Si on sortait ?!!!

C’est toujours la fête de la musique ce week-end… et c’est aussi le Relais pour la vie à Montier-en-Der avec de la musique en plein air.

Watcha !

 

ARBOT : samedi, à 18 h, à l’église Saint-Pierre-Es-Liens, concert baroque par l’ensemble “La Bellezza”.
ARC-EN-BARROIS : samedi, à 18 h, dans la cour du Relais, jazz avec le quartet Stella By Starlight.
BOURBONNE-LES-BAINS : vendredi, à 18 h, les élèves de l’école de musique, à 20 h 30, place des Bains, l’orchestre La Concorde.
CHAVANGES (Aube) : vendredi, à 20 h 30, à l’église Saint-Georges, concert classique.
CHAUMONT : vendredi, à 20 h 30, à l’église Notre-Dame-du-Rosaire (quartier du Cavalier), “Paix, amour et liberté” avec la chorale Les Trimazos.
COLOMBEY-LES-CHOISEUL : dimanche, à 16 h, à l’église Saint-Martin, concert Laostic, 30 choristes interpréteront du chant grégorien et des pièces du Moyen-Age et de la Renaissance.
FAVEROLLES : dimanche, à 11 h, apéritif chantant, à la salle de convivialité, chansons françaises avec Segusia et la Tinta’choeur.
MONTIER-EN-DER : samedi, à 23 h, en plein air devant l’Abbatiale, Casius Belli (chanson festive) dans le cadre du Relais pour la vie.
MONTIGNY-LE-ROI : samedi, à 20 h 30, à l’église Sainte-Marie-Madeleine, la chorale Les Triolets.
MONTOT-SUR-ROGNON : samedi, à 20 h, à l’église, orchestre de mandolines et guitares avec Les Médiators.
ORQUEVAUX : à l’église Saint-André, samedi, à 20 h 30, concert par le trompettiste Thomas Bugnot, le trio à cordes Finlandia et l’organiste Gilles de l’Assomption et dimanche, à 15 h 30, “Paix, amour et liberté” avec la chorale Les Trimazos.

 

Notre coup de coeur du moment

Jukebox JHM 2017 : les gagnants sont…

Jukebox JHM 2017 : les gagnants sont…

La 7e édition du tremplin Jukebox-JHM a sacré deux groupes. Une décision rare. Green Devils et ToTem l’ont emporté. Ils enregistreront un EP au château de Faverolles. Les deux autres concurrents, Han shot first et Lazaretto, n’ont pas démérité.

«C’est quatre groupes avec tous leurs univers et tous leurs qualités», a expliqué Aymeric Laloux, coordinateur du projet, dans la salle de concert du complexe Robert-Henry à Nogent vendredi soir.
Ils étaient 29 groupes au départ. Après 40 000 votes sur le site jhm-jukebox, les dix demi-finalistes ont été choisis. Les deux vainqueurs de cette finale pourront enregistrer un EP (un CD avec plus de titres qu’un single, mais moins qu’un album) au château de Faverolles. «Merci à tous !», a lâché Shirley, la chanteuse des Green Devils (les grands favoris), émue après la décision finale. William, chanteur de ToTem, était lui aussi «super content !».
Green Devils a eu les faveurs du public. De Biesles à Nogent, il n’y a qu’un pas que leurs fans n’ont pas hésité à franchir, grimés en vert. Il est, cependant, fort à parier que ceux qui découvraient ce groupe ont apprécié la voix et la présence de la chanteuse. Une voix prometteuse qui devrait s’affirmer encore quand la direction artistique du groupe sera plus affinée. Tristan, Vivien, Paul et Yann mélangent le pop et le hip-hop et ils le font bien.

Le style rock ambiance anglo-saxonne et l’univers personnel de ToTem a su convaincre le jury. William, Dylan à la batterie et Jérôme à la basse se sont imposés comme le groupe le plus créatif de la soirée.
Han shot first et Lazaretto, les deux autres finalistes, n’ont pas démérité. Le premier groupe cité, probablement des fans de Star Wars, est originaire du sud de la Haute-Marne. Les trois membres jouaient leur deuxième concert seulement. Et Lazaretto a débordé d’énergie, en particulier grâce à son chanteur bragard Julien, déjà en finale il y a trois ans avec le groupe Amadeus.
Z-Plank, lauréat en 2016, a conclu la soirée. Antoine, Baptiste, Corentin et Sébastien ont présenté les titres de l’EP qu’ils ont enregistré au château de Faverolles. Une expérience que vivront bientôt les musiciens des Green Devils et de ToTem.

 

Les finalistes

Han Shot First

Han Shot First Fondé sur les cendres de Jehuty (demi-finaliste Jukebox 2011), le trio Han Shot First a une genèse intéressante. Maxime, son chanteur-guitariste a profité de ses études outre-atlantique pour mûrir une dizaine de morceaux qui ont ensuite pris vie à Langres aux studios Quiet Place. Un produit studio qu’on décline en live, c’est tout l’inverse du cheminement habituel. Et ce n’est pas la moindre des originalités d’Han Shot First, dont les sonorités electro-métal en surprendront plus d’un.

Green Devils

Green Devils Tristan et Paul, les guitaristes du groupe bieslois Green Devils se connaissent depuis la maternelle et jouent ensemble depuis la quatrième. Plutôt rock à la base, l’univers musical de leur formation s’est considérablement élargi il y a peu avec l’arrivée au chant de Sherley. Sans perdre d’énergie, le groupe y a trouvé une dimension mélodique et une signature.

Lazaretto

Lazaretto On avait laissé Julien Kerfuric en finale du Jukebox 2015 avec son groupe Amadeus. Depuis le Bragard a décidé de se consacrer exclusivement à la musique. Dorénavant étudiant à la Music Academy International de Nancy, le chanteur revient entouré des gars de sa promo. Plus rock, plus blues, plus garage… Le son a effectivement changé, et les textes de Julien, toujours inspirés, y gagnent en exposition.

ToTem

ToTem Derrière ToTem, il y a d’abord une histoire de dix ans d’amitié entre William (chant, piano, guitare) et Dylan (batterie) commencée sur les bancs du lycée Oudinot à Chaumont. Rejoints par Jérôme à la basse, ils composent en français des morceaux qui s’inscrivent quelque part entre BBBrunes et Damien Saez.

 

Tout ce beau monde partagera les planches du centre culturel Robert-Henry à Nogent le 9 juin dès 20 h (malheur aux retardataires !). Le concert est gratuit et vous pourrez une dernière fois voter pour envoyer votre groupe préféré en studio ! Z-PLANK, les vainqueurs 2016, concluront la soirée par un concert de présentation, en avant-première, de leur disque enregistré au château de Faverolles. Pour vous rendre à Nogent, des navettes autocar aller-retour sont prévues au départ de Saint-Dizier, Joinville, Langres, Rolampont, Chaumont et Biesles. Renseignements dans les agences du journal et sur www.jhm-jukebox.fr. «Cette finale est non seulement particulièrement réjouissante de qualité musicale, mais je suis aussi enchanté par le choix du jury, car en matière de diversité musicale, toute la galaxie pop-rock est représentée. La soirée s’annonce vraiment excellente.» s’enthousiasme Aymeric Laloux qui coordonne pour la dernière fois le concours Jukebox du JHM. Qui succèdera à Z-Plank ?

Le coin des gratteux

Nouvelle rubrique du blog Musicorama… pour nous les gratteux de tous poils !

Des tests en veux-tu, en voilà !

Un gros coup de coeur pour des pédales « made in France » vraiment géniales.

 

« La fuzz c’est la vie » by Julien Bitoun

On essuie les plâtres avec l’excellente Bitoun Fuzz imaginée par Julien Bitoun pour Anasounds, marque de pédales made in France? Cocorico. Ces pédales-là font la nique aux Ricains, aux Chinois, Japonais… Ce sont les meilleures au monde.

Laura Cox aussi est fan d’Anasounds

Et moi, euh, j’suis fan des deux !

Hagstrom a développé une gamme de guitares très efficaces à tarif modéré. Un très bon plan.

Fender Stratocaster custom shop El Diablo : D’ENFER !..

Festival Dimey 2017 : j’aime écouter les filles !

Festival Dimey 2017 : j’aime écouter les filles !

Et pour ceux qui veulent encore plus de Dimey, voilà une archive très intéressante (Merci à Eric Chardin et à Loïc Lantoine) :

 

Dimanche 7 mai :

Retour aux abris
Dimanche après-midi, pour le dernier jour du festival Dimey, la triste pluie qui arrosait la cité coutelière n’aura pas désarmé les organisateurs. Il pleut ? Eh bien, rentrons !
Juja Lula, c’est beau comme un grand livre de contes. En deux secondes, Juliette et Lucie Taffin font de l’estrade une scène. Ce sont deux grandes sœurs modèles, à la fois semblables et différentes, deux charmeuses bien éduquées qui ne donnent pas leur part au chien. Ces sœurs-là pratiquent des religions comme on les aime au festival Dimey : la poésie, la tolérance, le partage. Leur passé théâtral, leur culture familiale apparaissent comme des évidences. Chacune des chansons raconte une histoire. Les frangines touche-à-tout, qui ont vécu une partie de leur enfance près de Langres, ont bien rendu la monnaie au public haut-marnais.
Dame ! Trois concerts dans l’après-midi. Il ne fallait pas s’endormir. Pas de risque avec Tournelune, dont la classe a débordé depuis longtemps les frontières du département. Le groupe surfe sur les registres, passant des textes à bien écouter (ses “Oiseaux de Nuit”, de Dimey, notamment) à des titres très rock, où les mots sont triturés et martelés. Une musique qui a parfois du mal à passer au festival. Tournelune a prouvé que la qualité de la chanson française n’a rien à voir avec les formes musicales. On en redemande ! Tournelune est chez lui au festival Dimey.

Les Lillois de La Goutte ont distillé leur poésie du quotidien
C’est donc dans le hall-bar, qui accueille en fin de soirée les fameuses troisièmes mi-temps, que trois groupes ont pu livrer chacun une petite heure de concert. La Goutte, ce sont quatre Lillois, une aventure démarrée en 2012. Au centre du groupe, Gabriel Devilleneuve écrit et chante tous les titres, d’une jolie voix masquée de voile et teintée de grain. Les musiques, les arrangements sont travaillés ensemble. En ressort une galerie de portraits un peu désespérés, d’instants de vie qui vous prennent aux tripes. La Goutte fait passer des émotions, et ne donne aucune leçon. Cela fait du bien aussi, de temps en temps.

De notre correspondant Florent Desprez

Ebouriffante Morissette
La Québécoise Geneviève Morissette s’était vu confier une lourde tâche : clore le festival 2017 à un horaire décalé (21 h 30) pour cause d’élection. Il lui a fallu s’accrocher.
Alors que la plupart des spectateurs avaient flâné en fin de repas, pour discuter des premiers résultats et des commentaires qui suivaient, Geneviève Morissette est arrivée sur scène avec ses trois musiciens, s’asseyant sur le bord du plateau pour entonner, a cappella, un bouleversant “Chant des Partisans”. Un moment fort, fait de partage et d’émotion, avant que la chanteuse ne commence à expliquer que Français et Québécois ne partageaient en fait qu’une demi-langue. Une problématique connue, mais toujours aussi savoureuse de ce côté-ci de l’Atlantique.
La rousse flamboyante, toujours en mouvement, a ensuite déployé sa palette de talents : chanson-sketch avec son guitariste, magnifique reprise d’une chanson de Véronique Sanson, “Amoureuse”, appel public à Michel Drucker, sublime hommage à Paris, écrit après les attentats. Le tout servi par un rock éclectique, parfaitement en place. Geneviève Morissette n’a pas ménagé ses efforts pour l’emporter sur un public a priori morose (la fin du festival, l’actualité, la météo…). Les saillies explosives de la Québécoise ont fini par la faire gagner haut-la-main.
De notre correspondant Florent Desprez
Un volcan québécois sur la scène nogentaise.

Samedi 6 mai :

Le F de la femme

F comme festival. Le grand Festival de la femme a déployé ses charmes multiples samedi soir à Nogent avec Barbara Weldens et Sarah Olivier. Deux tempéraments.

On sent bien des fêlures chez Barbara Weldens dans ce tour de chant «plein de chansons d’amour». Un amour désenchanté car, même si la vie offre toujours d’autres chances, la quête du bonheur semble une souffrance de tous les instants.
On aura apprécié, du coup, une petite dose de deuxième degré avec cette question existentielle de la plus haute importance : «Mais où sont passés mes nichons ?»
En english
On aura assisté aussi à une première descente d’organe vocal dans la salle au contact des festivaliers. Comme un besoin de se frotter d’un peu plus près à ses congénères.
Quant à Sarah Olivier, elle assume parfaitement ses talons aiguilles et sa condition de femme libérée. Bien dans sa peau, Sarah. Tempérament flamboyant. Jolie présence scénique. Voix à vous décrocher les étoiles. Contact instinctif avec le public, surtout masculin. C’était la fièvre rock’n roll du samedi soir avec une section rythmique flamboyante. Tout le monde n’aura pas adhéré car la batterie reste un instrument honni d’une partie des festivaliers.
Bref. Sarah Olivier se permet tout. Jusqu’à offrir un set pour moitié en langue anglaise. Du jamais vu ici. Bernard Dimey se sera retourné dans sa tombe, lui, qui avait défendu avec acharnement le français. Mais la charmante Sarah ne doit pas connaître l’œuvre du poète nogentais.
A. S.

Vendredi 5 mai :

Vive les Franc-Comtoises !
Clio et Maggy Bolle ont mis les pendules à l’heure vendredi soir au Festival Dimey à Nogent. La jeunesse désinvolte et survoltée a pris le pouvoir et rythmé cette folle soirée.
D’abord, d’abord… Il y a Clio. Une toute jeune artiste. Sa carrière a débuté il y a trois ans lors du tremplin du Festival Jacques Brel à Vesoul. On sent bien cette fraîcheur qui relèverait presque de la désinvolture façon Birkin ou Delerm. Une jeunesse qui cultive cette naturelle différence à tel point que cela en est touchant. A son âge, on tombe facilement amoureuse. C’est légitime. Le public a succombé au charme de cette jeune auteure-interprète sans se faire prier. Les thématiques fétiches de la demoiselle défilent comme dans un film de Rohmer où on croiserait Romy Schneider et quelques icônes de cette classe-là.
Et même quand Clio fait une petite sortie de route dans un duo avec son guitariste, on se remet en piste sans se prendre la tête.
Maggy et les morilles
On saluera le travail instrumental de ses deux brillants musiciens, Etienne Champolion aux claviers et Paul Robin à la guitare. Ils impulsent un souffle novateur dans cet univers ouaté. Un souffle qui puise ses racines dans la folk song anglo-saxonne et qui se marie très intimement à l’univers de Clio.
Avec Maggy Bolle, c’est une autre histoire. Rien qu’à la lecture de la fiche technique de l’artiste, on se dit qu’on ne va pas s’ennuyer un instant. Petit caprice en forme de clin d’œil de la Franc-Comtoise : «Tu nous mets les coordonnées GPS de tes coins à morilles, sinon on chantera du Sardou ».
Le reste est dans la même veine. C’est truculent, totalement barré à l’image de son “Requiem pour un gros con”. Voilà qui fleure bon la saucisse de Morteau et le demi de bière avec ou sans faux col. Le titre générique de son spectacle : “T’as vu la vierge ?” Non ! Mais on a croisé une diablesse au tempérament débordant qui en a remis une couche lors de la troisième mi-temps pour le plus grand bonheur des festivaliers.
A. S.
Clio est arrivée et repartie sur la pointe des pieds. (Photos Dominique Decker).
Toute la gouaille de Maggy Bolle.

