La semaine dernière, le musicien Anthony Goffard (guitariste du groupe de Saint-Dizier Calice) s’est lancé un défi : composer, enregistrer et mixer un album en sept jours. L’album “It goes beyond the wind” (métal progressif ou djent) est disponible depuis dimanche. Le premier opus de son projet solo “Across the wild”.


Le Journal de la Haute-Marne : Pourquoi avez-vous voulu entreprendre un tel challenge ?
Anthony Goffard : Je suis intermittent du spectacle, et 2020 est une année blanche. Je n’ai pas fait une seule heure depuis le mois de mars. Donc avec le confinement, je voulais me lancer un défi. C’est quelque chose qui m’est venu comme ça. Je voulais aussi me tester, voir ce que je peux faire en une semaine.

JHM : Quelle a été votre méthode de travail ?
A. G. : Je prenais ma guitare, j’étais sur le logiciel d’enregistrement et je composais au fur et à mesure. Je faisais les bases d’un morceau, j’enregistrais plein d’idées. Certaines parties m’ont servi pour d’autres titres dans l’album.
Chez moi, j’ai un petit home studio, deux guitares et une basse. Pour la batterie, j’utilise un logiciel qui reproduit les sons, mais il faut composer. Je me suis enfermé pendant une semaine, je commençais le matin, je finissais la nuit. Des fois, je travaillais toute la journée et d’autres fois, toute la nuit, car j’avance bien à ce moment-là. La partie la plus longue, c’était la composition. Mais en fin de semaine, j’ai dû réaliser le mix en très peu de temps.

JHM : Cette contrainte d’une semaine a-t-elle posé problème pour la création, ou au contraire, a-t-elle permis de la décupler ?
A. G. : Ça dépend des moments. Parfois, j’avais des trous et je ne savais plus quoi faire pendant deux ou trois heures. Alors je lâchais l’affaire, je passais à autre chose. D’autres fois, au contraire, quand j’étais parti dans un truc, les idées me venaient toutes seules. J’ai dû mettre une heure ou deux heures pour certains morceaux, sans compter l’enregistrement. Mais pour d’autres, j’ai mis deux jours.
A la base, je partais sur un morceau par jour. Au début, ça allait vite : j’ai fait huit morceaux, au final. Mais parfois, je me disais que je n’allais pas y arriver.

JHM : D’où tirez-vous votre inspiration ?
A. G. : Je suis parti dans un domaine que je connaissais : le djent, le métal, les musiques progressives… Je suis inspiré par ce que j’écoute, de la musique progressive comme Widek, Distant dream, Plini, Intervals.

JHM : C’est un album instrumental. Est-ce que ce genre de musique permet d’exprimer autant de choses ?
A. G. : Oui, parce qu’on n’a pas de limite. Quand tu composes pour un groupe où il y a un chanteur, il faut s’adapter au chant, tu ne peux pas insérer des solos quand tu veux. Là, tu as le champ libre.

JHM : Après cet album, que comptez-vous faire ?
A. G. : En refaire un ! Cette fois, je me laisserai bien le temps, l’année prochaine je pense. J’ai déjà quelques idées…

c.percheminier@jhm.fr
Propos recueillis par Clotilde Percheminier

L’album est en écoute gratuite sur Youtube (lien via la page Facebook “Across the wild”). (Photo Nico Purple)