Sous l’impulsion de l’artiste chaumontaise Manon Darras, des femmes atteintes du cancer ou en rémission ont pris part à la réalisation d’un clip pour mettre des images sur les maux. Lumière sur une magnifique aventure artistique.
Une première version du clip fraîchement réalisé était mise en ligne lundi soir, via les réseaux sociaux. Moins de 24 heures plus tard, “La bête” totalisait près de 2 700 vues. Hier après-midi, on avoisinait les 9 000 ! Et depuis, le compteur monte encore et encore. Pour les participantes au projet, c’est l’euphorie. Une sorte de reconnaissance, des encouragements pour leur combat quotidien. Participer à cette aventure n’a pas été simple. Il a fallu dévoiler son corps, son for intérieur, exprimer des souffrances parfois secrètes, incomprises.
Manon Darras revient sur la genèse de ce projet né il y a plusieurs mois. « J’étais dans ma boutique et je vois arriver une amie avec son mari et sa fille. Je savais qu’elle était malade. Elle était joyeuse, gaie. Je me suis dit qu’elle allait mieux », raconte Manon Darras. Le lendemain, un message diffusé sur les réseaux sociaux par cette amie la pousse à la contacter. « En fait elle n’allait pas bien du tout. Elle avait donné le change pour sa famille, ses proches. » Le soir même, Manon Darras écrit sur la maladie. Un texte poétique mais dur, sans concession.
A fleur de peau
Pour la mélodie, elle sollicite un ami musicien, Jean-Christophe Schlick. Lequel, adepte de la guitare, lui propose une musique au piano collant parfaitement à l’esprit du texte. Dans la foulée, Manon Darras active son réseau en quête de volontaires pour apparaître dans le clip. « Je ne voulais pas des comédiennes. Je cherchais des femmes concernées », insiste-t-elle. Elles se sont timidement montrées partantes et sont huit au total. Des maquilleuses se manifestent rapidement ensuite. L’aventure a ainsi débuté au rythme d’une prise de vues et de séquences vidéo un dimanche sur deux. « C’était dur. Je ne suis pas à l’aise avec mon corps », témoigne Angélina, ravie d’être montée dans ce train. Dans le clip, une seule image apparaît la concernant, avec l’indication explicite “Fuck” sur ses bras. « Cela exprime ce que je ressens contre la maladie », indique cette dernière.
Manon Darras a aidé chacune à exprimer son état d’esprit vis-à-vis du cancer. « Sandrine avait les larmes aux yeux dès qu’on parlait. On a donc décidé de s’en servir », ajoute Manon Darras. « Je ne contrôle pas », sourit Sandrine dont le regard bleu s’humidifie instantanément. La pétillante Karine, accompagnée de son fils, estime que ce projet aura été une véritable thérapie : « Je voulais arracher mon chemisier pour montrer la réalité de mon corps ! »
Et après ?
« Christelle a été notre moteur », observent Karine et Angélina d’une seule voix. Cette dernière a mis de l’énergie dans le projet. Son enthousiasme a été contagieux même si pour elle c’est parfois très dur, physiquement et moralement.
Lundi soir, les participantes ont découvert le résultat avec la mise en ligne du clip. Le succès a été instantané pour la plus grande joie de l’ensemble des acteurs de ce projet.