(Photos Dominique Decker)

Barbara pour mémoire
Barbara est particulièrement à l’honneur cette année au festival Dimey. Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz lui ont rendu hommage lors de la soirée inaugurale. vendre et samedi, dans La cave à Bernard, la grande dame de la chanson française livrait ses mémoires inachevées par le truchement de Claude Fèvre, une habituée du festival passée de l’autre côté du rideau, et Dora Mars, présente pour la première fois à Nogent.
Une heure trente de lecture entremêlée de bribes de ses chansons. Le mélange, un peu déséquilibré d’entrée de jeu car il faut bien replanter le décor de ce que fut l’enfance et l’adolescence de Monique Serf, a pris toute sa saveur peu à peu.
Son goût affirmé, dès le plus jeune âge, pour le piano. Cette liaison contrariée par plusieurs opérations de la main droite. « Alors, je ne serai que chanteuse », se console-t-elle. Vient alors le lent et laborieux apprentissage du chant. Un choix conforté par la découverte d’Edith Piaf.
Cette lecture musicale a mis en exergue toute la fragilité de l’artiste, son extrême sensibilité mais aussi sa fougue restituées par Claude Fèvre qui prend un plaisir fou à retracer ce parcours hors du commun. Dora Mars, au clavier, au thérémine et au chant lui donne le change dans ce spectacle débordant d’amour pour la dame en noir.
A.S

Jeudi 4 mai :

Quand deux grandes dames entrent en scène
Superbe entrée en matière pour le lancement du 17e festival Bernard Dimey jeudi soir à Nogent. Entre la sensibilité de Marie d’Epizon (photo ci-dessous à gauche) et le travelling grand format d’Yvette Théraulaz sur une vie de femme, les deux artistes ont récolté tous les suffrages.
Photos Dominique Decker

C’était le quatrième passage ici pour Marie d’Epizon. L’artiste originaire du département a embarqué la salle du centre culturel pour un beau voyage musical.
«Elle est sacrée la différence», un message qu’il convient de marteler. Plus que jamais. Marie d’Epizon s’y est employée.
Sa voix s’est posée tel un flocon de finesse et d’élégance. Une empreinte d’une grande pureté. La grâce était au rendez-vous pour ce tour de chant d’une remarquable précision. Remarquable par le timbre de cette voix qui n’est pas sans rappeler celle d’une Véronique Sanson à ses débuts lorsque Marie accroche les notes hautes. Remarquable aussi ses incartades dans le répertoire de Barbara qu’elle porte au pinacle et reviendra chanter à Nogent en fin d’année. Remarquable enfin l’accompagnement très latino de ses deux musiciens, Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse) notamment sur un répertoire plus personnel qui donnait à entendre de larges extraits de son dernier album (“La sirène de Lampedusa”, “Les couleurs de Collioure”).
Clé de lecture
Lauréate du tremplin du Festival Dimey en 2006, Marie d’Epizon a fait passer un frisson divin avec “Le marchand de sable” qui l’avait couronnée alors. Et même si cette édition 2017 porte la voix des femmes, la présence masculine est toujours sous-jacente. Dimey a été chanté pour le coup, renouant avec l’esprit originel du Festival dans une reprise de “J’aimerais tant savoir” version Jehan. Un début de nuit d’une grande clarté.
La deuxième partie de soirée donnait à entendre une autre grande dame, Yvette Theraulaz, dans un spectacle qui mêle théâtre et chant. C’est toute l’évolution de la condition féminine qui a défilé de façon magistrale plus d’une heure durant. De la délirante course des spermatozoïdes, aux premières velléités d’émancipation et autres luttes féministes, des premières flétrissures du corps, aux pensées crépusculaires qui s’installent alors… La performance d’actrice a été saluée à sa juste valeur par le public nogentais. Scolaires du groupe Baudon-Rostand présents dans la salle et fidèles du Festival seront passés par toutes les émotions.
On comprend mieux les mots d’Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, en introduction du spectacle. La prestation hors-normes de la Suissesse était bien la clé de lecture d’un festival au féminin qui, jeudi soir, a écrit une très belle page de son histoire.

A.S

Un festival 2017 au féminin

Le Festival Dimey a débuté jeudi soir, en présence de nombreux convives, au centre culturel de Nogent. Pour cette 17e édition, l’association organisatrice a concocté une programmation qui offre une large place aux femmes.
Cette année est également marquée par le documentaire “Dimey, poète et pourquoi pas ?”* de Dominique Regueme, diffusé mardi soir à Nogent en avant-première et pour lequel une deuxième projection est prévue ce matin à 11 h au centre culturel (entrée gratuite). «Ce film a été pour moi un moment d’émotion extrême», a commenté dans son discours la conseillère départementale Mireille Ravenel. La présidente de la grande Agglo – représentant également la Région – Christine Guillemy a, quant à elle, tenu un propos plus politique en cette période d’élection présidentielle. Durant son intervention, l’élue a volontairement insisté à plusieurs reprises sur «l’esprit de tolérance, dont on a vraiment besoin aujourd’hui !». Jeudi, les artistes Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz ont ouvert le bal de cette 17e édition prometteuse qui se poursuit jusqu’à dimanche soir.
B. T.

* Le documentaire sera diffusé lundi, sur France 3, après le Soir 3.
Le Festival Dimey, c’est aussi des expositions (sur Simone de Beauvoir et Louise Michel), des ventes de disques (ci-contre) et de livres.
Yves Amour, le président de l’association Bernard-Dimey.
Chemise bariolée et barbe bien taillée, Yves Amour a lancé avec humour et émotion le Festival Dimey. Saluant le travail de son équipe de bénévoles – «sans faille !» – le président de l’association Bernard Dimey avait réuni, hier soir au centre culturel de Nogent, de nombreux convives à l’occasion de l’inauguration. Au début de son discours, Yves Amour a eu une «pensée émue» pour Jean Benedetti, membre actif de l’association décédé au mois de février, avant d’évoquer la programmation très féminine de cette année. «On ne veut pas dire non plus que les femmes ont toujours raison…», a lancé le président avec malice, ajoutant un peu plus tard : «Il n’y a pas de spectacle Dimey mais l’esprit Dimey est bien là : le partage, la générosité, l’amitié sont au rendez-vous !» Représentant le maire de Nogent Anne-Marie Nédélec, excusée, son adjoint Patrick Prodhon a cité le poète : «Dimey disait : “C’est à 17 ans que j’ai tout appris” ». Une référence qui s’imposait pour cette 17e édition dont l’ouverture a été suivie par bon nombre de fidèles, mais aussi des nouvelles têtes, comme l’a constaté Yves Amour, dont le souhait est d’ouvrir le Festival aux plus jeunes. Une ouverture qui passe notamment par un partenariat noué avec les lycées où sont allées se produire les Crieuses publiques, fil rouge du festival (lire ci-contre).

 

Mercredi 3 mai :

Les Crieuses envoient du bois
Il se passe toujours quelque chose autour du Festival Dimey de Nogent (jusqu’au 7 mai). Avant même le lancement officiel, jeudi soir, de ces quatre jours consacrés à la chanson française, les élèves du bassin nogentais ont découvert, mardi, le spectacle de Paccoud et Dumoulin. Les amoureux du poète se sont délectés du documentaire qui lui est consacré et qui sera diffusé lundi soir sur France 3.
Jeudi matin, Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et ancien prof de maths, a repris le chemin du lycée Charles-de-Gaulle, à Chaumont, à l’invitation de la direction de l’établissement. Avec lui, Les Crieuses publiques, fil rouge de cette 17e édition, sont allées à la rencontre des étudiants, durant une petite heure. Dans un premier temps, une séance très enrichissante était au programme et permettait notamment de se chauffer la voix. Une mise en condition payante puisque les élèves ont montré de belles dispositions à l’interclasse de 10 h, durant un petit quart d’heure débridé et interactif mené de mains de maîtresses par Victoria Delarozière et Capucine Maillard, de la compagnie Aziadé.

Le jeune public n’avait sans doute jamais entendu parler de la criée publique avant l’intervention des deux artistes polyformes. Lacune comblée dans la joie et la bonne humeur. Et si de prime abord, la mise en abîme pouvait sembler hardie à l’air du selfie, les petits bouts de papier distribués et complétés ont remplacé pour un temps les écrans de téléphone. On y souhaite un anniversaire, on y couche quelques mots d’amour ou d’amitié… et les crieuses relayent le message, libèrent la parole. Tout fini dans un cri communicatif. Evidemment.
Une expérience jubilatoire qu’ont vécu à leur tour les élèves de Bouchardon vendredi matin à la récré.
A. S.

 

Mardi 2 mai :

Les scolaires et les aficionados du poète étaient déjà dans l’ambiance de ce rendez-vous festif.

C’est une tradition bien ancrée. Les scolaires sont les premiers à profiter de la programmation du festival Dimey.

Mardi, à deux reprises, Christian Paccoud et Armelle Dumoulin se sont produits sur la grande scène du centre culturel devant un jeune public qui s’est vite laissé embarquer dans l’univers poétique et pédagogique de ces artistes, mi-clowns, mi-baladins. Il faut dire que Paccoud et Dumoulin font tourner leur spectacle depuis près de quinze ans. Le jeune public, ils connaissent et savent capter son attention. On est dans ce qui relève du conte burlesque… interactif !

Sans artifices (pas de sonorisation) avec juste un petit accordéon, leurs cordes vocales, quelques accessoires et beaucoup de talent, Paccoud et Dumoulin se mettent à la portée des enfants invités à s’exprimer sans retenue aucune. Et ça marche du tonnerre ! Petits bonheurs, petits malheurs, superficialité des choses et sens de ce qui est vrai et important : une petite leçon de vie livrée en toute simplicité. Les quelques 300 élèves de Biesles, Mandres-la-Côte et Nogent, de la petite section maternelle aux classes primaires, en garderont quelque chose, c’est certain.

Dimey sur l’écran

En soirée, changement de décor avec la projection en avant-première d’un documentaire consacré au poète originaire de Nogent. Bernard Dimey, poète et pourquoi pas ?, titre de ce film d’un peu moins d’une heure, doit beaucoup à l’opiniâtreté d’un autre nogentais, Bruno Florentin. Fils de bouchers installés jadis à Nogent-le-Bas, Bruno Florentin a fait des pieds et des mains pour réunir financements et partenariats afin de finaliser son projet. Plusieurs années d’efforts ont été nécessaires et salués hier soir par les 150 amoureux de Dimey présents dans la salle. Ils ont pu se délecter, en avant-première, d’images d’archives de l’INA et autres documents du fond Dimey regroupé à la médiathèque locale ainsi que de commentaires croustillants sur la vie et l’oeuvre de Dimey.

Son biographe, le nogentais Philippe Savouret souligne l’intérêt et la qualité du documentaire qui sort toutefois un peu tard compte-tenu des diverses contraintes. « Il y a trois ans ont aurait pu avoir les témoignages de son éditeur Michel Célie, de Jean-Louis Foulquier et de quelques autres qui ont bien connu Dimey », souligne-t-il.

Yvette Cathiard, qui a vécu aux côtés du poète, sur Butte Montmartre, assume à merveille son rôle de transmission dans ce documentaire qui sera diffusé lundi soir sur France 3 et que les festivaliers pourront découvrir vendredi, à 11 h, lors d’une nouvelle projection au centre culturel. Le film est appelé ensuite à emprunter la filière scolaire, si possible un peu partout dans l’Hexagone. C’est du moins l’ambition de Bruno Florentin.

A.S

 

Dimey : Un festival 2017 tout feu tout femmes

 

Le Festival Dimey 2017 passe en mode féminin pluriel du 4 au 7 mai. Une programmation excitante, une avant-première que les aficionados du poète ne voudront manquer sous aucun prétexte et des surprises à la pelle. Voilà qui promet une parenthèse enchantée, quatre jours durant, du côté de Nogent.

Enthousiaste. C’est sans doute l’état d’esprit qui domine dans les rangs de l’association Bernard Dimey depuis que les membres de la commission programmation ont dévoilé le menu artistique de cette édition 2017. C’était le 8 mars dernier concomitamment à la Journée internationale des droits de la femme. Une date qui n’a pas été choisie au hasard. Cette année, les organisateurs ont fait le pari des voix féminines dans toute leur diversité. On serait presque allé jusqu’à féminiser le mot «festival» pour l’occasion et dans une démarche totalement jusqu’au-boutiste mais cette transgression orthographique s’est heurtée à quelques – masculines – réticences (sic) !
La grande scène du centre culturel et sportif servira à nouveau d’écrin aux tours de chant d’interprètes aux styles très variés. Peu de points communs, en effet, entre la poésie ciselée de Marie d’Epizon (lire en page 10), la furie contagieuse de Barbara Weldens ou l’univers déjanté de Maggy Bolle. Nogent sera donc, une fois encore, terre de contrastes artistiques dans une grande communion entre les générations.
Le sens de la fête
Ce n’est pas la moindre des qualités du festival Dimey qui attire un public de fidèles amoureux de la chanson française. Dans ce milieu où le sens des mots est porté au pinacle, il y a Barjac (Ardèche), la référence absolue où on transpire au coeur de l’été. Il y a aussi Nogent où une belle équipe de passionnés, telles de consciencieuses abeilles, s’évertue à polliniser les premières fleurs chantantes du joli mois de mai. Voilà dix-sept printemps que ce petit miracle se produit. Un rendez-vous garanti sans OGM !
Et comme à Nogent, le sens de la fête n’est pas un vain mot, les bénévoles se plient en quatre pour satisfaire le public. On a même ouvert une cantine sur le site historique mis à disposition par la municipalité, partenaire incontournable de la manifestation. Artistes, techniciens et public y prennent leurs quartiers dans une proximité et un sens du partage que ne n’aurait pas renié Dimey. Succès total !
Sur un plateau
Comme pour chaque édition, le poète nogentais, décédé en 1981, reviendra hanter joyeusement les esprits avec la projection, en avant première, d’un film documentaire qui lui est consacré (lire en page 11). Bel hommage !
Les estaminets du centre-ville auront la visite du fil rouge, Les crieuses publiques, à l’heure de l’apéritif. Santé !
Ces filles du rock et du boniment iront également porter la bonne parole dans les maisons de retraite du Bassigny.
La Cave à Bernard accueillera le spectacle de Claude Fèvre et Dora Mars en hommage à Barbara (gratuit sur réservation pour les gens de Nogent).
Victoria Delarozière investira l’espace bar, en après-midi, samedi 6 mai.
La scène extérieure, lancée l’an dernier, est reconduite le dimanche dès 15 h avec La goutte, Jula Lula et Tournelune. Les concerts seront festifs et gratuits.
Chaque soir, l’espace bar sera pris d’assaut pour de mémorables 3e mi-temps ouvertes à tous ceux – des deux sexes – qui ont quelques choses à chanter ou à déclamer.
Le jeune public n’est pas oublié. C’est lui qui aura le privilège de goûter en premier, dès mardi, aux joies du spectacle vivant avec l’inimitable Christian Paccoud.
Une édition 2017 tout feu tout femmes… avec quelques mecs aussi.
A. S.

 Yves Amour : «Donner la voix aux femmes»

Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, livre sa clé de lecture sur une programmation très prometteuse.

JHM : Cette 17e édition du festival offre une large place aux voix féminines. Pourquoi ce choix ?
Yves Amour : On cherche en général un équilibre entre les voix féminines et masculines. La parité est souvent abordée avec l’idée de laisser une place aux femmes. C’est tout l’inverse dans notre cas. En fait, il était difficile de respecter l’équilibre tant le nombre de femmes que nous avions envie de programmer était important. Yvette Theralaz est arrivée en point d’orgue, comme une clé de lecture. Du coup, cette année, nous avons pris le parti de donner la voix aux femmes.

JHM : La dernière soirée du festival coïncide avec le second tour de l’élection présidentielle.
Y.A : Oui, il fallait trouver une artiste qui ne soit pas directement «impliquée». Je pense que Geneviève Morissette, avec son humour et son bel accent québécois, nous aidera à dépasser les idées partisanes.

JHM : Vos coups de coeur ?
Y.A : Tout est bon chez elles ! Honnêtement, c’est la première fois que j’attends tous les spectacles avec la même impatience. Puisqu’il faut faire un choix, je pencherai pour celles qui ont fait naître l’envie de cette programmation féminine à savoir Clio, Barbara Weldens et Sarah Olivier. Trois styles, trois artistes rencontrées au Festival Jacques Brel à Vesoul.

 

Marie d’Epizon : «C’est particulier de venir à Nogent»

Originaire du petit village haut-marnais dont elle a emprunté le nom, Marie d’Epizon ouvrira le 17e Festival Dimey. Son dernier album “Bleu nuit” servira de fil conducteur à un tour de chant qui donnera à entendre aussi la poésie de Bernard Dimey et de quelques auteurs aussi incontournables.

