Issoudun (Indre) propose le plus important festival de guitare dans l’Hexagone chaque année à la Toussaint. La trente et unième édition n’a pas dérogé à la règle : éclectisme et qualité.
Le conventionniste (entendez par là, celui qui assiste à la manifestation entière) sait que le festival est articulé entre concerts, master-class, stages, salon de la lutherie et autres démonstrations autour de la guitare. Autrefois calé autour de la guitare acoustique par son créateur Marcel Dadi, l’événement est devenu beaucoup plus éclectique. Ainsi, tous les styles musicaux sont abordés selon les programmations.
Et tout commence fort avec Jean-Baptiste Hardy trio , le jazz aux fortes et envoûtantes sonorités de la Télécaster, avec un grain de virtuosité dans l’ensemble. Sirius endosse la suite de cette fin d’après-midi avant le grand concert de soirée : Danny Trent, le jeune Italien proposera son acoustique mâtinée de swing, folk et blues, un voyage à travers les continents. Juste avant Michel Gentils et ses guitares folk six ou douze cordes, baritone, et guitare-vina, un voyage aux sonorités de l’Inde. La soirée se terminera avec François Sciortino, habitué de l’espace fingerpicking, l’une des plus fines gâchettes de l’Hexagone avec un patchwork musical et un humour qui font mouche à tous les coups.
Thibault Cauvin est l’un des tout-meilleurs représentants de la guitare classique, notamment à l’étranger. Ses deux albums intitulés Cities 1 et 2 relatent musicalement ses pérégrinations à travers le monde, guitare à la main. Soit une gigantesque tournée comptant plus de 1 000 concerts dans 150 pays. Le duo des Toulousains Sandoval/Lopez réussit à mettre le feu à la salle sans dégager de décibels monstrueux. Le public sera partagé concernant la prestation d’Ana Popovic, une des têtes d’affiche. La jolie guitariste Serbe aura bien insisté sur la puissance des amplis ; dommage pour une formation dont le professionnalisme et la virtuosité auraient pu suffire.
A l’écart des concerts
Le salon de la lutherie est principalement réservé aux professionnels et l’acquisition d’un instrument conçu par un luthier nécessite un budget à la hauteur de sa qualité. En parallèle, les organisateurs ont ainsi mis sur pied un marché de la guitare où l’on achète ou vend aisément des guitares ou des accessoires.
Depuis 2012, Fréquence Guitare Issoudun (FGI) s’installe à l’occasion du festival dans le Dadgad café pour faire vivre sur les ondes des concerts, interviews d’artistes, et autres histoires autour de la guitare. Promotion de concerts ou d’albums, valorisation de l’organisation ou des artistes, tout est mis en place au service de l’instrument.
Une scène dans le Dadgad Café s’ouvre le temps de l’apéro aux guitaristes désireux de s’exprimer en public, avec une sonorisation sur place. La cinquantaine de luthiers présents a cœur de démontrer le savoir-faire de cet artisanat si discret. Pendant deux jours, les meilleurs guitaristes rivaliseront de virtuosité et musicalité sur des instruments pour démontrer leurs qualités acoustiques … ou électriques.
Christian Séguret est « Mister Guitare » en France, même s’il maîtrise aussi bien la mandoline, le violon, le dobro ou le banjo. Il a par ailleurs accompagné les plus grands noms de la musique folk et bluegrass depuis le milieu des années soixante-dix, tant en France qu’outre Atlantique. C’est aussi plus de 300 participations sur des albums différents. Incontournable à ce festival. Comme Michel Fraisse, inspiré depuis toujours par Hendrix ou les frères Vaughan, tantôt devant ou derrière la console de mixage. Awek, autre formation blues, fera lever la foule. Normal, puisqu’habituée aux premières parties d’artistes de légende tels que BB King, The Blues Brothers, The Yardbirds, John Mayall…
La recette du festival de guitare d’Issoudun demeure simple : des artistes de qualité, une programmation réfléchie dans la panoplie des sons, un accueil et des tarifs attractifs. C’est pour ceci que l’on y revient.
Sylvain Jobert

Youri de Groote : Intervenant masterclasse ou de stage, et électrique à donf’, Youri de Groote est un autodidacte parfait.
Stage de guitare : On affiche complet dans le fingerpicking.
Christian Seguret, tantôt mister Guitare, tantôt mister mandoline.
François Sciortino, l’une des plus fines gâchettes de la guitare acoustique dans l’Hexagone.
Sur le salon des luthiers, plaisir ultime de l’essai.
Les belles acoustiques ou électro sont là !
Tout est démesure pour la capitale de la guitare.
Une guitare pour un budget moindre.
Vitaly Makukin, révélation surprise en France et virtuose Ukrainien du tapping.
Démonstrateur pour des cordes de guitare …vélocité hors du commun.
Le duo des Toulousains Sandoval et Lopez, ou l’art de communiquer du rêve.