Le groupe de rock Stagaddon a sorti son EP “Mud Jungle”, en mars. Le quatuorest soutenu par les 3 Scènes et le conservatoire dans le cadre du tremplin.Thomas Le Corguillé, chanteur et guitariste, revient sur les débuts de la formation.

Du rock, des chansons en français et des textes engagés. Voilà Stagaddon, en quelques mots. Le 15 mars, le quatuor a sorti son deuxième EP “Mud Jungle”, de six titres. Le groupe bénéficie du soutien des 3 Scènes et du conservatoire Jean-Wiener dans le cadre du tremplin, depuis 2019.
C’est d’ailleurs au printemps dernier que Stagaddon a véritablement été créé. Thomas Le Corguillé connaît depuis longtemps le batteur, Pascal Denni, et le guitariste, Pierre Faglin. Ils ont fait partie du même groupe, les Gentilshommes de fortune (Ndlr, vainqueur du Tremplin Jukebox du JHM). « J’ai repris contact avec Pascal il y a deux ans. On a commencé à retravailler sur des chansons en échangeant des fichiers audio. L’envie est revenue de faire un groupe. »

« Le monde ne tourne pas forcément dans le bon sens »

Cette amitié a été une des bases de la construction du groupe. « Je n’aurais pas refait de groupe sans Pascal. J’ai du mal à faire de la musique tout seul », sourit le guitariste de 44 ans. La première répétition a donc eu lieu en avril 2019. Un quatrième membre s’est enfin joint à eux : Fabien Supiot, le bassiste. Si ce dernier vient du secteur de Vitry-le-François, les autres membres sont originaires de Saint-Dizier.
C’est Thomas Le Corguillé qui écrit les textes et la base des chansons. « Au départ, ce sont des chansons que j’écris, seul à la guitare. Puis on va essayer de les transformer en quelque chose de beaucoup plus rock », explique-t-il. « Vu que les morceaux sont en français, on nous dit souvent que ça fait penser à Noir Désir. Mais il y a d’autres influences, j’écoute par exemple beaucoup de musique américaine, de la folk ou des musiques plus rock comme “Rage against the machine.” » Les textes revêtent souvent une importance particulière. « Globalement, ce sont des textes engagés. On se retrouve tous les quatre là-dedans : on fait le constat que le monde ne tourne pas forcément dans le bon sens et que la mondialisation libérale a fait beaucoup de dégâts, qu’il faudrait plus penser à l’écologie et la biodiversité. » Malgré tout, l’univers de Stagaddon ne repose pas uniquement sur les textes. « Le rock reste une musique énervée mais c’est aussi quelque chose qu’on ressent, qui permet de se défouler. On a la volonté d’apporter un univers musical avec des ambiances travaillées. » Le batteur, Pascal Denni, peut par exemple rajouter des sons grâce à un sampleur.

Un son plus « compact »

En effet, les morceaux s’enrichissent grâce à ce qu’apporte chaque musicien. « J’aime quand on répète et que les chansons puissent évoluer avec les remarques des uns et des autres », explique Thomas Le Corguillé.
“Mud Jungle” est donc le deuxième EP du groupe. « Le premier était plus une démo, pour nous présenter. Avec “Mud Jungle”, le son est plus compact, plus cohérent.» Même si c’est compliqué pour l’instant, leur volonté reste de faire des concerts. Ils devaient jouer fin mai à l’Orange bleue à Vitry-le-François, mais l’événement a été annulé. En attendant, les musiciens confinés communiquent à distance. « Je n’ai jamais fait autant de musique qu’en ce moment », sourit Thomas Le Corguillé.
Clotilde Percheminier

L’EP est disponible sur internet : stagaddon.bandcamp.com, tandis que certains morceaux sont sur la chaîne Youtube “Stagaddon”.


Thomas Le Corguillé, chanteur et guitariste, écrit les textes de Stagaddon. (Photos D. R.)