Les amateurs de chansons françaises sont toujours heureux de retrouver Marie d’Epizon. Installée du côté de Montpellier depuis plusieurs décennies, ce petit bout de femme aime revenir dans son département natal et s’enthousiasme d’y faire entendre à nouveau sa voix. «Ca fait longtemps que je ne suis pas venue chanter ici. C’est particulier de venir à Nogent», assure-t-elle. Pour les organisateurs du Festival Dimey, accueillir Marie d’Epizon est vite devenu une évidence quand, à l’automne dernier, ils se sont penchés sur la programmation de cette 17e édition, cent pour cent féminine.
Nourrie à la poésie de Barbara, Brassens et Béranger dès l’adolescence, Marie d’Epizon a longtemps chanté ces sources d’inspiration-là. Elle a consacré un album à Barbara qu’elle interprète avec une aisance déconcertante. Brassens a eu aussi ses faveurs. «Je me suis surtout intéressée aux chansons dans lesquelles il dépeint les femmes», souligne-t-elle.
Sur ce socle granitique, Marie d’Epizon a posé les bases d’une carrière qui impose le respect. Une trajectoire saluée par quelques grands noms de la chanson à l’instar de Fabienne Thibeault, marraine des Journées 2014 du Parc Georges Brassens, qui est tombée en amour avec l’artiste d’origine haut-marnaise.
Des surprises
Et puis, avec l’aide de son complice Claude Kintzler, originaire de Forcey, Marie s’est attelée à la composition. Un premier album Les desseins des pensées, joliment troussé, pose les fondations de son style. Une chanson d’auteur(s) exigeante. Le dernier album s’intitule Bleu nuit mais sa couleur n’est «pas noir du tout. En fait, c’était le titre initial d’une chanson qui a changé en cours de route. L’album est plutôt poétique», précise Marie d’Epizon. Il aborde aussi des sujets d’actualités (les migrants) ou intemporels (la vie qui passe). Les textes sont essentiellement signés par Claude Kintzler. Marie a composé les musiques. Tous deux ont mêlé leurs mots sur quelques titres et l’album s’est enrichi de contributions de Bernard Joyet, Jean-Michel Piton et Joseph Moalic.
Mercredi, en ouverture du festival, Marie d’Epizon se produira en trio avec Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse). «J’ai longtemps tourné en piano-voix mais j’avais envie d’autre chose. La formule guitare-contrebasse laisse beaucoup d’espace pour la voix et permet des rythmiques sud-américaines que j’adore», souligne encore Marie d’Epizon.
Bleu nuit est un «spectacle très féminin», assure l’artiste qui reviendra au centre culturel de Nogent en fin d’année pour y chanter Barbara, cette fois.
Mais ce n’est pas une raison pour faire l’impasse sur son passage printanier au Festival Dimey. Marie d’Epizon a prévu quelques surprises. Pour les dimeytistes et les autres.
A. S.

Marie d’Epizon, mercredi 3 mai, 20 h 30, grande scène.

 

Dimey nous fait son cinéma

Dimey, poète et pourquoi pas ? Tel est le titre du documentaire de 52 mn réalisé par Dominique Regueme. Le film sera projeté, en avant-première, à l’occasion de la 17e édition du festival nogentais dédié au poète.

Curieusement, Bernard Dimey semble mieux connu dans le grand monde francophone, grâce à quelques succès, que dans le bourg nogentais qui l’a vu naître, et où il repose. Voilà un film qui tombe à point. Ceux qui ont côtoyé l’auteur de Syracuse dans les rues de Nogent – et ils sont encore quelques-uns – vont découvrir comment le beau gosse qui prenait la pose sur la place est devenu un ogre des bistrots de Montmartre, dévoré par l’écriture et la picole. Les dimeyphiles, quant à eux, vont se régaler avec de succulentes images d’époque (chez Danièle Gilbert, au bistrot avec Mouloudji…). Ils feront à coup sûr des découvertes, grâce aux témoignages pertinents qui rythment le film. Quelques moments de grâce aussi, comme le chant émouvant de Claire Taïb.
Témoignages
Il faut dire que le réalisateur n’a pas lésiné sur la qualité des interviewés : Francis Lai, Aznavour, Philippe Meyer… Yvette Cathiard, sa dernière femme, qui l’appelle Dimey. Dominique, la fille du poète retrouvée quand elle avait vingt ans, et qui l‘appelle Bernard. Philippe Savouret, le précieux archiviste nogentais. Enfin LE spécialiste de Dimey, le Chaumontais Francis Couvreux, intarissable dans son style, entre Philippe Manœuvre et Henri-Jean Servat. Sauf que cette fois, on parle d’un poète qui, en déambulant devant sa maison natale, se compare à Victor Hugo. A juste titre, crient les uns. Plutôt à François Villon, répondent d’autres.
Nogentais, dimeyphiles, vous devez absolument voir ce film !
De notre correspondant
Florent Desprez

Dimey, poète et pourquoi pas ? (2017) – Avant-premières au Centre culturel de Nogent mardi 2 mai à 20 h 30, vendredi 5 mai à 11 h. Entrée gratuite.

 

Les archives du festival

2016 : un grand cru

Le festival Dimey 2016 aura été marqué par quelques temps forts : la prestation de Les Flow, dès le premier soir, et la classe de Jean-Michel Piton, dans un spectacle magique autour des textes de Bernard Dimey. Retour, au jour le jour, sur ce cru 2016 particulièrement gouleyant.

Quatrième jour

La fiesta totale

Au quatrième jour, il y avait du « off » dans l’air. Les réjouissances ont débuté à l’heure de l’apéro. Dixwatts remettait sa tournée dans les estaminets de Nogent. le groupe a participé à l’aventure de l’album Dimey Pluriel. Depuis, il a mis en musiques quelques textes du poète nogentais. Pour la deuxième année consécutive, les musiciens sont allés -de leur propre initiative- au contact des gens de Nogent dans les lieux de vie qu’ils fréquentent. Au cheval blanc à l’heure de l’apéro, Au San Remo pour un déjeuner gourmand – avec une belle tablée de soldats du feu qui ne s’attendaient sans doute pas à une telle animation – puis au petit bar-tabac de la rue Astier où le groupe à désormais ses habitudes. De bons moments de partage jusqu’à la pause café. Ensuite, un autre groupe du cd Dimey Pluriel a pris la relève pour un concert gratuit en extérieur, vers le centre culturel : Joli Falzar. Les festivaliers ont apprécié ce nouveau rendez-vous. Sur la scène baignée de soleil, Jean et ses camarades ont livré un concert des plus rythmés.
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Enfin, avec Les Didoudingues, le feu d’artifice espéré a été coloré. Ce groupe est composé de multiples talents. A l’occasion du Festival “Faites de la chanson” à Arras, l’association Di Dou Da avait souhaité réunir ces artistes. Les festivaliers ont eu plaisir à retrouver des connaissances. Le groupe est composé d’Hervé Lapalud, Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger et Eric Frasiak. Leur rencontre est toujours réjouissante.
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Une pièce créée pour l’événement
La troupe “Le Petit théâtre d’Ernest” a créé une pièce originale. 
Elle a la particularité d’être composée d’une vingtaine de textes 
de Bernard Dimey, qui s’enchaînent sous forme de dialogues. 
Le spectacle a déjà été réservé à Chaumont et du côté de Nancy.
L’association est de Metz. Les comédiens du “Petit théâtre d’Ernest” sont principalement issus de sa région et de Nancy. C’est parce qu’ils venaient au festival à Nogent qu’il a été proposé à ces passionnés de Dimey, par l’association organisatrice du Festival, de créer une pièce de théâtre. Un défi qu’ils ont relevé avec un travail original de la part du metteur en scène, Patrice Guillaumet. Dans cette pièce, il a planté cinq personnages dans “Le bistrot d’Alphonse”, le titre d’un texte du poète nogentais. Trois sont de Dimey : “Pépère”, “Mimi” et “Alfonse le patron du bistrot”. Deux ont été créés, “Nanar” et “Bébert”. Patrice Guillaumet est accompagné par Claude Lecarme, Gilles Grateau, Anne-Marie Boussange-Diaquin et Calogero Di Maïda.
Deux représentations, dans la Cave à Bernard, ont séduit le public pendant le festival, jeudi 5 et vendredi 6 mai. A tel point que la pièce a été commandée pour une représentation à Chaumont. La semaine prochaine, ce sera en Meurthe-et-Moselle.
Pour les contacter, téléphoner au 06.13.85.98.98 ou par mail : pternest57@hotmail.com
E. G.
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Un spectacle original conçu spécialement pour les festivaliers nogentais, et qui a séduit.


Troisième jour

La fille et la rock star

Imaginez une fille qui se prend pour son violoncelle. Elle arbore même une coiffure en forme de tête de cello déglinguée, c’est vous dire si cette fille-là est légèrement barrée. Katrin Waldteufel, M. cello et son excellent homme orchestre (claviers-guitare) ont embarqué les festivaliers dans un monde loufoque. Une promenade enchantée et toute douce. A grand renfort de boucles vocales et/ou instrumentales, les artistes ont pris leur temps pour poser les ambiances. On aura préféré la tessiture du violoncelle et des cordes vocales de la jeune femme. On a encore rien trouvé de mieux que la chaleur de ses deux instruments là pour titiller nos sens. L’interprétation au violoncelle, dans un épurement magnifique, de L’affiche rouge du duo Ferré-Aragon en a donné la plus parfaite illustration.
Puis est venu le tour de Jérémy Bossone. Physique de rock star, l’artiste déploie une belle énergie à en faire rompre les contingences techniques. Sa voix androgyne donne le meilleur en concert. C’est un fait. Le public, pourtant mûr du festival, a pris un bon bol d’airs frais.


Deuxième jour

Piton s’est envolé

C’était une grande soirée avec du grand Piton, du grand Dimey. Les deux artistes sont liés à la vie, à la mort.
Jean-Michel Piton a réussi un tour de force en convoquant Dimey pour le plus grand plaisir de amoureux du poète de Nogent qui se sont pressés dans la grande salle du centre culturel. Ils l’attendaient les «Dimeytistes» ce rendez-vous là. Ils n’ont pas été déçus.
Piton, voue un véritable culte au plus prolixe des paroliers de Montmartre. Il a su puiser et assembler quelques-uns de ses plus beaux textes en trouvant le bon fil conducteur. Il en livre sa vision à lui, écorchée, sensible au possible, émouvante. On traine dans les bas-fonds de l’âme, là où peu se risquent vraiment. Au contact des clodos magnifiques qui s’inventent un monde où l’humanisme règle en valeur absolue. La tendresse des sentiments et la force des mots de Dimey ont trouvé leur meilleur ambassadeur. Piton s’est envolé hier et le public avec lui.
Auparavant, Pierre Lebelâge est arrivé et reparti… sur la pointe des pieds. Ce petit gars de la région de Perpignan écrit très bien. Une dentelle d’une finesse rare, c’est évident. Musicalement, c’est irréprochable. Vocalement, ça chante juste aussi mais, car il y a un mais : il manquait un petit supplément d’âme pour que Lebelâge embarque le public de Nogent.
Ce supplément-là, le Petit théâtre d’Ernest l’a trouvé au plus profond des textes de Dimey, en après-midi, dans La cave à Bernard. Un beau moment plein de sens.
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(Photo Patrick Boez)

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(Photo Estelle Galland)

Premier jour

Se retrouver à Nogent

Une fois l’an, se retrouver à Nogent. On croise des têtes connues dans le hall du centre culturel et sportif. Les habitués du Festival Dimey, des nouveaux venus aussi et la cohorte des bénévoles qui s’active à quelques minutes de l’ouverture officielle.
Le soleil est de la partie, les sourires sont sur les lèvres. Dans la grande salle, les artistes balancent gentiment. En cuisine Jean-Paul et son équipe s’affairent. Du côté du bar où a lieu, chaque soir, la troisième mi-temps chère aux festivaliers, ont s’active aussi.
Bref, il règne l’agitation propre au festival. Chacun est à sa place, impatient d’entrer dans le vif du sujet.
Ce sera chose faite au terme des discours inauguraux, rituel là-encore bien rôdé mais toujours apprécié. On s’est délecté des bons mots de Jean-Claude Daniel qui est venu réitérer le soutien de la nouvelle grande région ; on sait que, cette année encore, Anne-Marie Nédélec, mairesse de Nogent et fidèle parmi les fidèles, a pris son pass sans même regarder de quoi il en retournait «car on aime découvrir les artistes et on n’est jamais déçu» ; Yves Amour, président de l’association Dimey, a sorti, comme de coutume, une de ses chemises à fleurs dont il a le secret. Le décor est planté et la convivialité s’installe à l’heure de l’apéro, à grand renfort d’emmenthal et de rosette arrosés gaillardement du breuvage dont s’est délecté Dimey sans modération une bonne partie de sa vie de poète.
Mam’zelle Suzi, fil rouge 2016, a pris le relais avec son orgue de barbarie. Premières notes guillerettes d’un début de festival qui devait réserver un premier temps fort d’entrée de jeu.
On attendait Les Flow, on n’a pas été déçu. Cette petite nana-là est sur scène comme à la ville : authentique. Dégaine des gens de la rue (casquette visée sur la tête et sweat extra-large). Pas de chi-chi sur les apparences. A l’intérieur, il y a un cœur gros comme ça. Flow évoque les enfants, son enfance. Les guerres couvertes dans la vie d’avant. La fragilité de la paix. Sa paix intérieure parfois mise à mal. Sa sensibilité a fait mouche. Ce fut un moment de bonheur trop court livré par une grande dame de la chanson et par un excellent guitariste.
Difficile, après ce moment de partage magnifique, de s’embarquer dans l’univers cadavérique de Mazo. Ces gars-là sont des instrumentistes talentueux, certes, mais le prêchi-prêcha du Mac Abbé manquait de vérité et de profondeur. On a vu des musiciens adopter des postures dignes des zombies d’un Thriller façon king of pop. D’accord ! Au premier rang, un spectateur s’est même fait baptiser, façon Mazo, au vin d’une étrange messe et s’en est visiblement beaucoup amusé. Pour apprécier Mazo, il fallait être sensible au troisième degré alors qu’on avait encore à l’esprit la belle simplicité de Flow.
A.S
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Pas facile pour Mazo de passer après Les Flow…

Le festival Dimey sur le site d’une copine, Claude Fèvre, qui parle tellement bien des artistes. C’est ici : http://chantercestlancerdesballes.fr/

Avant le festival, c’est déjà le festival

Les mots coulent à Flow
Un atelier d’écriture a été offert par la chanteuse Flow. Une artiste hors du commun, qui ne mâche pas ses mots, qui s’est servie de la richesse de la langue française pour jouer à écrire avec une classe de 3e. Emotions garanties.
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Auteur, interprète, éditeur, producteur de musique et de livres, voici Flow, Florence Vaillant, invitée au Festival Dimey. A la classe de 3e du collège Françoise-Dolto de Nogent et à leur professeur Margaut Tenand, elle s’est présentée. «Moi je n’ai pas mon bac. Je suis ce que l’on appelle un cancre». Voilà qui est dit. De surcroit, pas souvent dans un collège. Mais ce cancre s’en est bien sorti. «Vous savez ce qui m’a sauvée. C’est l’écriture. Pourtant, je suis dyslexique. A 47 ans, je fais encore pas mal de fautes. Je fais gaffe si c’est un courrier important mais quand j’écris mes chansons, je me lance et je corrige après». Des adolescents parfaitement à l’aise avec cette intervenante et qui acceptent de suite le premier exercice. Deux colonnes sur une feuille. Dans l’une il fallait trouver cinq mots pour désigner une émotion positive, le mot qui vient quand on pense à quelqu’un qu’on aime. A l’inverse dans la seconde, il était destiné à une personne beaucoup, beaucoup moins sympathique. «Attention, sans insulte et niaiseries. Evitez les ‘‘Je t’aime’’ et ‘‘pouffiasse’’, il existe des tas d’autres mots pour exprimer ses sentiments. Par exemple, moi quand je pense à quelqu’un que je déteste, je l’associe à une fosse à purin. Vous comprenez bien le rapport». C’est ainsi que les élèves ont trouvé, entre autres, ‘‘moitié’’, ‘’sagesse’’ pour le coté positif. ‘‘Godzilla’’ ou encore ‘‘misérable’’, pour le coté négatif. Ecrire pour être bien Et avec les mots, ils ont construit des phrases comme : «L’amitié est un trésor, nous sommes complices». Flow a commenté, «si je reçois ce genre de courrier, ça me touche». La version moins sympa : «Tu reflète le noir, j’ai pitié de toi». Une telle phrase dans une lettre, «ça tue ! Et pourtant vous n’avez employé aucun mot grossier. Prenez conscience de l’écriture. Si nous la perdons, nous ne serons plus que de bons petits soldats, manipulables à souhaits». Flow leur a donné des exemples de situations où il était important d’écrire. «Une personne à qui on a envie de dire qu’on l’aime, au moins on ne rougit pas, on n’est pas là quand elle lit. Et si un jour, vous devez 500 euros aux Impôts, que vous n’avez que cinq à leur donner, ce sera plus facile de leur expliquer par écrit. L’écriture ça rend service, ça permet d’exprimer ses sentiments, de se libérer, ça fait du bien pour tout, tout le temps». Les exercices ludiques se sont enchainés. Les collégiens comblés ont été invités par l’association Bernard-Dimey au concert de Flow qui a eu lieu mercredi 4 mai. Pour découvrir Flow,: http//les-flow.wix.com/les-flow Au festival Jeudi 5, Pierre Lebelage et Jean-Michel Piton ; vendredi 6, Katrin Waldteufel et Jeremie Bossone ; samedi 7, Joli Falzar et Les Didoudingues ; jeudi 5 et vendredi 6, à 15 h 30, à la médiathèque Bernard-Dimey, ‘‘Le bistrot d’Alphonse’’, une mise en scène des textes de Bernard Dimey par Le Petit théâtre d’Ernest. La Chaumontaise Mam’zelle Suzi assurera le fil rouge de cette 16e édition. Renseignements au 06.40.17.22.01ou au centre culturel. Programme sur : (http://festival-bernard-dimey.fr/Bienvenue.html).
De notre correspondante Estelle Galland

Concentré de talents à Nogent

L’association Bernard Dimey a mitonné une programmation aux petits oignons pour cette 16e édition du festival qui a lieu du 4 au 7 mai. Nogent accueillera la jeune garde de la chanson française (Flow, Mazo, Lebelâge, Bossone…), le patriarche, Jean-Michel Piton, dans un spectacle truculent autour de l’œuvre du poète nogentais, et les Didoudingues pour un final qui s’annonce haut en couleurs.

