Eric Frasiak est de retour avec un nouvel album studio, le 9e, intitulé « Charleville ».  A soixante piges, l’artiste installé à Bar-le-Duc prouve qu’il est en grande forme et qu’il a toujours des choses à dire.
Un album d’Eric Frasiak, c’est toujours l’assurance d’une intégrité musicale sans faille et d’une vraie profondeur dans l’écriture. C’est de la poésie chantée. Des tranches de vie, des cris du coeur mis en musique par un esthète de la chanson française qui ne renie pas non plus ses influences anglo-saxonnes. C’est toujours de bon goût. Ca dit des choses qu’on n’entend plus sur les ondes depuis des lustres, ni dans la petite lucarne ou alors à de très rares exceptions. Dans son genre, Frasiak est un des derniers à porter une forme d’engagement qui était le dénominateur commun d’une génération ayant perdu toute ou partie de ses idéaux en chemin. Un esprit contestataire, libertaire et humaniste.
Humanité
On pourrait penser qu’à soixante piges, l’homme a mis un peu d’eau dans son vin. Que Nenni ! Avec Frasiak, sa tire dans tous les coins. Les cons en prennent pour leur grade. Il envoie – gentiment – du bois en évoquant le cas de Cigeo dans Bure sur atome ou (re)dit son attachement viscéral à son anarchie. Un gros mot pour certains. Pas pour Frasiak qui en brosse les contours avec humanité. C’est d’ailleurs la clé du style Frasiak : l’humanité. Les copains qui chantent (Frédéric Bobin dans Novembre), ceux qu’on reprend (Michel Bühler dans L’espoir), ceux dont on perpétue l’oeuvre (Ferré dans L’âge d’or).
Un peu de Haute-Marne
Pour cet opus enregistré dans son studio de Bar-le-Duc, Eric Frasiak s’est entouré d’une belle brochette de musiciens. Les fidèles qui l’accompagnent sur scène (Jean-Pierre Fara, Philippe Gonnand, Benoît Dangien, Raphaël Schuler) et les occasionnels. Parmi eux, deux haut-marnais : AnneLise Roche qui s’est glissée dans les choeurs et Sébastien Huguenin au trombone, à la trompette et au sousaphone. On retrouve aussi Steve Normandin à l’accordéon. Le Québécois a souvent fait les beaux jours du festival Dimey à Nogent. Eric Frasiak aussi. Les organisateurs du festival qui fêtera ses 20 ans en mai prochain ont d’ailleurs confié la soirée de clôture à l’artiste meusien. On a hâte.
A.S

Carte blanche à Eric Frasiak samedi 9 mai au Festival Dimey à Nogent.

Sa discothèque idéale…

Pas facile de dresser la liste de ces albums qui comptent le plus. Eric Frasiak s’est lancé.

-1- François Béranger : L’Alternative
La révélation de mon adolescence. L’album qui m’a donné envie d’acheter une guitare pour pouvoir chanter ces chansons-là. C’est avec ces chansons que j’ai fait mes premières “scènes” dans les bals des Ardennes à la fin des 70’s.

-2- Pink Floyd : The Wall
Le rock progressif a toujours fait partie de ma vie. J’admire ces morceaux sans concession avec de longs solos de guitare, comme sait si bien les faire David Gilmour. J’aurais aussi pu choisir un album de Genesis ou de Yes,
mais The Wall reste quand même un monument.

-3- : Bruce Springsteen : The River

Les chansons de Springsteen sont des histoires de vie. La vie de tous les jours, avec des gens ordinaires, leurs difficultés, leurs amours, leurs combats. Cet album de 1980 est la synthèse de ce qu’est Springsteen depuis 40 ans, toujours fidèle à ses valeurs. J’admire sa puissance sur scène. Le film Springsteen on Broadway est une merveille d’émotions et d’humanité.

-4- Léo Ferré : La Solitude

C’est l’album qui m’a fait découvrir Léo Ferré : la claque. Avec le groupe Zoo, Ferré nous embarque dans une chanson poésie rock sans barrière. Avec Béranger, Ferré est celui qui a le plus nourri mon envie d’écrire.

-5- Jérémie Bossone : Les Mélancolies Pirates

Inconnu du grand public, Jérémie Bossone est un artiste d’exception. Un genre de fils caché de Jim Morrison et de Jacques Brel. Cet album de 2019 dynamite les genres. Une merveille d’écriture et de musicalité rock, rap et chanson.