Le tremplin musical fête ses 10 ans. Les inscriptions sont ouvertes.
Passer le cap d’une décennie est toujours un moment spécial. Cette année, Jukebox souffle ses dix bougies. Que de chemin parcouru depuis le 25 février 2011, jour de lancement du tremplin musical organisé par Le Journal de la Haute-Marne. Ouvert à tous, sans limite d’âge ni de style, ce concours s’adresse aussi bien aux artistes solos qu’aux groupes. Il ne s’agit pas d’un tremplin à vocation professionnelle. Le but a toujours été de favoriser la détection de nouveaux talents autour d’un événement festif. Parmi ces talents, on peut déjà citer les gagnants de chaque édition : Les Gentilshommes de Fortune (2011), Analogue (2012), ASK (2013), XNXX (2014), Redhouse (2015), Z-Plank (2016), Green Devils et Totem (2017), JHAM (2018), Louise-Ellie et Atom’Space (2019).
Sur neuf saisons, onze groupes ou artistes sont sortis vainqueurs. En 2017, le jury n’avait pas su départager les talents et l’originalité des groupes Green Devils et Totem, si bien que les deux ont remporté la victoire. Une surprise ! L’année dernière, si deux vainqueurs ont été désignés, ce n’est pas pour une égalité mais parce que Jukebox a innové en proposant deux catégories : une “Créations”, destinée aux groupes privilégiant la composition, et “Reprises”, destinée à ceux qui trouvent leur bonheur dans la cover. Ainsi, Louise-Ellie a remporté la première et Atom’Space, la deuxième. Mais qui leur succédera ?
Pour cette dixième édition, Jukebox fait une nouvelle fois confiance à cette formule. Les inscriptions ouvrent aujourd’hui. Pour ce faire, direction la page Internet du tremplin à l’adresse suivante : www.jhm-jukebox.fr Les artistes intéressés devront lier au formulaire d’inscription une chanson au format MP3, une composition ou une reprise en fonction de la catégorie qu’ils choisissent. Bien évidemment, il est impossible de concourir dans les deux à la fois. Les musiciens ont jusqu’au 31 mars pour s’inscrire. Le lendemain, le public entrera en jeu. Les personnes auront accès à une véritable bibliothèque musicale en ligne et donneront leur voix à la musique ou au groupe qu’elles préfèrent. Le public aura jusqu’au 19 avril. Seront retenues pour les demi-finales les huit chansons “Créations” et les huit chansons “Reprises” qui auront obtenu le plus de votes. Puis, un jury se constituera et annoncera le nom des six groupes finalistes, trois de chaque catégorie, qui auront l’occasion de jouer en live, sur la scène des Fuseaux de Saint-Dizier, le 6 juin. Chaque gagnant recevra un prix d’une valeur équivalente à 5 000 €.
Les présentations maintenant finies, c’est désormais à vous, musiciens, de vous emparer de Jukebox et de faire de cette 10e édition un événement plus que spécial. Place aux vocalises, archets ou baguettes, accordez les guitares, branchez les basses, faites briller les cuivres et ajustez les batteries ! Jukebox 10, c’est parti !

Joffrey Tridon
j.tridon@jhm.fr

Les musiciens intéressés pour participer à Jukebox 10 ont jusqu’au 31 mars pour s’inscrire. Direction donc le site internet du tremplin via l’adresse suivante : www.jhm-jukebox.fr. Cette année encore, les musiciens ont la possibilité de s’inscire dans une des deux catégories “Créations” ou “Reprises”.

Louise-Ellie a remporté la catégorie “Créations” en 2019.

 

Aymeric Laloux : « Contribuer à l’émergence des talents »

Aymeric Laloux est le fondateur de Jukebox, le tremplin musical du JHM. Il a pris en main l’organisation de l’événement pendant sept ans. Il nous explique la naissance de Jukebox, son évolution et les moments de partage qui font de ce tremplin un événement autre qu’un simple concours.