Le printemps, c’est la saison des poètes. Nogent s’apprête à fêter cette catégorie d’artistes aux tempéraments bien trempés quatre jours – et quatre nuits – durant. Le festival donnera le ton mercredi 4 mai avec Flow puis Mazo. Ils sont jeunes. Ils sont talentueux. La première occupe une place à part dans la chanson française. A la fois rebelle et sensible. Les seconds sont des musiciens virtuoses totalement déjantés qui évoluent au sein du Mac Abbé et le Zombi Orchestra. De quoi réveiller les morts comme les vivants.
La Chaumontaise Dorothée Daniel devancera l’appel des beaux textes, la veille, avec un spectacle pour les scolaires. Les jeunes têtes blondes goûteront aux charmes d’un conte acidulé concocté par Lady Do (Dorothée Daniel) et Monsieur Papa (Frédéric Feugas). L’association Dimey renoue ainsi avec les spectacles pour la jeunesse après une courte pause d’une année due aux vacances scolaires qui tombaient en plein festival.
En trombe
Les organisateurs ont demandé également à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto. Une initiative qui doit beaucoup à l’arrivée d’une nouvelle enseignante au sein de l’équipe pédagogique. On a hâte d’en découvrir la teneur tant la démarche artistique de Flow est totalement «raccord» avec l’impétuosité de notre belle jeunesse. Les bénévoles de l’association ont approché l’artiste à Barjac (Ardèche), l’été dernier, lors du festival Chansons de parole. Ils sont tombés sous son charme à l’instar d’un certain Yannick Noah qui a invité ce talent brut à assurer les premières parties de ses concerts parisiens il y a quelques temps déjà. Depuis, l’ancienne reporter photographe, dont la trajectoire artistique peut s’apparenter à celle de Patti Smith ou du regretté Mano Solo, trace son sillon en toute indépendance.
Jeudi soir, Jean-Michel Piton (lire en page 6) livrera son Dimey de cœur. Un Dimey chantant et théâtral. Il succèdera sur la grande scène à Pierre Lebelâge. Les chansons de ce jeune artiste «pétillent d’humour et d’intelligence», assurent les organisateurs.
Digne héritier de Brassens, Lebelâge a séduit Leprest, Lemesle, et trouvé son public avec un album, Babel, qui a caracolé en tête du classement des radios indépendantes françaises durant plusieurs mois.
Final collégial
Vendredi, Katrin Waldteufel donnera le La à M. Cello, son violoncelle, pour un set un tantinet burlesque et décalé. Jérémie Bossone accordera sa guitare et racontera ses histoires d’écorchés de sa voix singulière.
Samedi, le festival s’achèvera avec la troupe musicale Les Didoudingues (lire en page 7), un collectif réunissant la fine fleur de la chanson (Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger, Eric Frasiak) à l’invitation d’Hervé Lapalud, autre habitué du festival de Nogent. Ce grand brassage musical a été monté spécialement pour les dix ans du festival Faites de la chanson à Arras. Depuis, Les Didoudingues font les belles heures des rencontres musicales de l’Hexagone. Les spectateurs de Nogent devraient goûter leur poésie et leur bonne humeur communicative. Voilà qui préfigure assurément une ultime troisième mi-temps intense et dans l’air du temps. A Nogent aussi se sera nuit debout… ou assis.
A.S

Piton love Dimey

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Jean-Michel Piton sera sur la grande scène jeudi soir. Un rendez-vous qu’attendent tout spécialement les aficionados de Bernard Dimey.

Dans la galaxie Dimey, trois étoiles brillent tout particulièrement au firmament. Il y a Jehan, bien sûr, Valérie Mischler, aussi et Jean-Michel Piton. Les deux premiers sont déjà venus rendre leur hommage très personnel au poète de Nogent. Au tour, cette année, du plus débonnaire de ce trio de tête.
«C’est un spectacle pas tout à fait complet car je ne danse pas», s’amuse-t-il. Un spectacle qui a mûri au fil des ans. Jean-Michel Piton en livre des versions revisitées depuis 1982. «Je me suis vraiment penché sur l’œuvre de Dimey à sa mort en juillet 1981 en m’intéressant à la face un peu moins connue de l’auteur».
Le rapport à l’ivresse est une constante chez ceux qui ont osé ouvrir le grand livre de Dimey et s’en approprier quelques pages. Jean-Michel Piton a voulu se démarquer en allant chercher des pépites plus mystiques. Candidat au grand séminaire, Dimey a largement abordé le sujet dans ses écrits. Dieu et la mort sont traités de façon quasi obsessionnelle. «Dans L’homme de la manche, j’ai cherché à raconter une histoire proche de la faune des gens que Dimey a côtoyé lorsqu’il vivait à Montmartre. Ces anciens militaires, ces philosophes à leur façon», souligne Jean-Michel Piton qui s’est demandé «pourquoi cette faune en est arrivé là».
L’homme de la manche conte cette quête en mêlant l’interprétation théâtrale (Jean-Michel Piton est aussi acteur) et le chant. Un tableau en 25 nuances que l’artiste livrera avec deux musiciens qui connaissent la chanson : Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon.Piton se lovera autour de Dimey à Nogent. Enfin !
A.S

Joli Falzar : «C’est le public qu’on aime»

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Cette année, le festival Dimey propose un concert gratuit, aux abords du centre culturel, samedi après-midi, avec le groupe Joli Falzar. Anatole Jeanson (trompette et choeurs) s’en réjouit déjà.

Journal de la Haute-Marne : Joli Falzar essuie les plâtres avec un nouveau rendez-vous sur ce festival. Il y a un côté existant à ouvrir cette nouvelle voie ?
– Anatole Jeanson : On attendait ça depuis la sortie du cd Dimey Pluriel. C’est un grand plaisir de pouvoir jouer sur le festival. On avait eu de bons retours lors de notre courte prestation durant la soirée de lancement de l’album en mars 2015. Un concert en journée, touche généralement un public plus large. C’est le public qu’on aime.

L’été s’annonce chaud pour Joli Falzar ?
On a beaucoup, beaucoup de dates prévues. Ca tombe bien car on adore partager ces moments avec le public. Avoir des retours directs de leur part. Ce sont autant d’opportunités pour décrocher de nouveaux concerts. Dernièrement, on a fait un tremplin à Nancy. On a signé plusieurs dates dans la foulée.

Bernard Dimey, c’est quelqu’un qui parle à un jeune groupe comme Joli Falzar ?
On l’a découvert avec le projet Dimey Pluriel. On n’a pas trop creusé son univers depuis, il faut l’avouer, mais on se sent une filiation même si nous ne sommes pas de la même génération. Actuellement, nous sommes surtout proches d’un mouvement comme Nuit debout. Il faut dire que nos textes parlent essentiellement de notre rapport à la société.
Recueillis par A.S

Final Didoudingues

Les Didoudingues

Ils seront huit sur scène, samedi, pour assurer la dernière soirée du festival Dimey. La fine fleur de la chanson française réunie dans un spectacle collectif des plus rafraîchissants.

Le tour de chant a été conçu à Arras en juin 2014 à la demande de l’association DiDouDa qui fêtait les 10 ans de son festival Faites de la chanson. L’idée consistait à créer un spectacle réunissant des artistes qui ont participé aux cabarets découvertes organisés par ces amoureux de la chanson française. La mission a été confiée à Hervé Lapalud. L’artiste avait deux jours pour monter un spectacle collectif avec ses sept nouveaux amis (Marion Rouxin, Coline Malice, Julie Rousseau, Laurent Berger, Davy Kilembé, Gilles Roucaute et Eric Frasiak). Une sacrée gageure !
Respect mutuel
Le défi a été relevé haut la main avec un concept à la fois simple et efficace, qu’Hervé Lapalud n’a eu aucun mal à vendre aux organisateurs et qui consiste à «partager les chansons des copains, des copines et celle du répertoire de la chanson française, bien sûr. On aime tous interpréter les autres», assure Hervé Lapalud. A titre d’exemple, Gilles Roucaute a adapté Bruce Springsteen en français. Eric Frasiak glisse toujours des chansons de Béranger dans ses concerts.
A Nogent, la troupe sera au complet, bien sûr. «C’est un spectacle construit. Tout est tellement lié qu’on peut difficilement se passer d’un copain ou d’une copine. On a fait le choix des chansons ensemble», souligne le monsieur Loyal des Didoudingues qui est tout à sa joie de retrouver ses camarades à Nogent. «Chacun a sa trajectoire mais là c’est une réunion d’amour. On est dans de la jalousie positive car on a beaucoup de respect humainement et artistiquement entre nous», poursuit-il.
Clin d’oeil
Le talent et la complicité qui se dégage des Didoudingues expliquent sans doute l’engouement suscité lors de leurs trop rares prestations en public.
Voilà une belle et grande famille artistique faite d’individualités qui, pour la plupart, ont découvert les bienfaits de partager la même scène. Et ils en redemandent. «C’est vraiment bien de se frotter à d’autres gens. Tu sors de ta bulle. Tu apprends. Tu regardes», témoigne Eric Frasiak. L’artiste meusien est un peu à l’origine de la venue des Didoudingues, cette année, en terre nogentaise.
Tous les amoureux de spectacle vivant s’en réjouissent car le festival Dimey cultive depuis toujours ce goût du partage qui colle vraiment aux aspirations des Didoudingues. Et si la structure de base du spectacle reste la même, il est prévu qu’un clin d’oeil à Bernard Dimey figure au répertoire. Et pourquoi pas de façon pérenne ?
A.S

Carte blanche à Mam’zelle Suzi
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Géraldine Salmon, alias Mam’zelle Suzi, a carte blanche. La Chaumontaise aime les vieilles rengaines qu’elle revisite avec son orgue de barbarie. Elle sera le fil rouge de cette édition 2016, se produira dans les maisons de retraite du pays de Nogent et lancera les 3e mi-temps qui font aussi l’âme du festival. Pour l’occasion, elle a convié Snic’Fou, des p’tits gars du Bassigny, sera accompagnée pour un soir par son guitariste Poêt et rejointe par ses camarades des Voix de Dimey lors de la soirée inaugurale. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Avis aux amateurs !

Le petit théâtre d’Ernest
Ambiance troquet assurée dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Le petit théâtre d’Ernest s’y installera pour deux après-midis. Les personnages qui se mettent à table dans Le bistrot d’Alphonse sont truculents. Et Dimey n’est jamais loin. Réservation obligatoire.

Chansons à l’étal
Le Pythagore sera à nouveau présent dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif. L’an dernier, les festivaliers avaient apprécié la qualité et la diversité des ouvrages proposés sur la thématique de la chanson.
Cette année, le libraire fera pièce commune avec Jean-Yves Coissard et son impressionnant stand de cd et vinyles. Il y aura matière à assouvir bien des envies entre les spectacles.

L’oeil de Dominique Decker
Dominique Decker capture les à-côtés du festival de son œil aiguisé. La photographe réalise des tirages, dans la foulée, qui sont accrochés aux cimaises du hall d’accueil. A la fin du festival, on peut même emporter un de ses clichés en souvenir.

A table !
Initiative appréciée des festivaliers, la cantine reprendra du service pour le déjeuner et le repas du soir. Des moments d’échanges et de partage bien dans l’esprit du festival. Réservation obligatoire.

Les coups de coeur de Josette Dupont
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Au sein de l’association Bernard Dimey, Josette Dupont fait partie de la commission programmation. A quelques jours du festival, elle nous livre ses coups
de cœur.
Pierre Lebelâge
Ce jeune talent raconte des histoires, celles de la vie, la vraie, la nôtre, pas de la guimauve aseptisée par le politiquement correct. Il écrit très bien, dans une langue maîtrisée qui ne se croit pas obligée de faire des écarts… pour faire jeune. De la lucidité, le regard attentif à ce qui se passe autour et, malgré tout, avec une tendresse pour les pauvres humains que nous sommes.
Jérémie Bossone
La voix est haute avec du coffre et les mots portent autant d’urgence que de fraîcheur. Il passe d’une couleur à l’autre, de la ballade à la guitare, à la saga épique, au rock le plus électrifié. Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs.
Katrin Waldteufel
Chanteuse-violoncelliste comme certains sont plombiers-chauffagistes, Katrin Waldteufel visite avec humour les petits riens de la vie quotidienne. La tendresse est là, comme le culot. Elle porte ses chansons avec un timbre de voix d’une belle limpidité et fait valser les mots et les notes avec grâce. Courez-y !

Revivez les précédentes éditions du festival


Courir les rues : trop forts, les gars !

Samedi : Courir les rues

Courir les rues a pris son temps. Le groupe a dix ans et quatre albums au compteur. Leur spectacle est rôdé : la musique est parfaitement en place, les éclairages et la scénographie inventifs et efficaces. Quelques spectateurs ont trouvé le son un peu fort. Ou un peu rock, peut-être… Maxime Tailliez, chanteur et guitariste, signe la plupart des paroles et musiques. «Nous interprétons des chansons à texte, soulignait-il en fin de concert.» Ses poèmes méritent effectivement d’autres écoutes et d’autres lectures. Courir les rues a respecté la tradition en donnant sa version de « Quand on n’a rien à dire ». Et le lien s’est – à nouveau – fait entre les musiciens de 2015 et le poète nogentais. Parfait pour le tomber de rideau de cette 15e édition du Festival Dimey.


Vendredi : jeunes et beaux

Les programmateurs du Festival Dimey savent décidément dénicher des jeunes talents aux univers marqués. Vendredi, après le tour de chant du trio Un chat dans la main qui remettait le couvert dans La cave à Bernard, l’espace du centre culturel dédié aux 3e mi-temps accueillait un disciple du slam atypique : Jean-Noël Bobey. L’artiste à l’allure d’éternel adolescent manie les mots avec une belle dextérité. Il excelle dans l’art de mêler la dialectique et les langues régionales. Sans sonorisation, jouant tant sur la rime que sur la proximité avec son public, Bobey a donné du plaisir.
Autre jeune talent, au féminin, Claire Danjou. Ce petit bout de femme a vaincu un trac immense, pour livrer une prestation d’une grande élégance. Elle déménage Claire, la bien nommée. Son prénom résume à lui seul la pureté de sa voix. La thématique de l’amour, le fou, l’impossible, l’absolu… était omniprésente dans l’entame de son tour de chant. Puis, comme libérée d’un fardeau, elle s’est glissée dans une peau toute neuve mais aussi sensuelle, portant haut les textes de Nicolas Daquin. Revisitant Nougaro et chantant Dimey (Quarante ans). Le poète de Nogent dont on avait trop peu entendu les mots, jusque là, sur la grande scène. Une fleur a éclos. Son nom : Danjou.
En fin de soirée, Fred Bobin, électrique et sensible, a parachevé cette avant dernière journée du festival Dimey en poète engagé.
A.S

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Claire Danjou, une jeune femme pleine de fraicheur.


