Le festival 2021 sur le vif (Par Técina et Jean-Marc Raclot) 

Le festival Dimey s’est achevé dimanche (4 juillet) à Nogent. Retour sur une édition 2021 réussie tant artistiquement qu’humainement.

Un final éclectique
Le rideau s’est baissé dimanche pour le 20e Festival Bernard-Dimey. Humour et chansons étaient de la partie.
Le programme de cette dernière soirée était éclectique avec un agitateur de neurones qu’est Albert Meslay, Breton d’origine et comique français. Dans un tout autre registre, AnneliSe Roche a pris le relais avec sa voix douce, afin de faire vibrer la grande salle du complexe culturel. Enfin, après que les spectateurs se soient restaurés, c’est Pascal Mary, dans un tour de chant drôle et émouvant, qui a clôturé ce 20e festival fort réussi.
« Ecrire des sketchs, c’est fatigant et ça prend du temps. » Fort de ce constat, Albert Meslay avait envisagé de “sous-traiter” l’écriture de ses textes. Heureusement, il n’en a rien fait ! Mais avec “Je délocalise”, il imagine un spectacle 
coécrit avec un humoriste grec ayant accepté d’étaler le paiement de son sketch sur cinq ans, un jeune comique tibétain qui vient de terminer son BTS “force de vente”, un réfugié climatique du Bangladesh, ex-paysan sans terre, reconverti dans le stand up… On retrouve ici tout ce qu’on aime chez lui : jeux de mots subtils, humour absurde et second degré. Ceux qui apprécient l’humour intelligent ont été subjugués. Quant à AnneliSe Roche, cette Haut-Marnaise d’origine est aujourd’hui installée à Lyon, où elle a obtenu un master de musicien intervenant en milieu scolaire. Elle est auteure-compositrice-interprète, avec des arrangements de Pierre son complice guitariste. Avec son âme de conteuse, la chanteuse joue du piano, de la clarinette et de la guitare.
Rendez-vous en mai 2022
Sa voix douce et élégante chante ses souvenirs comme le premier titre de son récital sur sa maison de son enfance. Les mots sont sobres et évocateurs. On retrouve un peu d’Anne Sylvestre. AnneliSe dépeint les choses de la vie avec des détails touchants. Les amoureux de chanson ont fait une belle découverte, tout en émotion. Cette jeune chanteuse témoigne d’un beau talent d’écriture.
Autre univers avec Pascal Mary, qui s’est produit accompagné de son pianiste. Il écrit et compose toutes les chansons qui parlent de la brièveté des choses (“Dis-toi bien qu’ici-bas rien ne dure”), de la difficulté des choses (“A tout l’on s’accroche”). La mort est aussi assez présente, à commencer par une ode à sa mère (“Petite sirène d’eau douce”), Quant à la prière des animaux, on peut penser que le confinement a largement contribué à écrire cette chanson qui prône de “garder les humains confinés jusqu’à la Saint-Glinglin”. Des chansons ciselées portées par une voix au timbre remarquable, Pascal est un artiste généreux, authentique et attachant. Drôle, poignant, grinçant parfois, il ose tout. Entre ballades et rythmes swing, Pascal Mary touche aussi le public par un subtil mélange de mélancolie et d’humour. Ain-si s’est achevé ce 20e Festival Bernard-Dimey et les organisateurs se sont déjà projeté sur le 21e Festival qui aura lieu en mai 2022.
De notre correspondant Jean-Marc Raclot

Albert Meslay : 
entre jeux de mots subtils 
et humour absurde.
AnneliSe témoigne 
d’un beau talent d’écriture.
Pascal Mary est un artiste généreux, authentique 
et attachant.

 

Quatrième jour :

Festival Dimey : 
on en redemande
Samedi, le public a une nouvelle fois eu droit à un programme éclectique, 
comme les amis de Dimey aiment le concocter.
C’est Christophe Rémy, accompagné de Vincent Bardin, les régionaux de l’étape, qui a ouvert le bal : puis Entre deux caisses, des valeurs sûres, dans leur tournée d’adieux et pour la danse finale, Pierre Paul Danzin, le Ch’timi, avec sa voix rocailleuse, accompagné d’Alex et Gilles.

Christophe Rémy, auteur-interprète chaumontais, nous fait vibrer avec des textes “au cordeau” ; il était accompagné par son ami Vincent Bardin, musicien dans l’âme.
L’un compose les musiques, l’autre les textes. D’une façon originale, Christophe Rémy, dans une écriture autobiographique, nous dévoile, mais avec un peu de distance quand même, quelques tranches de sa vie. Il aime ce travail d’écriture et ses textes sont joliment “troussés”. Une de ses sources d’inspiration, ce sont les femmes, mais pas que… Dans un autre registre, il y a « les pâtes à l’alphabet ». « Un souvenir d’enfance quand on allait piocher des lettres dans sa soupe pour former des mots. On a tous fait ça. »
Le thème peut sembler léger, pourtant la part de l’enfance, profonde, n’est jamais loin. Déjà en tant que fils unique, pour occuper ses moments de solitude, il bricolait des textes comme beaucoup de gamins.
Enfin ! « Je m’y suis mis à 40 ans », aime-t-il à rappeler. Sa rencontre avec Vincent Bardin n’est pas anodine.
Pour parvenir à ce point d’équilibre, Christophe Rémy peut compter sur Vincent Bardin et vice versa. « C’est celui qui m’a fait prendre confiance en moi. » Christophe Rémy, dans ses textes est tout proche de Claude Nougaro, la référence absolue. Totalement décomplexé, il sème ses mots. En toute sincérité.
“Bouilleur de grue”
A 20 h, à l’heure de l’apéro, c’est Entre deux caisses avec Dominique, Bruno, Jean Michel et Gilles, un groupe de copains, qui nous font aimer les mots d’auteurs de la chanson française, tels Allain Leprest, Michel Bühler, et de quelques textes originaux.
C’est donc dans un petit tour de leurs sept albums de 
2000 à 2014 qu’ils nous entraînent, après une entrée en matière hilarante. Ce sera l’occasion de nous conter leurs aventures tout au long de ces années de tournées.
L’accordéon virtuose de Dominique et les chœurs mâles font des merveilles. Musique classique à l’honneur encore avec l’inénarrable “Bouilleur de grue” sur l’air du Génie du froid de Purcell, ou le “Sacha” chanteur d’opéra, ou encore “Je pète au lit / Mon mâchicoulis sent le brocoli”, une comptine-berceuse déconseillée aux enfants. Pour finir, un superbe solo bascule en un hilarant hymne à l’andropause, “Le doux repos des sens”. Un spectacle sur le fil entre rire et émotion, qui en fait toute sa valeur humaine. Malgré tout, leur décision est sans appel : « On voulait vous dire au revoir » : il vous reste jusqu’à août 2021 pour les écouter, pas un jour de plus.
Dans la lignée des Leprest, Nougaro, Ferré
Le temps d’une pause méritée au bar, c’est Pierre Paul Danzin, auteur, compositeur, interprète et clarinettiste français, qui nous plonge dans son univers. Pierre Paul Danzin, c’est une voix légèrement rocailleuse, habitée et mélodique, une écriture poétique, ciselée et précise (dans la lignée des Leprest, Nougaro, Ferré), des mélodies généreuses. Les mots sonnent, résonnent et racontent des histoires de gens qui traversent la vie quotidienne.
Il porte un regard humaniste, attentif, tendre, parfois corrosif sur le monde d’aujourd’hui.
Une guitare, un ukulélé, une clarinette, une flûte, un accordéon : et voilà qu’il nous emmène déjà ailleurs, ses chansons sont des voyages.Et quelle joie de pouvoir l’y accompagner le temps d’un spectacle.
De notre correspondant Jean-Marc Raclot

Vincent Bardin et Christophe Rémy, les deux complices.
Entre deux caisses : « On voulait vous dire au revoir. »
Pierre Paul Danzin était accompagné par Alex et Gilles.

Troisième jour :

Le grand écart
Une rockeuse dans l’âme, un amoureux du swing ! La première soirée 
du Festival Dimey a fait feu de tout bois vendredi à Nogent.
Qualité et diversité guident les bénévoles de l’association Dimey quand il s’agit d’arrêter la programmation de leur festival annuel.
Cette 20e édition, bien que modifiée en raison des reports successifs imposés par les autorités, Covid oblige !, n’a pas dérogé à la règle. Le public a eu droit à un grand écart vendredi soir. Il a apprécié la prestation de Guilam revisitant Dimey en ouverture (notre édition d’hier), a été séduit par le peps et l’irrévérence d’une fille de l’air et par la finesse d’un gars de banlieue qui tire aujourd’hui des bords du côté de Quimper.
La fille de l’air, c’est Evelyne Gallet une habituée du Festival Dimey vue il y a quelques saisons du côté de Nogent avec ses copines des Cancoillottes Girls. Sous son nom propre, la formule est nettement plus rock & roll. Et le rock & roll, ce n’est généralement pas le style le plus apprécié des habitués du festival nogentais. On peut même dire qu’une bonne partie a tendance à fuir à la vue d’une batterie. Pas cette fois ! A-t-il succombé, ce public, au charme et au sens du rythme d’Elvire, jeune batteuse talentueuse ? Probablement. La formation d’Evelyne Gallet a la particularité de compter un tubiste (Greg) dans ses rangs. Pas banal et très intéressant brassage que vient compléter Clément aux guitares et machines. Les petites satires contées par cette fille de l’air sont souvent désabusées. Tout le contraire de l’énergie qu’elle déploie sur scène.
Le gars de banlieue, c’est Karim Kacel. L’artiste, très populaire dans les années 80 avec quelques tubes à la clé, avait disparu des radars du grand public mais pas du cercle des amoureux de la chanson française. « Il y en a des chansons qui dorment. C’est un crime de ne pas les chanter », souligne-
t-il. On a eu droit à Jean Dréjac, Serge Reggiani et Dimey, bien sûr pour une très belle version de “Syracuse” avec la complicité de l’excellent Angelo Zurzolo au piano. Lauréat – avec son titre “Banlieue” – d’un radio crochet organisé par la maison de disques Pathé Marconi alors qu’il venait accompagner un copain à la guitare, Karim Kacel a depuis tracé son chemin dans l’exigence et l’humilité.
A. S.

Avec Evelyne Gallet et son groupe, ça décoiffe !

Karim Kacel et Angelo Zurzolo, une complicité de 30 ans.

 

Quand Guilam s’envole
Du Dimey revisité pour ne pas dire dépoussiéré. Guilam s’est envolé hieren ouverture du Festival Dimey à Nogent.

Depuis un moment déjà, les organisateurs du Festival ont pris la bonne habitude de programmer des spectacles estampillés 100 % Dimey en ouverture, en hommage au poète nogentais. Cette année, ils ont eu le nez fin. Très fin. On n’aurait pas rêvé mieux pour une mise en route. Après les bons mots de l’association Au cœur des mots qui intervient avant chaque spectacle depuis deux ans déjà, Guilam est entré en piste. Guilam… et Jean-Paul Bonfils, c’est un peu comme les cinq doigts de la main. Indissociables et tellement complémentaires. Et quand on apprend que le second est un peu à l’origine de la rencontre entre l’artiste parisien et Dimey, on comprend mieux la complicité qui les lie. C’était il y a une douzaine d’années, chez Jean-Paul, dans les Cévennes, Guilam tombe sur les recueils des poèmes de Dimey édités par Christian Pirot et prend « une grande claque ». Le poème “L’enfance”, interprété en ouverture du concert, est mis en musique dans la soirée. « Je n’avais pas beaucoup mis les pieds dans Dimey. Jean-Paul m’a dit “ça te va pas mal. Tu devrais imaginer un spectacle autour de Dimey” », se souvient Guilam. Le point de départ d’une belle aventure menée dans un premier temps en trio. Guilam et Jean-Paul ne l’avaient pas donné depuis quatre ans et demi. Ils ont fait un véritable tabac hier en fin d’après-midi. Un spectacle tout en élégance, entrecoupé des poèmes issus du bestiaire de Dimey, dits avec une gourmandise évidente par Jean-Paul Bonfils, aussi efficace dans ce rôle-là que guitare en main ou trompette en bouche. Un chouette moment ! La confirmation que les mots de Dimey n’ont rien perdu de leur force et de leur modernité.
A. S.

Jean-Paul Bonfils et Guilam 
ont fait un véritable tabac dans un tour de chant consacré à Dimey.

Deuxième jour :

Dimey : mention “très bien”
Le final de l’Enfanstival a tenu toutes ses promesses jeudi soir à Nogent. L’Atelier des Enfants de Dimey a rendu sa copie 
avec une mention “très bien” à la clé.

La première édition de l’Enfanstival, prélude au Festival Dimey, s’est achevée en beauté jeudi soir. L’Atelier des Enfants de Dimey a volé la vedette à son parrain, JeHaN, appelé à se produire pour boucler ce rendez-vous destiné principalement aux enfants. L’atelier cher à 
Eric Villemot, enseignant à l’école Baudon-Rostand, a occupé la scène pour un tour de chant d’une grande fraîcheur qui parachevait une année de travail sur le temps scolaire et extrascolaire avec Vincent et Céline Bardin à la baguette. Les parents présents dans la salle ont réservé une ovation debout à leur jeune progéniture à l’issue de cette heure maîtrisée de bout en bout.
A pleins poumons
Depuis 2019, le chant fait pleinement partie du processus pédagogique de l’école Baudon-Rostand et les résultats en classe sont à la hauteur des efforts prodigués en répétition et sur la scène, ce jeudi soir. Ça saute aux yeux, ces jeunes-là ont pris un plaisir fou à se produire en public. Les standards de la chanson française, interprétés pour l’occasion avec l’appui de quelques adultes présents dans les chœurs et dans l’équipe de musiciens, avaient été sélectionnés avec beaucoup d’à-propos. Entendre des enfants entonner à pleins poumons « changer le vieux monde pour faire un jardin », de Voulzy, ça fait du bien et ça nous promet sans doute des lendemains qui chantent. Entendre ces mêmes jeunes déclamer du Dimey – avec une mention spéciale à Emilio pour “Les enfants de Louxor” – c’est un petit début de reconnaissance, tardif certes, mais bienvenu pour l’enfant du pays ignoré majoritairement par leurs aînés. Entendre enfin cette joyeuse équipe chanter “Fais-moi une chanson”, composition signée Gotainer, et sortir de la salle avec ce petit air entêtant, c’est ce qu’on attend aussi du spectacle vivant.
Place au parrain
JeHaN, intronisé officiellement parrain de l’Atelier des Enfants de Dimey, bouclait cette première édition de l’Enfanstival après la prestation de ses filleuls. Auteur-compositeur et interprète à l’accent chantant, JeHaN est aujourd’hui un des interprètes majeurs du répertoire de Dimey. Son tour de chant était largement inspiré par la poésie du Haut-Marnais de Montmartre et par celle d’Anne Sylvestre, la grande dame de la chanson française décédée en novembre dernier et qui s’était produite en 2003 lors du Festival Dimey. Leprest était un peu là aussi grâce à ce grand type attachant qui se pointe sur scène avec sa seule guitare pour compagne. Dire que son approche de l’instrument est singulière relève de l’euphémisme. JeHaN est un guitariste hybride qui joue façon “gipsy” sur une acoustique à cordes acier. C’est pour le moins particulier et souvent percutant. Percutant comme cette première édition de l’Enfanstival qui restera, à n’en pas douter, dans les mémoires.
A. S.

Du Dimey, du Sylvestre, 
du Leprest… Rien que des grands 
avec JeHaN

L’Atelier des Enfants de Dimey, une incroyable aventure musicale et pédagogique.
(Photos Domi Decker).

Dans le regard des enfants

La première édition de l’Enfanstival, prélude au Festival Dimey, s’est poursuivie hier à Nogent. Un regard très enrichissant sur la place du chant en milieu scolaire. Un final enchanté.

Une salle largement garnie, des enfants sur scène, du Dimey dans l’air… Il y avait matière à arborer un large sourire hier après-midi au Centre culturel de Nogent pour le deuxième et dernier jour de l’Enfanstival, le nouveau né de l’association Dimey. Les sourires étaient masqués, certes, mais les regards font passer tellement de choses. C’est un des enseignements que les enfants de l’école Baudon-Rostand peuvent tirer d’une année scolaire rythmée par les interventions d’Eléonore Bovon. L’artiste, cheffe de chœur émérite, a chapeauté une fois par mois une belle équipe de gamins pour donner naissance au spectacle qui a été présenté hier devant une salle copieusement garnie. “Du coq à l’âne”, c’est le nom du spectacle, est largement inspiré du bestiaire de Bernard Dimey. « C’est un joyeux bestiaire créé spécialement pour l’occasion par cette joyeuse bande », commente Eléonore Bovon en préambule.

