Bertrand Cantat était vendredi 9 et samedi 10 mars à la Vapeur de Dijon, pour deux concerts qui affichaient complet.

C’est l’époque qui veut ça, c’est le contexte qui l’impose : on ne va pas écouter Bertrand Cantat comme on va à la rencontre d’un autre artiste. Mais passons. Ceux dont les poils se hérissent à la seule évocation de son nom passeront totalement à côté de la tournée “Amor Fati”, sciemment et sans regrets. Les autres auront, eux aussi, une réaction épidermique… mais avec effet inverse, au seul plaisir de passer deux heures entre poésie rock et rock intemporel.
Cantat, c’est bien sûr Noir Désir et une histoire qui s’inscrit dans celle de la musique hexagonale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si “Tostaky” ou “Un homme pressé” enflamment la salle dijonnaise dès les premières notes. Ce n’en est pas un non plus, quand le vent n’a pas besoin de souffler longtemps pour emporter les fans vers d’autres sphères.
Mais Bertrand Cantat, musicalement, ce n’est pas que la bonne vieille époque Noir Dez. C’est aussi cette incartade il y a quelques années avec Detroit. Et c’est, aujourd’hui, ce retour en solo avec un “Amor Fati” aussi réussi qu’il interroge. Aussi mélodieux qu’il envoûte.
C’est, également, une véritable communion avec un public qui sait pourquoi il est là : la musique et la fidélité à un artiste. Juste ça. Et c’est déjà beaucoup. Au point de se retrouver, en clôture de concert, sur scène avec le groupe.
Comme le chante Cantat, ce qui est, est. On pourrait ajouter, ce qui fut, fut. Ineffaçable.
Une chose est pourtant certaine, avec un “est” très affirmatif : artistiquement, l’artiste n’a rien perdu de son inspiration. Encore moins de son charisme. Et les salles sont pleines.

Christophe Bonnefoy