et les propres compositions du groupe. Dixwatts a participé à l’album Dimey Pluriel qui regroupe une douzaine d’artistes du département autour des textes de Dimey (lire plus bas sur cette même page). Autant dire qu’on est ici en présence de musiciens concernés par l’oeuvre du poète nogentais. « Dimey, c’est tout le contraire d’une culture élitiste. C’est la culture populaire transcendée. C’est pour ça qu’on a voulu investir le marché, les cafés », assure Anicet, Nogentais lui aussi, et initiateur de l’album Dimey Pluriel qui est sorti le 28 mars dernier. Dans Dixwatts, tous les musiciens, à l’exception de Kamel (guitare-chant), ont un lien avec Nogent. Arnaud Maîtrehenry (percussions) travaille dans la cité coutelière, Pierre Huguenel (basse) a épousé une fille d’ici), Anicet (chant-guitare) a passé sa petite enfance à quelques mètres de la médiathèque Dimey où l’on trouve aujourd’hui La cave à Bernard, seul lieu de spectacle ouvert dans l’hyper centre mais où les Nogentais vont peu.
« Plutôt que de les stigmatiser, on préfère leur chanter Dimey, aux gens de Nogent », s’amuse Anicet. « Chanter Dimey, c’est un bonheur qu’on veut partager là où le poète a passé le plus clair de son temps. Dans un bistrot, un verre à la main. Et puis, je me plais à penser que mon grand-père, qui fréquentait assidument les troquets de Nogent, a pu trinquer avec Dimey. On est très heureux d’avoir investi ces lieux de vie ». Surtout au petit bar-tabac situé au bas de la rue Astier où Dixwatts a reçu un accueil formidable de la part de la patronne. Le groupe est allé chercher les gens dans la rue. Deux heures d’enfer. Et il n’y avait quasiment que des Nogentais pour écouter la poésie chantée de Dimey. Comme quoi !..
A.S


L’expo des photos instantanées de Dominique Decker.

Ci-dessous, le petit journal du festival Dimey 2014 (photos, vidéos…)lapalud

Barzingault, comme son nom l’indique

Quand on lui demande qui sont ses papas, il n’en finit plus… Higelin, Thiéfaine, Desproges… Ben voyons, rien que cela !!! Son poète contemporain préféré : Wally. Une de ses salles favorites : Chez Paulette, un haut-lieu du rock et du blues dans la banlieue de Toul, où il a enregistré un DVD. Son style : un country slave, vous voyez…, un genre de rock mou, avec des côtés musette, mais à texte, quoi, vous y êtes ? Voilà… de la poésie vivante, sortie des boucles folles d’une tête de savant dingue, pianiste doué, entouré comme il se doit d’un accordéon, d’un violon et d’une section rythmique. Tenez, en deux citations qu’il utilise, vous allez avoir une idée : «Un véritable anarchiste, il traverse dans les clous parce qu’il n’a pas envie de parler aux agents… (Georges Brassens)», «Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien… (Jean-Claude Van Damme)».
Barzingault va vous faire rire, il va aussi vous émouvoir. Ne le manquez pas, parce que lui, il ne va pas vous louper… Le bougre a donné plus de 1200 concerts en dix ans. Il n’a pas peur du public intransigeant, des connaisseurs de la bonne chanson française et des adeptes des troisièmes mi-temps bruyantes. Il les attend. Il est né à Chalindrey, et sa grand-mère est de Bricon. Même que son voisin, qui jouait de la batterie avec lui, s’appelle Dimey… et qu’il est parent avec le grand Bernard. Alors, c’est pas une preuve, ça ?
De notre correspondant Florent Desprez

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Barzingault, jeudi soir au centre culturel de Nogent

Un chat dans la main : «A trois, c’est plus jouissif»