C’est quoi cet animal ? Bernard a dit… Quand les poules auront des dents, maman t’achètera une mobylette. Il y a une bonne dose de surréalisme dans ces délicieuses comptines livrées par ces artistes en herbe. Des petits bouts d’histoires qui tiendraient presque du sortilège comme ce Coronatus, un « drôle » d’animal qui fiche les jetons et qui a marqué les esprits durant cette année si particulière. Une année dominée par la peur et toute une ribambelle d’émotions contradictoires. Des choses qui touchent au réel, au quotidien des enfants. « Comment sortir de cet état-là ? Ne trouvez-vous pas qu’ils y sont bien arrivés », souligne Eleonore Bovon avec une once de malice en s’adressant aussi bien à son jeune chœur qu’aux spectateurs.

Ce projet artistique global (PAG), en partenariat avec l’association Arts vivants 52, a contribué à donner une première approche du chant d’ensemble à des jeunes très impliqués qui, par ricochet, ont appris tout simplement les choses de la vie en général et de la vie d’artiste en particulier : « Rester une demi-heure debout sur scène, s’ancrer dans le sol, se concentrer, ne pas parler devant le micro, chanter avec un masque… J’ai vu plein de choses dans le regard des enfants. Le regard, c’est ce qui nous relie les uns aux autres », assure la cheffe de chœur. De l’univers de Dimey, les jeunes ont appris aussi que la poésie sert à décaler le regard sur les choses de la vie. Un bel hommage au poète nogentais dont on commémorait hier le quarantième anniversaire de sa disparition.

A. S.

Les jeunes de l’école Baudon-Rostand, à Nogent, ont appris à chanter masqués. (Photo Domi Decker).

 

Premier jour :

Les enfants d’abord

Une générale rafraîchissante pour l’Atelier des enfants de Dimey et un premier concert du soir avec Clément Remyon (Photos Domi Decker)

Une générale pour l’Atelier des enfants de Dimey et le concert 
de Clément Remyon, un habitué lui aussi de l’atelier… Le festival Dimey 
a débuté hier, tout en voix.

La chanson est à l’honneur depuis hier à Nogent. Les bénévoles de l’association Dimey sont mobilisés jusqu’à dimanche pour leur festival annuel, le vingtième du nom, en hommage au poète nogentais. Cette édition anniversaire a débuté hier avec la première édition de l’Enfanstival. C’est la petite nouveauté concoctée par l’équipe de Jean-Paul Dupont. Un festival essentiellement destiné aux enfants avec aussi de jeunes têtes blondes sur scène. Hier, les pensionnaires de l’Atelier des enfants de Dimey ont procédé à la générale du spectacle qu’ils donneront aujourd’hui, en début de soirée, avant le concert de JeHaN. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils la tiennent remarquablement bien, la scène.

On sentait une réelle concentration dans le filage de ce tour de chant qui donne à entendre quelques œuvres majeures du répertoire de la chanson française populaire et de qualité. Les Souchon, Voulzy sont de la partie et prennent un sacré coup de jeune. Dimey est là aussi, bien sûr. On peut déjà saluer le travail accompli par l’équipe d’encadrement, Vincent et Céline Bardin en tête qui chapeautent ces jeunes issus pour la plupart de l’école Baudon-Rostand de Nogent à laquelle se sont greffés quelques adultes et des musiciens du secteur. La démarche, Eric Villemot, le papa de l’Atelier des enfants de Dimey, l’a rappelé. C’est une démarche pédagogique qui permet aux élèves de s’élever par la pratique d’une activité artistique, le chant. Les résultats en classe sont spectaculaires. Et d’un point de vue purement artistique, le résultat est là aussi. A la générale, devant un petit parterre de parents et de bénévoles, les applaudissements sont venus ponctuer des chants tout en harmonie. Clément Remyon – l’homme aux mille chansons – qui tient la guitare et les claviers dans cet ensemble rafraichissant, a bouclé cette première journée dans son tour de chant consacré à Yves Duteil.

 

Clément Remyon connaît la chanson

Clément Remyon est un phénomène. Le Nogentais d’adoption a plus de 1 000 chansons à son répertoire. « Quand mes potes écoutaient de la musique anglo-saxonne, moi j’étais porté sur Brassens, Renaud… », souligne-t-il.
Mercredi soir, Clément a assuré un tour de chant consacré exclusivement à Yves Duteil. « J’ai découvert l’artiste en 2009. Je connaissais ses chansons les plus célèbres et j’ai voulu découvrir le reste. Je n’ai pas été déçu. C’est un répertoire idéal pour un festival destiné prioritairement aux enfants », poursuit celui qui a participé avec succès à l’émission télé “N’oubliez pas les paroles”. C’était il y a quatre ans. L’idée du spectacle Duteil est née l’an dernier au détour d’une répétition avec  l’Atelier des Enfants de Dimey dont fait partie Clément. Il y alterne entre guitare et clavier. « Les choses se sont faites assez naturellement. Eric (Villemot, Ndlr) m’a suggéré de chanter Duteil », précise encore Clément. L’association Dimey lui a fait, bien volontiers, une place dans la programmation de son premier Enfanstival. A noter que Clément donnait, à cette occasion, son premier concert « dans des conditions professionnelles ».Un vrai bonheur pour lui à l’instar de son implication au sein de l’Atelier des Enfants de Dimey. « De cette soirée, je ne retiens que du positif. J’ai eu des éloges. Je suis ravi. Avec l’atelier, c’est pareil. On avait des gamins tétanisés devant un micro au début. Aujourd’hui, ils sont incroyables. », témoigne l’artiste qui devrait revenir l’an prochain à l’Enfanstival dans un tour de chant consacré cette fois à Maxime Le Forestier.

Mercredi soir, Clément Remyon a assuré un tour de chant consacré exclusivement à Yves Duteil. (Photo Domi Decker).

L’art majeur de Domi Decker

Domi Decker est une habituée du Festival Dimey. Elle y expose 
depuis plusieurs années des photographies prises sur le vif. 
Celles des artistes, des festivaliers, des bénévoles de l’association. 
On est toujours séduit par son regard singulier.

Les photos et les peintures superbes 
de Domi Decker illuminent le hall 
du Centre Culturel de Nogent.

Cette année, le Centre Culturel de Nogent lui consacre une exposition visible, heureux hasard, jusqu’à dimanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça en jette un max dans le hall. Côté gauche, les photos. Côté droit, les peintures. « Deux approches qui n’ont font qu’une », atteste l’artiste chaumontaise qui a débuté son activité de photographe « à l’époque de l’argentique » au studio Elios de Chaumont. « C’est mon métier, à la base. Il est vrai que je suis particulièrement sensible à cette part de mon travail », assure-t-elle. La photographie de Domi Decker, elle bouscule les lignes. Imaginez de la macro sur des formats conséquents. Des photos qui laissent une large place à l’imaginaire. Domi Decker est capable de sublimer une moisissure, une nappe d’hydrocarbure. Le résultat est bluffant. « Je suis toujours ravie quand les familles se posent devant mes photos, notamment les enfants qui ont un imaginaire très développé », souligne-t-elle. Ce poisson multicolore n’est en fait qu’une vulgaire tâche de mazout. Vous avez dit vulgaire ? « J’ai toujours exercé mon œil à voir dans les petites choses. On distingue une autre réalité », précise Domi Decker qui donne un traitement minimaliste à ses clichés : « Je force sur les contrastes et sur la saturation ou non des couleurs. C’est tout. Dans l’esprit d’un Man Ray qui jouait sur la solarisation des négatifs », poursuit-elle.

Et comme la photographie et la peinture sont souvent des activités solitaires, Domi Decker aime à partager son approche avec d’autres artistes du cru. Le hasard d’une rencontre fait le reste. Ludovic, de l’atelier La beauté et moi de Chaumont a imaginé de superbes encadrements en carton pour ses peintures figuratives. Romie, alias Rose-Marie Agliata, a couché quelques poèmes dont elle a le secret pour accompagner une partie des photos exposées à Nogent. « J’aimerais que ce travail commun débouche sur un livre », s’enthousiasme l’artiste. En attendant, son travail est à feuilleter avec délectation durant le festival.
A. S.

Vernissage de l’exposition dimanche 4 juillet à 18 h 15 avec la présence de musiciens qui revisiteront quelques standards de jazz, de funk et de bossa.

Les archives 2021 :

L’Enfanstival et le festival Dimey font cause commune par la force des choses. On renoue avec le spectacle vivant du 30 juin au 4 juillet du côté de Nogent.
Vous ne rêvez pas ! Après une année blanche en 2020 et un début d’année 2021 compliqué, doux euphémisme !, l’étau se desserre enfin pour le monde de la culture en général et pour l’association Dimey en particulier. Le festival annuel avait été annulé l’an dernier compte tenu des restrictions sanitaires imposées par les autorités. Même sanction pour l’édition 2021 qui devait se dérouler en mai et pour le lancement de l’Enfanstival qui lui était programmé initialement début juin.
Avec l’amélioration des conditions sanitaires et grâce à l’obstination des membres du conseil d’administration de l’association Dimey, le festival aura bien lieu du 30 juin au 4 juillet à la salle de spectacle du Centre culturel et sportif de Nogent. « Il était temps que nous reprenions pour de vrai », souligne Jean-Paul Dupont, président de l’association. « Depuis plus d’un an, nous sommes allés de reports en annulations, pas toujours cohérents et justifiés et parfois au dernier moment. C’est usant ! », assure-t-il.
En toute sérénité
Dernier avatar en date, le report de l’Enfanstival qui devait avoir lieu courant juin et qui sera finalement accolé au Festival Dimey. « Le reporter à l’automne aurait été un non-sens et nous avons tenu à ce que les restitutions des enfants se fassent au terme de l’année scolaire », souligne Jean-Paul Dupont qui veut rassurer le public. L’association Dimey mettra tout en œuvre pour assurer la sécurité sanitaire lors de ce rendez-vous culturel. « Outre les gestes barrière et la distanciation physique, le Centre culturel Robert Henry, de par sa conception, sa situation et ses dimensions, offre les meilleures garanties pour des concerts en toute sérénité », assure-t-il. L’association a même prévu un test Covid à l’entrée, pour les volontaires, avec l’aide de la Croix Rouge.
Il convient aussi de rappeler que le Festival Dimey n’accueille généralement pas plus de 400 spectateurs par soirée. On n’est même pas sur la jauge d’une salle telle que les Fuseaux à Saint-Dizier. Rien de comparable, a fortiori, avec les grands festivals d’été qui pour la plupart ont jeté l’éponge en raison des conditions intenables imposées par le ministère de tutelle.
Toutefois, bien qu’à taille humaine, un festival comme celui de Nogent, cela ne s’improvise pas. « Ce sont des mois de préparation. Ça commence plus d’un an avant par le contact des artistes pour monter la programmation, mettre en place le plan de communication et le budget prévisionnel, prévoir les partenariats institutionnels et associatifs, les réservations des hébergements, de salles, de la technique… On n’a pas idée de la somme de travail ! Ce sont trente à quarante bénévoles qui sont impliqués toute l’année », souligne Jean-Paul Dupont.
A pied d’oeuvre
Des bénévoles qui seront à nouveau à pied d’œuvre et qui voient leurs efforts récompensés. L’association affiche une belle santé avec un record du nombre d’adhérents (184 adultes et 102 enfants) sur la saison en cours. Ils ne seront pas de trop, dès demain, pour procéder à la mise en place de ce temps fort de la vie de l’association. Un rendez-vous qui a dû s’adapter aux spécificités du moment. « Le Festival ne sera pas tout à fait le même, déjà du fait même de la date inhabituelle. La grosse difficulté a été de tout reprogrammer avec, contrainte supplémentaire, trois concerts quotidiens dans la grande salle. Dur dur du côté des artistes, pour lesquels nous sommes confrontés à un véritable embouteillage dû aux reports des dates. Une grande partie a toutefois répondu présent pour juillet, mais nous avons dû en reporter en 2022, c’est le cas par exemple pour la chorale Vocalys et pour la carte blanche à Éric Frasiak », précise Jean-Paul Dupont.
Par contre, avec l’assouplissement des contraintes sanitaires au 30 juin, on peut espérer un festival, certes masqué mais avec une bonne tranche de convivialité. « Le bar fonctionnera, le pique-nique tiré du sac sera possible et le restaurant sera ouvert aux artistes, techniciens, bénévoles et sur réservation aux festivaliers extérieurs. Nul doute que nous aurons droit à quelques 3e mi-temps festives comme on les aime », s’enthousiasme à l’avance Jean-Paul Dupont. Et d’ajouter : « Pour tous, artistes, techniciens, bénévoles, festivaliers, nous ne pouvions pas annuler une deuxième fois cette 20e édition. Nous avons tenu bon ! C’est notre hommage à Bernard Dimey ». 2021 est une date particulière. Le poète nogentais, né il y a tout juste 80 ans, est décédé le 1er juillet 1981. Il y a 30 ans. Ce double anniversaire mérite bien un double festival.
A. S.


La tournée d’adieux d’Entre 2 Caisses passe par Nogent (Photo Chantal Bou-Hanna).

 

Nogent fête la chanson
Nogent fait la fête à la chanson française cinq jours durant 
avec L’Enfanstival et le Festival Dimey.
Rendez-vous dès aujour-d’hui pour la première édition de l’Enfanstival, une petite nouveauté concoctée par les bénévoles de l’association Bernard Dimey, qui ne ménagent pas leurs efforts depuis plusieurs années afin d’élargir le public du festival annuel en hommage au poète nogentais.
Tous les ans, les enfants des écoles du bassin nogentais sont les premiers à pousser les portes du centre culturel et sportif de Nogent avec des spectacles qui leur sont destinés. Cette année, les jeunes auront aussi l’occasion de monter sur la grande scène avec la restitution de leurs travaux réalisés avec l’Atelier des Enfants de Dimey pendant et hors temps scolaire à l’école Baudon-Rostand.
La générale aura lieu en ouverture du festival aujourd’hui vers 18 h 30 et sera suivie du tour de chant d’un des membres actifs de l’Atelier, Clément Remyon, qui chantera Yves Duteil pour l’occasion (20 h 30).
Troisième mi-temps
Demain, place aux élèves chapeautés par Eleonore Bovon tout au long de l’année pour plusieurs spectacles donnés en après-midi. Il sera question de Dimey et de bien d’autres choses. L’Atelier des Enfants de Dimey prendra le relais en soirée avant la prestation attendue de JeHaN, un des interprètes majeurs de Dimey, qui deviendra le parrain de l’Atelier.
Vendredi, le Festival Dimey devrait débuter sur les chapeaux de roue avec Guilam, un amoureux de Dimey lui aussi, dans un tour de chant consacré exclusivement au poète de Nogent. Evelyne Gallet puis Karim Kacel boucleront la soirée.
Samedi, trois concerts sont également programmés sur la grande scène avec le Chaumontais Christo-phe Rémy accompagné au piano par Vincent Bardin. “Entre deux caisses” revient pour sa tournée d’adieux avant la prestation très attendue de Pierre Paul Danzin.
Dimanche, le festival s’achèvera avec Albert Meslay, Annelise Roche, une jeune chanteuse haut-marnaise qui fait son petit bonhomme de chemin et Pascal Mary.
En parallèle du festival, une exposition des œuvres picturales et photographiques de l’artiste chaumontaise Domi Decker est visible dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif, épicentre des troisièmes mi-temps qui font aussi la réputation du festival de Nogent.
A. S.

L’interview

Jean-Paul Dupont : « Il était temps que nous redémarrions pour de vrai »

Photo d’archives Domi Decker

– JHM : Le ciel semble se dégager quelque peu pour l’association Dimey après une année 2020 et un début d’année 2021 compliqués. A quelques jours du festival, quel est l’état d’esprit général parmi les bénévoles ?
Jean-Paul Dupont : Il était temps que nous redémarrions pour de vrai. Depuis plus d’un an nous sommes allés de reports en annulations, pas toujours cohérents et justifiés et parfois au dernier moment, c’est usant. Un Festival, voire un simple concert, ce sont des mois de préparation, ça commence plus d’un an avant par le contact des artistes pour monter la programmation et mettre en place le plan de communication et le budget prévisionnel ; prévoir les partenariats institutionnels ou associatifs, les réservations des hébergements, des salles, de la technique… On n’a pas idée de la somme de travail et du temps passé que cela représente. Ce sont trente à quarante bénévoles qui sont impliqués toute l’année et qui voient leurs efforts et leur dévouement réduits à néant. Pour autant, l’activité et l’expression publique de l’Association n’ont pas cessées durant cette période et les bénévoles et membres du CA ont été assidus et impliqués dans toutes les décisions difficiles. Au sortir, du moins on l’espère, de cette situation sanitaire, l’association se trouve même renforcée avec un record du nombre d’adhérents (184 adultes et 102 enfants) et de nouveaux bénévoles qui viennent combler les départs naturels. Le moral de l’asso Dimey est bon !

