Le tout nouvel album de Jenhrä est disponible sur les plateformes d’écoute depuis le 4 septembre. Le groupe langrois y rend un hommage appuyé à Dame nature.

Noir, embelli de grésillements. Puis, l’apparition d’un battement de cœur qui s’estompe peu à peu. Est-ce celui de l’Homme ? Probablement pas. C’est surtout celui de la nature qui s’éteint, accompagné de l’envol d’un oiseau frôlant les feuillages. Après avoir rendu ce dernier souffle de vie, la renaissance prend forme. Un premier riff de guitare lance ce voyage en pleine forêt qui plaira sans nul doute aux amateurs d’ambiances lourdes et de rythmes créatifs.

“Primal”. C’est son nom. Le dernier projet ambitieux de Jenhrä. Le groupe langrois a sorti son nouvel album vendredi 4 septembre. Il est disponible sur toutes les plateformes d’écoute. Deux clips sont également en ligne. Aussi sombre que vert, aussi oppressant que libre, “Primal” symbolise le côté naturel en toute chose. 2K, compositeur des six titres, prend le parti d’effacer du monde l’être humain. Un monde vierge d’humain. Une vision que “Primal” décrit comme l’utopie d’un retour aux sources, la nature reprenant ses instincts primaires.

Du début à la fin de l’album, les morceaux sont liés par des bruitages, enregistrés dans deux forêts en périphérie de la ville langroise. Ils racontent une petite histoire entre la musique. L’album est purement et simplement instrumental. Aucune voix humaine, ni parlée, ni chantée. « De par cette idée d’enlever tout aspect humain, il y a peu d’arrangements électros. Il fallait rester le plus brut possible », explique 2K. L’album est purement un produit studio. L’auditeur n’entend qu’une batterie (jouée par le frère de 2K), une basse, et des guitares qui se mélangent et s’amoncellent. « Avec ce concept, toutes les prises de son sont brutes, sans effet. Les guitares ont de la distorsion mais, de même, elles restent très brutes », complète Stelio Pagani, ingénieur son et propriétaire du Quiet Place Studio, à Langres, où l’album a été conçu. Celui-ci s’est également occupé du mixage et des clips du projet.

Les guitares électriques et acoustiques se passent le relais et échangent entre elles, insistant ainsi sur ces changements de rythme radicaux. Des ambiances posées jouées à la guitare folk contrastent avec des atmosphères plus intenses où s’allient les distorsions. Répétitives et progressives, les guitares s’ajoutent par moments les unes aux autres. Pendant près de 40 minutes, “Primal” joue la nature littéralement personnifiée, ses émotions, ses tristesses, ses colères, et tous ses instincts primaires.

Un mixage long et difficile

« La principale difficulté dans la conception de l’album était le mixage », avoue Stelio Pagani. Le fait de lier tous les morceaux sans coupure de son a été un travail de grande précision. « Parfois, cinq sons de guitares s’accumulent. Il fallait trouver le bon compromis entre garder un son brut tout en restant attrayant à l’oreille », précise-t-il. « Le mixage était le plus long à réaliser, car tous les bruitages, les craquements de branches, les chants d’oiseaux ont été ajoutés à la toute fin. » Les premières séances d’enregistrement de “Primal” ont eu lieu fin avril 2018. Elles se sont terminées en août de cette même année.

Les compositions étaient écrites depuis un an. Le mastering a été fini en novembre 2019. « Nous avons attendu d’être sûrs de nous pour la promotion de l’album. Nous voulions quelque chose de tellement précis. Il fallait qu’on soit sûrs », confie 2K. Initialement prévue pour mai/juin 2020, la date de sortie s’est vue finalement repoussée de quelques mois.

Cette ode à la nature dans un univers post-metal progressif, mérite d’y jeter une oreille. Le dernier titre éponyme de l’album se termine de telle manière qu’il se métamorphose comme une fin d’un cycle de vie. Comment l’interpréterez-vous ? Comme la mort de la nature où le néant domine ? Ou comme une renaissance qui devient possible ?

Joffrey Tridon