Un chat dans la main ne se prend pas au sérieux mais le trio langrois fait les choses sérieusement et dans une belle harmonie. Démonstration lors du festival dans La cave à Bernard où le groupe vocal chantera deux fois.
Ils n’en reviennent toujours pas. Les trois gais lurons qui forment le groupe vocal Un chat dans la main ne s’attendaient pas à se produire en public aux quatre coins du territoire national. De Cohons à Dignes en passant par Langres, leur terre d’adoption.
L’aventure a débuté en 2012 à la faveur d’une sortie à Verdun au monument des Basques. Portés sur les chants antimilitaristes et pacifiques, Michel Bellegy et Pascal Inza sont rapidement rejoints par Jean-Luc Juy. Cette rencontre doit beaucoup à «un pote qui n’est plus là», assurent-ils, en pleine répétition, dans un des rares moments où l’émotion prend le dessus sur l’humour. Avec ces trois gaillards-là, éclats de rire et contrepèteries font bon ménage.
Double sens
Leur spectacle «Encore un vers» cultive le goût du double sens à l’instar du nom de groupe retenu par le triumvirat. «On aime l’ambiguïté. Un chat dans la main, c’est limite coquin. On veut intriguer, interpeller», assure Pascal Inza.
Et rester dans un esprit «anarcho-libertaire» revendiqué.
Leur prestation pour La libre pensée, en faveur d’une reconnaissance des fusillés pour l’exemple, les a amené jusqu’à Hénin-Beaumont en terre frontiste. Ils en rigolent encore. «On n’est pas du genre à se laisser faire. On dénonce la connerie ambiante, les fachos…», renchérit Jean-Luc Juy.
Dans La cave à Bernard, le trio chantera Dimey, bien sûr, mais aussi Vian, Blanche, Tachant, Couté, Brassens, Aragon…
Aux forceps
«Généralement, chacun vient avec un texte qu’il apprécie. On choisit au forceps. Parfois, la sauce ne prend pas», attestent-ils. Et c’est toujours le plaisir qui guide les ébats collectifs. «Chanter à trois, c’est plus jouissif !» Et le public ne s’en lasse pas. «On arrive toujours à décrocher quelques engagements quand on joue quelque part», assurent-ils un rien surpris par leur pouvoir d’attraction.
Le tour de chant, travaillé avec l’aide du metteur en scène langrois Jérôme Hudeley, est construit autour d’une vingtaine de textes interprétés dans des versions déjà existantes. Le pouvoir de leurs voix mêlées, la force des mots et la passion véhiculée par ces trois grands gamins valent vraiment le détour.
Dans l’antre de Dimey, Un chat dans la main va en surprendre plus d’un.
A.S
Un chat dans la main, jeudi et vendredi à 15 h 30, Cave à Bernard.

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Douze allers pour Syracuse

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Dimey-Syracuse

Qui a eu cette idée folle ? Réunir onze groupes haut-marnais pour un album célébrant Bernard Dimey, né à Nogent en 1931 et décédé à Montmartre moins de cinquante ans plus tard.
C’est Anicet Seurre, nogentais lui-même, qui a soufflé cette folie à Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et du festival annuel du même nom.
Et pour ce qui est des talents vivants dans le département, ils n’ont eu que l’embarras du choix. Le voisin lorrain Eric Frasiak a accepté la direction artistique de l’album. Et ce n’était pas rien, car la diversité stylistique des artistes impliqués saute aux yeux et aux oreilles. Pourtant, la mayonnaise a pris. Grâce à deux ingrédients : le coup de patte indéniable du meusien auprès des artistes et des techniciens du studio de Faverolles, et, plus encore, les textes du poète hirsute.
Non, Dimey l’écorché n’a pas pris une ride : sa poésie bien torchée va comme un gant au rock, à l’électro, aux chanteurs d’aujourd’hui tout simplement. Tout le monde s’en est emparé, comme on a pu le voir lors de la soirée de présentation du CD à Nogent (*). La Haute-Marne célèbre sa richesse dans cet album superbe. Ne prêtez jamais ce disque, on ne vous le rendra pas. Offrez-le, c’est mieux.
De notre correspondant Florent Desprez