Jeudi : intenses rendez-vous

On l’avait un peu vu venir. Le programme de ce deuxième jour de festival annonçait de belles rencontres ou de belles retrouvailles. Ce fut encore plus intense qu’espéré. D’abord. D’abord, il y a eu « Un chat dans la main », trio « anarcho-chantant » venu du pays lingon (lire le portrait sur cette même page). Ca se passait sur les coups de 15 h 30 dans La cave à Bernard devant une soixantaine de spectateurs qui ont vécu un excellent moment. Les chansons sont faites pour être partagées. Les voix pour être mêlées. La mayonnaise a vite pris et le public a été soumis, pacifiquement bien sûr, à la question. Couté, Nougaro, Blanche, Ferré, Aragon ?… Les amateurs de beaux textes, plutôt grisonnants dans l’ensemble, n’ont pas la mémoire qui flanche pour autant et, quand retentira le Syracuse de Dimey immortalisé par Salvador ou Montand, un murmure cadencé montera harmonieusement dans la cave. Comme le chant des partisans d’une certaine esthétique culturelle défendue par Michel Bellegy, Pascal Inza et Jean-Luc Juy.
Dans la foulée de ce spectacle intimiste du meilleur tonneau, le trio a remis ça au monument des Mobiles dans un petit square qui surplombe la vallée de la Traire sur les hauteurs de Nogent. La municipalité dévoilait une plaque en hommage à Bernard Dimey (lire ci-dessous) qui a immortalisé l’endroit et son fameux marbre dans son poème « L’enfance ». Celui-ci a été déclamé par Chantal, Nogentaise, fidèle de l’association Dimey, dans la douceur de cet après-midi printanier où émotion, recueillement et culture se sont mêlés intensément.
Au rendez-vous du soir, dans la grande salle, il y avait un espoir de la chanson française. Gaëlle Vignaux, petit bout de femme noué par le trac. Ce troublant compagnon ne l’a pas quittée de la soirée, de son propre aveu. La belle a parfois perdu le fil des mots mais personne ne lui en a voulu vraiment. Au contraire. Ces textes brossent de jolis portraits, en phase avec son quotidien qu’on devine à fleur de peau.
Au rendez-vous du soir, dans cette même grande salle, il y avait aussi Barzingault. On ne sent pas de trac chez ce professeur « tourne clé de sol » venu de Toul dans sa « Barzingault mobile » et flashé à Goncourt par un gendarme gris et immobile. On vous l’a fait court !!! Quand Barzingault monte sur scène, il est comme dans la vie. Un intarissable moulin à bonnes paroles et autres truculents jeux de mots. Sa prestation tient aussi du one man show. C’est ce qu’on appelle FAIRE SON NUMÉRO.
A.S


La colonne des Mobiles 
et Bernard Dimey

La Ville a restauré le monument des Mobiles et l’extrait 
d’un poème de Bernard Dimey enrichit le site, son point de vue, et rend hommage aux victimes de la guerre de 1870.
Anne-Marie Nédélec et son conseil municipal ont été ravis de dévoiler avec l’Association Bernard-Dimey, le monument des Mobiles restauré, jeudi
7 mai. Cette colonne a été érigée par souscription publique et inaugurée le 19 juillet 1875 en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1870. Sa remise en place rend hommage aux nombreuses victimes et à la population qui a connu ces événements tragiques.
Comme l’a rappelé Philippe Savouret, «du 6 au 13 décembre de cette funeste année, 80 maisons ont été brûlées, surtout à Nogent-le-Bas, d’autres ont été atteintes par des obus. Ce sont 500 personnes qui se sont retrouvées sans abri au cœur de l’hiver. Chez les victimes, on dénombre 30 soldats français et 81 prussiens. A ceci s’ajoutait la variole et l’hiver rigoureux».
Sur l’ancien cimetièreUn élan de solidarité s’est mis en place. Les bienfaiteurs étaient le baron Lesperat, M. Du Breuil de Saint-Germain, la comtesse de Paris, l’évêque de Langres. Ainsi que les communes d’Ageville, Esnouveaux, Vitry-lès-Nogent, Champlitte qui donnèrent argent et grains. Quant au capitaine Barotte, il a transmis les cotisations de l’armée de Langres. «La Ville de Nogent, meurtrie a décidé d’élever un monument commémoratif aux victimes. Il a été érigé à l’emplacement de l’ancien cimetière et financé par souscription publique», a précisé Philippe Savouret. Une colonne en fonte de 7 m de haut, avec des anges. Au socle, quatre plaques. Celle au nord rappelle l’événement. Celle au sud, indique la souscription publique. A l’est, les noms des victimes civiles  : Pierre Degabrielle, Didier Nancey, François Robert, Claude Georgin, Jean-Baptiste Remy, Eugène Coyot et les frères Devoisin. A l’ouest, les soldats tués : Arthur Pernot, Joseph Dupont, Auguste Lepine, De-Jossey Grandjean, Charles Landenwesth, deux inconnus et un “turco” (surnom donné aux tirailleurs). Le poème de Dimey «décrit parfaitement cet endroit, son joli point de vue, qu’il fallait admirer sur le mur, aujourd’hui il est dégagé», a commenté Anne-Marie Nédélec. Le président de l’Association Bernard-Dimey, Yves Amour, a exprimé sa fierté et associé aux remerciements, tous ceux qui ont œuvré et continue à le faire pour rendre hommage au poète nogentais. Le poème “L’Enfance” a été lu par Chantal, avant quelques chants de circonstance par Un Chat dans la main, un groupe de Langres. La plaque a été dévoilée par le maire et la tante de Bernard Dimey, Michelle Delanne.
Estelle Galland

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Barzingault et une partie de sa fine équipe.
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Trois chats dans la cave à Bernard.
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Un plaque en hommage à Dimey vers le monument des mobiles qui surplombe la vallée de la Traire.
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Gaëlle Vignaux, talentueuse et un brin espiègle.



Extraits de la prestations du groupe Casius Belli

Extraits de la prestation d’Anne Baquet

Mercredi : De toutes les couleurs !..

Yves Amour, président de l’association Dimey, l’avait annoncé mercredi en fin d’après-midi dans son petit mot inaugural : Les festivaliers vont en voir de toutes les couleurs quatre jours durant.
Cette 15e édition a démarré fort avec le groupe Casius Belli. Un groupe du secteur (Chaumont-Châteauvillain-Mandres-la-Côte) qui aime les défis. Le groupe s’est rapproché de l’association Dimey à la faveur de sa participation constructive à l’album Dimey Pluriel dont le lancement officiel a eu lieu quelques semaines auparavant au Centre culturel de Nogent qui accueille également le festival depuis ses débuts.
Avec Yann le formidable (rôle de pure composition pour Yannick) et son équipe, la mise en perspective est soignée. Le groupe a travaillé son set cet hiver lors d’une résidence au Nouveau Relax de Chaumont. La matière a bien évolué, certes. Musicalement, Casius Belli tient la route, on le sait depuis longtemps. Yannick a aussi un talent certain d’interprète. Mettez-lui un texte de Bernard Dimey entre les mains et le résultat est là, avec cette version remarquablement troussée du poème «Le français» qui ouvre l’album Dimey Pluriel et restera LE temps fort de la prestation du groupe mercredi soir à Nogent. Pour celles et ceux qui placent l’intérêt pour la langue française au premier plan.
Avec Anne Baquet, qui partageait l’affiche avec Casius Belli, point de rose bonbon dans le décor mais une ambiance monochrome hyper classe. Du velours ! Pardon. De la soie. Enveloppante. Du meilleur grain ! Anne Baquet, c’est quelqu’un. Une voix étonnante : tantôt fragile, tantôt d’une force impressionnante. Madame Baquet n’en fait pas des tonnes. Tout est dans la mesure, dans le contrôle. Une perfection incarnée aussi par Grégoire, pianiste au tempérament débordant. Quelle claque ! C’est burlesque, intime, profond, décalé… C’est grand.
A.S

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Dixwatts a fait son marché et la tournée des bars de Nogent.

Nogentais et fiers de Dimey
A l’origine, il y a près de deux décennies, le Festival Dimey allait à la rencontre des Nogentais dans ces lieux où l’on revendique une culture populaire. C’est dans cet esprit qu’Anicet Seurre et ses amis du groupe Dixwatts ont décidé de faire leur marché, samedi à la mi-journée, avant d’investir les bars du centre-ville. Dans leur cabas, les textes de Bernard Dimey mis en musique par leurs soins, mais aussi ceux d’Alain Bashung, de Léo Ferré et les propres compositions du groupe. Dixwatts a participé à l’album Dimey Pluriel qui regroupe une douzaine d’artistes du département autour des textes de Dimey (lire plus bas sur cette même page). Autant dire qu’on est ici en présence de musiciens concernés par l’oeuvre du poète nogentais. « Dimey, c’est tout le contraire d’une culture élitiste. C’est la culture populaire transcendée. C’est pour ça qu’on a voulu investir le marché, les cafés », assure Anicet, Nogentais lui aussi, et initiateur de l’album Dimey Pluriel qui est sorti le 28 mars dernier. Dans Dixwatts, tous les musiciens, à l’exception de Kamel (guitare-chant), ont un lien avec Nogent. Arnaud Maîtrehenry (percussions) travaille dans la cité coutelière, Pierre Huguenel (basse) a épousé une fille d’ici), Anicet (chant-guitare) a passé sa petite enfance à quelques mètres de la médiathèque Dimey où l’on trouve aujourd’hui La cave à Bernard, seul lieu de spectacle ouvert dans l’hyper centre mais où les Nogentais vont peu.
« Plutôt que de les stigmatiser, on préfère leur chanter Dimey, aux gens de Nogent », s’amuse Anicet. « Chanter Dimey, c’est un bonheur qu’on veut partager là où le poète a passé le plus clair de son temps. Dans un bistrot, un verre à la main. Et puis, je me plais à penser que mon grand-père, qui fréquentait assidument les troquets de Nogent, a pu trinquer avec Dimey. On est très heureux d’avoir investi ces lieux de vie ». Surtout au petit bar-tabac situé au bas de la rue Astier où Dixwatts a reçu un accueil formidable de la part de la patronne. Le groupe est allé chercher les gens dans la rue. Deux heures d’enfer. Et il n’y avait quasiment que des Nogentais pour écouter la poésie chantée de Dimey. Comme quoi !..
A.S


L’expo des photos instantanées de Dominique Decker.

Ci-dessous, le petit journal du festival Dimey 2014 (photos, vidéos…)lapalud

Barzingault, comme son nom l’indique

Quand on lui demande qui sont ses papas, il n’en finit plus… Higelin, Thiéfaine, Desproges… Ben voyons, rien que cela !!! Son poète contemporain préféré : Wally. Une de ses salles favorites : Chez Paulette, un haut-lieu du rock et du blues dans la banlieue de Toul, où il a enregistré un DVD. Son style : un country slave, vous voyez…, un genre de rock mou, avec des côtés musette, mais à texte, quoi, vous y êtes ? Voilà… de la poésie vivante, sortie des boucles folles d’une tête de savant dingue, pianiste doué, entouré comme il se doit d’un accordéon, d’un violon et d’une section rythmique. Tenez, en deux citations qu’il utilise, vous allez avoir une idée : «Un véritable anarchiste, il traverse dans les clous parce qu’il n’a pas envie de parler aux agents… (Georges Brassens)», «Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien… (Jean-Claude Van Damme)».
Barzingault va vous faire rire, il va aussi vous émouvoir. Ne le manquez pas, parce que lui, il ne va pas vous louper… Le bougre a donné plus de 1200 concerts en dix ans. Il n’a pas peur du public intransigeant, des connaisseurs de la bonne chanson française et des adeptes des troisièmes mi-temps bruyantes. Il les attend. Il est né à Chalindrey, et sa grand-mère est de Bricon. Même que son voisin, qui jouait de la batterie avec lui, s’appelle Dimey… et qu’il est parent avec le grand Bernard. Alors, c’est pas une preuve, ça ?
De notre correspondant Florent Desprez

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Barzingault, jeudi soir au centre culturel de Nogent

Un chat dans la main : «A trois, c’est plus jouissif»

Un chat dans la main ne se prend pas au sérieux mais le trio langrois fait les choses sérieusement et dans une belle harmonie. Démonstration lors du festival dans La cave à Bernard où le groupe vocal chantera deux fois.
Ils n’en reviennent toujours pas. Les trois gais lurons qui forment le groupe vocal Un chat dans la main ne s’attendaient pas à se produire en public aux quatre coins du territoire national. De Cohons à Dignes en passant par Langres, leur terre d’adoption.
L’aventure a débuté en 2012 à la faveur d’une sortie à Verdun au monument des Basques. Portés sur les chants antimilitaristes et pacifiques, Michel Bellegy et Pascal Inza sont rapidement rejoints par Jean-Luc Juy. Cette rencontre doit beaucoup à «un pote qui n’est plus là», assurent-ils, en pleine répétition, dans un des rares moments où l’émotion prend le dessus sur l’humour. Avec ces trois gaillards-là, éclats de rire et contrepèteries font bon ménage.
Double sens
Leur spectacle «Encore un vers» cultive le goût du double sens à l’instar du nom de groupe retenu par le triumvirat. «On aime l’ambiguïté. Un chat dans la main, c’est limite coquin. On veut intriguer, interpeller», assure Pascal Inza.
Et rester dans un esprit «anarcho-libertaire» revendiqué.
Leur prestation pour La libre pensée, en faveur d’une reconnaissance des fusillés pour l’exemple, les a amené jusqu’à Hénin-Beaumont en terre frontiste. Ils en rigolent encore. «On n’est pas du genre à se laisser faire. On dénonce la connerie ambiante, les fachos…», renchérit Jean-Luc Juy.
Dans La cave à Bernard, le trio chantera Dimey, bien sûr, mais aussi Vian, Blanche, Tachant, Couté, Brassens, Aragon…
Aux forceps
«Généralement, chacun vient avec un texte qu’il apprécie. On choisit au forceps. Parfois, la sauce ne prend pas», attestent-ils. Et c’est toujours le plaisir qui guide les ébats collectifs. «Chanter à trois, c’est plus jouissif !» Et le public ne s’en lasse pas. «On arrive toujours à décrocher quelques engagements quand on joue quelque part», assurent-ils un rien surpris par leur pouvoir d’attraction.
Le tour de chant, travaillé avec l’aide du metteur en scène langrois Jérôme Hudeley, est construit autour d’une vingtaine de textes interprétés dans des versions déjà existantes. Le pouvoir de leurs voix mêlées, la force des mots et la passion véhiculée par ces trois grands gamins valent vraiment le détour.
Dans l’antre de Dimey, Un chat dans la main va en surprendre plus d’un.
A.S
Un chat dans la main, jeudi et vendredi à 15 h 30, Cave à Bernard.

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Douze allers pour Syracuse

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Dimey-Syracuse

Qui a eu cette idée folle ? Réunir onze groupes haut-marnais pour un album célébrant Bernard Dimey, né à Nogent en 1931 et décédé à Montmartre moins de cinquante ans plus tard.
C’est Anicet Seurre, nogentais lui-même, qui a soufflé cette folie à Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et du festival annuel du même nom.
Et pour ce qui est des talents vivants dans le département, ils n’ont eu que l’embarras du choix. Le voisin lorrain Eric Frasiak a accepté la direction artistique de l’album. Et ce n’était pas rien, car la diversité stylistique des artistes impliqués saute aux yeux et aux oreilles. Pourtant, la mayonnaise a pris. Grâce à deux ingrédients : le coup de patte indéniable du meusien auprès des artistes et des techniciens du studio de Faverolles, et, plus encore, les textes du poète hirsute.
Non, Dimey l’écorché n’a pas pris une ride : sa poésie bien torchée va comme un gant au rock, à l’électro, aux chanteurs d’aujourd’hui tout simplement. Tout le monde s’en est emparé, comme on a pu le voir lors de la soirée de présentation du CD à Nogent (*). La Haute-Marne célèbre sa richesse dans cet album superbe. Ne prêtez jamais ce disque, on ne vous le rendra pas. Offrez-le, c’est mieux.
De notre correspondant Florent Desprez

Il reste quelques expemplaire du CD Dimey pluriel (Casius Belli, Ya-Ourt, Joli Falzar, Cédric Barré, Dorothée Daniel, Bagad Café, Millefeuille, Céline Bardin, Christophe Rémy, Tournelune, Dixwatts – Direction artistique : Eric Frasiak) à la vente.
Association Dimey – BP 37-52800 NOGENT (15 € + 2 € envoi)
*http://site17.ippac2.nfrance.com/2015/04/01/dimey-pluriel-un-vrai-festival-avant-lheure/

Jukebox 7 : chaque voix compte

Ils sont 29 groupes à briguer les suffrages des Haut-Marnais pour tenter de remporter la septième édition du concours musical organisé par Le JHM. Le point sur les forces en présence.
«L’édition 2017 du concours musical du JHM est vraiment pleine de surprise !», s’entousiasme Aymeric Laloux, qui coordonne le concours pour le compte du journal. «On retrouve des habitués comme Far Aways, Alambig et Cheeky, mais la plupart des groupes candidats sont vraiment à l’aube de leur carrière. Et ce qui me réjouit parallèlement c’est le nombre de styles représentés : cette année on a du beatbox et du slam, c’est complètement inédit.» continue-t-il. Autre satisfaction pour les organisateurs, l’âge des participants va de l’adolescence jusqu’au-delà de la cinquantaine, preuve que le concours atteint vraiment ses objectifs en termes d’ouverture.
La finale à Nogent
A ce stade, le scrutin bat son plein sur jhm-jukebox.fr et on frôle déjà les 30 000 votes. Les internautes ont jusqu’au 15 mai pour voter, et les dix groupes arrivés en tête seront qualifiés pour la demi-finale. S’ensuivra cette délicate sélection par le jury qui doit désigner les quatre finalistes appelés à se produire le 9 juin au Centre Culturel Robert-Henry de Nogent. « Il y a quelques belles salles de spectacle en Haute-Marne et celle de Nogent en fait incontestablement partie, c’est vraiment une chance de pouvoir organiser la finale à cet endroit pour la première fois», explique Aymeric Laloux. Autre nouveauté bienvenue, pour permettre au public de se rendre en nombre à l’appel de la finale, des navettes de bus seront mises en place au départ de Chaumont, Langres et Saint-Dizier. Tous les détails seront à retrouver sur le site Internet de l’évènement. Mais pour l’instant, le scrutin continue, et c’est serré ! Pour preuve : moins de 50 voix séparent le huitième du douzième, et ça change tous les jours. Alors, pour qualifier vos groupes préférés, une seule chose à faire : voter sur jhm-jukebox.fr

Les participants

Kartel, Cheeky, Han Shot First, Parasite, Hiller’s, Now Friend, Mals, Iridium, Kiss Victory, Mr Richard xxl & Co, Alambig, Echo Mike Whisky, Cathy B, Marco Beatriz, Apo, Ephialtes, Loulou la Galisse, Lazaretto, ToTem, Far Aways, Stone Weather, TR@KS, Green Devils, Foutrak, NTTF, Red X, Weng, Cupid Stop, Maman Brigitte.
Après Z-Plank en 2016, qui parmi les 29 candidats de cette année remportera le tremplin Jukebox ?
Votez là…

Votez

Le concours musical du Journal de la Haute-Marne est relancé pour la septième année consécutive. Avec quelques surprises.

