On les avait quittés avec leur duo acoustique Forest, Louisa Filliot et Anthony Dupuy sont de retour avec Kalaasa, un combo aux accents électro pop.
Mais quelle mouche a bien pu piquer Louisa et Anthony ? On aurait pu penser qu’ils étaient attachés de façon indéfectible au blues-rock et à la folk song. Que nenni ! Les deux jeunes gens ont fait leurs premières armes communes au sein de Red House, un groupe largement influencé par la musique nord américaine. On savait aussi leur attachement viscéral à la musique du grand Neil Young, et pourtant. Leur nouvelle aventure commune emprunte une voie radicalement différente et, ma foi, surprenante.
« On a pété un câble », assure Anthony quand il évoque les possibilités offertes par les machines. « Les guitares, c’est 0,5 % de ce qu’on peut faire maintenant », poursuit-il. « Avec Kalaasa, on teste une multitude d’instruments. On jongle entre les machines et les guitares et on explore des sons qu’on va triturer à grand renfort d’effets. Ça nous a ouvert de nouveaux horizons », s’enthousiasme-t-il.
En école de musique à Villeurbanne depuis plusieurs années, Louisa et Anthony vivent leur passion à fond. Ils ont profité de ces semaines de confinement imposé pour boucler un projet déjà bien avancé : le premier EP de Kalaasa, leur nouveau groupe qui tire son patronyme du nom d’une divinité indienne proche de la nature. « On a bossé comme des fous sur ce EP. J’ai passé huit mois sur le mixage dont ces deux derniers mois de façon très intense », précise encore Anthony.
Féru de MAO (Musique assistée par ordinateur), le jeune sud haut-marnais est un stakhanoviste des logiciels d’édition et des effets en tout genre. « Pour les parties de piano, de synthé et pour la voix, c’est Louisa qui est aux manettes. Moi, je m’éclate quand il s’agit de triturer les sons », souligne-t-il.
Labo sonore
Pour le morceau Sweeter Sound, Anthony a souhaité intégrer le bruit d’un brise-glace. Il y est arrivé un peu « par le fruit du hasard », en associant des éléments de cerclage de toms de batterie passés par des enceintes puis à nouveau enregistrés en ajoutant de la compression et des filtres. « Avec ce type de méthode, on arrive à quelque chose », s’amuse Anthony. A condition d’y passer beaucoup de temps ! La musique électronique demande une infinie rigueur, « une certaine forme de mécanisation. Ce qui est le plus limitant, ce sont les moyens techniques dont on dispose », assure Anthony. Mais le système D pallie le manque de moyens. On peut s’en rendre compte en écoutant Sweeter sound et en visionnant le clip sur YouTube. Kalaasa rend aussi hommage à Kraftwerk, les pionniers de l’électro pop, avec une cover de Radioactivity. Apparat ou encore Anna von Hausswolff font partie des références du duo.
Dans l’aventure Kalaasa, l’image est totalement indissociable du son. Les clips sont des petites merveilles d’imagination. Celui qui doit illustrer Alright a été tourné l’été dernier notamment dans les environs de Langres avec l’aide des amis, Luc 
Prémel pour les photos, Samantha Montesano et Naps Hart pour la vidéo. Hélène Cassis, sud haut-marnaise elle aussi, s’est chargée de la charte graphique du projet Kalaasa.
Louisa et Anthony s’investissent aussi dans Great Delusion, un groupe de rock stoner avec des camarades de l’école de musique de Villeurbanne. Leur second EP est en attente de finalisation.
Ils participent également au projet 100 guitares qui fait partie intégrante de leur DEM (diplôme d’études musicales). Un océan de guitares sur le thème du bateau ivre cher à Rimbaud.
Comme le souligne Anthony, « toutes les musiques sont intéressantes ». Dont acte !
A. S.

Wandering souls, le EP 7 titres de Kalaasa est sorti le 20 juin. L’album est disponible sur toutes les plateformes digitales : 👉https://fanlink.to/KALAASA

Ainsi qu’en format physique : 👉https://kalaasa.bigcartel.com/

Les vidéos sont visibles sur 
la chaîne YouTube du groupe.