Il reste quelques expemplaire du CD Dimey pluriel (Casius Belli, Ya-Ourt, Joli Falzar, Cédric Barré, Dorothée Daniel, Bagad Café, Millefeuille, Céline Bardin, Christophe Rémy, Tournelune, Dixwatts – Direction artistique : Eric Frasiak) à la vente.
Association Dimey – BP 37-52800 NOGENT (15 € + 2 € envoi)
*http://site17.ippac2.nfrance.com/2015/04/01/dimey-pluriel-un-vrai-festival-avant-lheure/

Microsillons haut-marnais

La production discographique haut-marnaise se porte à merveille. En attendant les albums annoncés de Seconde classe, Red House, Dixwatts, entre autres, éclairages sur les dernières et fraîches productions de Chinese Dog et NTTF.

Chinese Dog : un album qui déboîteTouchofevil
Chinese Dog en a sous la patte. Le groupe avait déjà scotché son monde avec un premier EP des plus convaincants en 2013. Il est de retour avec un premier album «Touch of evil» qui confirme tout le potentiel de ce quatuor survitaminé issu de la scène indépendante chaumontaise.
L’album, porté par le label Subwave Records, a été réalisé de façon artisanale. Les prises de son ont été effectuées essentiellement au local du groupe dans des conditions assez proches du live afin de préserver l’énergie brute du Chinese Dog. «On a enregistré d’octobre à décembre. En deux jours pour la section rythmique. Le chant a pris un peu plus de temps. Les guitares ont été mises en boîte en une semaine», assure Mike Vignacq, guitariste et maître es-son.
Le groupe a tenu à peaufiner la coloration musicale de cet album qui a bénéficié d’un traitement analogique réalisé au studio White Bat Recorders, à côté de Mulhouse, par Rémi Gattliffe, qui a sculpté le son du groupe Last Train, révélation rock du moment.
CD et vinyl
«On a enregistré en numérique mais le mixage a été fait en analogique», souligne Mike Vignacq. Il a fallu prendre en compte des impératifs de mastering spécifiques puisque Chinese Dog a voulu presser 500 cd digipack et 300 vinyls. «Pour un pressage vinyl, il ne faut pas trop ouvrir la stéréo et bien gérer les graves pour éviter de faire sauter le diamant de la platine à la lecture», précise encore Mike Vignacq.
Les Chaumontais ont voulu sortir «un objet de collection». La packaging est très soigné à l’instar de la pochette, une peinture de l’artiste chaumontais Eric Mugnier.
Côté son, «Touch of evil» est chaud comme une vieille lampe incandescente.
Parmi la dizaine de titres (dont certains tournent déjà depuis quelques temps en concert) figurent quelques nouveautés. L’album s’ouvre sur l’échevelé «Born in a trailer». Qu’on en s’y méprenne pas, on est loin ici de l’ambiance feu de camp d’un Raphaël. Les guitares de Mike Vignacq dégagent la voie, placées sur orbite par la section rythmique du tandem PP-Brice Simonnet. Rémi Bablon récite sa partition vocale avec la conviction d’un Scott Weiland des meilleurs jours. L’état d’urgence artistique transpire de bout en bout. Une pure réussite.
A.S

Un tour en répète avec Chinese dog.