– JHM : L’annulation de l’Enfanstival, initialement programmé en juin, a été un coup dur pour l’association qui s’efforce de développer des actions en direction du jeune public, notamment par le biais de l’Atelier des enfants de Dimey. Parlez-nous du travail réalisé par cet atelier tout au long de l’année.
J-P. Dupont : Pour rappel, il faut préciser que l’Atelier des Enfants de Dimey est né en septembre 2019 de la rencontre, que l’on peut qualifiée de naturelle et d’opportune, de l’asso Dimey avec l’action pédagogique d’Eric Villemot, professeur de l’école Baudon-Rostand de Nogent. Soit juste avant le début de la pandémie, ce qui aurait pu être fatal. Mais grâce à son activité en mode périscolaire et extrascolaire, et le soutien de la municipalité de Nogent, l’Atelier a pu fonctionner partiellement et a pris une dimension sociale et culturelle reconnue. Tous les soirs de la semaine et chaque mercredi et samedi, les enfants du bassin nogentais, volontaires faut-il préciser, se retrouvent en différents ateliers où ils peuvent entrer en connaissance avec la musique, le chant, le solfège, l’expression orale. Même si nous avons fait appel à des professionnels pour les accompagner et épauler les bénévoles encadrants, le but n’est pas d’en faire des artistes du show-business mais de leur permettre de grandir, de s’élever et de s’épanouir. C’est un lieu de rencontre, d’échange et de socialisation. Qu’au final ces enfants puissent montrer sur scène, à leurs parents et face à un public, le travail accompli tout au long de l’année, c’est pour eux la cerise sur le gâteau. Et c’est ce qui a amené la création de L’Enfanstival, premier festival pour enfants. Le reporter à l’automne aurait été un non-sens et nous avons tenu à ce que les restitutions des enfants se fassent au terme de l’année scolaire.

– JHM : Le festival Dimey fête ses 20 ans avec un an de décalage puisqu’il n’a pu avoir lieu en 2020. Cette édition 2021 aura-t-elle la saveur de ses devancières notamment du point de vue festif qui fait aussi sa singularité ?
– J-P. Dupont : Le Festival que nous avons dû reporter en juillet ne sera pas tout à fait le même, déjà du fait même de la date inhabituelle. La grosse difficulté pour nous a été de tout reprogrammer avec, contrainte supplémentaire, trois concerts quotidiens dans la grande salle. Dur dur du côté des artistes, pour lesquels nous sommes confrontés à un véritable embouteillage dû aux reports des dates. Une grande partie a toutefois répondu présent pour juillet, mais nous avons dû en reporter en 2022, c’est le cas par exemple pour la chorale Vocalys et pour la carte blanche à Éric Frasiak.
Nous avons aussi accolé au Festival une partie de L’Enfanstival (les spectacles pour écoles étant reportés aux 7 et 8 octobre). Lorsqu’il a fallu lancer la communication pour le Festival, nous ne pouvions pas prévoir l’évolution de la situation aussi nous parlions d’un Festival à minima. À minima, il le sera bien sûr mais moins que prévu, ne serait-ce que par la nécessité du respect des règles sanitaires, port du masque et distanciation physique. Mais la bonne surprise, c’est l’ouverture plus large de ces conditions sanitaires à partir du 30 juin qui doit nous permettre d’accueillir le public plus sereinement. Le bar fonctionnera, le pique-nique tiré du sac sera possible et le restaurant sera ouvert aux artistes, techniciens, bénévoles et sur réservation aux festivaliers ‘’extérieurs’’. Nul doute que nous aurons droit à quelques 3ème mi-temps festives comme on les aime. Pour tous, artistes, techniciens, bénévoles, festivaliers, nous ne pouvions pas annuler une deuxième fois cette 20e édition du Festival. Nous avons tenu bon ! C’est notre hommage à Bernard Dimey : 2021, année anniversaire, il est né il y a tout juste 80 ans et décédé il y a 30 ans. Enfin, pour faire bonne mesure et rassurer un public qui douterait encore, nous avons fait appel à la Croix Rouge pour proposer aux festivaliers volontaires un test PCR à l’entrée du Festival.
Recueillis par A.S

S’affirmer en chantant
Il est bien né le divin Atelier des enfants de Dimey.
Là où les élèves s’affirment en chantant. Petit tour en répétition.
Chanter, ça fait un bien fou. La centaine d’enfants qui participent à l’Atelier des enfants de Dimey vous le dira de concert. Les adultes encadrants aussi, eux qui ne manqueraient pour rien au monde les répétitions du samedi matin à l’école Baudon-Rostand de Nogent. La grande salle du foyer se transforme en fourmilière pour quelques heures ou pour une journée entière quand il s’agit de « filer » le répertoire. Le samedi 22 mai, alors que les participants apprenaient l’annulation de LEUR Enfanstival où ils devaient se produire courant juin, on maintenait toutefois la cadence.
Deux nécessités
Céline et Vincent Bardin, musiciens encadrants l’atelier, étaient à la baguette pour orchestrer cette journée chargée car les enfants rendront leur copie sur scène en ouverture du 20e Festival Dimey, dès mercredi. Deux jours durant, ils partageront l’affiche avec les grands et notamment JeHan. L’interprète majeur du répertoire de Dimey deviendra pour l’occasion le parrain de l’Atelier des enfants de Dimey.
Sans trop de pression en ce samedi matin mais les paupières encore un peu lourdes, Léna, Jade, Ryan, Mathys, Ombeline et leurs camarades commencent par se chauffer la voix.
« Ce matin, ce que je voudrais, c’est qu’on règle l’équilibre entre les instruments et qu’on vérifie le déroulement des chansons », intervient d’emblée Vincent après avoir accordé sa basse. En démarre par le commencement, « Fais-moi une chanson ». « Clément, tu nous fais l’intro et je vous dis à quel moment vous démarrez les enfants, ok ? », poursuit Céline. Et c’est parti pour une mise en place harmonique et rythmique – avec Seb à la batterie – dans une ambiance studieuse et bon enfant.
L’Atelier des enfants de Dimey est né en 2019 de la rencontre de l’association du même nom et de l’école Baudon-Rostand invitée depuis de nombreuses années lors du festival annuel. « C’est la symbiose de deux nécessités vitales. Pour l’association, celle de rajeunir son public, assurer sa pérennité et ouvrir la culture à tous les publics, et pour les enfants de s’élever et de s’affirmer par la culture, la musique, la poésie, l’expression orale », souligne Jean-Paul Dupont, le président de l’Association Dimey.
Démarche pédagogique
L’Atelier des enfants de Dimey ne fonctionne pas sur le mode d’une école de musique. « C’est un lieu de rencontre et d’apprentissage de la vie. On n’y recherche pas je ne sais quelle perfection artistique mais il doit permettre aux enfants de s’exprimer lors des ateliers ou sur scène en public », poursuit-il.
Pour Eric Villemot, professeur à l’école Baudon-Rostand, « on est vraiment dans une démarche pédagogique qui aide les enfants à grandir et à s’améliorer en classe. On voit vraiment les résultats. L’Atelier permet d’augmenter les facultés d’articulation, de diction, de lecture et de mémoire. On leur propose aussi des ateliers de solfège où ils sont obligés de lire et de se poser dans une pratique qui leur permet d’augmenter leur capacité en classe », constate le papa de l’Atelier des enfants de Dimey.
Aujourd’hui, une bonne centaine d’enfants participent aux ateliers sur le mode périscolaire (lundi, mardi, jeudi et vendredi) et extrascolaire (mercredi et samedi).
Avec l’aide des soutiens institutionnels, notamment de la Ville de Nogent, des mécènes et sur les fonds propres dont dispose l’association Dimey, l’atelier a trouvé sa vitesse de croisière. « Nous mettons à disposition les moyens matériels incontournables, instruments de musique, sono, et humains avec cette année un accompagnement de professionnels, Céline et Vincent Bardin, Dorothée, prof de violon et Manon, prof de piano. L’Atelier a pris une dimension sociale importante sur Nogent et attire de plus en plus de parents et d’adultes lui apportant leur soutien actif d’accompagnants et de musiciens. C’est un plus pour l’efficacité et la qualité, mais c’est aussi et surtout une stimulation intergénérationnelle », constate Jean-Paul Dupont.
Le succès de l’Atelier des enfants de Dimey, on le voit, ne doit rien au hasard. Il constitue une des grosses fiertés de l’association Dimey. Il a aussi contribué à maintenir un lien solide durant les mois difficiles qui viennent de s’écouler pour l’association.
A. S.


L’Atelier des enfants de Dimey peaufine le tour de chant qui sera donné durant l’Enfanstival.

Les archives du Festival :

Les 20 ans en tête

Le festival Bernard-Dimey a été inauguré mercredi 8 mai à Nogent, permettant de rappeler l’important héritage laissé par le poète. Musique, poésie, exposition… autant d’arts pour un juste hommage qui se prolonge jusqu’à samedi soir.
Au moment où des festivals mettent la clef sous la porte, celui dédié à Bernard Dimey trace son chemin vaille que vaille. La chanson française, la poésie puisent à Nogent un terreau de promotion et d’existence. Fort de ses « 4 200 entrées en 2018 », et à l’aube d’un 20e anniversaire, le président Jean-Paul Dupont assure que « notre festival fait bonne figure, surtout en considérant notre calendrier et situation géographique. […] Cela nous oblige à vous offrir un festival à dimension humaine » avant de rendre hommage « à la quarantaine de bénévoles qui font tourner la machine, et ce n’est pas une petite affaire ».
« Sans tête d’affiche »
Le Centre sportif et culturel Robert-Henry accueille cette année 20 concerts et conférences, animés par une quarantaine d’artistes, « sans tête d’affiche », note le président qui regrette la flambée des prix des artistes à la réputation montante. Bien loin de l’esprit du festival qui ouvre ses portes… « Plus de 500 places gratuites aux concerts sont à destination d’associations », rap­pelle-t-il. L’ensemble tient grâce aux partenaires publics et privés mais aussi à un autofinancement du festival. Le succès d’une édition favorise celle qui suit.
Au pays de la coutellerie, il n’étonnera personne de voir le ciselier Jean-Marie Roulot offrir au festival une paire de ciseaux à l’effigie de Bernard Dimey, ni Philippe Savouret rappeler l’exposition du musée de la coutellerie, dédiée aux Meilleurs ouvriers de France nogentais. Un ancrage local qui fait l’identité du festival, en plus de favoriser « le travail avec les enfants », souligne l’adjoint à la mairie de Nogent, Patrick Prodhon.
Alors que des spectateurs viennent parfois de loin assister à l’événement, la volonté est aussi de préparer les 20 ans : « Nous travaillons à la création d’une exposition itinérante dont le vernissage devrait avoir lieu au conseil régional à Strasbourg début 2020 », saluent le président et la conseillère régionale Christine Guillemy. Place à la fête, suivie par la Lyonnaise Patricia qui vient « tous les ans. On aime le personnage et les textes de Dimey. On s’est fait des amis ici ». Le Nogentais Eric ne dit rien d’autres, attaché « à accompagner 30 enfants chaque jour au festival ».
Ne reste plus qu’à écouter les jeunes Mathéo et Diego qui clament joyeusement : « Que le festival commence ».
Dominique Bolopion

Mathéo et Diego ont déclaré le festival ouvert.

Le président de l’association, Jean-Paul Dupont, a pu rappeler l’importance des bénévoles et des partenaires.

Jean-Marie Roulot a créé une paire de ciseaux à l’éffigie de Bernard Dimey, qu’il a offerte au festival.

Nogent : le festival Dimey a plusieurs cordes à son… art
Aucun doute, les grands artistes amoureux de la langue française sont bien sur la scène de Nogent pour la 19e édition du festival Dimey. Joli succès des deux premiers spectacles livrés tout en douceur mercredi, à 300 spectateurs.
Harpiste de formation, pianiste de secours, guitariste de demain, Clotilde Moulin avait bien plus d’une corde à son art pour emporter le public sur ses notes finement jouées et chantées. Tantôt derrière sa harpe ou son piano, à moins de commencer par la boîte à musique, la chanteuse bisontine à la robe rouge a conquis la plupart des spectateurs. Auteure, compositrice, interprète et tatouée, Clotilde Moulin a fait valser les “vers” mêlant humour, poésie et émotion à fleur de voix.
Au fil des cordes de harpe, de piano, de guitare et bien sûr de ses cordes vocales, elle a enchaîné les portraits (très voire trop typés d’après certains commentaires du public). “Désaccords mineurs”, titre de son nouvel album, sonne juste. Amoureuses transies ou nostalgiques, mère célibataire éplorée, femme au foyer un tantinet blasée, allumeuse facétieuse ont ainsi défilé. La fan éperdue de Vincent Delerm a réussi à réveiller les pop stars dans la salle avant que Théo Lanatrix ne l’accompagne sur un jeu de claquettes.
“Mémère” en surprise
Changement complet de décor et de style avec l’arrivée de Nadine et Sylvain Charnot accompagnés de musiciens et peintres pour le second spectacle. Une fois l’arrivée (un peu longue) des Dupont devant la toile, le vieil homme qui aime les hirondelles est entré sur scène partageant sa bulle du souvenir avec sa chère et tendre Nadine à l’accordéon ou au synthétiseur. Sylvain, derrière sa contrebasse ou son saxophone, a déclamé poème et chansons en duo avec Nadine. Un brin monotone parfois, la dynamique accordéoniste redonne vite le ton. Derrière, Momo et Dédé, les tontons de la peinture, s’activent sur la toile au fil des textes. Les dessins apparaissent, la vie défile, la vie moderne est décriée à coups de grands clichés (agriculture raisonnée tout comme la conduite, les messages passent comme les sangliers en balade à la campagne).
Puis, quand vient l’heure de se quitter, apparaît “Mémère”, une surprise offerte par l’ensemble des artistes dont certains spectateurs partis un peu tôt n’ont pas pu profiter. Pendant que le duo Nadine et Sylvain reprend cette chanson écrite par Bernard Dimey, André Barthelemy (Dé­dé) et Maurice Duménil (Momo) lèvent le voile sur deux portraits qui font monter l’émotion d’un cran. Quand le célèbre “Bernard Dimey” sorti des pinceaux de Maurice se retrouve aux côtés de Michel Simon, un portrait de l’artiste disparu en 1975 interprétant “Mémère”, tiré par Momo, la soirée finit en apothéose pour la plus grande joie des organisateurs ! Quel talent et ce n’était que le premier soir du festival.
De notre correspondante Maryline Meunier

Jusque derrière le piano, la mise en scène est partout.
La vie simple de Nadine et Sylvain Charnot a été partagée en musique, en chansons, en poèmes et en peinture, un spectacle aussi pictural que musical.
Le clou du spectacle : deux portraits tirés par des artistes locaux, un cadeau chargé en émotion.

Soirée mémorable à Nogent
Une pépite, un morceau de lune ou d’étoile s’est échappé de l’Amour des mots, à Nogent, avec la venue de Govrache suivi de Claude Semal. Une seconde soirée, jeudi, qui marquera les annales du Festival Dimey.

Des spectateurs tous debout pour ovationner “Govrache”, « cela fait bien longtemps que nous n’avons pas connu ça », confie Jean-Paul Dupont, président de l’association Bernard-Dimey, à la sortie du premier spectacle jeudi soir. D’une justesse incroyable, il slame les mots avec virtuosité. Il appuie là où ça fait mal, d’une simplicité déconcertante, une chose est sûre, personne ne sort indemne du spectacle de Govrache. Du rire aux larmes, derrière le micro avec ou sans guitare, tous les mots sonnent juste, là où il faut, quand il faut. Si l’artiste n’a rien renié de sa Normandie natale, il a transporté le public en Bretagne chez Titine du côté du bar où les flots de la vie sont passés par ici. La vie, la mort, l’amour, l’argent, le travail, la retraite son répertoire est partout même là où personne ne veut le voir. L’émotion est palpable, quelques larmes coulent sur certains visages. Trader, professeur, comptable, à chacun son compte. Avec humour, Govrache sait aussi titiller les esprits même les plus tatillons. La misère dans la rue, la vie qui passe,… A coups de mots, la réalité parfois enfouie en chacun a refait surface et a fini par emporter tout le monde jusqu’au bout de la table. De quoi sortir des fauteuil pour acclamer haut et fort l’artiste. Sa générosité a dépassé l’espace scénique, le public le lui a bien rendu derrière les files d’attente pour se procurer ses albums dont le dernier “Des murmures et des cris” est actuellement en tournée.
Accompagné par Pascal Chardome à la guitare et au piano, Claude Semal a offert un tout autre registre en seconde partie de soirée. La francophonie, chère au festival, a battu son plein avec ce chanteur belge plein d’humour. Auteur, compositeur, interprète, autant il sait s’amuser sur scène et faire rire son public, autant, à travers quelques titres comme “Sémira”, l’émotion à fleur de mots peut toucher des sujets sensibles comme la liberté. Un petit coucou à la grand-mère couturière, vivre d’amour sans cadenas ou bien encore s’insurger des poisons dans l’assiette, “Bon appétit les petits amis”, les scènes de vie étaient servies sur plateau avec ou sans accompagnement, la gestuelle n’étant pas loin avec une louche d’ironie en bandoulière. Le public a ri, a applaudi sur ce chemin de vie partagé au fil des bals, des barbecues et des crématoriums. “Ca marche”, son dernier album intégral résume parfaitement un parcours déjà bien tracé qui sait redonner la frite tout comme le festival qui se poursuit jusqu’à ce soir.
De notre correspondante Maryline Meunier

Govrache, une sorte de Gavroche qui retourne la tête en toute légèreté au fil des mots slamés. (Photo Domi Decker)

Le côté blues du Rhône
La vallée du Rhône ne produit pas que des nectars de qualité. Elle abrite aussi des bluesmen de talent. Des vrais. Des purs.
Entendre ce style de musique au Festival Dimey n’est pas monnaie courante. Le passage, vendredi après-midi, de Bernard Moninot et de Seb, à l’espace bar, était donc le bienvenu.
Nanard, habitué des troisièmes mi-temps qui font la réputation du festival nogentais, a su faire partager son univers attachant. Les racines sont situées de l’autre côté de l’Atlantique, certes. Mais l’artiste, excellent instrumentiste à l’instar de son neveu qui l’accompagnait pour l’occasion, a prouvé, s’il en était encore besoin, que le blues se marie à merveille avec la langue de Molière.
Dimey en blues, ça le fait vraiment ! Brassens aussi était un bluesman. Le tour de chant très musical a permis de rendre un hommage appuyé à un des plus grands bluesmen français disparu récemment : un certain Jacques Higelin. Le blues bleu coulait vendredi après-midi du côté de Nogent.
Le côté militant aussi
Les Bure Hâleurs sont des musiciens militants. « On a choisi l’humour pour passer notre message. On veut juste un monde meilleur (…) Pas celui de Super dévelopman ». Piot Pépère et ses amis font leur petit bonhomme de chemin (de halage). Ils sont des rassemblements altermondialistes d’ici et d’ailleurs et cultivent le sens des relations humaines. Nogent leur a offert un temps d’échange privilégié. Le groupe n’a pas hésité à convier Dimey pour défendre sa cause. « Dis-moi Dimey, les déchets nucléaires, c’est quoi qu’on en fait ». Le sujet est sérieux mais le public, très réceptif, a chanté en cœur et bien ri. Excepté, peut-être, un participant en service commandé.
A. S.

