Le groupe haut-marnais vient de sortir son premier album, Réflexions. Hyperbios ouvre une voie singulière – teintée d’électro – dans le paysage rock.

A l’origine, il y avait un duo rock, Les Mal’fêteurs, composé des deux David, Voillequin et Ravanello. La section rythmique (Richard Begin à la batterie et Julien Wadel à la basse) s’est mise en place ensuite, donnant naissance à Hyperbios. Le projet initial intégrait alors une chanteuse. «Elle avait un super potentiel mais on s’est vite rendu compte que ça ne pourrait pas cadrer avec l’esprit qu’on souhaitait insuffler au groupe. Finalement, j’ai pris le chant», précise David Voillequin qui assure également les parties rythmiques à la guitare.
Née il y a deux ans, la formation haut-marnaise a sorti son premier album autoproduit cet été. Le groupe a eu l’occasion de présenter «Réflexions» lors des Festi’mardis à Langres dans la cour du Cloître, site magique, bondé pour l’occasion. «Ce n’est pas vraiment évident de reproduire notre musique sur scène», reconnaît David Ravanello, talentueux guitariste lead qui officie également dans les rangs du groupe chaumontais Infrazer.
Jusqu’à soixante pistes
Le groupe utilise des séquences enregistrées pour s’approcher au maximum du travail très dense réalisé sur l’album. «Certains morceaux comptent une soixantaine de pistes», précise David Voillequin. Une densité impossible à reproduire dans les conditions du direct pour une formation rock classique (basse, batterie, deux guitares).
L’album a été composé pour une large part en aval des sessions d’enregistrement menées par Mike Vignacq qui s’est également chargé du mixage et du mastering. David Voillequin signe l’essentiel des textes. Les musiques ont été construites de façon plus collégiale. «On est parti sur un album concept qui évoque le cheminement d’un homme et d’une femme qui se déchirent. Il est question de la fragilité, la mort de quelque chose, la mutation des sentiments, la renaissance aussi», poursuit-il.
Les textes sont soignés et portés sur un livret très réussi grâce aux talents graphiques d’artistes haut-marnais (Aurore Gillet et Robin Suiffet). Une bonne idée car l’auditeur aura parfois un peu de mal à en capter l’essence. Le groupe a volontairement noyé le chant au mixage pour s’approcher au maximum d’un son typiquement anglo-saxon.
Dense et sombre
L’assise mélodique du groupe est assez simple (couplet, refrain) à quelques exceptions près, et les arrangements ont été travaillés avec une attention toute particulière. «Ca nous a pris beaucoup de temps. On a des parties plus symphoniques, beaucoup de cordes, des chants lyriques, des chœurs…»
Hyperbios ouvre une voix singulière dans le rock français aux confluences d’une électro indé efficace. C’est dense et sombre à souhait. «Quand on s’inscrit dans la lignée des groupes de rock français, c’est délicat de faire des choses joyeuses sans verser dans la variété», estime David Ravanello qui cite en exemple le parcours de Noir Désir, notamment. Musicalement, les influences d’Hyperbios vont plutôt vers des groupes progressifs anglais : Pink Floyd, Muse…
«On a la volonté que notre musique reste accessible sans toutefois sombrer dans la facilité», poursuit David Voillequin. Le prochain album est déjà en… réflexion. «On va défendre celui-ci mais aussi faire tourner des nouveaux morceaux sur scène. Ceux qui figureront sans doute sur le prochain album», assure-t-il. Un second opus plus subversif avec des voix d’avantage en avant. «Ca va friter», assure David Ravanello.
A.S

Clips du groupe visibles sur YouTube.

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Hyperbios… et bien pensé
«On a un peu ramé pour trouver un nom de groupe qui ne soit pas déjà utilisé», assure David Voillequin. Beaucoup de groupes passent par ces moments-là. Hyperbios, c’est doublement – bien – pensé.
«D’abord, il y a ce géant de la mythologie qui se battait contre un dieu. Nous, on est plutôt engagé dans un combat contre les grandes maisons de disques», poursuit-il. Le Bios, c’est aussi la carte mère d’un ordinateur. Hyper, sans être prétentieux, c’est plutôt pour le côté expressif de la musique qu’on défend», assure-t-il. Même logique pour le titre de l’album. «Quand on est musicien, on est toujours en réflexion sur l’avenir. On souhaite préserver une musique intègre et personnelle. Réflexions s’imposait aussi car au début d’une aventure de groupe, on se cherche forcément», souligne pour sa part David Ravanello.