Appelés à se produire, le 20 octobre, à Saint-Dizier, aux Fuseaux, 
les Ogres de Barback multiplient projets et collaborations depuis 
plus de 20 ans. Frères et sœurs ont ainsi rassemblé des artistes de différents styles et horizons dans le cadre d’un album consacré à l’œuvre de Pierre Perret. Le temps d’une interview, un instant seulement, Alice Burguière 
abandonne frères, famille, amis, violoncelle, trombone et scie musicale.

Vous vous produirez le 20 octobre aux Fuseaux. Vous enchaînez les tournées partagées avec différents artistes. Dans quelle composition le public haut-marnais va-t-il vous découvrir à Saint-Dizier ?
Alice Burguière : «Nous nous présenterons dans la formule de base, celle qui ressemble le plus aux Ogres, à savoir les Ogres seuls, quatre personnes, quatre frères et sœurs. (…) Nous sommes en train de terminer une tournée avec Les Hurlements d’Léo avant de nous lancer seuls, cet automne, dans une vingtaine de concerts dont celui programmé à Saint-Dizier. Au printemps prochain, nous repartirons sur une nouvelle formule afin de brouiller encore un peu plus les pistes !»

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette nouvelle formule ?
A. B. : «Nous repartirons sur une formule avec Le bal Brotto Lopez, nous avions connu une première approche de cette collaboration il y un ou deux ans, ce projet éphémère nous a plu, nous n’avions pas pu le mener à long terme et nous nous sentions un peu frustrés. Nous avons donc décidé de présenter cette formule à partir du printemps prochain».

Vous vous présenterez en famille à Saint-Dizier. Vous retrouver seuls est-il indispensable ?
A. B. : «Il faut revenir à la base régulièrement, nous aimons développer différents projets, partager des expériences avec d’autres artistes, mais nous aimons nous retrouver tous les quatre régulièrement».

Vous avez apporté votre pierre à l’hommage rendu à Mano Solo par Les Hurlements d’Léo, vous avez ensuite remis au jour le projet Un Air, deux familles avec ce même groupe,  vous avez par le passé joué en compagnie de fanfares et de nombreux artistes. Vous aimez être entourés…
A. B. : «Les Hurlements d’Léo sont des amis de longue date, nous avions joué avec eux il y a quinze ans, nous nous sommes à nouveau croisés dans le cadre du projet des Hurlements d’Léo en hommage à Mano Solo et nous eu envie de remettre le couvert avec Un air deux familles. Avec nos amis, avec des groupes comme La Rue Ketanou, Debout sur le zinc et bien d’autres, nous aimons nous retrouver régulièrement. Nous nous invitions les uns et les autres à l’occasion de concerts ou d’enregistrements.»

A l’image des aventures de Pitt Ocha ou du livre-disque Voir ailleurs si elle y est auquel votre sœur Mathilde a récemment collaboré, vous vous adressez aux adultes comme aux enfants…
A. B. : «Mathilde a en effet sorti cette année un petit livre avec une conteuse et Eric Fleury, notre illustrateur attitré. Depuis notre premier disque pour enfants, La Pittoresque Histoire de Pitt Ocha, nous avons régulièrement envie de nous adresser aux enfants. Nous aimons beaucoup et ils en redemandent !»
Votre actualité est également marquée par la sortie d’un album célébrant l’œuvre de Pierre Perret…
A. B. : «Nous sommes à l’initiative de ce projet, nous voyons Pierre Perret assez régulièrement, nous nous apprécions et nous avons eu l’idée de lancer ce projet. Il a été séduit et nous a lancé carte blanche, notamment sur les choix des chansons, des artistes et des arrangements. Il a été difficile de choisir quinze chansons, le répertoire de Pierre Perret en compte tant, mais nous avons fait des choix et tout imaginé, en son hommage.»