+ le teaser de l’album

NTTF pour une place au soleilNTTFpochette
Il y a 20 ans, le groupe était plus étoffé, mais il a évolué. Des sonorités rock festif avec des percussions et cuivre, au quatuor actuel (Tobad, Sébastien, Ludo et Yannick), ce sont donc deux décennies d’évolution musicale et de références anciennes et nouvelles qui viennent d’accoucher d’un nouvel album : une place au soleil.
La construction de ce nouvel opus s’est faite tranquillement, sans pression. Certains morceaux datent de cinq ans déjà. Ils ont été travaillés, améliorés, modifiés, réarrangés… Les thèmes abordés sont multiples. Ils ciblent les petits travers de la vie comme dans Il va péter les plombs. Le second degré est bien présent comme pour Tape dedans.
La volonté du groupe est de faire des chansons qui veulent dire quelque chose, qu’elles soient compréhensibles par tous. Et si elles dérangent un peu, ce n’est pas plus mal. Dans C’est ça qui est bon, on a droit à un florilège de tout ce qui pourrait rendre heureux, de tous les petits plaisirs de la vie.
Une place au soleil est un album qui donne envie de bouger. Certains penseront qu’il fait la part belle au rock des années 80 avec des morceaux de synthétiseur, d’autres entendront les riffs de basse et les guitares à la sauce Red Hot Chili Peppers, ou encore des connotations à la Gainsbourg. C’est un joyeux mélange qui a été pensé, mûri. Tobad (chant) insiste sur le fait que les références et influences sont importantes dans la vie de tous les jours, mais NTTF ne souhaitent pas faire de simples… reprises de rythmes. C’est saupoudré. Clin d’œil : le CD rappelle les 45 tours des années 80.
Mais c’est sur scène que le groupe donne le meilleur. Plusieurs dates sont d’ores et déjà programmées au festival les Houblonnades à Dijon le 2 avril, le 9 avril au Rézo’Fêt’Art toujours à Dijon, le 23 juillet à Biesles, le 17 septembre à Marnay (Haute-Saône) lors du festival La bière Ki Cool, et début août pour une apparition sur le Ringo’star du festival du Chien à Plumes qui fêtera ses 20 ans. Comme NTTF.
Correspondance : Thomas Damoiseau
Et un extrait de l’album de NTTF :
des gens bizarres .

Au nom des musiques d’ici

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Laurent Rémy et son équipe de la Médiathèque départementale travaillent d’arrache-pied à la réalisation d’une base de données accessible sur le web regroupant les musiciens du département et leurs œuvres. Un travail de numérisation et de compilation colossal pour ce qui constitue sans doute un des plus ambitieux projets liés aux musiques d’ici.

Cinq cents artistes haut-marnais recensés, 300 œuvres numérisées… Le travail déjà réalisé est impressionnant. Les cd d’artistes haut-marnais occupent une place de choix dans le bureau que Laurent Rémy partage avec deux de ses collègues à la Médiathèque départementale, dont Marie-Cécile Wendling, assistante de conservation du patrimoine, qui se charge plus spécifiquement du travail de numérisation des œuvres estampillées 52. Et des productions locales, Laurent continue à en débusquer régulièrement. Le dernier arrivage est composé de vieux vinyls dont un 33 tours du poète Nogentais Bernard Dimey datant de 1975, d’un 45 tours du groupe Chaumontais Yves Dir (1), quatuor qui sévissait à la fin des années 70.
Pépinière de talents
Les premières traces connues d’une vie musicale dans le département remontent au XVIe siècle avec les maîtres de chapelles. Un des plus illustres fut sans doute Jehan Tabourot, chanoine à la cathédrale de Langres, dont les œuvres sont encore jouées de nos jours. Il n’existe aucun témoignage sonore de l’époque, bien sûr, mais on trouve des partitions et des enregistrements d’ensembles contemporains.
«Le grand public n’imagine pas la richesse et la diversité de la vie musicale en Haute-Marne. Ca a toujours été une pépinière de talents», s’enthousiasme Laurent, incollable sur la période qui va des années 80 à nos jours. Il y a la cohorte des artistes qui ont laissé une empreinte plus ou moins fugace localement et ceux qui ont fait carrière. Dans cette dernière catégorie, on citera notamment le Joinvillois Christian Vander, leader de Magma, Yves Simon (romancier à succès et à la discographie impressionnante) natif de Choiseul ou encore Nicole Rieu «qui a débuté dans un groupe yé-yé à Chaumont. Les anecdotes sont nombreuses», assure Laurent.
Collecteur de mémoire
Autre cas intéressant : celui de Carmina. Créé par Olivier Brochart, qui a mené une belle carrière ensuite avec Deus Ex. Machina, ce groupe était composé de musiciens talentueux «comme Michel Deneuve, autre haut-marnais qui est devenu le grand spécialiste de l’orgue de cristal. Il parcourt le monde aujourd’hui», souligne Laurent Rémy qui aimerait mettre la main sur un enregistrement réalisé en 1976 alors que Carmina assurait la première partie de Magma. «Il y a eu une captation live sur K7. C’est avéré !», s’enthousiasme-t-il. Et à chaque échange avec un musicien d’ici, Laurent enrichit ses connaissances sur le microcosme musical du département.
«Pour intégrer la base de données, il faut être né en Haute-Marne ou y avoir séjourné au moins 5 ans, être auteur-compositeur ou éventuellement interpréter des reprises mais créatives», insiste-t-il.
En se lançant dans cette aventure, il y a trois ans, ce collecteur passionné, qui a lui-même fait partie du sérail au sein du groupe chaumontais Eau de rose, dans les années 80 (lire ci-contre), n’avait sans doute pas imaginé qu’il ouvrirait autant de tiroirs remplis de destins musicaux tous uniques. Tel Alan Lomax en son temps, il compile avec passion un hétéroclite magma toujours en fusion. Pour la postérité.
A.S