Le Journal de la Haute-Marne : En créant Jukebox il y a dix ans, vous attendiez-vous à le voir encore exister dix ans plus tard ?
Aymeric Laloux : C’est quelque chose d’assez insensé. Je suis même étonné de voir que Jukebox a pu tenir si longtemps. Ça prouve en tout cas la capacité du vivier musical local à se renouveler. Après la quatrième ou cinquième édition, on a rapidement constaté que de jeunes artistes lançaient leur premier son pour Jukebox, pour y participer. Et ce son, ils pouvaient le confirmer avec la Fête de la musique qui suivait quelques semaines plus tard. À ce moment-là, Jukebox était devenu un rendez-vous. Une case que les musiciens cochaient dans le calendrier.

Le JHM : Comment en êtes-vous arrivé à créer l’événement qu’est Jukebox ?
A. L. : C’était il y a dix ans. Jean Bletner a réuni quelques collaborateurs en nous disant : “Qu’est-ce qu’on peut faire pour les jeunes ?”. Ça a démarré comme ça. Avec mon collègue Anicet, musicien également, nous nous sommes assis et avons réfléchi. Puis, j’ai appris que le journal “Les Dernières Nouvelles d’Alsace” organisait à l’époque un concours où un groupe gagnait l’enregistrement d’un clip. Nous avons simplement adapté ce concours aux conditions de la Haute-Marne. J’ai interrogé mon réseau de connaissances dans le milieu de la musique. La plus belle chose, je pense, que l’on pouvait offrir, c’était l’enregistrement d’un album au château de Faverolles.

Le JHM : A quelles difficultés avez-vous été confrontés à sa création ? Sur quelles bases s’appuyer ?
A. L. : Il fallait définir un cadre. En créant Jukebox, on s’était fixé deux objectifs. Qu’un groupe puisse sortir un son et jouer lors de la Fête de la musique grâce à ce son. À partir de là, nous sommes souvent sortis gagnants. La question n’était pas de rendre compte de ce qui se passe musicalement sur la Haute-Marne, mais plutôt d’être un déclencheur d’une initiative musicale. D’où la notion de “tremplin”. Jukebox contribue à l’émergence des talents musicaux. Je garde en tête ASK, par exemple. Aujourd’hui, ils font plutôt une belle carrière je trouve. Et Jukebox était l’un de leurs premier concerts.

Le JHM : A partir du moment où Jukebox est devenu un véritable rendez-vous, il fallait éviter la redondance et apporter des nouveautés. Comment avez-vous fait évoluer Jukebox ?

A. L. : Après les trois premières années, on s’est aperçu qu’il y avait toujours autant d’émulation autour de l’événement. Si nous voulions poursuivre et développer cela, la meilleure façon d’y parvenir était de professionnaliser l’ensemble de Jukebox. Au tout début, l’organisation du tremplin, surtout dans la communication, était complètement artisanale.

Le JHM : D’où les différents partenariats ?
A. L. : Complètement. Arts vivants 52 nous suit depuis longtemps. Et, plus récemment, cette professionnalisation est d’autant plus concrète avec la salle des Fuseaux. Tous les jeunes groupes veulent jouer sur une scène comme les Fuseaux. Quand on peut s’appuyer sur ce genre de structure… C’est top ! Vraiment. Mieux : ces structures professionnelles s’impliquent pleinement dans Jukebox. Elles ne sont pas qu’un simple soutien.

Le JHM : Que représente pour vous aujourd’hui ce tremplin ?
A. L. : C’est avant tout une histoire de rencontres. Faverolles, la Caisse d’épargne, Arts vivants 52 et tous les groupes. Chaque année, nous étions tous heureux de nous retrouver. Ce groupe d’amis s’est élargi au fil des éditions. Surtout lorsque nous avons pris la décision d’intégrer le groupe gagnant dans le jury de l’édition suivante. Jukebox n’était plus juste qu’un concours musical. Il y avait des enjeux artistiques et les débats pouvaient durer une heure voire une heure trente. On ressentait une grande passion de chacun dans ces débats.

Le JHM : Une petite anecdote qui vous a marqué ?
A. L. : Vincent Poinsot (Redhouse) est un batteur extraordinaire, mais c’est surtout un type formidable. Je me souviens d’une finale de Jukebox où il jouait dans deux groupes différents ! Ça résume bien l’esprit du tremplin finalement : de la compétition, oui, mais aussi de la fraternité entre les différents groupes.