Le département se révèle un véritable vivier de talents musicaux, tous styles confondus. «Bien sûr, il y a beaucoup de pop-rock et de chanson française parmi les postulants, mais on a eu la chance de découvrir sur les finales précédentes des choses plus inattendues : Du hip hop, de l’électro, du reggae, du métal instrumental… C’est très ouvert, et nous sommes surpris chaque année !», continue Aymeric Laloux. Au niveau de l’organisation, pas de révolution pour Jukebox 2017. Les règles sont toujours les mêmes : chaque candidat doit déposer son morceau sur www.jhm-jukebox.fr avant le 30 mars, puis les internautes votent et les dix chansons les plus populaires voient leurs interprètes sélectionnés en demi-finales. Etape suivante : la sélection par le jury composé des organisateurs du concours et de spécialistes du domaine culturel. C’est à son niveau que se détermine la liste des quatre candidats qui s’affronteront en finale. «Le lieu de la finale est encore tenu secret, mais nous pensons surprendre positivement le public comme les participants», explique l’organisateur.

Pour la dotation, par contre, pas de changement : le grand vainqueur voit s’ouvrir pour lui les portes du studio de Faverolles. Alors qui succédera au groupe chaumontais Z-Plank ? Qui aura la chance d’enregistrer ou de tourner un vidéoclip dans un studio professionnel ? Réponse dans quelques mois. Mais pour l’instant place aux candidatures.

M. D.

 

Saez le magicien

Saez le magicien

C’est presque mystique. C’est résolument rock et c’est carrément magique. Loin de tout battage médiatique – au contraire, Saez fait partie de ces damnés que les têtes bien pensantes se plaisent à titiller souvent violemment ; et il revendique ce statut d’artiste hors système -, il remplit les salles. Et pas les plus petites. Il était mercredi 5 avril au Zenith de Dijon.

Pour ceux qui connaissent, ceux qui ont déjà suivi quelques dates sur cette tournée du Manifeste, la projection de début de concert, puis l’arrivée de Saez sur scène pour accompagner les images au piano ne sont plus une surprise. Mais c’est toujours aussi émouvant. Il se passe indéniablement quelque chose depuis début mars. La naissance de “L’oiseau liberté”, en grande  partie dédiée aux victimes des attentats, fut un événement en décembre. Celle du triple album “Lulu” également. Et cette tournée prend des airs de communion. Sans marketing inutile. Sans passages radio – ou si peu -, mais avec une tonne de sincérité. Saez a su s’entourer des meilleurs musiciens que l’Hexagone compte actuellement. Mais il n’hésite surtout pas à se donner presque plus que de raison. Voix puissante, éraillée parfois, à la limite de la rupture. Une présence presque bestiale, un corps-à-corps, quasiment, avec le public, qui le lui rend bien. Il sait ce qu’il lui doit : «Merci pour votre fidélité».

Pendant quatre heures – c’est devenu une habitude -, Saez est entré dans une communion avec le Zenith de Dijon. Pilule, J’accuse, Marguerite et tant d’autres… Autant de morceaux que le public connaît par cœur. Des titres plus intimistes, aussi, qu’“A ton nom” symbolise par exemple. Puissant. Tout comme “Into the wild”, qui vous prendrait presque à la gorge.

Puis quelques pauses. Pour reprendre son souffle. Et cette petite récréation : Dijon, le lycée Carnot, le professeur de piano… pour annoncer ce “Jeune et con” que les plus hermétiques connaissent forcément.
Que dire, enfin, de cette conclusion, cette fin de concert à vous tirer les larmes, juste avant de vous entraîner dans une douce folie. “Tu y crois”, commencé à la guitare, seul. Puis l’éclipse de l’artiste pour laisser place aux musiciens dans une envolée qui à elle seule résume la force de cette rencontre.
Et ça n’est pas fini. Visiblement, Damien Saez n’a pas l’intention d’en rester là. Attendons la suite… Avec impatience.

Christophe Bonnefoy

Les Restos en foire : trois jours de folie

Retour sur la tournée haut-marnaise des Restos en foire :

  • A CHAUMONT

Une belle bande d’Enfoirés au service des Restos
Hier (dimanche 26 mars), les Enfoirés version Haute-Marne se produisaient à la salle des fêtes avec, comme les “grands”, des sketchs et des reprises de standards. Entre rires et émotions, le pari est gagné. Le tout pour la bonne cause !
Ils n’ont strictement rien à envier aux professionnels. Hier, les Enfoirés version haut-marnaise ont enthousiasmé les 400 personnes venues à la salle des fêtes. Elles ont pu assister à un spectacle de qualité sans bande-son ou play-back mais uniquement avec du live. Et de surcroît, elles ont pu participer à une œuvre caritative qui fête ses 30 ans. Les bénéfices du spectacle (entrée, boissons et petits gâteaux) seront reversés aux Restaurants du cœur.
Sur scène, une vingtaine de chanteurs et musiciens haut-marnais se relaient, se mêlent les uns aux autres, se donnent en chœur pour la bonne cause. Ils n’oublient pas que, l’an dernier, l’association a distribué, partout en France, 135 millions de repas.
L’esprit des “grands” Enfoirés était également au rendez-vous avec des sketchs qui permettaient d’enchaîner les chansons.
L’histoire : ils travaillent tous dans un restaurant et doivent servir un menu complet à leurs invités. De l’entrée au dessert, le repas est copieux. Tout commence par Zaz et les Rita Mitsouko pour une “mise en oreille”. Bashung et Brel prennent le relais avec la chanson “Ces gens-là” réorchestrée de façon magistrale.
Impossible ensuite de passer à côté d’une chanson de Jean-Jacques Goldman, le guide, pendant 30 ans, des Enfoirés, avant, cette année, de passer la main. Pour interpréter “J’irai où tu iras”, ils se mettent à quatre et dynamisent la salle.
Plus calme, “Tous les cris, les SOS” de Balavoine, puis “Georgia” de Ray Charles séduisent le public pour arriver à “Let it be” des Beatles, un moment chargé d’émotions grâce au chœur et au mélange des voix.
Comme il faut s’affirmer, le groupe a pris un nom spécifique. Pas question de piquer le nom d’Enfoirés. La troupe a choisi “Les Restos en foire” avec l’ambition de ne pas en rester là. Cette année, ils avaient programmé trois concerts et l’an prochain, ils espèrent en faire d’autres, sur l’ensemble de la Haute-Marne. Tous les artistes haut-marnais, ceux du nord en particulier, sont les bienvenus.
Alors que la composition est un travail extrêmement solitaire, la joie de travailler ensemble, de se retrouver sur scène était perceptible dans toute la salle.
Le public est reparti en… chanté.
Frédéric Thévenin
Vingt musiciens et chanteurs se sont relayés sur scène.
Ils y sont allés… à fond

 

  • A CHALINDREY

Les Restos en foire : humour, solidarité et bonne musique
Regrouper une vingtaine d’artistes haut-marnais autour des tubes incontournables de la variété moderne était un joli challenge en faveur d’une cause caritative. Ils étaient plusieurs à croire en cette «expérience collective», explique Jean-Paul Thiérion, guitariste chaumontais dans les groupes de jazz Quadratone et Anonyme Big Band, à l’origine de ce défi musical «entre interprètes et musiciens». «Nous nous connaissons et avons l’habitude de jouer ou de nous voir sur scène». Egalement bénévole aux Restos du cœur depuis cinq ans, et donc naturellement sensibilisé à cette cause, Jean-Paul Thierion a monté avec ses “potes” un répertoire spécifique à cette soirée qualifiée «aux petits oignons».
Aux fourneaux, au piano…, les six répétitions préalables sur Chaumont ont balayé large et en terres connues. «On entend Piaf, Nougaro et Bashung. On chante Balavoine ou Eddy Mitchell, et forcément Jean-Jacques Goldman, un des piliers des Restos. Tina Turner, les Beatles, Police seront également de la partie», annoncent d’emblée en début de soirée les musiciens. «Des succès français ou anglo-saxons qu’on connaît tous».
Juste à manger et à boire
Plus de 220 personnes ont pris place à la salle Charles-Perrot, préparée pour l’occasion par les bénévoles des Restos du cœur de Langres. Ces derniers ont aussi prévu des pâtisseries en plus de la buvette, en présence du président départemental des Restos du cœur, Henri le Roux.
Ce concert assis, de deux heures avec entracte, a largement été plébiscité et applaudi. Humour, bonne musique et solidarité ont eu un large succès.
Des musiciens du secteur participaient, notamment Mathilde Simonnot au piano et au chant, Sébastien Huguenin au trombone et piano, et Jérôme Hudeley, homme-orchestre.
En salle et dans les coulisses, d’autres bénévoles ont apporté leur aide. Marc Proust a prêté du matériel, Pascal Ozaine était au son et Théo Sickler à la lumière entre autres.
La tournée devait se poursuivre samedi à Wassy pour se terminer hier, à la salle des fêtes de Chaumont.

Le public, sous le charme, est favorable au retour de la bande des Restos en foire sur le Sud haut-marnais en 2018.

 

  • A WASSY

Humour et chanson pour une noble cause

C’est en présence d’une centaine de personnes que Les “Restos en foire” ont fait leur show, samedi 25 mars, sur la scène de La Forgerie.

Pour ce second concert, la version haut-marnaise des “Enfoirés” a littéralement en-flammé La Forgerie grâce à la vingtaine d’artistes haut-marnais qui, gracieusement, ont joué leur partition avec brio.
Avant de laisser place au spectacle, Henri Le Roux, président des Restos du cœur, a tenu à remercier la communauté d’agglomération pour le prêt de la salle puis il a rappelé l’historique du groupe présent sur scène ce soir. Ce groupe, initié par Paulo, est composé de sept musiciens et treize chanteuses et chanteurs, tous Haut-Marnais et tous bénévoles.
Ensuite, place au spectacle qui se vit dans un restaurant où tous les participants ont accordé les plaisirs du palais avec pour objectif d’éveiller “les papilles auditives”. Et, en ouverture, quoi de mieux que la chanson de Zaz “Je veux de l’amour, de la joie et de la bonne humeur”. Ensuite, tout s’est enchaîné avec les Rita-Mitsouko, “Marcia Baila”, Baschung, Jacques Brel et encore beaucoup d’autres. Au total, 22 œuvres ont été chantées tout au long de cette soirée exceptionnelle. Pour que la fête soit complète, chaque morceau était présenté par de petites scénettes qui ont toutes provoqué des fous rires inoubliables. Et, en conclusion à cette soirée mémorable, musiciens chanteurs et bénévoles des Restos du cœur ont entonné la célèbre chanson écrite par Jean-Jacques Goldmann, “La chanson des Restos”.
Après le final, les spectateurs se sont levés pour offrir une véritable ovation aux “Restos en foire” et surtout à cet élan de générosité qui aurait largement mérité de faire salle comble.

Paulo (au premier plan) est l’initiateur du projet.

 

 

 

DANS LE MAG DU JHM (12 mars 2017)

La troupe haut-marnaise des Restos en foire, composée pour l’occasion, donnera trois concerts au profit des Restos du Cœur les 24, 25 et 26 mars, à Chalindrey, Wassy et Chaumont. A ne pas manquer !
Regrouper une vingtaine d’artistes haut-marnais autour des tubes incontournables de la variété moderne, joli défi… C’est ce qu’ont proposé Jean-Paul Thiérion, Michel Radel et Thierry Fromholtz à quelques comparses musiciens, avec qui ils ont déjà partagé la scène ou le studio. Ils ont écrit les arrangements, il ne restait plus (!) qu’à répéter. Vous souvenez-vous du Bad Band, de Bagad Café, et du Big Band du Conservatoire ? Avez-vous entendu Casius Belli, le Jazz à Bretelles et Eau-de-Rose ? Connaissez-vous les comédiens Céline Bardin et Jérôme Hudeley ? « Voilà pourquoi nous avons pu monter rapidement ce groupe, explique Jean-Paul Thiérion. Nous nous connaissons, nous savons ce que nous pouvons attendre les uns des autres ». Il cache modestement l’excellent niveau musical et l’expérience scénique de chacun des participants. Cela saute aux yeux au cours des répétitions. Les remarques sont pertinentes, les choix rapidement effectués, les constructions immédiatement intégrées.
Foire aux bons tubes
Côté répertoire, sans tout dévoiler, soyons sûrs que chacun y trouvera son compte, dès lors qu’il a un peu allumé sa radio dans les soixante dernières années. On passera chez Piaf, Nougaro et Bashung. On chantera Balavoine ou Eddy Mitchell, et forcément Jean-Jacques Goldman, un des piliers des Restos. Tina Turner, les Beatles, Police seront également de la partie. On n’a pas fini de taper du pied en entonnant sans modération ces succès français ou anglo-saxons qu’on connaît tous. « Nous souhaitons que notre initiative soit pérennisée et étendue, prévient Jean-Paul Thiérion. » Quand ce sont les coeurs qui chantent…
De notre correspondant Florent Desprez

Les participants
Jean-Paul Thiérion (guitare), Mathilde Simonnot (piano, chant), Michel Radel (basse électrique), Thierry Fromholtz (batterie), Sébastien Huguenin (trombone, piano), Audrey Fertier (trompette), Gaëtan Andriot (saxophone), Céline Bardin, Yannick François, Jérôme Hudeley, Alexandra Jamet, Valérie Martin, Christelle Millot, Laure Parmentier, Justine Puisney, Christophe Rémy, Laurent Rémy, Anicet Seurre, Jean-Marc Vaillant (chant, choeurs) Francis Vollot et l’équipe Da Capo (son), Brice Thirion et Baïdy Sima-Surel (assistants son), William Jouan (lumière), Clément Thirion (photographie) Tous les bénévoles des Restos du Cœur (aspects matériels, publicité, organisation locale…)

Les dates
Vendredi 24 mars, 20 h 30, à Chalindrey, Centre socio-culturel Samedi 25 mars, 20 h 30, à Wassy, La Forgerie Dimanche 26 mars, 15 h 30, à Chaumont, Salle des Fêtes Billetterie sur place – Adultes : 10 € – Enfants : 5 €

Musical’été : 20 ans et tous ses talents !