Bernard Moninot et son neveu Sébastien.
Les Bure Hâleurs : une pêche d’enfer (photos Domi Decker).

Martial, vraiment ?
On ne peut pas dire qu’il porte bien son prénom, Martial.
En fait, c’est un drôle de zèbre. Savant mélange de Bourvil pour l’humour décalé, de Dadi pour le jeu de guitare aux doigts et de Brassens pour la gouaille qu’on soupçonne naturelle. Martial Robillard, puisque c’est de lui dont il s’agit, ne triche pas. On sent que la sincérité sort par tous les pores. C’en est touchant !
L’artiste, un fidèle des troisièmes mi-temps du Festival Dimey, avait toute une heure pour faire le tour de sa personnalité musicale. Les festivaliers n’ont pas été déçus. Outre quelques extraits de son dernier album “Ma roulotte”, il avait prévu un répertoire à la mesure des goûts locaux. Du texte et du bon. De Pierre Louki à Bobby Lapointe, en passant par Brassens, bien sûr, Eric Barbarin, son pote parolier présent dans la salle « qui n’écrit que des chansons mélancoliques, sauf exception », et du Dimey, forcément. “Ivrogne et pourquoi pas”, SA version est particulièrement juste et touchante. Comme son ode aux amis de Nogent. Ceux qui font que ce festival Dimey existe encore. Un bel hommage par un bel artiste plein d’humilité.
A. S.

Jeudi après-midi, Martial Robillard a sorti quelques titres de sa “Roulotte”, titre de son nouvel album (photo Domi Decker).

Au cœur des toiles
Pour la première fois, l’association Au cœur des mots  s’est lancée dans la conception d’ekphrasis (mot grec qui désigne une œuvre qui réécrit une œuvre d’art) de Bernard Dimey sur ses poèmes intitulés “Impressions sur toile”. A partir de poèmes de l’artiste, les bénévoles de l’association langroise ont associé sept tableaux minutieusement passés en revue avec des bouquets de lecture de poèmes associés à chaque tableau, assortis de sculptures prêtées par des artistes locaux comme Boussard, Leucart…
Avec toute une mise en scène, Romie (Mémère), Guillaume (Frédo), Anne (Germaine) et Marie-Thé (Mimi) et la voix de l’invisible de Geoffrey Duvoy, les poèmes lus étaient assortis aux tableaux et autres œuvres d’art. De Picasso au vieux berger de Bruegel, un joli clin-d’œil a été fait au passage à Zelter, le pseudonyme de dessinateur employé par Dimey qui pourrait correspondre à son autoportrait. A chaque tableau et poème, un intermède avec la voix de Sophie et/ou Claude, parsemé de notes d’accordéon de Sophie a accompagné à merveille ce spectacle.
Un petit ban bourguignon et sa Bourguignonne ont laissé place à “la guerre” du douanier Rousseau avant que la crucifixion ne voit jaune puis vert avec les Oliviers de Saint-Rémy de Van Gogh. La boucle a été bouclée autour du Fou de Picasso, mettant fin à une création aussi originale qu’instructive. Tout en légèreté et poésie, les voix colorées ont redonné vie autant aux tableaux qu’à l’artiste Dimey. Tout un spectacle qui était à redécouvrir dans son intégralité hier après-midi, à la médiathèque de Nogent.
M. M.
Sculptures et tableaux revus par des poèmes de Dimey.

Ça décoiffe à Dimey !

Ce 10 mai, un vent de jeunesse artistique a soufflé sur le Festival Dimey. Avec l’arrivée des “Cancoyote Girls”, c’est un coup de nettoyeur haute pression qui a laissé place à un grand moment de polyphonie signé Gildas Thomas.

Ces trois drôles de dames ont décapé la scène par leur fraîcheur déconcertante. Elles font dans le naturel « rien à battre des interdits, on s’en tape ! » certains refrains leur ressemblent vraiment. Militante, engagée, Maggy Bolle, c’est en quelque sorte la petite sœur gouailleuse de Pierre Perret et de Georges Brassens avec une guitare. La Lue, c’est la franchise de Lynda Lemay à la sauce lyricomique de Juliette derrière son accordéon. Quand à Clotilde Moulin, elle a échangé sa robe rouge du spectacle de mardi soir pour une petite robe noire la transformant en une Barbara qui aurait sniffé du Gainsbourg avec sa harpe. En solo, duo ou trio selon les morceaux de leurs compositions affinées au vin d’Arbois, difficile de rester droit, les zygomatiques en ont en pris un coup. Le public a ri. De la franche rigolade à des sujets beaucoup plus grave comme cette douce France qui vend des armes ou un briseur de vie à matraquer, elles savent tourner les vers (ou verres) comme le fromage fondu sur le pain à grands coups de fourchettes chaleureusement applaudis par une salle comble. Certains seraient restés prostrés face à un vocabulaire qui a fait grincer quelques dents. Mais après tout, la cancoillotte ça colle aux dents, non ?
De la chanson nue bien habillée
Inutile de chercher les instruments aucun. A cappella, ce spectacle est entièrement conçu en musique vocale extraite des voix de trois femmes, deux hommes, dont Gildas Thomas à la création. Une première note sortie d’une bouteille de vin et hop à coup de claquements de doigts et de glottes, des onomatopées, des voix, accompagnent des textes finement ciselés. ça pulse, ça berce, ça dérange ou ça endort, à chacun son point de vue.
Véritable prouesse vocale faisant résonner l’humour, la tendresse, la poésie ou la dérision, ce sont des voix de haute couture qui ont conclu cette avant-dernière soirée du festival avant que la troisième mi-temps guidée par Vincent Bardin ne pousse les tables et les chaises devenues insuffisantes.

Juste des cordes vocales comme instrument, une prouesse vocale.

Les concoyottes girls : un trio décapant.

Clap final pour le Festival Dimey
Le Festival s’est conclu samedi soir devant une petite salle. Au final, quatre soirées, toutes aussi différentes qu’originales.
Du rire et encore du rire, “Mouchès et Sourigues associés” ont remporté la palme de l’humour lors du clap de fin du Festival Dimey, samedi soir.
Dans leur atelier de Réparation de chansons (toutes marques), l’Arc, structure artisanale reconnue d’utilité publique qui se propose, comme son nom l’indique, de réparer, modifier, adapter ou customiser les chansons, récentes ou anciennes, selon les besoins, rien ne leur est interdit. De l’aigle black aux oiseaux, d’Amsterdam à l’Hôtel California, tout passe et rien ne casse. Aucune chanson ne peut mourir avec ces deux-là, Mouchès et Sourigues ont plus d’un accord, plus d’une parole pour faire revivre des chansons d’une façon inédite, à travers un humour qui a fait pétiller le public. Du simple réglage de routine au passage sur le marbre dans les cas les plus désespérés, les divers outils de l’Arc ont fait sensation. « On a bien ri, ça fait du bien ». Le public a été conquis. Pour clôturer le festival Dimey, Guy Attia et son “spectacle Dimey, poète et pourquoi pas ?” a été de loin le clou de la soirée le plus marquant.
En attendant les 20 ans
Pourtant accompagné par deux excellents musiciens, Loïc Fauche, au clavier et Pierre Coutaudier, à la batterie, la lecture, sortie tout droit des pupitres, faite par Guy Attia n’a pas eu le succès escompté. Dans ce spectacle 100 % Dimey, le spectateur aura pu entendre ou surtout “RE entendre” des poèmes de l’artiste largement déjà exploités. Alors oui, si effectivement Guy Attia n’a pas oublié de remercier Bernard Dimey pour des textes sans qui le spectacle n’existerait pas, les rythmes jazzy n’ont pas réussi à transporter les spectateurs au fil des lectures quelque peu noyées sur une scène derrière les portants de chemises. “Chez la mère Max”, le public s’attendait à un spectacle plus vivant. Quant à l’ultime troisième mi-temps clôturant cette quatrième soirée du Festival, entre les enfants et les grands, l’âme d’un festival bien vivant promet encore de grands moments l’an prochain pour les 20 ans.
De notre correspondante Maryline Meunier

Guy Attia, un spectacle 100 % Dimey. (Photos Domi Decker).
Mouchès et Sourigues associés, un duo aussi décapant que délirant.

Un vent de jeunesse
Jeudi et vendredi, une centaine d’élèves de l’école Baudon-Rostand ont animé le Festival Dimey, en fin de matinée. D’un spectacle à l’autre, la qualité des prestations en a donné la chair de poules aux festivaliers présents. Petit deviendra grand, “les enfants de Dimey” on en reparlera pour les 20 ans du festival l’an prochain.
Jeudi, direction l’Afrique, où derrière les masques confectionnés en classe, les élèves de CP de Mmes Torchala et Fournier ont interprétés le conte musical “Tiffou et l’arbre à fièvre” de Daniel Bonnet. Instruments de percussions dans les mains, les animaux de la jungle se sont unis pour soigner Azaan, un jeune africain malade. Tour à tour les chansons travaillées en classe depuis des mois ont coulé à flot guidées par une main de maître, Eric Villemot, entre les lectures des aventures faites par Jean-Marc Vaillant, le directeur du groupe scolaire. Une sympathique épopée chaleureusement applaudie qui a laissé place à une “Drôle de semaine” de Daniel Bonnet, un second conte musical interprété par les CE2 de Mme Harau et les Ulis. Au fil des jours, les élèves exposent leur argumentation pour ne plus vouloir se laver, ranger sa chambre et changer de vêtements. Entre chaque lecture, les chants ont rythmé le conte avec brio, le public a de nouveau applaudi.
Tzigane, dis-moi qui tu es
Vendredi, les couleurs tziganes se sont mêlées finement au festival en présence d’Arnold Weirig à l’accordéon et Zsa Zsa Brinzwiska intervenues dans la classe d’Eric Villemot avec les CM2 de Mme Lallement et les Ulis avant que Gissé Labohème n’offre le clou du spectacle avec “Ma maison sur mon dos” partagée avec les enfants. Un titre extrait de son album prochainement dans les bacs travaillé également en classe avec les élèves.
Après avoir déclamé quelques poèmes sur le marché mardi matin en guise de répétition, les élèves étaient prêts pour retenir l’attention des festivaliers agréablement surpris du résultat. Leur spectacle “Dimey et les tziganes” en a surpris plus d’un vendredi matin. Sur la scène des enfants parfois en situation d’échec scolaire, d’autres qui n’avaient jamais touché à une guitare il y encore 9 mois, des grands timides, des hyperactifs, des élèves très doués en toutes les matières, qu’importe. Au final, un groupe motivé dont le plaisir d’être sur scène ne faisait aucun doute. Les heures de répétitions menées depuis plus de six mois ont fini par payer.
Entre enseignants, enfants, parents, artistes et festivaliers, la musique a créé des connections. Tous les soirs, entre 20 et 30 enfants ont profité du festival jusqu’à être sur la scène de la troisième mi-temps samedi soir. “Vivez en chantant”, (avec les enfants), un hymne version Villemot qui laisse présager un bel avenir à la jeunesse au Festival derrière les micros.
Gissé Labohème et les enfants, tout une aventure pour clamer la différence.

Pour la seconde année, la participation des enfants au Festival Dimey monte en puissance.

Des spectacles bien vivants avec les enfants de l’école Baudon-Rostand.

Les enfants et Dimey, une belle aventure.

Gissé Labohème et les enfants, tout une aventure
pour clamer la différence.

 

Festival Dimey 2019 : Dix-neuf ans et toutes ses dents

Le festival Bernard Dimey fêtera son 20e anniversaire l’an prochain. Pour ne pas déroger à sa vocation, cette édition 2019 donnera la parole à des artistes qui ont des choses à dire et à partager. Un rendez-vous toujours vert et mordant.

Les poètes, les vrais, ceux qui ne comptent pas leur nombre de pieds, ont rendez-vous du 8 au 11 mai au centre culturel de Nogent pour la 19e édition du Festival Bernard Dimey. Une institution ? A l’échelle des rendez-vous culturels immuables en terre haut-marnaise, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Le festival devrait même être déclaré d’utilité publique en ces temps qui n’ont pas grand-chose de poétique. C’est aussi pour cette raison que les fidèles réservent leur première semaine de mai – autour du 10, bien sûr ! – pour cette retraite hors du temps. A Nogent, beaux textes, musique maîtrisée et convivialité vont de paire sous l’impulsion des bénévoles de l’association Dimey qui s’activent sans compter pour faire de leur rendez-vous annuel un succès.
Du neuf…
Et même s’ils ont sans doute la tête tournée vers le vingtième anniversaire du festival l’an prochain, les programmateurs ont concocté une édition 2019 qui résume un peu la philosophie partagée par cette bande de passionnés : faire du neuf avec du neuf, donner un temps d’expression aux artistes régionaux, un temps de réflexion au public et faire découvrir ou redécouvrir l’oeuvre de Bernard Dimey, le poète du cru. Une œuvre titanesque qui inspire des artistes venus d’horizons très variés. Pour preuve, le spectacle de clôture qu’on annonce très jazzy autour des textes de l’enfant du Bassigny. C’est Guy Attia qui s’y collera, suppléant Valérie Mischler. Grande interprète de Dimey, elle a dû décliner l’invitation à venir chanter cette année sur la grande scène. On espère que ce n’est que partie remise.
Guy Attia se produira en formule trio (clavier, batterie, chant) et présentera un spectacle poétique et musical. Dimey toujours dans la Cave à Bernard, sous la médiathèque, avec le collectif Au coeur des mots cher à la Nogentaise Anne Duvoy. Ces amoureux de beaux textes proposent également leur création autour de Dimey. Cela promet d’être poétique en diable, là encore, à l’instar des séquences enregistrées qui, depuis l’an dernier, assurent la transition entre deux tours de chant sur la grande scène.
Revendicatif
Pour écouter du Dimey, ce sera tout ! Du moins officiellement et nonobstant la conférence de samedi prochain consacrée à « ce champenois universel » par Jean Lefèvre. Les troisièmes mi-temps, qui font la réputation du festival et bouclent chaque soirée du côté de l’espace bar, sont autant d’occasions de déclamer Dimey avec ou sans guitare. Avec ou sans flonflons.
Mais il n’y a pas que Dimey dans la vie… du festival qui porte son nom. Il convient de le rappeler. La jeune garde de la chanson française, celle qu’on entend pas ou peu sur les ondes, qu’on ne voit pas ou peu dans la trop petite lucarne, prouve souvent qu’elle mérite meilleur portevoix.
Elle est altermondialiste façon Bure Hâleurs. Des gens bien. De bien beaux artistes d’ici viscéralement engagés. Elle sont jeunes et désinvoltes, Les concoyote Girls de Maggy Bolle et ses copines qui ne devraient pas laisser le public indifférent (vendredi).
Par centaines
La veille, Clothilde Moulin – qui fait partie de se trio franc-comtois – aura donné le tempo en ouvrant le festival avant la grande fresque picturo-musicale emmenée par Nadine et Sylvain Charnot, musiciens installés en Pays de Langres.
Govrache (photo ci-dessous Chantal Bouh-Anna) s’est fait un surnom. Il ouvrira la soirée de jeudi avant le passage attendu du Belge Claude Semal, un drôle de zèbre auteur, humoriste, comédien, chroniqueur et chanteur à ses heures.
Question de point de vue, on peut compter sur Gildas Thomas et son équipage (vendredi), Mouchès & Sourigues s’associent pour réparer quelques chansons qu’on aurait jamais entendues du côté de Nogent sans ces deux citoyens au goût certain (samedi).
Et on croisera aussi les copains du festival à l’espace bar. Comme toujours ! Martial Robillard et Bernard Moninot y animent bon an mal an les troisièmes mi-temps. Ils trouveront un temps d’expression à la hauteur de leur talent en après-midi. Eleonore Clovis y fera aussi un saut et le Chaumontais Vincent Bardin tiendra la baraque tout au long du festival. A grand renfort d’instruments de musique improbables, l’homme orchestre viendra raconter ses histoires aux scolaires dès demain. Car le festival Dimey offre du spectacle vivant à plusieurs centaines de gamins chaque année. Les bénévoles en tirent une légitime fierté.
A.S

Une bonne part de caritatif

L’Association Bernard Dimey a noué plusieurs partenariats pour cette 19e édition. Cinq cents places sont offertes aux associations caritatives du département. Une action exemplaire parmi tant d’autres.