(1) Yves Dir (chant, guitares) Edmond Gonthier (basse) Christian Sibot (claviers) Jean-François Fouley (batterie).

Artistes, à vos contrats

La base de données des artistes du département devrait être accessible sur le portail webothèque52 (www.webotheque.haute-marne.fr) qui a été repensé il y a quelques semaines. L’usage du conditionnel s’impose ici car un problème demeure. Pour figurer sur ce portail, les artistes doivent retourner un contrat de cession de droits. Une formalité indispensable qui fixe les règles d’exploitation des œuvres avec CVS, prestataire de la plateforme numérique. Celles-ci seront proposées ensuite à l’écoute en streaming (et non en téléchargement) à l’instar de ce que proposent des plateformes comme soundcloud où les choses sont nettement moins… encadrées.
«Pour que la base soit attractive, il faut qu’un maximum d’artistes se plient à cette simple formalité. Hélas, les retours sont peu nombreux pour le moment», constate Laurent Rémy.
Pourtant, ce portail est une belle vitrine qui s’adresse au large public potentiel des bibliothèques de France et de Navarre. «Il suffit d’adhérer à une des quelques 160 médiathèques du département, hors Saint-Dizier, Chaumont et Langres, lesquelles ne figurent pas dans le réseau de la Médiathèque départementale. L’adhésion est gratuite», souligne Sylviane Barrand, directrice de la structure qui dépend du Conseil départemental. Les artistes disposeront d’un accès gratuit au portail. Une rémunération sous forme de droits d’auteur est même prévue pour les morceaux les plus écoutés. La balle est dans le camp des artistes. Le formidable travail réalisé par Laurent Rémy et son équipe mérite bien de satisfaire à quelques démarches administratives.

Et en complément, ici, la bio du groupe Eau de rose dont Laurent Rémy faisait partie. Cette bio sera accessible sur le portail de la médiathèque départementale pour les adhérents. On pourra aussi y entendre tous les artistes haut-marnais recensés par ses soins.
En écoute ici et en bonus, le 45 tours numérisé du groupe Eau de rose, Claustrophobie.PochetteEaudeRose