De nombreux albums en hommage à des artistes majeurs de la scène française sont sortis ces dernières années. L’aspect financier l’a malheureusement emporté sur la dimension artistique…
A. B. : «Notre démarche est un peu l’antithèse de tout ce qui se fait actuellement dans le cadre d’albums sur des artistes à qui on veut rendre hommage. Cette différence s’illustre par la liste des invités. Nos choix sont originaux, nous n’avons pas fait appel à des artistes surmédiatisés, nous avons fait comme d’habitude, nous avons sollicité des artistes que nous apprécions sans nous demander s’ils sont connus ou non. Nous avons imaginé des chansons avec des gens que nous aimons bien, nous avons imaginé avec qui ces chansons pouvaient coller, sans aucune réflexion quant au marketing ou au nombre de ventes.

Revenons-en au concert du 20 octobre. Comment vous présenteriez-vous aux personnes prêtes à venir vous voir et vous entendre pour la première fois ?
A. B. : «Le gens viennent passer un agréable moment, nous leur proposons donc un véritable spectacle vivant. L’originalité de nos concerts tient notamment au nombre d’instruments, nous nous en prêtons 20 ou 25 sur scène. Beaucoup de personnes sont sur scène derrière un ordinateur ou derrière un seul et unique instrument, nous aimons multiplier les instruments, notamment des instruments assez rares. (…) Nous présentons de la chanson à texte teintée de très nombreuses influences, la présence de nombreux instruments nous permet de multiplier les styles, nous allons donc de passages assez rock à d’autres très cuivrés, un peu à la tsigane, mais la chanson demeure au cœur du spectacle, dans une ambiance assez festive.

Vous tenez à maîtriser de A à Z vos créations…
A. B. : «Nous avons créé notre propre label après avoir été très vite agacés par le monde du show business. Nous souhaitions tout pouvoir gérer nous mêmes, sans nous laisser embarquer dans des choses que nous n’avions pas envie de faire. Nous ne voulions pas signer n’importe quoi n’importe comment. Nous étions très intéressés par les bases du métier d’où la créationdu label Irfan. Nous nous autoproduisons, nous distribuons également nos disques. Nous profitons de cette liberté.»
Propos recueillis par Thomas Bougueliane


Repères…
Dans les années 1990, 
quatre frères et sœurs se 
produisaient dans les squats, bars et rues de Paname. 
En 1997, Alice, Mathilde, Fred et Sam Burguière 
lançaient une souscription afin de financer leur premier album. Rue du temps ne tarda pas à séduire un large public. Quinze albums – dont trois dédiés aux enfants – écoulés 
à plus de 500 000 exemplaires ont été façonnés par ces orfèvres de la chanson 
française en l’espace 
de 20 ans. A l’image 
de la création du label Irfan, les Ogres de Barback ont 
multiplié les projets sans jamais trahir leurs valeurs et engagements. Sensibles aux œuvres de Georges Brassens, Tony Galif, Manu Chao, Bérurier noir, Mano Solo ou Boby Lapointe, la fratrie a enchaîné les collaborations avec Les Hurlements d’Léo, K2R Riddim ou les joyeux drilles de la sauvage et indomptable Fanfare du Belgistan. Les Ogres ont 
également croisé la route d’une des dernières grandes figures de la chanson française. A l’occasion de l’enregistrement d’un DVD 
marquant les dix ans 
du groupe, caméras et micros immortalisaient trois morceaux interprétés avec Pierre Perret dont Au café du canal, chef-d’œuvre du répertoire d’un artiste épris de poésie. 
Le père de Lily aura laissé «carte blanche» aux Ogres dans le cadre d’un album “tribute” baptisé La tribu de Pierre Perret. Loïc Lantoine, Christian Oliver, Massilia Sound System et autres amis des Ogres célèbrent avec à-propos Pierre Perret dans un album marqué par une douce, échevelée et inattendue interprétation du Zizi par François Morel et Didier Wampas.

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