Bernard Dimey aurait sans doute été fier de cette action portée par les bénévoles de l’Association Bernard Dimey, lui qui a souvent écrit sur ses semblables, sur les exclus du système…
Ce festival 2019 est largement ouvert à tous les publics. Plus que jamais. « L’actualité sociale de ces derniers temps montre les difficultés à vivre d’une part grandissante de la population, et c’est d’autant plus exacerbé dans notre département. Aussi nous avons décidé de nouer des partenariats  – avec, entre autres des associations caritatives – afin de permettre aux plus démunis d’accéder eux-aussi à la culture, à la chanson et à la poésie. Ce sont près de cinq cents places gratuites que nous avons mises à disposition des Restos du cœur, du Secours populaire, du Secours Catholique, du Centre d’Action Sociale de Nogent, ainsi qu’aux scolaires, collégiens et étudiants de l’UTT, de Nogent », souligne Jean-Paul Dupont, président de l’Association Bernard Dimey.
De façon plus large, un organisme bancaire a rejoint les partenaires privés du festival et le CE des Forges de Courcelles propose des places à prix très réduit car les organisateurs espèrent attirer un maximum de Nogentais. Ils composent déjà une large part du public fidèle au festival. Un rendez-vous bien ancré sur le bassin coutelier et qui affiche ses différences. Entretien avec Jean-Paul Dupont (Photo ci-dessus Domi Decker).

JHM : Cette édition 2019 fait la part belle aux artistes régionaux. Est-ce un hasard ou une volonté affichée ?
J-P Dupont : C’est vraiment une volonté. Le Festival Bernard Dimey reste un rendez-vous local et de découvertes. Local parce qu’il s’adresse avant tout aux Haut-Marnais, bien que nous ayons des festivaliers de toute la France, de la ‘’Francophonie’’ (et même du Canada cette année). De découvertes parce que nous programmons de nombreux artistes talentueux et qui sont ignorés des grands médias. C’est donc tout naturellement que nous offrons la scène aux artistes locaux, comme nous l’avons fait avec bonheur pour la production du CD ‘’Dimey Pluriel’’ il y a quelques temps. Cette année encore, ils ont effectivement une belle place : l’association Au Coeur des mots à la Cave à Bernard et les ‘’intros Dimey’’ des soirées, l’éclectique bâtisseur de musiques Vincent Bardin pour les concerts jeune public et le Fil Rouge, le précoce Ilan Lalouette pour l’animation musicale des documentaires MJC, le barde à l’orgue de Barbarie Michel Bellegy pour les maisons de retraite et, c’est la surprise du Festival, le spectaculaire concert pictural d’ouverture des Langrois Nadine et Sylvian Charnot. Sans oublier les expos photos d’art des Chaumontais, ‘’Regardez’’ de David Jacquel et la galerie aux portraits très convoités ‘’Au fil du Festival’’ de Domi Decker.

JHM : On peut souligner également l’implication des écoles de Nogent. Gros motif de satisfaction ?
J-P D. : Deux implications effectivement, en tant qu’acteurs et en tant que spectateurs.
En tant qu’acteurs, c’est devenu une institution : les élèves de l’école Baudon-Rostand présenteront 2 spectacles créés pour le festival les jeudi et vendredi à 11 h. C’est toujours un grand moment d’émotion de voir sur scène et entendre ces gamins très motivés. Pour avoir assisté à une répétition, je peux vous assurer que l’exercice est un vrai tour de force artistique et physique  de la part de leur professeur.
Le collège Françoise Dolto sera lui aussi acteur : les jeunes, en collaboration avec un professionnel, ont créé une expo photo dans le cadre de leur parcours scolaire. Le thème proposé était «montrer l’invisible» et ils ont choisi Bernard Dimey. C’est avec plaisir que nous accueillons leurs travaux.
Spectateurs aussi puisque 30 places sont offertes chaque soir aux écoliers et 30 places aux collégiens.

JHM : Le spectacle de clôture est une création sur des textes de Bernard Dimey. Peut-on en lever un bout du voile ?
J-P D. :
Nous avons dû déprogrammer, cas de force majeure, Valérie Mischler, fabuleuse interprète de Dimey, initialement prévue cette année. Mais le réservoir d’artistes qui reprennent les textes de Bernard Dimey est toutefois assez important et c’est sur recommandation de membres de l’association que nous avons contacté Guy Attia, de Valréas, qui venait de créer ce spectacle, dont le hasard a voulu qu’il porte le même nom que le documentaire de France 3 Grand Est, ‘’Bernard Dimey, poète et pourquoi pas’’. Nous lui avons demandé une bande son, enregistrée dans l’urgence, et nous avons été séduit par l’originalité de cet interprète (*) et de l’accompagnement très jazzy du pianiste Loïc Fauche et du batteur Pierre Coutaudier.

JHM : L’association a engagé un gros travail en ce qui concerne le fonds Dimey. Concrètement, qu’est-ce que le fonds Dimey et où en êtes-vous de vos travaux ?
J-P D. : Le fonds patrimonial Bernard Dimey recèle des trésors de documents, souvent originaux, entre autres manuscrits et tapuscrits, 1 300 pièces sont déjà répertoriées. La finalisation de l’opération de catalogage, commandité par la Ville de Nogent, propriétaire du fonds, est en cours et devrait être achevée en juin. Beaucoup d’œuvres n’ont jamais été éditées et la plupart sont de fait inaccessibles, stockées dans un local non-public à la médiathèque Bernard Dimey. Il s’agit de mettre à disposition du plus large public possible ces œuvres, à fins de recherche, d’édition, d’exposition… L’Association Bernard Dimey est bien sûr en première ligne pour mettre en valeur ce fonds et a d’ores et déjà le projet de création d’une exposition itinérante dont le vernissage pourrait avoir lieu au siège du Conseil régional Grand Est pour le 20e anniversaire du festival l’an prochain.
Le fonds Bernard Dimey, c’est aussi pour nous sa maison natale à Nogent. Inoccupée depuis des décennies, son état et son avenir sont préoccupants. Notre souhait serait de la voir intégrer le fonds patrimonial public et d’en faire un lieu dédié à Bernard Dimey. Rêve ou utopie ? Toujours est-il que ce serait justice et une belle reconnaissance pour ce grand poète de trouver un petit coin de paradis où loger Syracuse, Mémère, Frédo et Mon truc en plumes.
Recueillis par A.S

(*) Guy ATTIA est aussi choriste dans le Golden Grape Quartet , le Golden Grape Singers et le Swing Low Quintet

Des enfants plein le festival Dimey

D’années en années, la présence de scolaires trouve sa place au Festival Dimey. Entre contes musicaux, chants et exposition, du primaire au collège à chacun sa participation. Une commission jeune « Les enfants de Dimey » est même en cours de création au sein de l’association Bernard Dimey.

Depuis octobre, les élèves ULIS de l’école Baudon Rostand et du collège avec des CM2 se retrouvent très régulièrement autour d’Eric Villemot, un enseignant qui mise sur le partage de sa connaissance en musique pour recréer des connexions avec ses élèves. De la réécriture de la célèbre valse «Emmenez-moi» de Charles Aznavour, en passant par des nombreux poèmes de Dimey et des chansons de Zsa Zsa Brinzwiska, tout un travail autour du thème des Tsiganes a été mené en parallèle. Des collégiens sont même venus en classe présenter un exposé sur les tsiganes sous l’occupation effectué dans le cadre du concours national de la Résistance et de la déportation avec leur professeur d’histoire, Ludovic Bertrand et d’arts plastique Peggy Larcher.
Un artiste et des élèves
Côté chanson, cerise sur le gâteau, Gissé La Bohême, auteur- compositeur interprète local, est même venu prêter main forte à l’atelier guitare du mercredi. Suite à une rencontre amicale avec Eric Villemot, depuis 2 mois, l’artiste intervient régulièrement avec les enfants autour d’une de ses chansons « Ma maison sur mon dos », le titre de son futur album prêt à sortir très prochainement. « Ça fait vraiment plaisir d’entendre SA propre chanson interprétée par des enfants », confie Gissé les yeux pétillants. L’expérience du chanteur permet d’approfondir un travail sur les bases de la rythmique et de la chanson. Au final, une véritable émulation s’est créée autour de ce projet intégré au Festival Dimey avec la participation également de Zsa Zsa venue en classe. Enseignant et élèves ne comptent plus leurs heures, ils reviennent le mercredi, le vendredi soir et le samedi matin en plus des répétitions sur le temps scolaire. « Du lire au dire », un travail énorme a été aussi mené pour pouvoir déclamer les poèmes de Bernard Dimey face au public qui pourra en profiter vendredi 10 mai à 11 h à l’Espace Bar du centre culturel Robert Henry. Mardi 7 mai, les enfants présenteront un échantillon sur le marché local accompagné de Jean-Claude Marotte, chanteur de rue avec son orgue de Barbarie. Le public est aussi invité à découvrir deux contes musicaux « Tifou et l’arbre à fièvre » interprété par les CP et « Drôle de semaine » par les CE2 jeudi 9 mai à 11 h à l’espace Bar du centre culturel. Entrée gratuite, ouvert à tous.
De notre correspondante Maryline Meunier

Quand la jeunesse parle de culture
Jeudi 9 mai, l’association Lemon’s art montrera qu’il n’existe pas une qu’une seule forme de culture mais que d’autres alternatives sont possibles et réalisables avec peu de moyens. Comment et pourquoi ces cultures se forment-elles ? Réponse en chanson et en débat. Une projection en partenariat avec la MJC de Chaumont sera suivie d’un échange avec le public et d’une animation chanson par un très jeune auteur-compositeur interprète langrois Ilan Lalouette.

Montrer l’invisible Dimey
Les élèves de 4e 3 du collège Françoise Dolto, avec leurs professeurs d’arts plastiques Mme Larcher et d’histoire M. Bertrand, travaillent depuis octobre sur un projet artistique globalisé « Montrer l’invisible » avec Stéphan Maurer, photographe professionnel basé sur Chaumont. Les élèves ont eu pour objectif de réinvestir l’image de Dimey, à partir de photos prises des endroits vécus par Bernard Dimey associées à des extraits de textes, de chansons ou de citations. La photo d’une plaque de rue, d’un monument devra par exemple évoquer le personnage en travaillant sur le ressenti…L’exposition des travaux sera à découvrir également dans le hall du centre culturel Robert Henry lors du festival Dimey jusqu’à samedi soir.

Gissé le Bohême est venu prêter ses compétences au service des élèves de l’école Baudon Rostand

Des heures incalculables de répétitions ont été nécessaire pour préparer les spectacles présentés au public cette jeudi et vendredi dans le cadre du Festival Bernard Dimey.

Sur les traces de Bernard Dimey

Si Bernard Dimey n’est plus, son œuvre est toujours vivante et on peut le “retrouver” dans la cité coutelière à condition de connaître Nogent et son œuvre. Itinéraire avec Philippe Savouret, ancien conservateur de la médiathèqe Bernard Dimey.

Né à Nogent, le 16 juillet 1931, d’un père ciselier et d’une mère coiffeuse à domicile, il fréquente l’école maternelle du centre-ville puis l’école primaire. Celle-ci étant réquisitionnée par les Allemands en 1940, la Ville décide de rouvrir l’ancien bâtiment dit des sœurs rue de Lattre (l’actuelle médiathèque). Provisoirement avec ses compatriotes, le petit Bernard sous la direction de René Baudon, était dans ce lieu avant qu’on lui consacre cet édifice. Déjà talentueux, boulimique de lecture, passionné de dessin, il s’amusait à faire des portraits des gens de son quartier. Facétieux, mettre des grenouilles dans le bénitier ou se mettre en scène devant les copains était dans sa nature.
Il habitait sur les “hauts de vignes”, aujourd’hui avenue du 8-Mai, une petite maison qui appartient à un privé. Une plaque a été apposée en juin 1991 lors d’un premier hommage à l’initiative de Philippe Savouret. Et on découvrit bien plus tard qu’il désirait « que les gens de Nogent posent une plaque, à [sa] mort comme pour la maison de Victor Hugo » son auteur fétiche. Il habita aussi rue Carnot, rue Malaingre et derrière l’hôtel de ville. Il allait se balader aux alentours de Nogent qu’il évoque à travers plusieurs poèmes dont la nuit. «  Au lointain, quelque part, dans les bois où dormait un dolmen emperruqué de vieille mousse, que les nuits étaient belles et qu’il est merveilleux d’avoir encore dix ans ! ». On aura reconnu le dolmen de la Pierre Alot où comme Bernard les enfants de Nogent allaient s’y promener, refaisant l’Histoire. Un mauvais souvenir reste accroché à sa mémoire, celui de l’abattoir où travaillait son oncle : « Et les petits chevreaux dont j’ai tenu les pattes. Depuis plus de 30 ans ne veulent pas mourir .»
De la vie coutelière il en parle peu, il est vrai qu’il quitta Nogent tôt, pour le collège de Joinville. Au hasard on signalera une évocation bien exagérée dans l’heure des ivrognes  : « J’ai vidé plus de verres à Montmartre que mon père en 30 ans n’a monté de ciseaux  ». A ce propos Maurice, le père de Bernard est décédé en 1961 en installant une meule dans l’atelier de coutellerie. Accident pourtant rare au XXe siècle. Bernard Dimey avait 30 ans.
Un poète entre Paris et Nogent
Encore au collège de Joinville à 15 ans, il fut remarqué par Jean-Gabriel Gigot, directeur des Archives départementales et co-fondateur des Cahiers haut-marnais ; c’est ainsi qu’un potache de 15 ans fut publié dans le n° 1 de cette publication en 1946. Il avait été touché par le chef du maquis de Pincourt tué par les Allemands. Il lui dédia un poème “Au lieutenant Josselin”. Le seul poème uniquement consacré à Nogent au titre logique de “L’enfance” raconte celle-ci autour de l’église Saint-Jean. Les anciens Nogentais peuvent y reconnaître personnes et lieux de cette enfance. Bernard Dimey avait le sens de la métaphore, de la synthèse, de la description. On le constate dans son quatrain décrivant le monument de 1870 dit des “mobiles”  ; quatrain mis en exergue par la Ville suite à la rénovation de cet édifice en 2014.
Le dernier rendez-vous de juillet
Après 25 années champenoises, il vécut 25 années montmartroises. Il venait occasionnellement voir sa maman lors de fêtes où comme pour ses 70 ans. En avril 1981, FR3 lui consacre une émission de treize minutes, diffusée en septembre, qu’il ne verra pas. Bernard Dimey meurt d’un cancer de l’œsophage, le1er juillet 1981. Il est enterré le3 juillet, au cimetière de Nogent où sa tombe est bien signalée. Avant que son cercueil ne soit refermé, Michel Célie, son producteur de disques et ami, y a placé un caillou ramassé dans la Vallée des rois. Un morceau d’Egypte repose donc au cimetière. Comme disait Michel Célie, « Bernard est une agence de voyages  » tant il savait observer et nous rendre en une synthèse ce qu’il avait vu. C’est très explicite dans l’un de ses plus beaux poèmes  : “Les enfants de Louxor”. A relire pour connaître l’histoire de ce fameux caillou.

Outre la rue Bernard-Dimey, c’est à la médiathèque éponyme que l’artiste est à découvrir. Depuis 1990, Philippe Savouret a constitué le fonds Bernard-Dimey qui sera bientôt numérisé afin de pouvoir consulter des documents exceptionnels de toutes natures.

“Dans les pas de Dimey”, c’est aussi une visite guidée gratuite proposée au public dans le cadre du festival samedi 11 mai, à 9 h, en s’inscrivant au 06.87.85.02.25 et prochainement à Nohmad.
Pour en savoir davantage sur Bernard Dimey davantage connu à Montmartre, Philippe Savouret, avec les excellents dessins d’Hervé Le Graët, a réalisé un ouvrage de176 pages “A Montmartre sur les traces de Bernard Dimey” en vente au festival.
Du 8 au 11 mai, des places sont encore disponibles pour venir découvrir le programme de qualité, éclectique, à la portée de tous avec de nombreux jeunes artistes concocté par les bénévoles de l’Association Bernard-Dimey.
Bernard Dimey à la maternelle, en 1936.
Bernard Dimey à Nogent pour l’anniversaire de sa mère.
Bernard Dimey, ici avec son père, fait sa communion en 1943.