La bio d’Eau de rose

Groupe de rock d’origine Bolognaise fondé en 1981, composé de Laurent Remy (auteur / compositeur et chant), Benoit Bernard (compositeur / guitare et choeurs), Frédéric Leclerc (batterie et choeurs) formé par Michel Denizet, Alain Possamaï (basse et choeurs).
Influencée par les Who, AC/DC, Trust, Police, Simple Minds, U2, Eric Clapton, Van Halen… la formation opte pour le hard-rock à ses débuts. Eau de Rose (l’idée est venu au chanteur après avoir vu sa petite amie utiliser un flacon du produit cosmétique du même nom), a une vraie révélation en découvrant Trust en 1979, à la salle des fêtes de Chaumont. Les membres du groupe seront même engagés comme roadies pour quelques dates régionales lors d’une tournée dans les 80 grâce aux relations qu’entretenait Pierre Lebert avec le manager de Trust.
La formation change de style à partir de 1986 et surfe sur le mouvement New-Wave. Eric Mugnier (claviers), ex. Fils à Papa, et également artiste peintre, puis Philippe Maës (claviers) collaborent successivement et éphémèrement au groupe. En 1988, Alain Possamaï quitte Eau de rose. Il ne sera pas remplacé. Le trio se tourne alors vers la Mao (Musique assistée par ordinateur) pour palier à l’absence de basse et de claviers. En 1989, une bourse Défi-jeunes, obtenue auprès de Jeunesse et Sports, permet de financer l’enregistrement (24 pistes) et la production d’un 45 tours, Claustrophobie, chez Milkshake Records (Vitry-sur-Seine). La pochette est signée Philippe Péchinet. Plusieurs clips sont réalisés pour des émissions sur FR3 Champagne-Ardenne, Bourgogne-Franche-Comté et Lorraine-Alsace. En 1994, le groupe se rebaptise « EX’S » et cherche son second souffle mais, usé par le manque de reconnaissance et l’éloignement géographique des membres, il se sépare en 1995 après plus 500 concerts, dont plusieurs scènes parisiennes à la fin des années 80 : La Locomotive, le Gibus, le Caf’ Conc’, le Grand Rex et les premières parties d’Ange (Francis Décamps, le claviériste du groupe Ange ayant remarqué une prestation du groupe lors d’un tremplin) à Belfort en 1988 et de François Feldman à Nancy en 1990 devant 3 000 personnes.

Dimey-Lai : un rare moment de création

Exceptionnel : un moment de création partagé entre le parolier nogentais Bernard Dimey (alors tout jeune) et Françis Lai (à l’accordéon).
L’émission a été diffusée le 14 mai 1964 sur la 1ère chaîne historique de télévision dans le cadre des émissions destinées à la jeunesse.
« A partir d’un sujet proposé, Francis Lai va chercher un thème sur son accordéon, trouver des variations et construire une véritable partition musicale. Pendant ce temps Bernard Dimey, écoutera et écrira un refrain… Ainsi on peut décortiquer le processus de création et voir naître une nouvelle chanson.
Un moment rare.
Pour rappel, le festival Bernard Dimey aura lieu du 4 au 7 mai à Nogent.

Of Ivory & Horn : lionceaux rugissants

Of Ivory & Horn : lionceaux rugissants

Changement d’humeur, instant de liberté octroyé au détour d’un live bien ficelé… animent les morceaux du groupe Of Ivory & Horn. Rencontre avec Damien Chamoin, Langrois et initiateur du groupe, qui touche un premier aboutissement avec la sortie en mars d’un premier opus : “Where lions cry”.

