Covertramp et ses six musiciens multi-instrumentistes vont remettre à l’honneur le groupe Supertramp. Rencontre avec Philippe Tailleferd, l’un des fondateurs du groupe qui se produit à Langres samedi 30 septembre.

Journal de la Haute-Marne : Comment est née l’idée de créer Covertramp ?
Philippe Tailleferd : Nous sommes une équipe de musiciens amis et passionnés par le groupe Supertramp. Pour mon cas, je suis tombé dedans quand j’étais petit et c’est ce groupe qui m’a donné l’envie de faire ce métier. On en parlait beaucoup entre nous et on reproduisait des morceaux mais c’était pour rigoler et jamais poussé à ce point. Puis notre régisseur nous a proposé de faire un groupe de reprises de Supertramp. Nous avons fait notre premier show en fin d’année 2013, après un an de répétitions. Quand nous nous sommes attaqués au répertoire, nous nous sommes rendu compte de l’ampleur de travail. A un moment donné, nous avons failli abandonner car Supertramp c’est très spécifique et très pointu.

JHM : Qu’est-ce qui est le plus difficile ?
Ph. T : C’est justement de ne pas les imiter car on se retrouve très vite dans la parodie. Il faut s’approprier le style, les morceaux et c’est cela le plus compliqué. Il faut savoir que le groupe a sorti deux albums qui ont été un vrai “flop” avant de se faire connaître, ils sont passés par des tourments et ont mis très longtemps avant de trouver leur style. Supertramp a mis dix ans à se construire. Ils ont un côté très personnel dans leur manière d’aborder les chœurs mais aussi les différents instruments. Tous les membres de Covertramp sont multi-instrumentistes. Nous n’avions d’ailleurs pas le choix sinon il fallait être dix sur scène et c’est ingérable. Nous, nous sommes six et nous sommes obligés de tourner sur les différents instruments ce qui n’est pas plus mal car ça donne une dimension plus vivante au show où chacun s’implique à sa manière.

JHM : Que représente le groupe Supertramp pour vous ?
Ph. T : «Nous avons commencé l’aventure en pensant que cela allait plaire aux fans de Supertramp car le groupe a particulièrement touché un public francophone et européen. Au moment de la sortie de “Breakfast in America”, il a été troisième vente en France. C’est un véritable phénomène sur les réseaux sociaux mais aussi dans nos concerts. Certaines personnes du public pleurent, d’autres ferment les yeux afin de retrouver l’ambiance des concerts de Supertramp. Ils ne tournent plus et cela a forcément créé un manque. Les gens cherchent à retrouver ce groupe qui est très “live”. Supertramp c’est pour moi le “post Beatles”, une synthèse de l’efficacité de groupe comme les Beatles ou Genesis et la richesse et diversité de groupe comme les Pink Floyd.»

JHM : Y a-t-il un titre fétiche dans vos concerts ?
Ph. T : «Il y en a plusieurs… On joue notamment “Gone Hollywood”, le premier morceau de l’album Breakfast America qui compte beaucoup de tubes. Ce morceau est incroyable, “un concentré de tomates” qui représente tout l’univers de Supertramp à la fois rock, pop. C’est notre marque de fabrique, notre touche personnelle puisque le titre est peu connu. Personnellement, j’aime jouer le morceau “take the long way home” que je trouve original avec l’ouverture à l’harmonica.»

JHM : Est-ce la première fois que vous vous produisez en Haute-Marne ?
Ph. T : «C’est la première fois que l’on joue à Langres. J’attends des Haut-Marnais qu’ils viennent en masse, c’est un public qui a aimé Supertramp comme toute la France. J’attends d’eux une certaine exigence et j’espère que nous serons à la hauteur de cette exigence mais je n’en doute pas car les Haut-Marnais sont un public chaleureux.»

Propos recueillis par Marine Prodhon

«On aime le challenge. Nous avons une petite cloche indienne comme celle de Supertramp, mais eux l’ont perdue», souligne amusé Philippe Tailleferd du groupe Covertramp. (© Gilles Lorenzo)