L’humanité est aussi agonisante qu’#Humanité est flamboyant. Le dernier album de Damien Saez, qui sort ce 30 novembre, est fort. Très fort. Très rock. Dans les mots, dans le message. Et sans doute l’un des plus aboutis de sa riche discographie.

«J’entends le chant des morts, des cris de l’inhumain». Sombre, terriblement réaliste et musicalement envoûtant. Ainsi pourrait-on résumer ce nouvel opus, qui n’a pas fini de faire parler de lui.
Oreilles prudes, s’abstenir. Même si cet album est à l’image de ce monde : impitoyable, cru et sombre souvent.
Reste que si l’artiste continue à revendiquer une indépendance totale, #Humanité mériterait de voir diffuser largement un message qui dénonce avec force les travers de la planète pour, peut-être, en dégager ce qui pourrait la rendre un peu plus belle.

L’album s’ouvre justement sur un Humanité de plus de sept minutes. Un hymne, un morceau choc et planant sous certains aspects, qui pourrait faire référence. Et rester l’un des morceaux phares de l’œuvre de Saez. Les guerres des mondes sont du même acabit. Tout aussi dénonciateur, le titre ajoute une ambiance à la Doors qui rend, forcément, Saez un peu plus christique. Que dire de La mort, conclu sur un «Aux armes», cri de l’âme aux accents désespérés.

Un peu de nostalgie ? Les pistes de danse chères aux night-clubbers ? La belle au bois est faite pour vous. Mais attention, pas pour plonger dans les souvenirs de nos belles années. Non, plutôt pour, encore une fois, dénoncer la superficialité des Instagrameuses, cible désignée pour cette sortie de fin novembre. Hard, diraient nos amis anglo-saxons.

Des morceaux puissants, quelques-uns aux noms tout aussi forts, mais plus légers jusqu’à frôler l’auto-dérision, comme L’attentat ou Burqa contrairement à ce qu’on pourrait penser… Saez surprend, une nouvelle fois. #Humanité fera date. Grâce ou à cause des polémiques qu’il provoquera, bien sûr, mais aussi et peut-être surtout parce qu’il est cohérent et d’une grande richesse.

C. B.