L’histoire de Of Ivory & Horn, c’est avant tout l’histoire de trois garçons dans le vent qui pensent chaque morceau comme une œuvre à part entière, plutôt que comme support de promotion. La base reste la même. Un thème vocal simple et quelques notes pour former une mélodie. Là-dessus, s’ajoute tout un travail de construction harmonique qui va se jouer des changements d’humeur et donner tout son sens au morceau. Les paroles – secondaires pour Damien Chamoin – «sont extrapolées de fables inspirées de mes expériences, mais aussi de choses plus universelles». Ce projet, c’est en quelque sorte son bébé, le jeune homme de 27 ans en est à l’origine. A l’âge de 22 ans, il rédige ses premiers écrits avant de trouver Rémi Fay et Vincent Fliniaux, son batteur et son contrebassiste qui l’accompagneront sur diverses scènes.
1, 2, 3, et puis s’en vont
Puis leurs chemins devront se séparer… L’un ira au Canada, où il est encore actuellement et produit des musiques pour jeux vidéo, l’autre essaiera une galerie d’Art en Islande. Reste Damien qui, marqué par un caractère fort et une motivation plus que grandissante, reconstituera son groupe avec d’autres membres et l’histoire continuera… Sur sa route, il trouvera Gabriel Rouet, étudiant en musicologie et claviériste, ainsi que Willy Brauner, un batteur amateur de punk et de jazz.
Ensemble, ils se donnent un objectif : faire aboutir ce beau projet à la rythmique “néo-folk”. Un vrai challenge car il faut allier le côté intimiste du disque avec celui presque animalier tellement empli d’énergie, du live. D’ailleurs, Damien Chamoin ne s’en cache pas : «Dans un live quand je ne transpire pas, c’est qu’il est raté». Si toutefois d’autres multi-instrumentistes veulent transpirer avec lui, il est preneur. L’homme souhaite en effet voir évoluer son trio en quintet pour prendre encore plus de plaisir sur scène.
Pas de promo,
juste du risque
Des scènes, il en a connu avec son groupe, celle du Chien à plumes notamment. Mais c’est la représentation en première partie d’Emilie Simon, qui a donné un vrai coup de fouet à Of Ivory & Horn.
Son fil conducteur reste clair, ne pas s’enfermer dans l’acoustique et ne pas avoir un rendu dit «promotionnel». Lui et ses musiciens aiment particulièrement le goût du risque, c’est pourquoi ils cherchent l’innovant, l’atypique… «Il faut que quelque chose se construise, si ça te parle et que tu rentres dedans, tu as réussi ton objectif». Toujours dans l’atypique, il ne se conforme pas au format standard. Son disque à venir en est la preuve, il contiendra sept morceaux pour une durée de 36 minutes. Une fabrication qui se veut artisanale, avec du mastering fait maison et quelques voix enregistrées via Iphone… Verdict en mars prochain.
Marine Prodhon


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Funk Academy et Les Bagatelles sans fioritures

Funk academy et Les Bagatelles ont fait le show, samedi 16 janvier au soir, au pôle socioculturel lors du concert qu’ils ont donné en faveur du voyage en Andalousie des classes de 3e espagnol du collège Jean-Renoir.
Environ 200 personnes se sont déplacées pour assister au concert des deux groupes de la classe de Musiques Actuelles d’Arnaud Leseur, à l’école de musique du Pays du Der. Dans le public, beaucoup d’élèves de 3e et de 4e sont venus mais également de nombreux fans des deux groupes.
Les huit musiciens de Funk academy ont mis l’ambiance dès leurs premières minutes en faisant une présentation de leur concert en espagnol approximatif par Arnaud avec traduction instantanée en français tout aussi approximatif par Maude sous les fous rires des spectateurs ravis.
Durant une heure, ils ont interprété leur programme, mêlant musique et chant, invitant le public à les suivre dans certains morceaux. Si les Funk academy ont bien chauffé la salle, l’arrivée du trio Les Bagatelles a mis le feu à celle-ci et c’est en cœur que les spectateurs ont repris certaines des compositions ou des reprises des trois musiciennes toujours aussi joyeuses sur scène.
Pour le final, les deux groupes se sont rejoints pour trois derniers morceaux, invitant tous les élèves de 3e qui doivent partir en Espagne à monter sur scène pour le dernier. Ils ne se sont pas fait prier et c’est avec beaucoup de plaisir qu’ils ont rejoint les musiciens accompagnés de leur professeur de français, Caroline Bouvier, à l’origine de ce concert et de leur professeur d’espagnol, Déborah Daval.
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Graham Parker & The Rumour

