Le festival de guitare d’Issoudun figure parmi les plus grands en Europe. La Convention est née de l’imagination du regretté Marcel Dadi, guitariste acoustique et maître du picking dans les années 80. La 26e Convention ne se repose pas sur ses lauriers. Elle a offert trois jours de démesure éclectique autour de l’instrument, entre spectacles, rencontres et pédagogie.

Certes, les éditions récentes proposaient des têtes d’affiche comme Biréli Lagrene, Al di Méola, Paul Personne… Pas de noms ronflants cette année, mais des artistes dont le talent est malgré tout reconnu des passionnés de la six-cordes. Valérie Duchâteau, Antoine Tatich, Eric Gombart, Chris Lancry, Basile Leroux, Christophe Godin, Manu Galvin, Jean-Baptiste Marino… pour ne citer qu’eux, interviennent fréquemment dans les magazines spécialisés dans des rubriques pédagogiques. Sur scène, en masterclass ou en maître de stage, on devine les heures à plancher sur le manche pour approcher la perfection, chacun dans un style spécifique. Que ce soit dans la virtuosité ou l’émotion. Têtes d’affiche : Monica Passos, Tom Principato… On s’aperçoit à cette occasion que le festival d’Issoudun sait inscrire des artistes qui marqueront son histoire musicale. La première a été récompensée en 2005 par le Djangodor dans la catégorie «musiques traditionnelles du monde». Quelle énergie dans son engagement contre les inégalités sociales ! Entourée d’un octuor de musiciens dont le flamenquiste Marino pour des compositions teintées de bossa et de traditions populaires brésiliennes. Le second, légende du blues blanc, avait effectué l’an passé une tournée européenne avec le bragard Fred Chapelier. Du grand art, accompagné pour cette unique occasion par Steve Wright, et lancé sur les rails par le set de Chris Lancry : Monsieur guitare harmonica blues national !
Pas que des concerts
Le festival d’Issoudun ne se résume pas à une somme de grands concerts. Gérard Sadois, cheville ouvrière de l’événement, soulignait la spécificité de ce rendez-vous annuel des guitaristes : «Le festival n’est pas que ça. Il y a les stages, les masterclass, le salon de la lutherie. La qualité d’une édition ne se joue pas sur les têtes d’affiche.»
Les aficionados viennent de l’Hexagone, voire de plus loin. On s’y rend pour admirer, toucher, essayer les plus beaux instruments confectionnés par les luthiers, parfois les plus insolites. Philippe Berne, luthier ardéchois s’est dirigé depuis plusieurs années dans la création de guitares curieuses, répondant aussi à ses envies d’artiste. Son projet de neuf lunes a débuté avec un véritable tableau à 6 cordes associant 9 bois différents. Les autres sont évidemment en attente. Le salon de la lutherie accueillait pas moins de 46 luthiers avec un hommage à Richard Baudry, attestant près de 20 années de création, et des commerçants de bois de lutherie.
Quand on aura ajouté les multiples scènes ouvertes, la brocante de la guitare, les stages de perfectionnement, les concerts à la maison pendant la dizaine de jours qui précède le festival, les « Aft’heures » pour celles et ceux qui veulent «vivre guitare» une partie de la nuit dans les bars de la ville, on aura compris la portée de cet événement chez les passionnés de la six cordes.
De notre correspondant Sylvain Jobert

01Paul Cox au chant, entre Tom Principato et Steve Wright

Philippe Berne et ses créations guitaristiques02
03Hommage au luthier Richard Baudry
04Jean Baptiste Marino, maitre de stage flamenco

05Valérie Duchâteau et Antoine Tatich
06Quand le métalleux Christophe Godin (à droite) met la main sur une acoustique
07Bernard Revel et sa femme Frédérike, les haut-marnais de Saint-Broingt-les-Fosses
08Olivier Giry en démo sur le salon des luthiers
09So Folk en Aft’heures , chansons des années 70
10Christophe Godin, maître de stage rock
11Manu Galvin, la pédagogie du blues
12Christophe Godin
13L’énergie militante de Monica Passos
14Monica Passos en concert