Capsule c’est un mélange de molécules sonores et volatiles qui s’administrent directement par les oreilles. C’est surtout l’aventure musicale et humaine de trois Haut-Marnais. Ebauché lors du premier confinement, l’album « Anima x machina » est depuis peu à l’écoute sur la plupart des plateformes numériques.

A la base, il y a Fred Thore. Chef d’agence du Journal de la Haute-Marne à Saint-Dizier, l’homme est un mélomane averti qui aime jouer des percussions à ses heures perdues. A la Noël 2019, un piano figure en bonne place sur la liste des cadeaux. « A l’origine, c’était pour les enfants et j’ai plongé dedans la tête la première », souligne-t-il. Premier confinement oblige, « étant souvent à la maison, j’ai commencé à composer quelques bidules que j’envoyais chaque semaine à mon pote et ancien collègue Aymeric Laloux. Celui-ci s’est pris au jeu et a entrevu la possibilité de faire quelque chose en duo », poursuit-il.Artiste protéiforme, Aymeric Laloux a multiplié les expériences musicales en groupe ou en solo. On se souvient de son approche minimaliste et très personnelle dans sa période Bolino en formule guitare-voix et de son goût pour les textes décalés à entrées multiples.

Le duo est devenu trio

La musique de Fred Thore ne pouvait qu’ouvrir encore un peu plus les chakras du prolifique néo Dijonnais également auteur de polars. « A partir du mois de septembre dernier, l’idée de faire un album qui prendrait la forme d’un récit de science fiction est née. Les morceaux se sont enchainés, puis Anthony Dupuy est entré dans la boucle », précise Fred Thore. Le musicien originaire de la région langroise est installé à Lyon depuis quelques années. Il y a monté notamment le groupe Kalaasa (musique électronique) avec sa compagne Louisa Filliot – elle a fait des choeurs sur plusieurs titres de Anima x machina – qui était également de l’aventure Red House, jeune groupe haut-marnais vainqueur du tremplin Jukebox du JHM initié par… Aymeric Laloux. Le monde de la musique est petit et les affinités se créent au fil des rencontres. « Au départ, Anthony devait mixer les morceaux de l’album dans son studio, puis il nous a proposé d’aller y enregistrer les voix. Au final, il a posé des guitares et des basses, réalisé les arrangements de l’album et même composé la musique d’un titre « Partir nulle part » qui s’est parfaitement intégré à l’ambiance de ce que nous avions déjà fait », souligne Fred Thore.

Affaire à suivre…

Le projet a vraiment démarré en septembre, l’enregistrement des voix et des guitares s’est fait en février, en deux jours, et le mastering s’est terminé tout début avril. « Ce qui est dingue, c’est qu’on ne s’est réellement vu qu’une fois, en vrai, pendant toute la conception de l’album, pour l’enregistrement des voix. Tout a transité par Internet, en s’envoyant la musique dans un drive et en communicant par messenger et par visio », précise encore Fred Thore, très fier du résultat à l’instar de ses camarades.

L’album « Anima x machina », que le trio espère pouvoir produire un jour sur scène, est en écoute depuis le 15 mai sur la plupart des plateformes numériques : Apple, Google, Amazon, Spotify et Deezer. Et il est d’ores et déjà acté qu’il aura une suite : « il y a de nouvelles musiques qui transitent sur le drive », se réjouit Fred Thore.

A.S

Génie Créatif

« Le nom du groupe (et le logo), on le doit à Aymeric Laloux, ce génie créatif, souligne Fred Thore. Y a plusieurs références là-dedans, un peu geek sur les bords : les capsules de Dragon Ball, et la pilule dessinée derrière le blouson du personnage Kaneda dans Akira. Le titre « Anima x machina » fait écho au thème développé dans cet album concept : la dualité entre l’homme et le robot, thématique usitée dans de très nombreuses oeuvres de science fiction des années 80/90 : Ghost in the shell, Blade runner, Akira, etc.

Guets

Louisa Filliot a assuré les choeurs sur quelques morceaux (Le Club, Partir Nulle Part, Le Grand Slam) et Human Pattern (connaissance d’Anthony Dupuy) a posé son saxophone sur le morceau « Le Club » .

Lors de l’enregistrement des voix en région lyonnaise.

 

Concept album… solaire

Etrange affaire Rachel ! A trois dans une capsule, il y a moyen de voyager loin, sans quitter son fauteuil ! Anima x machina en atteste. Premier album d’un trio presque improbable qui s’est trouvé chemin faisant. Le résultat est probant, Wilbur ! Fred Thore a posé les bases musicales, Ayméric Laloux sa prose loufoque inspirée par la SF des années 80, Anthony Dupuy – le cadet de l’équipe – a peaufiné cette galette moins surréaliste qu’il n’y parait au premier abord. C’est glauque comme l’époque, Daddy : « C’est pas le futur qu’on nous avez promis. On a des voitures qui volent et puis quoi ? Y’a rien qui décolle !.. » (Partir nulle part). Gentiment déjanté aussi, Roy : « Si j’achète des serpents à l’Egyptien… » , « T’as déjà baisé une androïde ? » Euh, à bien y réfléchir, « ce ne serait pas la subversion ultime ? » (Le club). Attachant toujours, Rachel. Un album concept solaire. Le début d’une belle aventure, mon gars !

A.S

La discothèque idéale de Fred Thore

– Magma – Mekanïk Destruktïw Kommandöh

Un monument musical de 40 minutes non stop et une musique qui ne ressemble à aucune autre. Je préfère, et de loin, la version live de l’album Retrospectiw, enregistrée en 1980 à l’Olympia qui vient juste d’être rééditée avec le solo incroyable de Didier Lockwood au violon.  (La version enregistrée au Trianon en 2000 ci-dessous)

– Al di Meola – World Sinfonia

Cet album m’accompagne depuis l’université. Entre jazz, tango (Piazzola) et world music, il a été la porte d’entrée vers un tout nouvel univers musical (McLaughlin, Shakti, Jan Garbarek, Nusrat Fateh Ali Khan…). Les harmonies sont sublimes. Le jeu d’Al di Meola est grandiose.

– Serge Gainsbourg – Melody Nelson

Je n’ai découvert qu’il y a peu de temps que le génial arrangeur Jean-Claude Vannier était l’auteur de la quasi-totalité de l’album. C’est minimaliste, épuré. J’adore la rondeur de la basse, la guitare saturée juste ce qu’il faut qui contrebalance le velours des violons et la voix de Gainsbourg qui couronne le tout. Chef d’oeuvre absolu.

– Pink Floyd – Wish you were here

Shine on you crazy diamonds. Il n’y a rien à ajouter.

– Snarky Puppy – Culcha Vulcha

Pour prouver que je n’écoute pas non plus que des vieux trucs. Les Snarky Puppy, autour du  bassiste Michael League, c’est une des plus grosses claques musicales de ces dernières années pour moi. Du jazz que même ceux qui détestent le jazz ne peuvent qu’aimer. Culcha Vulcha, donc, et en particulier le morceau GØ.