Revivez les précédentes éditions

Vidéos Técina (pour JHM Multimédia).

La chronique du festival (Par Tecina) (Photos Domi Decker)

4e jour :
Traditionnellement, la dernière journée du festival débute dès potron-minet. Les lève-tôt partent sur les traces de Dimey, emboitant le pas à l’excellent Philippe Savouret qui endosse l’habit de guide érudit. Et puis, sur le coup de 13 heures, du côté de la cantine, on lance une première banderille : Maxime sort son accordéon, Jean-Philippe déclame Dimey et Martial Robillard ajoute sa touche personnelle et humoristique. A la plus grande joie des festivaliers et des bénévoles.
A 15 h, à l’espace bar, Claude Rossignol s’installe pour interpréter les grands noms du répertoire (Lavilliers qu’il apprécie tout particulièrement et à juste titre, Jamait, Frasiak, Leprest, Ferré, etc). Là, on ne rigole pas. C’est du sérieux ! La tessiture de voix de cet oiseau-là s’adapte parfaitement à ce type de répertoire exigeant livré par un amateur passionné. Voilà qui mérite le respect.
Autres oiseaux de bonne augure : Rouge-Gorge. Paccoud pour ouvrir le récital, Ferré bien sûr, Nougaro et puis Dimey avec le camarade Martial Robillard pour une mémorable version de « Ivrogne et pourquoi pas ». « Les enfants du festival Dimey, dira Jean-Philippe Gauthier, sont heureux de revenir à Nogent… tous les quatre ans ». Quatre ans, c’est trop long. De l’avis général.
Missonne était toute contente aussi. Seule derrière son piano, sur la grande scène, la jeune artiste non voyante a remarquablement maîtrisé son sujet. Excellente pianiste et remarquable chanteuse, elle n’a pas mis longtemps à se mettre les festivaliers dans la poche. Missonne a le swing dans la peau et sa voix limpide fait le reste.
Avant la dernière troisième mi-temps, il revenait à Emmanuel Depoix de refermer cette 18e édition. L’artiste l’a fait de la plus belle des manières avec une création autour d’une sélection de très bons textes de Dimey dont plusieurs originaux. On nous annonçait une fresque fantasmagorique. Le public n’a pas été déçu. Les sculptures d’Yvette Cathiard, compagne de Dimey, ont apporté cette touche magique à un spectacle en clair obscur de toute beauté mais très classique.

Un (Claude) Rossignol…

Un Rouge-Gorge… De drôles d’oiseaux à l’espace bar.

Missonne, jeune artiste attachante.

Emmanuel Depoix dans un numéro de haut vol autour des textes de Dimey.

3e jour :
10 mai + un. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas sur le festival Dimey. Pourliche servait à nouveau son Dimey à la Cave à Bernard sous la médiathèque. Le public était plus clairsemé que la veille mais radicalement différent, preuve que d’un jour à l’autre, l’atmosphère peut se calquer sur la couleur du ciel. Jeudi, on évoluait dans une saine intériorité. En cet avant-dernier jour de festival, l’ambiance était plus volubile. Le trio haut-marnais s’est livré sans retenue. C’est La cave à Bernard, que diable ! C’est pas l’opéra Garnier !
A l’espace bar, un autre phénomène avait pris place : JePh. Jean-Philippe, quoi. Gauthier, pour sûr. Ce grand gaillard avait convié ses potes et, dans sa quête revendicative, tout de blue jean vêtu, il n’a pas manqué d’évoquer la filiation avec son père spirituel. Spiritueux même. Personne n’a séché dans le public, vu qu’il ne lui manquait, à JePh, que le bandana rouge des débuts du gars en question qui couche à la rotonde où on sert le demi à 100 balles. Les temps changent. On prend des rides au coeur, ma bonne dame.
Attentat, nuit debout et tout le bataclan : JePh est un tendre, en fait. Un grand tendre !
Un phénomène en chasse un autre. Georges Trillat s’est livré à une ENORME performance d’acteur pour lancer la soirée. Un tour de force. Cette parenthèse théâtrale est composée d’extraits de chansons qui s’entremêlent pour former un tout très cohérent. Une petite entreprise de construction que ne renierait pas ta Kathy si elle revenait au bercail. Mais gare au gorille qui traîne dans le couloir et ambitionne de monter jusqu’au septième ciel, là où l’air est plus frais. Ah, qu’il est beau le débit de Georges Trillat !
Il revenait à Orlando Le Trio de boucler cette phénoménale journée. Ils l’ont fait avec classe et une bonne dose d’espièglerie. Pour son premier passage en Haute-Marne, le trio a livré la quintessence de son art sur un set ramassé et magistralement maîtrisé. Y compris quand la folie s’en mêle. Ils sont un peu perchés ces trois-là, imaginant la fin de soirée du côté de l’espace bar où la fête doit battre son plein jusqu’à converger dans le centre bourg pour voir pointer le jour et communier avec un Dimey qui déclamerait Lamartine. Pour un peu, on se dit que Orlondo Le Trio a ouvert une brèche dans l’espace temps. Dimey, par l’esprit, sur un char aux côtés des reines de beauté nogentaises, c’est dimanche en huit. Mais, chut !

Georges Trillat, dans un tour de force théâtral.

On passe par toutes les émotions avec Orlando Le Trio.

2e jour :
Jeudi 10 mai. Jeudi Dimey. A la Cave à Bernard, Pourliche se produisait pour un premier tour de piste. On est allé chercher des chaises supplémentaires à l’étage de la médiathèque pour profiter des bons mots de Bernard Dimey mis en musique par ce trio d’artistes haut-marnais. Un Dimey augmenté de quelques auteurs du même calibre. Les mots du fou chantant (Trenet), ceux d’un Ferré des débuts, la verve d’un Baudelaire enivrant… Mais surtout Dimey chanté par Géraldine, Yannick et Anicet. Une heure et des brouettes pleines des mots simples mais magiques d’un Dimey qui retrouvait, par procuration, la cave de son enfance.
Marion Cousineau était jeudi en fin d’après-midi à l’espace bar dans un tour de chant minimaliste mais d’une grande sensibilité. Une fille, un piano… et une basse. Cet instrument à quatre cordes est plus usuellement destiné à la mise en perspective rythmique dans toute bonne formation qui se respecte. Avec la française installée au Québec, cette pelle grave devient un vecteur de mélodies terriblement efficace. De la dentelle posée sur des mots de femme qui sonnent toujours juste. Le set s’enchaîne dans une douceur ouatée qui enveloppe jusqu’au neurone le plus aigri. Avec Marion Cousineau, le sens des mots prime sur la puissance de la voix. On est dans l’intime, l’infiniment doux et ça fait grand bien.
L’univers de Mehdi Krüger navigue sur des mers plus agitées mais ô combien poétiques aussi. Les mots sont puissants. L’accompagnement à la guitare superbement maitrisé. Le slam de Mehdi Krüger prend aux tripes et embarque son public dans un tourbillon de sentiments contradictoires, de pulsions poétiques ciselées à souhait. L’artiste joue avec les mots avec une apparente facilité. Déroutant. Le public se régale et en redemande.
JeHaN et Suarez respirent Leprest. L’accordéon de Suarez s’est époumoné à tracer la voie nacrée vers l’incomparable interprète que fut Allain Leprest. JeHaN a signé une prestation qu’on aurait aimé un tantinet plus habitée. Pour l’amour de Leprest.

Pourliche, un trio très porté sur Dimey.

Marion Cousineau s’accompagne à la basse. Bluffant !

Medhi Krüger, un slameur à la poésie pure.

JeHaN et Suarez, des habitués du festival Dimey.

1er jour :
La soirée inaugurale du festival Dimey qui s’est déroulée hier soir (mercredi 9 mai) a tenu toutes ses promesses. Une salle (presque) comble et un Jamait au sommet de son art. Le Bourguignon livrait sa parenthèse acoustique, une sorte de florilège de ses sept albums dont il a extrait trois morceaux pour chacun d’entre eux. Une longue soirée qui est passée comme une lettre à la poste.
L’homme est incroyablement prolixe pour introduire ses morceaux et évoquer ses douze ans de carrière. Ce tour de chant est construit comme un spectacle à part entière durant lequel l’humour tient une place de choix. Le talent du bonhomme et de ses deux musiciens (Didier Grelot aux percussions et Samuel Garcia à l’accordéon et au clavier) installe un échange intimiste et chaleureux dans la grande salle du centre culturel qui a eu l’occasion de vibrer une première fois à l’unisson. Le festival 2018 est idéalement lancé.
En début de soirée, Jam Leyvan a posé l’ambiance. Le groupe langrois est  encore en rodage. Il a proposé un spectacle conçu spécialement pour le festival. Ilan, du haut de ses 17 ans, mène la barque. On excusera les quelques longueurs et on regrettera de ne pas avoir pu apprécier les paroles des compositions à leur juste valeur. Mais la relève est là. On aura pu le constater également lors de la cérémonie inaugurale du côté de l’espace bar avec avec un groupe de jeunes du collège et le professeur de musique pour un petit moment d’une fraîcheur folle avec Dimey, bien sûr, comme fil conducteur.

Yves Jamait, en pleine forme pour une belle parenthèse acoustique (Photo Domi Decker).

Les Langrois de Jam Leyvan ont ouvert ce 18e Festival Dimey.

Le teaser du festival Dimey 2018

Plus d’infos sur http://festival-bernard-dimey.fr/

ATTENTION : pour vos réservations de dernière minute :

06 70 49 84 05 – 06 88 78 90 05 – 03 25 32 53 83 

Plus Dimey que jamais

Le festival Bernard Dimey, 18e du nom, a lieu du 9 au 12 mai à Nogent. Cette année encore, les organisateurs n’ont pas transigé sur la qualité. La chanson française, dans sa grande diversité, y tiendra le haut du pavé et Bernard Dimey, par le truchement de divers interprètes, en sera l’imparable pilier.
Il est de retour le joli mois de mai. Mai enchanteur, mai enchanté… du 9 au 12, du côté de Nogent, pour la 18e édition du festival Bernard Dimey. Les membres de l’association éponyme travaillent à l’organisation de ce rendez-vous majeur, estampillé «Printemps des poètes», depuis près d’un an avec un bel enthousiasme et une folle envie de partager leurs choix artistiques.
La programmation a fait l’unanimité chez ces amoureux des beaux textes chantés. L’équipe réunie autour de Jean-Paul Dupont, nouveau président de l’association, a notamment repensé la campagne de communication. Impossible, depuis plusieurs semaines, de passer à côté des affiches couleur orangée qui s’étalent sur différents supports et ne cessent de susciter la curiosité. Elles rappellent que le département de la Haute-Marne compte plus de vaches que d’Hommes mais que le goût pour la culture y est aussi prégnant que sa vocation agricole. Haute-Marne, terre de contrastes ? Terreau artistique fertile, à n’en pas douter, quatre jours durant, au centre culturel Robert Henry, épicentre du festival soutenu par différents partenaires dont la Ville de Nogent.
Le plein de Dimey
Cette 18e édition est d’ailleurs placée sous le signe des partenariats. A titre d’exemple, l’association Au coeur des mots, chère à la Nogentaise Anne Duvoy, a été sollicitée pour déclamer du Dimey dans une forme très originale. Nous ne dévoilerons pas ici ce qui relève de la divine surprise mais le public du festival devrait y trouver son compte, lui qui, depuis plusieurs années, souhaite entendre plus de textes du fils prodige de Nogent. Sa volonté devrait être pleinement exhaussée avec des petits bouts de Dimey quotidiens, un tour de chant signé Pourliche à la Cave à Bernard, sous la médiathèque, jeudi et vendredi en matinée, et un spectacle de clôture monté de toutes pièces par Yvette Cathiard, dernière compagne de Dimey, avec l’excellent Emmanuel Depoix sur la grande scène du centre culturel. Et sans doute de bons moments de partage autour de l’oeuvre du Nogentais de Montmartre, à l’espace bar, avec JeHan mais aussi Rouge-Gorge, fil rouge du festival, ou encore Claude Rossignol, local de l’étape, qui ne sont pas les derniers à prendre plaisir à déclamer Dimey. En outre, le documentaire qui lui a été consacré l’an dernier sera projeté à deux reprises dans la grande salle (jeudi et vendredi à 11 h).
Jamait, c’est complet !
Autre satisfaction pour les organisateurs, la soirée inaugurale affiche complet depuis plusieurs mois. Yves Jamait fera escale à Nogent en pleine tournée acoustique avec son trio. La jauge de la grande salle sera réduite pour l’occasion car le Dijonnais souhaite retrouver une certaine proximité avec le public. Une condition qui n’a pas été simple à gérer. Les organisateurs ont été contraints de privilégier les détenteurs de Pass, autrement dit les fidèles du festival. Plusieurs dizaines de spectateurs potentiels ont été placés sur liste d’attente. Du jamais vu en 18 ans de festival et de quoi ajouter un rien de pression aux jeunes langrois de Jam Leyvan qui ouvriront la soirée avec un spectacle créé spécialement pour l’occasion.
Celles et ceux qui n’ont pas pu avoir leur ticket pour Jamait pourront se consoler le lendemain avec la soirée «coup de coeur» de la commission de programmation. Nogent accueillera une des révélations du dernier festival de Barjac, le slameur Mehdi Kruger, poète de l’urbain et l’immense JeHan, accompagné par l’accordéoniste Lionel Suarez, dans un tour de chant en hommage au regretté Allain Leprest. Plus tôt, c’est Marion Cousineau qui posera ses ailes à l’espace bar.
Vendredi, JePh y mettra sa tournée, Georges Trillat emportera le public dans son tourbillon verbal et le trio Orlando livrera une de ses dernières prestations avant de partir vers d’autres aventures.
Samedi, Missonne embarquera le public dans son monde avant qu’Emmanuel Depoix ne revisite Dimey dans toute son animalité. Voilà qui promet !

Pourliche, un trio autocentré sur Dimey (jeudi et vendredi à 15 h à La cave à Bernard). Réservation obligatoire – places limitées : 06.88.78.90.05.

Jean-Paul Dupont : « L’engouement des jeunes et leur participation »
Jean-Paul Dupont a succédé à Yves Amour à la tête de l’association Bernard Dimey en début d’année mais il œuvre activement à l’organisation du festival depuis l’été dernier avec une belle équipe de bénévoles. Cette saison 2018 s’annonce pleine de belle promesses.
Le Journal de la Haute-Marne : Vous venez de reprendre les rênes de l’association Bernard Dimey. Quels ont été vos priorités durant ces premiers mois ?
Jean-Paul Dupont : Tout d’abord, ça a été de prendre contact avec les institutions et les autres associations afin de nouer un maximum de partenariats.
Les réponses ont été largement positives, malgré quelques réticences casanières, et nous le verrons lors de ce Festival. La culture, qui comme beaucoup d’autres secteurs économiques, subit de plein fouet les rigueurs budgétaires, a besoin des convergences de tous les acteurs, particulièrement en matière de communication. L’offre est riche en Haute-Marne, mais ce département dont le dépeuplement est un sérieux handicap a besoin de mieux se faire connaître. C’est le cas du Festival Bernard Dimey qui a encore de la marge pour faire venir le public haut-marnais et plus largement au-delà de nos ‘’frontières’’ les amoureux de la poésie, des beaux textes et des belles chansons. Le Festival a toujours fourmillé de découvertes à faire. Cette année encore, il y aura matière à l’étonnement, à l’émerveillement et à la convivialité avec du Dimey, du slam, beaucoup de jeunesse en salle et sur les planches, une salle de restauration et une scène en 3e mi-temps ouvertes à tous, des stands librairies, vinyles, d’associations… et des animations du matin au soir.

JHM : Une soirée inaugurale du festival qui affiche complet, un nombre presque record de Pass vendus… Cette 18e édition s’annonce sous les meilleurs auspices. Qu’est-ce qui vous ferait le plus plaisir durant ces quatre jours ?
J-P-Dupont : Oui, la participation s’annonce bonne et nous sommes plutôt optimistes mais nous ferons les comptes à la fin du festival. Il y va de son avenir.
Il y a deux critères de satisfaction pour les organisateurs d’un festival comme celui-ci.
D’une part, bien sûr, ce qui fait toujours plaisir c’est un grand nombre de spectateurs à tous les concerts comme par exemple à celui d’ouverture avec Yves Jamait qui affiche complet. Pour autant les autres soirées et les spectacles en après-midi sont tout autant méritoires, avec cette année deux créations : Emmanuel Depoix sur des textes de Bernard Dimey, dont certains sont inédits, et Jam Leyvan, un groupe langrois dont le chanteur Ilan, auteur et compositeur, a à peine 17 ans.
D’autre part, c’est la satisfaction du public quand elle se lit sur des visages radieux à la fin d’un concert. En général les gens sont toujours étonnés de découvrir ici des artistes de grande qualité pour la plupart inconnus du grand public et des médias nationaux.
Mais il est un plaisir particulier que l’on savoure à chaque festival et peut-être encore plus cette année, c’est l’engouement des jeunes et leur participation. Près de mille jeunes – de 3 à 11 ans – des écoles environnantes assisteront aux spectacles de Jodroi. Nous avons dû doubler les séances. En outre, l’école Baudon Rostand de Nogent sera omniprésente offrant deux contes musicaux à l’espace-bar. Trente élèves seront invités à chaque soirée, ainsi que 30 jeunes du collège Dolto, qui fera lui aussi une apparition en chansons à l’inauguration et dont six classes assisteront au documentaire ‘’Bernard Dimey, poète et pourquoi pas’’. Nous tenons ici à remercier tous les enseignants pour leur implication.