Du 30 juin au 2 juillet, le festival Musical’été fêtera sa 20e édition au parc du Jard à Saint-Dizier. En programmant Amir, Julian Perretta, MHD, Black M, Slimane et Claudio Capéo, les organisateurs espèrent battre tous les records d’affluence.
L’Agglo a réussi à boucler une programmation finalement assez éclectique, afin de plaire à un public large. A commencer par celui qui ouvrira le festival, le vendredi soir. Révélé au grand public lors du concours de l’Eurovision où il a obtenu la 6e place, Amir est sans conteste l’artiste français du moment, avec un premier album double disque de platine, un single visionné plus de 50 millions de fois sur Internet, deux NRJ Music Awards, deux nominations aux Victoires de la musique… Bref, tout lui réussit.
En deuxième partie de soirée, c’est un artiste international, qui se produira au Jard. S’il s’est fait connaître en 2010 avec son single “Wonder why”, Julian Perretta a depuis parcouru un sacré chemin, avec notamment une tournée avec Amy Winehouse et les premières parties de Beyoncé. De retour en 2016, il doit sortir un album cet été et prépare un duo pour les semaines à venir.
Le samedi, c’est une autre révélation qui ouvrira la soirée. Précurseur de l’Afro-Trap, MHD a explosé ces derniers mois et cumule déjà plus de 150 millions de vues sur Internet. Ce n’est donc pas un hasard s’il a déjà parcouru le monde et partagé de nombreuses scènes avec un autre Français : Black M. Et cela tombe bien, puisque c’est justement lui qui se produira juste après sur la scène du Jard. Déjà venu à Saint-Dizier avec son groupe Sexion d’Assaut en 2013, puis en solo en 2015 aux Fuseaux, Black M présentera son nouvel album “Eternel insatisfait” devant un public désormais fidèle.
Enfin le dimanche, c’est une soirée de chansons qui est proposée, avec Slimane, en ouverture. Le gagnant de The Voice 5 tentera d’envoûter un public réputé difficile, avec sa voix singulière et son premier single “Paname”. Autre révélation de la saison 5 du célèbre télé-crochet, Claudio Capéo refermera cette 20e édition, avec son accordéon, sa voix rocailleuse et ses chansons réalistes.
Reste à savoir si ces choix permettront d’attirer la foule. Sarah Garcia ne s’en cache pas : «Pour les 20 ans, on nous met la pression pour battre le record de 60 000 personnes en trois jours…» Réponse début juillet, sous le soleil (du moins on l’espère) du parc du Jard.
P.-J. P.

Vendredi 30 juin, Amir précédera Julian Perretta (notre photo) au Jard. (Photo d’archives P.-J. P.)
Samedi 1er juillet, Black M (notre photo) sera de retour à Saint-Dizier, juste après la révélation MHD.
Dimanche 2 juillet, Slimane et Claudio Capéo (notre photo).

Décès de Maurice Vander

Maurice Vander, monstre sacré du jazz, s’est éteint à Paris jeudi 16 février. Il a été l’alter-égo musical de Claude Nougaro durant de longues années.
Musicien génial, Maurice Vander était resté dans l’ombre du grand Claude. L’artiste toulousain lui doit les musiques de ses plus grands succès dont Le coq et la pendule (vidéo de l’entretien de Maurice Vander, accordé à France 3, ci-dessous).
Fils d’accordéoniste, natif de Vitry-sur-Seine, Vander a débuté le piano à 8 ans. C’est son frère, Freddy, accordéoniste lui aussi, qui lui fait découvrir le jazz.
Maurice Vander avait notamment enregistré aux côtés de Django Reinhardt, de l’orchestre d’Aimé Barelli, Chet Baker, Stéphane Grappelli, etc.

Ya-Ourt en boucle

Ya-Ourt sauce langroise
Chanteur, musicien, auteur, interprète, créateur de style… Karim Billon sait tout faire. Il a donné naissance à un personnage, Ya-Ourt, et à un style, depuis 2012. Rencontre avec l’homme-orchestre langrois.
Certains se souviennent des débuts d’un jeune garçon aux cheveux blond platine. Avec des potes du lycée, il était membre du groupe Arkange. Une formation heavy metal qui lui a permis de faire ses premiers pas sur la scène locale.
Fin 2005, il intégrait les Sales Timbanques, un groupe de cinq joyeux drilles distillant des chansons festives à souhait. «Nous nous sommes rencontrés au lycée Diderot, dans l’atelier musique de Julien Cottet. J’avais écrit une chanson, “Super mamie”. Nous l’avons jouée aux Festi’Mardis, ça a bien plu au public», raconte le trentenaire. Ensemble, ils ont enchaîné les belles scènes : le Chien à plumes, la Niche, la Cartonnerie à Reims…
En 2010, le groupe s’est arrêté, par la force des choses et de l’éloignement géographique. «Je n’ai pas fait de scène musicale durant deux ans. Mais j’ai participé à une pièce avec Anne-Laure Lemaire et j’ai acheté un looper : c’est un appareil qui permet de faire des boucles. Je m’amusais avec…» Et c’est ainsi que l’envie est revenue.

Un style unique

Le 2 juin 2012, Karim entrait pour la première fois en scène avec son personnage de Ya-Ourt lors de la finale de Jukebox, le tremplin musical du JHM. «Je n’avais pas de morceau à moi, je ne faisais que de l’impro», se souvient-il. «Je n’ai pas gagné Jukebox, mais c’était un test pour moi. Et au final j’ai tout gagné», sourit-il. Le projet était né, le personnage aussi.
Avec son looper, sa voix transformable à volonté, son sens du rythme et ses chansons façon Ya-Ourt, le succès a rapidement suivi avec douze dates en 2012. Peaufinant son style, il a enchaîné les scènes. Sa participation au Dispositif de soutien aux artistes régionaux (DSAR) lui a ouvert de nombreuses portes et lui a permis de nouer des contacts à l’échelle régionale. «Depuis 2014, je suis intermittent», précise-t-il. Il vit sa passion à fond.
De nouveau passé par la scène du Chien à plumes dans le courant de l’été 2013, il a également fait la première partie de Sergent Garcia, High Tone, a joué au Nouveau Casino de Paris, avec Orelsan, LEJ et dans le Before du Grand Journal de Canal +. «J’ai joué dans toute la France et même en Suisse, en Belgique et à la Guadeloupe». Son succès aux “Bars en Trans”, à Rennes, lui a permis de trouver de nombreuses autres dates. «C’était une belle expérience, il y avait une ambiance extra».

Energique

Ya-Ourt cultive un style unique. Sur le plan vestimentaire, il mêle sarouel, casquette hip-hop, lunettes pixel et veste de l’artillerie anglaise. Ce sont autant de signes révélateurs de ses goûts éclectiques. «Je chante en yaourt. Je fais tout à la voix et j’utilise des effets», explique-t-il tout simplement. On comprend bien le principe. Mais en scène, le résultat est étonnant. Un véritable homme-orchestre. «Les cordes vocales sont un instrument formidable : j’adore m’amuser», assure-t-il.
Serein lors de l’interview, il dégage une énergie phénoménale dès qu’il entre en scène. Le fauve est lâché. «J’ai fait de tout : des ateliers avec les enfants ou les adultes, j’ai joué en prison et face à la mer des Caraïbes», résume-t-il.
Actuellement, il fait partie du collectif Ouïe-Fi, qui présente Peace & lobe, un dispositif éducatif faisant de la prévention auprès des jeunes pour les risques auditifs. C’est aussi un sacré moment musical. Actuellement en résidence avec l’artiste brésilien de cirque André Mandarino, Ya-Ourt prend part à une création intitulée “Loin et si proche” qui sera présentée au public sous peu.
Une autre actualité concerne un projet conduit avec la Compagnie haut-marnaise de théâtre Préface.
«J’aime être aux confins des styles», conclut Ya-Ourt appelé à évoluer. Un peu à la manière de “M”, le personnage de Matthieu Chedid qu’il affectionne.
Sylvie Chapron

 

 

festival du Chien à plumes : les premiers noms

Le festival du Chien à Plumes repart pour un tour et la programmation s’annonce alléchante avec Matmatah, Vianney, mais aussi et surtout l’excellente Lisa Leblanc.
Les dates du Chien à Plumes sont calées et les festivaliers peuvent d’ores et déjà réserver leur week-end des 4, 5 et 6 août sur le site de Villegusien.Les premiers noms commencent à être distillés au compte-gouttes.
Parmi les têtes d’affiche, Matmatah, qui fera son retour après 10 ans d’absence.

Vianney (photo), Fakear, Danakil, Chinese Man.. La Québécoise Lisa Leblanc (photo) est très attendue sur les bords de la Vingeanne avec son univers aux accents folk rock.
Pour le reste de la programation, il faudra être encore patient. Les organisateurs promettent «plus de 20 groupes à venir, dont de très belles surprises…»

Tournelune en clair obscur

Tournelune en clair obscur

Rock, sombre, poétique et ouvert, c’est ce qui caractérise le nouvel album de Tournelune, Jour de l’aveugle. Tentons d’y voir plus clair.

Revoilà Tournelune. Le groupe sud haut-marnais fait preuve d’une régularité métronomique. En 2003 sortait son premier album, Le tourne-disque, en 2007, SuperJésus, en 2011, Il est temps. La dernière pépite, Jour de l’aveugle, a été livrée au coeur de l’été. Entre temps, les Tournelune se sont faits entendre sur plusieurs compilations indépendantes et sur l’album Dimey Pluriel paru l’an dernier.
Une production discographique soutenue qui se double d’une même frénésie scénique. Bref, Tournelune turbine gaillardement en restant fidèle à son postulat : un rock très personnel et dynamique qui ne s’interdit aucune incartade sur des chemins de traverse plus populaires ou expérimentaux.
Jour de l’aveugle s’inscrit dans cette veine-là. Un album compact (9 titres) et efficace.
Barnaum itinérant
Et comme les Tournelune ne font décidément rien comme les autres, ils ont convié bon nombre d’invités à participer aux sessions d’enregistrement qui se sont déroulées dans des conditions plutôt inhabituelles. Une large part de l’album a été mis en boîte à la MLAC de Clamecy (Nièvre). Des sessions additionnelles ont été faites à La niche du Chien à plumes à Dommarien et au studio 4-4-2 à Cramans (Jura). Un véritable barnaum itinérant voulu par ces joyeux drilles qui ont confié les captations et le mixage à l’excellent Adrien Rolet.
«Enregistrer dehors, ça change la donne», assure Alexandre Doizenet, membre du groupe depuis ces débuts. «Si on écoute les morceaux au casque, on peut entendre le chant des oiseaux ou l’arrivée tonitruante de l’agent de La poste venu livrer le courrier. On a choisi volontairement des lieux ouverts car l’environnement direct agit sur l’ambiance générale des sessions», poursuit encore Alexandre.
Ouvertement
Cette volonté d’ouverture s’affiche aussi quand on consulte la liste des musiciens qui ont participé aux enregistrements. Les six membres permanents (Fabien Peter, Morgan Vogenstahl, Alexandre Doizenet, Grégoire Simon, Pierre Lainé, Sylvain Lainé) de Tournelune ont sonné le rappel des amis qui ont notamment partagé les étapes du Track-tour annuel menant, jusqu’à l’an dernier*, cette troupe atypique sur les routes de France.
La multiplicité des invités fait que «c’est hyper vivant. C’est un beau cadeau qu’ils nous font en venant participer à l’album», souligne Fabien Peter, charismatique chanteur de Tournelune. On y croise donc les camarades d’Eleazar, Jean-Hughes et Benjamin Voillemin ; Mike Ravassat pour quelques prises de basse et de guitare ; Pierre Gauthé, ex-Têtes Raides, Mano Negra, au saxophone ; Yannick Blanchot et Paul Galeron à la basse ; Sébastien Huguenin à la trompette et au trombone ; Juliette Taffin aux choeurs et même Norbert Brunner, l’ancien intendant du château de Faverolles.
Obscurantisme
L’album s’est finalisé au fil de ces interventions ponctuelles avec ce même besoin d’ouverture dans l’interprétation de chacun. Et la sauce a pris remarquablement. Ambiances musicales et textes sont en totale cohérence.
Parlons-en justement des textes écrits, en garde partie, et interprétés par Fabien Peter. Les thèmes abordés sont sombres comme l’air du temps. «On vit une période d’obscurantisme», lâche Fabien. Se connecter à la réalité d’une société en mal de repères, c’est forcément faire ressortir une part d’ombre, une tension qui pénètre chacun des morceaux de l’album jusqu’à l’os. «L’écriture est un muscle», assure encore l’ancien tennisman.
Et ça fait le plus grand bien de se plonger dans cet univers poétique et engagé d’où émanent quelques influences stylistiques qu’on situera sans mal du côté de chez Rimbaud et d’autres poètes de la même lignée. A une époque où la tendance aux textes mous du genou est particulièrement prégnante, on saluera la démarche de Tournelune. Rester authentiques et énervés… En clair obscur !
A.S
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* Le vieux tracteur a fini son périple dans un ravin alpin et la vieille remorque attend depuis ses propriétaires.

Show case et tournée
C’est un souffle nouveau qui anime les membres de Tournelune, tous décidés à mettre le paquet dans les semaines qui viennent pour porter leur dernier opus.
Outre l’apport d’une nouvelle section rythmique (Lucas et Jéjé), le groupe devrait faire feu de tout bois avec des show-case en projet à la librairie A la Une à Chaumont et au bar-tabac Le Balto, QG du groupe à Langres. Des dates de concerts sont annoncées à Gérardmer en novembre, Paris, Migennes (Yonne). Tournelune compte bien se faire également une place dans la programmation des festivals d’été en 2017. L’album est disponible sur le Net et dans différents points de vente du département (Le quotidien à Fayl-Billot, Le Balto à Langres, A la Une à Chaumont, au Centre Leclerc de Saints-Geosmes, chez Cultura à Dijon).

Un vent nouveau
 souffle pour Zef

Nouvelle ère pour le groupe bragard, qui a sorti, hier, son premier album baptisé “Fairground”. Une nouvelle étape pour ce groupe qui existe depuis plus de 15 ans, mais qui s’est totalement renouvelé l’an dernier, grâce à sa nouvelle chanteuse.

Sortir un album, c’est toujours une aventure pour un groupe. Et ce n’est pas Zef qui dira le contraire. La formation bragarde a en effet attendu plus de 15 ans pour sortir son premier opus. Baptisé “Fairground”, il est disponible depuis hier. «On avait envie depuis très longtemps de faire un album et, souvent, à la fin de nos concerts, des gens venaient nous voir pour nous demander notre album, mais nous n’avions rien à leur proposer», raconte Rénald Bailly, bassiste du groupe.
Le déclic est venu il y a un an, «grâce au bouche à oreille. Quelqu’un nous a parlé d’une chanteuse anglaise, qui vivait à Saint-Dizier. On l’a contacté via Facebook et on s’est rencontré rapidement. Ça a collé tout de suite, tant musicalement, que personnellement.» Le groupe se met alors rapidement au travail. «Siobhan nous a apporté ses morceaux, qui étaient plutôt électro-pop. On les a repris ensemble en y amenant une énergie rock. L’album est le fruit de cette collaboration», poursuit Rénald. Le nouveau Zef était né.
Un line-up stabilisé
Car en 15 ans d’existence, le groupe a vu passer bon nombre de chanteuses et de musiciens. Mais désormais, le line-up est stabilisé autour de Rénald, de Loïc Moulun à la batterie (les deux fondateurs), de Jean-Marc Lévy à la guitare, arrivé en 2013, et de Siobhan Codd au chant, depuis avril 2015. Une formation qui s’est déjà produite l’année dernière sur deux scènes bragardes d’importance : celle de la Fête de la Musique, en juin, place Emile-Mauguet, et celle du Commerce, à l’occasion du parcours musical d’Eclectik Rock, en novembre.
Depuis, le groupe s’était enfermé en studio. «On a fait les prises de batterie, guitare et basse dans notre studio. Enregistrement, mixage et mastering, on a tout fait nous-même. Et puis Sarah Garcia, vice-présidente de l’Agglo et Ilona Pietrzok, directrice culturelle, nous ont contactés pour nous proposer le studio des Fuseaux. On a pu y enregistrer toutes les parties chantées», se réjouit Rénald Bailly.
Le résultat c’est un album de sept titres, en anglais, pressé à 500 exemplaires. Quant au style ? «On nous répertorie comme pop-rock, mais pour moi, c’est plus que ça. Il y a un peu de métal et de rock progressif dans certains morceaux», explique le bassiste. Un style bien à eux, donc, à découvrir dès samedi, à 23 h, pour la Fête de la musique de Bettancourt-la-Ferrée, puis mardi, à 22 h 50, aux pieds des remparts, pour celle de Saint-Dizier et enfin le 2 juillet, en compagnie d’autres groupes locaux, aux Etangs Franchot.
P.-J. P.

