Le duo Co&Jane a vécu. Ce n’était qu’un château de sable. Corentin Péchiné a retrouvé sa liberté et développe son nouveau projet, Sympathia, aux accents électro.

Vainqueur de l’émission Audition secrète sur M6, avec sa copine Jane, Corentin Péchiné a goûté à la célébrité. La télé, les gros concerts, une forme de professionnalisation et au bout du compte, le constat amer que beaucoup de choses lui échappaient d’un point de vue purement artistique. Et l’artistique a toujours été la raison d’être du jeune homme originaire de Le Pailly. Depuis sa prime enfance, la musique est sa passion. « J’ai toujours mon petit xylophone de gamin », sourit-il. Un jouet gardé précieusement. Comme un talisman.

En septembre, Corentin et Jane annonçaient la fin de leur aventure commune. Co&Jane fut une météorite – une de plus – qui s’est désintégrée face au mode de fonctionnement très directif d’une grosse maison de disque. « On n’avait pas notre mot à dire. C’était particulièrement frustrant ! On a fini par trouver une faille dans le contrat qui nous liait à eux », poursuit Corentin qui reconnaît avoir passé de sales moments durant l’automne dernier.

Créer avant tout

« La musique aura clairement été une thérapie, un exutoire », reconnaît-il. Le jeune musicien s’est enfermé dans son home studio pour reprendre les choses à la racine. Adepte de philosophie et notamment de stoïcisme, Corentin a pris sur lui et s’est concentré sur ce qu’il aime par dessus tout : la composition. « Créer des mélodies, ce n’est pas un problème pour moi. J’en ai des dizaines qui me viennent en tête chaque jour », assure l’ancien élève de l’école de musique de Chalindrey passé aussi par la Musical Academy International de Nancy où il a acquis une solide maîtrise en MAO (musique assistée par ordinateur).

Pour ce nouveau projet, Corentin souhaite « revenir à l’esprit du début. Créer sans contraintes », assure-t-il. Sympathia, c’est une base électro où les instruments organiques, les sons captés dans la nature ont leur place. La voix aussi. Elle est traitée comme un instrument à part entière. Le résultat est particulièrement intéressant et souligne le côté POSITIF qui caractérise l’état d’esprit de son géniteur.

Retrouver la scène

Sympathia a été pensé comme une aventure musicale interdépendante. « C’est ma façon d’aborder la musique. Je crée et ensuite on partage. Ca contribue à assurer du lien entre les gens », souligne Corentin qui passe des nuits entières à peaufiner sa partition.

Actuellement, le jeune compositeur a une quarantaine de morceaux en gestation et une idée déjà avancée de ce que cela pourrait donner sur scène. Car la finalité pour Corentin, c’est d’aller au contact du public. Sympathia est-il taillé pour ça ? Corentin en est persuadé. Il développe un univers très personnel entre parties « séquencées », instruments acoustiques et travail visuel. Sympathia ne demande qu’à emprunter aussi cette voie directe vers son auditoire potentiel.

A.S

Fauré façon Péchiné

Corentin Péchiné a dévoilé il y a quelques semaines une première étape de son travail. Il s’est attaqué à un morceau de Gabriel Fauré, Pavane. A la base, cette pièce musicale a été créée en 1888 en hommage à la comtesse Elisabeth Greffulhe. « J’ai toujours aimé cet air. C’était marrant d’en faire une adaptation personnelle. Il symbolise pour moi le retour aux origines », estime Corentin.

A écouter exclusivement sur les plateformes digitales de musique où Corentin postera régulièrement de nouveaux morceaux. Depuis quelques jours, on peut également y entendre un second morceau intitulé Fini.

Le lien : https://sympathia.fanlink.to/pavane

 

Sa discothèque idéale

Elle est teintée de rock progressif et d’électro.

Pink Floyd – The Wall (1979)

Pink Floyd tourne à la maison depuis toujours. J’ai été nourri par ces longues intros instrumentales, ces solos de guitare de Gilmour, cet univers si singulier. Adolescent j’ai usé ma guitare sur le solo de Another Brick in the wall au sein du groupe 777. Cet album est un chef d’oeuvre, mais toute la discographie est remarquable.

Avicii – TIM (2019)

J’ai été très affecté par le décès d’Avicii aka Tim Bergling à 28 ans, en 2018. J’ai toujours admiré son sens aigu de la mélodie. Et au-delà de cela, je m’identifiais beaucoup à lui, son caractère, son parcours. Cet album posthume est celui sur lequel il travaillait, mais j’admire toute son oeuvre.

Hans Zimmer – Live in Prague (2017)

J’ai toujours adoré la musique, mais aussi le cinéma. Adolescent j’écoutais beaucoup de musiques de film. Il y a une profondeur en elle que je ne retrouve nulle part ailleurs. J’adore un tas de compositeurs mais Hans Zimmer est celui qui m’a le plus marqué (Interstellar, Gladiator, Pirates des Caraïbes,…). Cet album est la captation d’un concert de Hans Zimmer qui a ré-arrangé ses tubes en mêlant orchestre et groupe de rock. J’y ai assisté aux arènes de Nîmes, et c’est la seule fois où j’ai pleuré lors d’un concert.

Daft Punk – Random Access Memories (2013)

Cet album est la bande son d’une période de ma vie. Il m’a ouvert les yeux (et les oreilles) sur les possibilités infinies offertes par ce pont entre musique électronique et musique acoustique.

Madeon – Adventure (2015)

Madeon est un jeune producteur électro Nantais très renommé dans ce milieu, surtout hors de nos frontières étrangement, et son parcours m’inspire énormément. J’adore cet album qu’il a créé de A à Z, car il a un univers sonore singulier et cohérent, et puis c’est une référence en terme de qualité de production, mixage, etc.