JHM :  L’association Dimey prépare également un rendez-vous très important pour septembre. Pouvez-vous nous en toucher deux mots ?
J-P Dupont : L’objectif principal de l’association, inscrit dans ses statuts, est la promotion de l’œuvre de Bernard Dimey. Il se trouve qu’un de ses poèmes majeurs, ‘’les 8 péchés capitaux’’ vient d’être mis en scène (et en musique) pour la première fois. Et c’est un comédien d’envergure, Jean-Claude Dreyfus, bien connu au cinéma
(‘Délicatessen, La cité des enfants perdus…) et au théâtre, qui se produit en compagnie du quartet de jazzmen de haut vol de Guillaume Saint-James, 4T.
Qui d’autre que Jean-Claude Dreyfus pouvait mieux incarner Bernard Dimey ?
Et c’est tout naturellement, après quelques échanges amicaux et fructueux avec ces artistes, qu’il a été décidé de les programmer à Nogent, ville natale du poète, le 23 septembre prochain à 16 h au Centre Culturel Robert Henry. Ce sera un évènement majeur de la rentrée culturelle et pour l’occasion un livret de luxe sera édité par les éditions Le Pythagore, avec introduction de Philippe Savouret, Nogentais et biographe de Dimey, illustré par Yvette Cathiard, sa dernière compagne, et préfacé par Guillaume Saint-James.
On peut réserver dès maintenant pour le spectacle et pour le livret en contactant l’association Bernard Dimey (06.88.78.90.05).

Duo divin pour Leprest
C’est sur un spectacle consacré à Bernard Dimey que JeHaN a fait ses premières scènes à Paris, il y a 25 ans. Trois albums viendront dans la foulée : Paroles de Dimey (5 titres, 1996), Divin Dimey (1998), remanié en Dimey Divin (2002). JeHaN choisit alors de mettre en musique des textes écrits pour lui par deux auteurs qui se ressemblent parfois : Loïc Lantoine et Allain Leprest. L’album qui en sort, Les ailes de Jehan (1999), demeure une des pièces majeures de sa discographie. Les chansons cul’rieuses de Dimey mises en musique par Aznavour seront enfin publiées dans Le cul de ma soeur, en 2006. Un album charnu qui – vous le savez si vous l’avez – ne prend jamais la poussière sur les étagères.
Un deuil partagé
«Leprest, oui, j’ai eu la chance de le côtoyer, explique JeHaN. Il a fait des chansons spécialement pour moi. A vingt ans, il montrait une maturité énorme dans son écriture. De nombreux textes sont encore éparpillés, il reste beaucoup de choses à découvrir dans son œuvre…. Après le départ d’Allain, en août 2011, j’ai longtemps été dans le deuil, et le public également, cela se sentait. Il fallait le faire, de toute façon…». Grâce aussi à d’autres interprètes (Jean Guidoni, Yves Jamait, Romain Didier…), Leprest n’est jamais parti.
Le duo avec Lionel Suarez s’est formé quand l’accordéoniste de bal est venu effectuer un remplacement auprès de JeHaN pour quelques concerts, il y aura bientôt vingt ans. En plus de Dimey, le répertoire s’est tout naturellement enrichi des textes de Leprest.  «C’est moi qui l’ai fait connaître à Lionel et il en est devenu un fan absolu… Lionel n’est pas mon accompagnateur, il est la moitié du duo que nous composons. Nous avons une véritable amitié.» Sur scène, chacun avec leur souffle, les comparses semblent effectivement respirer la même émotion.
Eclosions
Toutes les carrières d’artiste passent par des phases d’éclosion, pense JeHaN. «Lionel est en plein dans ce moment, et je suis heureux de toujours travailler avec lui. Il touche à tout, il bosse comme un fou.» Effectivement ! Le ruthénois (de Rodez) vient de signer un album magnifique consacré à Carlos Gardel et annonce un nouvel opus pour septembre 2018. Dans le même temps, il accompagne Clotilde Courau ou Sanseverino, et s’autorise même quelques concerts en soliste, dans de belles architectures. JeHaN et Suarez, avec Leprest caché derrière, voilà un trio de pointures à ne pas manquer.

JeHaN – Lionel Suarez : Pacifiste inconnu – Nogent, Festival Dimey, jeudi 10 mai à 20 h 30 (Avec Mehdi Krüger en première parte)

Depoix : «du Dimey profond, quoi !»

Temps fort du festival 2018 pour les amoureux de Dimey, la création très attendue co-signée par Yvette Cathiard, sa dernière compagne, et Emmanuel Depoix, un de ses plus brillants interprètes : « J’aime qu’on m’aime un peu… ». Samedi soir, place à un Dimey profond et animal pour boucler cette 18e édition en beauté.

Il aura fallu plusieurs années à Yvette Cathiard et à Emmanuel Depoix pour monter le spectacle qui sera donné samedi soir, à Nogent, en clôture du Festival Bernard Dimey.
« J’aime qu’on m’aime un peu », c’est une sorte d’odyssée. «Dimey, il faut le dire, tout le monde s’en fout. Il y a ceux qui connaissent les poèmes voyous mais qui n’aiment pas et ceux qui n’ont pas envie de le connaître parce qu’ils disent « c’est du passé », ça fait 30 ans qu’il est mort. Et puis il y a ceux qui adorent Dimey et qui se l’approprient. Donc, ça a été très compliqué de monter le spectacle, de trouver l’argent pour que ça ait un sens», assure Emmanuel Depoix.
Mais l’envie de faire découvrir un autre Dimey a été plus forte que les moments de doute. «Yvette avait ses idées mais comme on n’y arrivait pas, un jour, je lui ai demandé de venir aux Trois Baudets, à Paris, pour un récital que je donnais autour des textes qu’elle avait choisi initialement et que j’avais mis en musique. Ca a été le déclic. On s’est rendu compte que ça pouvait fonctionner», se souvient Emmanuel Depoix, nourrit à la poésie de Dimey depuis l’enfance.
Aller au bout
«C’est Reggiani qui m’a fait découvrir Dimey. J’avais 12 ans, je crois. Il chantait « Il ne faudra jamais dire tout ce qu’on a vécu » et « Si tu me paies un verre ». Quand je suis monté à Paris, Reggiani venait de décéder et j’ai acheté tous les bouquins de Christian Pirot qui évoquaient le parcours du bonhomme. Et puis, comme je suis dans le chant depuis – presque – toujours, il y avait au moins un texte de Dimey dans mes spectacles dans les cabarets parisiens. Ensuite, j’ai approfondi l’oeuvre avec « Dis-moi tout Dimey », spectacle que j’ai monté avec une comédienne», poursuit Emmanuel Depoix.
L’artiste a reçu l’invitation de l’association Bernard Dimey comme un signe de plus. «Je ne pensais pas chanter à nouveau Dimey dans la suite de « Dis-moi tout Dimey ». J’avais envie de passer à autre chose. Mais, l’été dernier, quand Jean-Paul Dupont m’a appelé pour le festival, je me suis dis : « je vais au bout ». Ceux qui connaissent Dimey vont découvrir autre chose et ceux qui ne le connaissent pas seront sans doute surpris. J’ai l’impression de faire du Dimey profond, quoi ! »

Yvette Cathiard : « Un grand manège fantasmagorique »

Yvette Cathiard évoque sa rencontre avec Emmanuel Depoix et la naissance de ce spectacle original dont elle rêve depuis longtemps.
«J’ai vu Emmanuel Depoix en 2012 pour « Dis-moi tout Dimey ». Je pensais voir un spectacle de plus et j’ai rencontré un immense comédien. J’étais sous le choc. Comme j’ai toujours eu envie de monter un spectacle sur Dimey, cette rencontre a réveillé le désir.
On a échangé. Je lui ai dit que je rêvais de faire quelque chose de très différent. Emmanuel m’a dit tout de suite : « je veux en être ». Cette petite phrase a tout déclenché. J’ai fait de grands décors pour l’occasion : un gorille, un cheval en feu, une queue de poisson. Il faut savoir que Bernard Dimey était très impressionné par le monde animal. Il y a beaucoup de textes qui y font référence.
J’avais aussi sélectionné les textes en amont. Des textes originaux ou peu visités. Emmanuel a ajouté les musiques et son talent.
Entre les textes de Dimey, l’interprétation d’Emmanuel Depoix et les décors, on a créé un spectacle totalement différent de ce qui s’est déjà fait autour de Dimey. Je suis particulièrement satisfaite du résultat. Ce spectacle est conçu comme un grand manège fantasmagorique».

Dimey express

3e mi-temps

Chaque soir, après les concerts sur la grande scène, on joue les prolongations du côté de l’espace bar qui sert de cadre aux mémorables 3e mi-temps. Les professionnels et les amateurs partagent une scène ouverte pour la plus grande joie des habitués. C’est gratuit mais les places assises sont chères !

Suivez le guide

Samedi matin, Philippe Savouret embarque les curieux dans les pas de Dimey. Une visite guidée, des sites nogentais incontournables où le poète a laissé son empreinte. A partir de 9 h. Inscription obligatoire au 06.87.85.02.25.

Tout est dans le hall

Divine lecture, divins Vinyls, divine expo photo : tout est divin dans le hall du centre culturel où l’ambiance bat son plein. Ca sent bon aussi puisque la cantine sera ouverte pendant la durée du festival. Santé !

Sur le vif avec Domi Decker
Depuis plusieurs années, la photographe chaumontaise Domi Decker est l’invitée du festival Dimey. Dans le hall d’accueil, elle tend son fil et expose ses clichés pris sur le vif. Rien n’échappe à son oeil exercé : les artistes, bien sûr, mais aussi les techniciens, les bénévoles, etc.
Domi a sélectionné quelques photographies – ses temps forts des précédentes éditions – visibles ici :

 

Festival Dimey 2017 : j’aime écouter les filles !

Et pour ceux qui veulent encore plus de Dimey, voilà une archive très intéressante (Merci à Eric Chardin et à Loïc Lantoine) :

https://youtu.be/p3JySV9Jluw

 

Dimanche 7 mai :

Retour aux abris
Dimanche après-midi, pour le dernier jour du festival Dimey, la triste pluie qui arrosait la cité coutelière n’aura pas désarmé les organisateurs. Il pleut ? Eh bien, rentrons !
Juja Lula, c’est beau comme un grand livre de contes. En deux secondes, Juliette et Lucie Taffin font de l’estrade une scène. Ce sont deux grandes sœurs modèles, à la fois semblables et différentes, deux charmeuses bien éduquées qui ne donnent pas leur part au chien. Ces sœurs-là pratiquent des religions comme on les aime au festival Dimey : la poésie, la tolérance, le partage. Leur passé théâtral, leur culture familiale apparaissent comme des évidences. Chacune des chansons raconte une histoire. Les frangines touche-à-tout, qui ont vécu une partie de leur enfance près de Langres, ont bien rendu la monnaie au public haut-marnais.
Dame ! Trois concerts dans l’après-midi. Il ne fallait pas s’endormir. Pas de risque avec Tournelune, dont la classe a débordé depuis longtemps les frontières du département. Le groupe surfe sur les registres, passant des textes à bien écouter (ses “Oiseaux de Nuit”, de Dimey, notamment) à des titres très rock, où les mots sont triturés et martelés. Une musique qui a parfois du mal à passer au festival. Tournelune a prouvé que la qualité de la chanson française n’a rien à voir avec les formes musicales. On en redemande ! Tournelune est chez lui au festival Dimey.

Les Lillois de La Goutte ont distillé leur poésie du quotidien
C’est donc dans le hall-bar, qui accueille en fin de soirée les fameuses troisièmes mi-temps, que trois groupes ont pu livrer chacun une petite heure de concert. La Goutte, ce sont quatre Lillois, une aventure démarrée en 2012. Au centre du groupe, Gabriel Devilleneuve écrit et chante tous les titres, d’une jolie voix masquée de voile et teintée de grain. Les musiques, les arrangements sont travaillés ensemble. En ressort une galerie de portraits un peu désespérés, d’instants de vie qui vous prennent aux tripes. La Goutte fait passer des émotions, et ne donne aucune leçon. Cela fait du bien aussi, de temps en temps.

De notre correspondant Florent Desprez

Ebouriffante Morissette
La Québécoise Geneviève Morissette s’était vu confier une lourde tâche : clore le festival 2017 à un horaire décalé (21 h 30) pour cause d’élection. Il lui a fallu s’accrocher.
Alors que la plupart des spectateurs avaient flâné en fin de repas, pour discuter des premiers résultats et des commentaires qui suivaient, Geneviève Morissette est arrivée sur scène avec ses trois musiciens, s’asseyant sur le bord du plateau pour entonner, a cappella, un bouleversant “Chant des Partisans”. Un moment fort, fait de partage et d’émotion, avant que la chanteuse ne commence à expliquer que Français et Québécois ne partageaient en fait qu’une demi-langue. Une problématique connue, mais toujours aussi savoureuse de ce côté-ci de l’Atlantique.
La rousse flamboyante, toujours en mouvement, a ensuite déployé sa palette de talents : chanson-sketch avec son guitariste, magnifique reprise d’une chanson de Véronique Sanson, “Amoureuse”, appel public à Michel Drucker, sublime hommage à Paris, écrit après les attentats. Le tout servi par un rock éclectique, parfaitement en place. Geneviève Morissette n’a pas ménagé ses efforts pour l’emporter sur un public a priori morose (la fin du festival, l’actualité, la météo…). Les saillies explosives de la Québécoise ont fini par la faire gagner haut-la-main.
De notre correspondant Florent Desprez
Un volcan québécois sur la scène nogentaise.

Samedi 6 mai :

Le F de la femme

F comme festival. Le grand Festival de la femme a déployé ses charmes multiples samedi soir à Nogent avec Barbara Weldens et Sarah Olivier. Deux tempéraments.

On sent bien des fêlures chez Barbara Weldens dans ce tour de chant «plein de chansons d’amour». Un amour désenchanté car, même si la vie offre toujours d’autres chances, la quête du bonheur semble une souffrance de tous les instants.
On aura apprécié, du coup, une petite dose de deuxième degré avec cette question existentielle de la plus haute importance : «Mais où sont passés mes nichons ?»
En english
On aura assisté aussi à une première descente d’organe vocal dans la salle au contact des festivaliers. Comme un besoin de se frotter d’un peu plus près à ses congénères.
Quant à Sarah Olivier, elle assume parfaitement ses talons aiguilles et sa condition de femme libérée. Bien dans sa peau, Sarah. Tempérament flamboyant. Jolie présence scénique. Voix à vous décrocher les étoiles. Contact instinctif avec le public, surtout masculin. C’était la fièvre rock’n roll du samedi soir avec une section rythmique flamboyante. Tout le monde n’aura pas adhéré car la batterie reste un instrument honni d’une partie des festivaliers.
Bref. Sarah Olivier se permet tout. Jusqu’à offrir un set pour moitié en langue anglaise. Du jamais vu ici. Bernard Dimey se sera retourné dans sa tombe, lui, qui avait défendu avec acharnement le français. Mais la charmante Sarah ne doit pas connaître l’œuvre du poète nogentais.
A. S.

Vendredi 5 mai :

Vive les Franc-Comtoises !
Clio et Maggy Bolle ont mis les pendules à l’heure vendredi soir au Festival Dimey à Nogent. La jeunesse désinvolte et survoltée a pris le pouvoir et rythmé cette folle soirée.
D’abord, d’abord… Il y a Clio. Une toute jeune artiste. Sa carrière a débuté il y a trois ans lors du tremplin du Festival Jacques Brel à Vesoul. On sent bien cette fraîcheur qui relèverait presque de la désinvolture façon Birkin ou Delerm. Une jeunesse qui cultive cette naturelle différence à tel point que cela en est touchant. A son âge, on tombe facilement amoureuse. C’est légitime. Le public a succombé au charme de cette jeune auteure-interprète sans se faire prier. Les thématiques fétiches de la demoiselle défilent comme dans un film de Rohmer où on croiserait Romy Schneider et quelques icônes de cette classe-là.
Et même quand Clio fait une petite sortie de route dans un duo avec son guitariste, on se remet en piste sans se prendre la tête.
Maggy et les morilles
On saluera le travail instrumental de ses deux brillants musiciens, Etienne Champolion aux claviers et Paul Robin à la guitare. Ils impulsent un souffle novateur dans cet univers ouaté. Un souffle qui puise ses racines dans la folk song anglo-saxonne et qui se marie très intimement à l’univers de Clio.
Avec Maggy Bolle, c’est une autre histoire. Rien qu’à la lecture de la fiche technique de l’artiste, on se dit qu’on ne va pas s’ennuyer un instant. Petit caprice en forme de clin d’œil de la Franc-Comtoise : «Tu nous mets les coordonnées GPS de tes coins à morilles, sinon on chantera du Sardou ».
Le reste est dans la même veine. C’est truculent, totalement barré à l’image de son “Requiem pour un gros con”. Voilà qui fleure bon la saucisse de Morteau et le demi de bière avec ou sans faux col. Le titre générique de son spectacle : “T’as vu la vierge ?” Non ! Mais on a croisé une diablesse au tempérament débordant qui en a remis une couche lors de la troisième mi-temps pour le plus grand bonheur des festivaliers.
A. S.
Clio est arrivée et repartie sur la pointe des pieds. (Photos Dominique Decker).
Toute la gouaille de Maggy Bolle.

