La vie culturelle semble s’est arrêtée net à la mi-mars. Concerts, représentations théâtrales, festivals, concours musicaux… Les annulations sont tombées en cascade. Désormais, c’est sur la toile que les artistes donnent rendez-vous à leur public.
Sale époque pour la culture ! On ne compte plus les annulations en tout genre. Exit le tremplin Jukebox du JHM, les concerts et même les festivals. des très gros comme Avignon ou le Hellfest. Des plus petits comme le festival Dimey à Nogent. L’association Bernard Dimey se faisait une joie de fêter les 20 ans de son festival prévu début mai à Nogent. Elle a attendu la dernière minute pour prendre une décision définitive, mais l’annonce du report est tombée. Inévitable !
Ce satané virus sème un sacré trouble actuellement, y compris dans les rangs des organisateurs de spectacles qui ne savent plus à quel saint se vouer. Fallait-il simplement reporter le festival ou se résoudre à une année blanche ?
Les bénévoles de l’association Dimey en ont débattu à distance. Longuement. En pensant aux moyens déjà engagés notamment dans la promotion d’un tel évènement. En pensant aussi, bien sûr, au public qui avait réservé massivement pour cette édition et qui venait pour partie de fort loin. En pensant surtout aux techniciens, aux artistes qui vivent des temps difficiles. Surtout les intermittents. Même si le gouvernement s’est voulu rassurant quant à leur statut et aux nécessaires aménagements qui s’imposent en cette période de confinement, beaucoup sont dans une situation très complexe.
L’artiste meusien, Eric Frasiak (photo ci-contre) devait faire la clôture du festival Dimey pour lequel les organisateurs lui avait donné carte blanche. Le report du festival est un crève-coeur pour lui aussi. « Je me mets à la place de mes amis de l’association Dimey. C’est un contexte très spécial pour eux », constate-t-il.
Garder le lien
Eric Frasiak a du annuler une vingtaine de concerts mais comme beaucoup de ses camarades, il a tenu a garder le lien avec son public par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Chaque matin, il livre une chanson sur sa page Facebook dans ce qu’il a justement dénommé un concert en pointillé. Très inspiré, il a même offert, il y a quelques jours, un titre de circonstance L’ennemi invisible à ses nombreux amis présents sur la toile.
Les artistes du 52 sont également mobilisés. Raphaël Chauchot a été contraint de fermer temporairement son magasin d’instruments de musique chaumontais mais le talentueux guitariste gratifie ses amis de beaux moments de partage en empoignant sa six cordes de temps en temps. Il a été un des premiers à donner rendez-vous à ses amis sur Facebook (lire en encadré). Miguel Moreno (ex-Brachay’s Blues Band) fait parler sa Telecaster au sud de la Gironde. Ce ne sont que quelques exemples parmi une multitude d’autres.
En périphérie de Nogent, Emilie et Yannick François affolent les compteurs avec leur rendez-vous quotidien, Le confi acoustique,  suivi par les membres de la Casius (Belli) family qui en redemandent. Bref, ça phosphore à tout va ! « On en a profité pour participer à un défi lancé par Gauvain Sers en mettant en musique un de ses textes. On revisite le répertoire de Casius Belli en formule duo, Emilie et moi. On a été obligé de suspendre les répétitions avec le groupe mais on veut rester dans le mouvement », assure Yannick François.
Autre artiste qu’on voit régulièrement en Haute-Marne, Dominique Babilotte a lancé une chorale virtuelle sur une chanson de Léo Ferré, L’âge d’or. Des Haut-Marnais figureront sans doute dans les choeurs. En ces temps de confinement, la musique reste et demeure un outil de partage irremplaçable.
A. S.

Emilie et Yannick de Casius Belli proposent un rendez-vous quotidien sur Facebook. Idem pour Eric Frasiak (photos ci-dessous)

« On s’en remettra »

Raphaël Chauchot (photo ci-contre à droite) est gérant de la boutique Guitar & music shop de Chaumont. Il a été contraint de fermer son commerce et fait contre mauvaise fortune bon coeur. « On s’en remettra ! », assure-t-il. « L’important, ce n’est pas l’argent. Je vis donc le confinement dans une réelle sérénité », souligne le guitariste de Pénélop qui a été un des premiers à poster des vidéos sur Facebook.
« Au début, il s’agissait de cours pour mes élèves mais, je pense qu’ils ont décroché », constate-t-il. Raphaël a empoigné sa guitare pour livrer ses petits moments de partage qui maintiennent le lien. « J’ai un peu baissé de pied ces derniers temps car je dois m’occuper des enfants. Mon épouse est toujours au travail », assure-t-il. Raphaël a mis en place une activité de drop shipping avec certains fournisseurs. En clair, des clients peuvent lui commander des instruments qui seront livrés directement chez eux. Tous les détails et toutes les vidéos de Raphaël Chauchot sur sa page Facebook.