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En 2015, la Ville a offert la scène de la place Emile-Mauguet au groupe, à l’occasion de la Fête de la musique,
avant de le programmer pour Eclectik Rock. (Photo d’archives Marine Tétard)
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Rénald, Loïc, Siobhan et Jean-Marc forment désormais le groupe Zef,
qui vient de sortir son premier album. (Photo Fabrice Petermann)

Au nom des musiques d’ici

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Laurent Rémy et son équipe de la Médiathèque départementale travaillent d’arrache-pied à la réalisation d’une base de données accessible sur le web regroupant les musiciens du département et leurs œuvres. Un travail de numérisation et de compilation colossal pour ce qui constitue sans doute un des plus ambitieux projets liés aux musiques d’ici.

Cinq cents artistes haut-marnais recensés, 300 œuvres numérisées… Le travail déjà réalisé est impressionnant. Les cd d’artistes haut-marnais occupent une place de choix dans le bureau que Laurent Rémy partage avec deux de ses collègues à la Médiathèque départementale, dont Marie-Cécile Wendling, assistante de conservation du patrimoine, qui se charge plus spécifiquement du travail de numérisation des œuvres estampillées 52. Et des productions locales, Laurent continue à en débusquer régulièrement. Le dernier arrivage est composé de vieux vinyls dont un 33 tours du poète Nogentais Bernard Dimey datant de 1975, d’un 45 tours du groupe Chaumontais Yves Dir (1), quatuor qui sévissait à la fin des années 70.
Pépinière de talents
Les premières traces connues d’une vie musicale dans le département remontent au XVIe siècle avec les maîtres de chapelles. Un des plus illustres fut sans doute Jehan Tabourot, chanoine à la cathédrale de Langres, dont les œuvres sont encore jouées de nos jours. Il n’existe aucun témoignage sonore de l’époque, bien sûr, mais on trouve des partitions et des enregistrements d’ensembles contemporains.
«Le grand public n’imagine pas la richesse et la diversité de la vie musicale en Haute-Marne. Ca a toujours été une pépinière de talents», s’enthousiasme Laurent, incollable sur la période qui va des années 80 à nos jours. Il y a la cohorte des artistes qui ont laissé une empreinte plus ou moins fugace localement et ceux qui ont fait carrière. Dans cette dernière catégorie, on citera notamment le Joinvillois Christian Vander, leader de Magma, Yves Simon (romancier à succès et à la discographie impressionnante) natif de Choiseul ou encore Nicole Rieu «qui a débuté dans un groupe yé-yé à Chaumont. Les anecdotes sont nombreuses», assure Laurent.
Collecteur de mémoire
Autre cas intéressant : celui de Carmina. Créé par Olivier Brochart, qui a mené une belle carrière ensuite avec Deus Ex. Machina, ce groupe était composé de musiciens talentueux «comme Michel Deneuve, autre haut-marnais qui est devenu le grand spécialiste de l’orgue de cristal. Il parcourt le monde aujourd’hui», souligne Laurent Rémy qui aimerait mettre la main sur un enregistrement réalisé en 1976 alors que Carmina assurait la première partie de Magma. «Il y a eu une captation live sur K7. C’est avéré !», s’enthousiasme-t-il. Et à chaque échange avec un musicien d’ici, Laurent enrichit ses connaissances sur le microcosme musical du département.
«Pour intégrer la base de données, il faut être né en Haute-Marne ou y avoir séjourné au moins 5 ans, être auteur-compositeur ou éventuellement interpréter des reprises mais créatives», insiste-t-il.
En se lançant dans cette aventure, il y a trois ans, ce collecteur passionné, qui a lui-même fait partie du sérail au sein du groupe chaumontais Eau de rose, dans les années 80 (lire ci-contre), n’avait sans doute pas imaginé qu’il ouvrirait autant de tiroirs remplis de destins musicaux tous uniques. Tel Alan Lomax en son temps, il compile avec passion un hétéroclite magma toujours en fusion. Pour la postérité.
A.S

(1) Yves Dir (chant, guitares) Edmond Gonthier (basse) Christian Sibot (claviers) Jean-François Fouley (batterie).

Artistes, à vos contrats

La base de données des artistes du département devrait être accessible sur le portail webothèque52 (www.webotheque.haute-marne.fr) qui a été repensé il y a quelques semaines. L’usage du conditionnel s’impose ici car un problème demeure. Pour figurer sur ce portail, les artistes doivent retourner un contrat de cession de droits. Une formalité indispensable qui fixe les règles d’exploitation des œuvres avec CVS, prestataire de la plateforme numérique. Celles-ci seront proposées ensuite à l’écoute en streaming (et non en téléchargement) à l’instar de ce que proposent des plateformes comme soundcloud où les choses sont nettement moins… encadrées.
«Pour que la base soit attractive, il faut qu’un maximum d’artistes se plient à cette simple formalité. Hélas, les retours sont peu nombreux pour le moment», constate Laurent Rémy.
Pourtant, ce portail est une belle vitrine qui s’adresse au large public potentiel des bibliothèques de France et de Navarre. «Il suffit d’adhérer à une des quelques 160 médiathèques du département, hors Saint-Dizier, Chaumont et Langres, lesquelles ne figurent pas dans le réseau de la Médiathèque départementale. L’adhésion est gratuite», souligne Sylviane Barrand, directrice de la structure qui dépend du Conseil départemental. Les artistes disposeront d’un accès gratuit au portail. Une rémunération sous forme de droits d’auteur est même prévue pour les morceaux les plus écoutés. La balle est dans le camp des artistes. Le formidable travail réalisé par Laurent Rémy et son équipe mérite bien de satisfaire à quelques démarches administratives.

Et en complément, ici, la bio du groupe Eau de rose dont Laurent Rémy faisait partie. Cette bio sera accessible sur le portail de la médiathèque départementale pour les adhérents. On pourra aussi y entendre tous les artistes haut-marnais recensés par ses soins.
En écoute ici et en bonus, le 45 tours numérisé du groupe Eau de rose, Claustrophobie. PochetteEaudeRose

La bio d’Eau de rose

Groupe de rock d’origine Bolognaise fondé en 1981, composé de Laurent Remy (auteur / compositeur et chant), Benoit Bernard (compositeur / guitare et choeurs), Frédéric Leclerc (batterie et choeurs) formé par Michel Denizet, Alain Possamaï (basse et choeurs).
Influencée par les Who, AC/DC, Trust, Police, Simple Minds, U2, Eric Clapton, Van Halen… la formation opte pour le hard-rock à ses débuts. Eau de Rose (l’idée est venu au chanteur après avoir vu sa petite amie utiliser un flacon du produit cosmétique du même nom), a une vraie révélation en découvrant Trust en 1979, à la salle des fêtes de Chaumont. Les membres du groupe seront même engagés comme roadies pour quelques dates régionales lors d’une tournée dans les 80 grâce aux relations qu’entretenait Pierre Lebert avec le manager de Trust.
La formation change de style à partir de 1986 et surfe sur le mouvement New-Wave. Eric Mugnier (claviers), ex. Fils à Papa, et également artiste peintre, puis Philippe Maës (claviers) collaborent successivement et éphémèrement au groupe. En 1988, Alain Possamaï quitte Eau de rose. Il ne sera pas remplacé. Le trio se tourne alors vers la Mao (Musique assistée par ordinateur) pour palier à l’absence de basse et de claviers. En 1989, une bourse Défi-jeunes, obtenue auprès de Jeunesse et Sports, permet de financer l’enregistrement (24 pistes) et la production d’un 45 tours, Claustrophobie, chez Milkshake Records (Vitry-sur-Seine). La pochette est signée Philippe Péchinet. Plusieurs clips sont réalisés pour des émissions sur FR3 Champagne-Ardenne, Bourgogne-Franche-Comté et Lorraine-Alsace. En 1994, le groupe se rebaptise « EX’S » et cherche son second souffle mais, usé par le manque de reconnaissance et l’éloignement géographique des membres, il se sépare en 1995 après plus 500 concerts, dont plusieurs scènes parisiennes à la fin des années 80 : La Locomotive, le Gibus, le Caf’ Conc’, le Grand Rex et les premières parties d’Ange (Francis Décamps, le claviériste du groupe Ange ayant remarqué une prestation du groupe lors d’un tremplin) à Belfort en 1988 et de François Feldman à Nancy en 1990 devant 3 000 personnes.

Dimey-Lai : un rare moment de création

Exceptionnel : un moment de création partagé entre le parolier nogentais Bernard Dimey (alors tout jeune) et Françis Lai (à l’accordéon).
L’émission a été diffusée le 14 mai 1964 sur la 1ère chaîne historique de télévision dans le cadre des émissions destinées à la jeunesse.
« A partir d’un sujet proposé, Francis Lai va chercher un thème sur son accordéon, trouver des variations et construire une véritable partition musicale. Pendant ce temps Bernard Dimey, écoutera et écrira un refrain… Ainsi on peut décortiquer le processus de création et voir naître une nouvelle chanson.
Un moment rare.
Pour rappel, le festival Bernard Dimey aura lieu du 4 au 7 mai à Nogent.

De la guitare haut de gamme à Champlitte

Le festival de guitare de Champlitte aura lieu vendredi 19 et samedi 20 mai, à la salle des fêtes. Occasion de côtoyer Shaï Sebbag et le Canadien Manéli Jamal, deux monstres sacrés de la guitare lors des masterclasses de vendredi, d’un stage de guitare ou lors du grand concert de samedi. Musicalité et virtuosité seront à conjuguer dans une ambiance dédiée à la guitare acoustique.

Shaï Sebbag, virtuose en mode fingerstyle (à gauche).

Manéli Jamal, star montante du fingerpicking, viendra de Toronto pour le festival.

Trois questions à Manéli et Shaï

Comment avez-vous débuté ?

MJ : A 16 ans avec la guitare d’un ami qui m’a appris quelques accords. Autodidacte, j’ai analysé le jeu des artistes. Au Canada, j’ai abordé la guitare sérieusement, alors que je ne jouais que du punk et du métal ! Ce changement dans ma vision musicale m’a permis de me concentrer sur le potentiel de la guitare acoustique, qui est maintenant MON instrument !

SS : J’ai emprunté la guitare de mon père, à 12 ans avant d’abandonner. A16 ans, j’ai repris pour des feux de camps, en colo ! En autodidacte. En parallèle des chansons pop/rock, je me suis lancé dans l’étude des grands classiques, des morceaux bien difficiles à jouer. J’ai beaucoup appris en fréquentant d’autres guitaristes en herbe…

Parlez-nous de vos influences.

MJ : Ma principale influence, c’est ma vie de tous les jours ! Mes compositions racontent ma vie de globe-trotter à travers le monde. J’adore Pat Metheny, Paco de Lucia, Al Di Meola, Dave Murray (Iron Maiden), Stevie Ray Vaughan et Mark Knopfler. Si mes goûts sont éclectiques, j’ai cherché à me focaliser sur mon propre style.

SS : Je me suis beaucoup cherché. Les grands interprètes du classique sont ma principale influence mais aussi les compositeurs, comme Tarrega, Sor et Bach. Puis les harmonies complexes du Brésil. Puis j’ai découvert Tommy Emmanuel ! Mes influences à venir ? Aucune idée ! Je découvre tous les jours.

Que vous apporte ce type d’expression en qualité d’instrumentiste acoustique solo ?

MJ : Lorsque je me suis retrouvé isolé, j’ai abordé la guitare comme un instrument solo, parfois comme une thérapie. Ou comme un journal intime, mais en jouant les notes et je laisse aller mes pensées qui reflètent mon style de vie et ma manière de créer. J’aime partager avec d’autres qui apportent leur touche personnelle. Alors, qui sait ?

SS : Peut-être par commodité : pas de structures rigides ni d’agendas collectifs à gérer ! Et le gout du défi : rendre la guitare polyphonique, ou orchestrale, faire sonner la guitare dans toute sa tessiture, en cherchant le timbre juste… J’y évoque mes voyages, mes rencontres. Mes compositions ne sont que le reflet de ma vie.

 

Demandez le programme

Masterclasses à la salle des fêtes : Vendredi, à 18 h, Shaï Sebbag ; à 19 h, Manéli Jamal. Repas canadien à l’issue sur place. Uniquement sur réservations. Stage guitare acoustique “Fingerstyle” avec Shaï Sebbag : samedi, de 10 h à 17 h 30. Concert : samedi, à la salle des fêtes, à partir de 20 h 45, ouverture par les élèves guitaristes de l’école de guitare de Dampierre sur Salon ; à 21 h, Shaï Sebbag ; à 21 h 45, tombola (deux guitares acoustiques, et lots concernant la musique) ; à 22 h, Manéli Jamal ; à 22 h 45, duo Shaï Sebbag et Manéli Jamal.

Manéli Jamal, star montante du fingerpicking, viendra de Toronto pour le festival.

Shaï Sebbag, virtuose en mode fingerstyle.

Alain Chamfort, 
la musique dans le sang

Alain Chamfort a travaillé avec les plus grands, comme Serge Gainsbourg. Avant son concert de demain soir (jeudi 27 avril) aux Fuseaux à Saint-Dizier, l’interprète de “Manureva” et de “La Fièvre dans le sang” se livre sur sa carrière et ses relations houleuses avec Claude François.
Le Journal de la Haute-Marne : Vous avez écrit les musiques de la plupart de vos chansons. Comment travaillez—vous ? La musique ou les textes d’abord ?
Alain Chamfort : Ça dépend des fois. Il n’y a pas de règle. J’ai eu la chance de travailler- avec des auteurs hyper talentueux. C’est plutôt eux qui posaient des textes sur mes musiques. J’ai toujours fait mes musiques avec une grande liberté. Ce que j’aime bien, c’est que la mélodie se suffise à elle-même. Et ensuite, j’adore quand il y a une vraie valeur ajoutée avec le texte, et qu’on ne puisse pas imaginer qu’il y ait d’autres paroles possibles sur la musique. Je sais que les musiciens apprécient ce que je chante, parce que justement les chansons ont une existence musicale.

JHM : Comment propose-t-on des mélodies à quelqu’un comme Serge Gainsbourg ? Ce doit être très intimidant…
A. C. : Oui, il y a un petit côté présomptueux. Mais on avait ce langage en commun. Et si je n’avais pas eu le sentiment que mes musiques tenaient la route, je n’aurais jamais eu le courage de les lui proposer.

JHM : Il y a des artistes éphémères. Et il y a ceux qui durent, comme vous. Vous avez su vous adapter à toutes les époques, quel est le secret ?
A. C. : Au bout d’un certain temps, on finit par s’inscrire dans une sorte de mémoire collective. Le temps permet de préciser sa personnalité et sa signature. Il faut laisser le temps aux artistes. C’est nécessaire. Savoir bien s’entourer, c’est aussi important et puis il y a un facteur chance qu’on ne maîtrise pas. Je n’ai pas eu non plus un succès régulier. Et ce n’était pas toujours évident par rapport à mes maisons de disques. Je suis resté près de 25 ans chez Sony, jusqu’en 2001, et j’ai connu beaucoup de PDG différents. Ils arrivent avec leur garde rapprochée et ils récupèrent des artistes tout en s’évertuant à en imposer de nouveaux. J’ai eu de la chance parce que j’ai pu faire des albums qui restaient intimistes, avec à chaque fois des ventes qui se confirmaient. Mais j’avais une position fragile. Heureusement, les responsables des maisons de disques ont continué à me faire confiance et à me donner des moyens.

JHM : Si vous vouliez qu’on retienne un titre de votre carrière, ce serait lequel ?
A. C. : J’aime bien “Chasseur d’ivoire”. Il y a dans ce morceau quelque chose de plus étrange, de plus abouti. J’aimais le texte et la façon dont la chanson se développe.

JHM : Claude François a été votre producteur au tout début de votre carrière. Mais il était devenu très jaloux de votre succès. C’est allé assez loin. Racontez-nous.
A. C. : Il était jaloux d’un artiste à qui il avait donné toutes ses chances. Pourtant, il ne pouvait pas être étonné du résultat puisqu’il avait tout fait pour.
Mais c’était plus fort que lui. Il avait cette incapacité à imaginer que d’autres pouvaient avoir du succès. C’étaient des réactions très colériques. En fait, il n’avait aucun recul sur le métier qu’il pratiquait et il avait cette volonté d’être toujours premier.
Quand je passais en première partie de ses concerts, il entendait le public qui réagissait à mes chansons pendant qu’il était dans les loges. Il préférait sans doute que la première partie ait moins de succès que sa prestation à lui. Alors, c’est arrivé qu’il débranche la sono quand j’étais sur scène. C’était maladif. Mais bon, au final, on en garde que les meilleurs souvenirs…
Propos recueillis 
par Frédéric Thore