La reformation de The Rumour, le mythique groupe de Graham Parker, est un petit évènement. The Rumour s’était séparé dans les années 80 après avoir écumé toutes les scènes de la Perfide Albion et des States avec son pub rock inspiré et colérique. Certes, Steve Goulding, Brinsley Schwartz et consorts ont pris quelques cheveux blancs mais leur jeu est toujours aussi efficace. La révolte a cédé sa place à une maturité qui s’accommode généralement mal avec le rock. Pas dans le cas précis ! La magie de The Rumour, alliée au talent de parolier du camarade Parker, est toujours intacte. Comme à la grande époque du mythique Parkerilla. God save Graham Parker & The Rumour !
A.S

Langres aura son festival de jazz

L’association “Mélanges improbables” a décidé d’organiser, cette année, un festival dédié au jazz, qui sera ainsi le premier événement du genre à Langres. Il devrait se tenir début juillet, à la Lunette 10.
«Cela me trottait dans la tête depuis plusieurs années…» Philippe Chanclu, féru de jazz et cheville ouvrière de l’association Mélanges Improbables, est sur le point de concrétiser son rêve de longue date : créer un festival de jazz à Langres. «Il n’en existe pas entre Nancy (“Nancy Jazz pulsations”) et Lyon (“Jazz à Beaune”), et nous pensons que cette idée de création peut et doit trouver sa place dans notre ville, notre département et notre future grande région et dans un environnement propre à Langres.»
Pour le lieu, le choix de l’association s’est porté sur l’ancien fort de la Lunette 10, dont l’aspect circulaire convient bien à une scène en plein air. Trois jours, les 1er, 2 et 3 juillet, sont prévus. «Mais il n’y en aura peut-être que deux, en fonction des financements obtenus.» C’est, en effet, le dernier point à concrétiser, une question de détails. Une chose est certaine : la Ville est enthousiasmée par le projet et le soutiendra.
L’objectif affiché du festival est l’accessibilité, pour toucher le grand public : «Nous défendons l’idée que le jazz est tout sauf une musique réservée à une élite, gardant à l’esprit le souci d’accessibilité pour tous.» La programmation ne sera, du reste, pas exclusivement jazz : «Il y aura également un peu de blues et des musiques du monde, un chapiteau pour la nourriture et peut-être quelques conférences et échanges entre artistes et public.» Une liste d’une quinzaine de musiciens de jazz et de blues a été élaborée par Philippe Chanclu : Vincent Peirani, Fred Chappelier, Miguel M, le trio Gypsy Winsberg, ou encore Frédéric Borey, sont notamment pressentis.

La saison 2016 de Mélanges Improbables

Vendredi 22 janvier, 20 h 30, à l’Epicerie : Trio La & Ca (jazz).
Vendredi 5 février, 20 h 30, à l’Epicerie : Al Delort (french pop à textes).
Vendredi 26 février, 20 h 30, à l’Epicerie : JeHaN et Lionel Suarez (chanson française).
Vendredi 4 mars, 20 h 30, à l’Epicerie : Tram des Balkans (musique des Balkans).
Vendredi 8 avril, 20 h 30, à l’Epicerie : The Summer Rebellion (freak blues).
Samedi 30 avril, 20 h 30, à la salle Jean-Favre : Otis Taylor (blues).
TaylorOtis
Vendredi 20 mai, 20 h 30, à l’Epicerie : Baben Sissoko Kintet (kora jazz).
Vendredi 17 juin, 20 h 30, à l’Epicerie : MAM (swing).
Vendredi 23 septembre, 20 h 30, au théâtre Michel-Humbert : Roca/Wally (chanson française et humour).
Vendredi 14 octobre, 20 h 30, au théâtre Michel-Humbert : Daniel Mille (tango, musique classique et jazz).
Vendredi 18 novembre, 20 h 30, à l’Epicerie : Manu Pekar Quintet (jazz).