(Photos Dominique Decker)

Barbara pour mémoire
Barbara est particulièrement à l’honneur cette année au festival Dimey. Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz lui ont rendu hommage lors de la soirée inaugurale. vendre et samedi, dans La cave à Bernard, la grande dame de la chanson française livrait ses mémoires inachevées par le truchement de Claude Fèvre, une habituée du festival passée de l’autre côté du rideau, et Dora Mars, présente pour la première fois à Nogent.
Une heure trente de lecture entremêlée de bribes de ses chansons. Le mélange, un peu déséquilibré d’entrée de jeu car il faut bien replanter le décor de ce que fut l’enfance et l’adolescence de Monique Serf, a pris toute sa saveur peu à peu.
Son goût affirmé, dès le plus jeune âge, pour le piano. Cette liaison contrariée par plusieurs opérations de la main droite. « Alors, je ne serai que chanteuse », se console-t-elle. Vient alors le lent et laborieux apprentissage du chant. Un choix conforté par la découverte d’Edith Piaf.
Cette lecture musicale a mis en exergue toute la fragilité de l’artiste, son extrême sensibilité mais aussi sa fougue restituées par Claude Fèvre qui prend un plaisir fou à retracer ce parcours hors du commun. Dora Mars, au clavier, au thérémine et au chant lui donne le change dans ce spectacle débordant d’amour pour la dame en noir.
A.S

Jeudi 4 mai :

Quand deux grandes dames entrent en scène
Superbe entrée en matière pour le lancement du 17e festival Bernard Dimey jeudi soir à Nogent. Entre la sensibilité de Marie d’Epizon (photo ci-dessous à gauche) et le travelling grand format d’Yvette Théraulaz sur une vie de femme, les deux artistes ont récolté tous les suffrages.
Photos Dominique Decker

C’était le quatrième passage ici pour Marie d’Epizon. L’artiste originaire du département a embarqué la salle du centre culturel pour un beau voyage musical.
«Elle est sacrée la différence», un message qu’il convient de marteler. Plus que jamais. Marie d’Epizon s’y est employée.
Sa voix s’est posée tel un flocon de finesse et d’élégance. Une empreinte d’une grande pureté. La grâce était au rendez-vous pour ce tour de chant d’une remarquable précision. Remarquable par le timbre de cette voix qui n’est pas sans rappeler celle d’une Véronique Sanson à ses débuts lorsque Marie accroche les notes hautes. Remarquable aussi ses incartades dans le répertoire de Barbara qu’elle porte au pinacle et reviendra chanter à Nogent en fin d’année. Remarquable enfin l’accompagnement très latino de ses deux musiciens, Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse) notamment sur un répertoire plus personnel qui donnait à entendre de larges extraits de son dernier album (“La sirène de Lampedusa”, “Les couleurs de Collioure”).
Clé de lecture
Lauréate du tremplin du Festival Dimey en 2006, Marie d’Epizon a fait passer un frisson divin avec “Le marchand de sable” qui l’avait couronnée alors. Et même si cette édition 2017 porte la voix des femmes, la présence masculine est toujours sous-jacente. Dimey a été chanté pour le coup, renouant avec l’esprit originel du Festival dans une reprise de “J’aimerais tant savoir” version Jehan. Un début de nuit d’une grande clarté.
La deuxième partie de soirée donnait à entendre une autre grande dame, Yvette Theraulaz, dans un spectacle qui mêle théâtre et chant. C’est toute l’évolution de la condition féminine qui a défilé de façon magistrale plus d’une heure durant. De la délirante course des spermatozoïdes, aux premières velléités d’émancipation et autres luttes féministes, des premières flétrissures du corps, aux pensées crépusculaires qui s’installent alors… La performance d’actrice a été saluée à sa juste valeur par le public nogentais. Scolaires du groupe Baudon-Rostand présents dans la salle et fidèles du Festival seront passés par toutes les émotions.
On comprend mieux les mots d’Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, en introduction du spectacle. La prestation hors-normes de la Suissesse était bien la clé de lecture d’un festival au féminin qui, jeudi soir, a écrit une très belle page de son histoire.

A.S

Un festival 2017 au féminin

Le Festival Dimey a débuté jeudi soir, en présence de nombreux convives, au centre culturel de Nogent. Pour cette 17e édition, l’association organisatrice a concocté une programmation qui offre une large place aux femmes.
Cette année est également marquée par le documentaire “Dimey, poète et pourquoi pas ?”* de Dominique Regueme, diffusé mardi soir à Nogent en avant-première et pour lequel une deuxième projection est prévue ce matin à 11 h au centre culturel (entrée gratuite). «Ce film a été pour moi un moment d’émotion extrême», a commenté dans son discours la conseillère départementale Mireille Ravenel. La présidente de la grande Agglo – représentant également la Région – Christine Guillemy a, quant à elle, tenu un propos plus politique en cette période d’élection présidentielle. Durant son intervention, l’élue a volontairement insisté à plusieurs reprises sur «l’esprit de tolérance, dont on a vraiment besoin aujourd’hui !». Jeudi, les artistes Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz ont ouvert le bal de cette 17e édition prometteuse qui se poursuit jusqu’à dimanche soir.
B. T.

* Le documentaire sera diffusé lundi, sur France 3, après le Soir 3.
Le Festival Dimey, c’est aussi des expositions (sur Simone de Beauvoir et Louise Michel), des ventes de disques (ci-contre) et de livres.
Yves Amour, le président de l’association Bernard-Dimey.
Chemise bariolée et barbe bien taillée, Yves Amour a lancé avec humour et émotion le Festival Dimey. Saluant le travail de son équipe de bénévoles – «sans faille !» – le président de l’association Bernard Dimey avait réuni, hier soir au centre culturel de Nogent, de nombreux convives à l’occasion de l’inauguration. Au début de son discours, Yves Amour a eu une «pensée émue» pour Jean Benedetti, membre actif de l’association décédé au mois de février, avant d’évoquer la programmation très féminine de cette année. «On ne veut pas dire non plus que les femmes ont toujours raison…», a lancé le président avec malice, ajoutant un peu plus tard : «Il n’y a pas de spectacle Dimey mais l’esprit Dimey est bien là : le partage, la générosité, l’amitié sont au rendez-vous !» Représentant le maire de Nogent Anne-Marie Nédélec, excusée, son adjoint Patrick Prodhon a cité le poète : «Dimey disait : “C’est à 17 ans que j’ai tout appris” ». Une référence qui s’imposait pour cette 17e édition dont l’ouverture a été suivie par bon nombre de fidèles, mais aussi des nouvelles têtes, comme l’a constaté Yves Amour, dont le souhait est d’ouvrir le Festival aux plus jeunes. Une ouverture qui passe notamment par un partenariat noué avec les lycées où sont allées se produire les Crieuses publiques, fil rouge du festival (lire ci-contre).

 

Mercredi 3 mai :

Les Crieuses envoient du bois
Il se passe toujours quelque chose autour du Festival Dimey de Nogent (jusqu’au 7 mai). Avant même le lancement officiel, jeudi soir, de ces quatre jours consacrés à la chanson française, les élèves du bassin nogentais ont découvert, mardi, le spectacle de Paccoud et Dumoulin. Les amoureux du poète se sont délectés du documentaire qui lui est consacré et qui sera diffusé lundi soir sur France 3.
Jeudi matin, Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et ancien prof de maths, a repris le chemin du lycée Charles-de-Gaulle, à Chaumont, à l’invitation de la direction de l’établissement. Avec lui, Les Crieuses publiques, fil rouge de cette 17e édition, sont allées à la rencontre des étudiants, durant une petite heure. Dans un premier temps, une séance très enrichissante était au programme et permettait notamment de se chauffer la voix. Une mise en condition payante puisque les élèves ont montré de belles dispositions à l’interclasse de 10 h, durant un petit quart d’heure débridé et interactif mené de mains de maîtresses par Victoria Delarozière et Capucine Maillard, de la compagnie Aziadé.

Le jeune public n’avait sans doute jamais entendu parler de la criée publique avant l’intervention des deux artistes polyformes. Lacune comblée dans la joie et la bonne humeur. Et si de prime abord, la mise en abîme pouvait sembler hardie à l’air du selfie, les petits bouts de papier distribués et complétés ont remplacé pour un temps les écrans de téléphone. On y souhaite un anniversaire, on y couche quelques mots d’amour ou d’amitié… et les crieuses relayent le message, libèrent la parole. Tout fini dans un cri communicatif. Evidemment.
Une expérience jubilatoire qu’ont vécu à leur tour les élèves de Bouchardon vendredi matin à la récré.
A. S.

 

Mardi 2 mai :

Les scolaires et les aficionados du poète étaient déjà dans l’ambiance de ce rendez-vous festif.

C’est une tradition bien ancrée. Les scolaires sont les premiers à profiter de la programmation du festival Dimey.

Mardi, à deux reprises, Christian Paccoud et Armelle Dumoulin se sont produits sur la grande scène du centre culturel devant un jeune public qui s’est vite laissé embarquer dans l’univers poétique et pédagogique de ces artistes, mi-clowns, mi-baladins. Il faut dire que Paccoud et Dumoulin font tourner leur spectacle depuis près de quinze ans. Le jeune public, ils connaissent et savent capter son attention. On est dans ce qui relève du conte burlesque… interactif !

Sans artifices (pas de sonorisation) avec juste un petit accordéon, leurs cordes vocales, quelques accessoires et beaucoup de talent, Paccoud et Dumoulin se mettent à la portée des enfants invités à s’exprimer sans retenue aucune. Et ça marche du tonnerre ! Petits bonheurs, petits malheurs, superficialité des choses et sens de ce qui est vrai et important : une petite leçon de vie livrée en toute simplicité. Les quelques 300 élèves de Biesles, Mandres-la-Côte et Nogent, de la petite section maternelle aux classes primaires, en garderont quelque chose, c’est certain.

Dimey sur l’écran

En soirée, changement de décor avec la projection en avant-première d’un documentaire consacré au poète originaire de Nogent. Bernard Dimey, poète et pourquoi pas ?, titre de ce film d’un peu moins d’une heure, doit beaucoup à l’opiniâtreté d’un autre nogentais, Bruno Florentin. Fils de bouchers installés jadis à Nogent-le-Bas, Bruno Florentin a fait des pieds et des mains pour réunir financements et partenariats afin de finaliser son projet. Plusieurs années d’efforts ont été nécessaires et salués hier soir par les 150 amoureux de Dimey présents dans la salle. Ils ont pu se délecter, en avant-première, d’images d’archives de l’INA et autres documents du fond Dimey regroupé à la médiathèque locale ainsi que de commentaires croustillants sur la vie et l’oeuvre de Dimey.

Son biographe, le nogentais Philippe Savouret souligne l’intérêt et la qualité du documentaire qui sort toutefois un peu tard compte-tenu des diverses contraintes. « Il y a trois ans ont aurait pu avoir les témoignages de son éditeur Michel Célie, de Jean-Louis Foulquier et de quelques autres qui ont bien connu Dimey », souligne-t-il.

Yvette Cathiard, qui a vécu aux côtés du poète, sur Butte Montmartre, assume à merveille son rôle de transmission dans ce documentaire qui sera diffusé lundi soir sur France 3 et que les festivaliers pourront découvrir vendredi, à 11 h, lors d’une nouvelle projection au centre culturel. Le film est appelé ensuite à emprunter la filière scolaire, si possible un peu partout dans l’Hexagone. C’est du moins l’ambition de Bruno Florentin.

A.S

 

Dimey : Un festival 2017 tout feu tout femmes

 

Le Festival Dimey 2017 passe en mode féminin pluriel du 4 au 7 mai. Une programmation excitante, une avant-première que les aficionados du poète ne voudront manquer sous aucun prétexte et des surprises à la pelle. Voilà qui promet une parenthèse enchantée, quatre jours durant, du côté de Nogent.

Enthousiaste. C’est sans doute l’état d’esprit qui domine dans les rangs de l’association Bernard Dimey depuis que les membres de la commission programmation ont dévoilé le menu artistique de cette édition 2017. C’était le 8 mars dernier concomitamment à la Journée internationale des droits de la femme. Une date qui n’a pas été choisie au hasard. Cette année, les organisateurs ont fait le pari des voix féminines dans toute leur diversité. On serait presque allé jusqu’à féminiser le mot «festival» pour l’occasion et dans une démarche totalement jusqu’au-boutiste mais cette transgression orthographique s’est heurtée à quelques – masculines – réticences (sic) !
La grande scène du centre culturel et sportif servira à nouveau d’écrin aux tours de chant d’interprètes aux styles très variés. Peu de points communs, en effet, entre la poésie ciselée de Marie d’Epizon (lire en page 10), la furie contagieuse de Barbara Weldens ou l’univers déjanté de Maggy Bolle. Nogent sera donc, une fois encore, terre de contrastes artistiques dans une grande communion entre les générations.
Le sens de la fête
Ce n’est pas la moindre des qualités du festival Dimey qui attire un public de fidèles amoureux de la chanson française. Dans ce milieu où le sens des mots est porté au pinacle, il y a Barjac (Ardèche), la référence absolue où on transpire au coeur de l’été. Il y a aussi Nogent où une belle équipe de passionnés, telles de consciencieuses abeilles, s’évertue à polliniser les premières fleurs chantantes du joli mois de mai. Voilà dix-sept printemps que ce petit miracle se produit. Un rendez-vous garanti sans OGM !
Et comme à Nogent, le sens de la fête n’est pas un vain mot, les bénévoles se plient en quatre pour satisfaire le public. On a même ouvert une cantine sur le site historique mis à disposition par la municipalité, partenaire incontournable de la manifestation. Artistes, techniciens et public y prennent leurs quartiers dans une proximité et un sens du partage que ne n’aurait pas renié Dimey. Succès total !
Sur un plateau
Comme pour chaque édition, le poète nogentais, décédé en 1981, reviendra hanter joyeusement les esprits avec la projection, en avant première, d’un film documentaire qui lui est consacré (lire en page 11). Bel hommage !
Les estaminets du centre-ville auront la visite du fil rouge, Les crieuses publiques, à l’heure de l’apéritif. Santé !
Ces filles du rock et du boniment iront également porter la bonne parole dans les maisons de retraite du Bassigny.
La Cave à Bernard accueillera le spectacle de Claude Fèvre et Dora Mars en hommage à Barbara (gratuit sur réservation pour les gens de Nogent).
Victoria Delarozière investira l’espace bar, en après-midi, samedi 6 mai.
La scène extérieure, lancée l’an dernier, est reconduite le dimanche dès 15 h avec La goutte, Jula Lula et Tournelune. Les concerts seront festifs et gratuits.
Chaque soir, l’espace bar sera pris d’assaut pour de mémorables 3e mi-temps ouvertes à tous ceux – des deux sexes – qui ont quelques choses à chanter ou à déclamer.
Le jeune public n’est pas oublié. C’est lui qui aura le privilège de goûter en premier, dès mardi, aux joies du spectacle vivant avec l’inimitable Christian Paccoud.
Une édition 2017 tout feu tout femmes… avec quelques mecs aussi.
A. S.

 Yves Amour : «Donner la voix aux femmes»

Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, livre sa clé de lecture sur une programmation très prometteuse.

JHM : Cette 17e édition du festival offre une large place aux voix féminines. Pourquoi ce choix ?
Yves Amour : On cherche en général un équilibre entre les voix féminines et masculines. La parité est souvent abordée avec l’idée de laisser une place aux femmes. C’est tout l’inverse dans notre cas. En fait, il était difficile de respecter l’équilibre tant le nombre de femmes que nous avions envie de programmer était important. Yvette Theralaz est arrivée en point d’orgue, comme une clé de lecture. Du coup, cette année, nous avons pris le parti de donner la voix aux femmes.

JHM : La dernière soirée du festival coïncide avec le second tour de l’élection présidentielle.
Y.A : Oui, il fallait trouver une artiste qui ne soit pas directement «impliquée». Je pense que Geneviève Morissette, avec son humour et son bel accent québécois, nous aidera à dépasser les idées partisanes.

JHM : Vos coups de coeur ?
Y.A : Tout est bon chez elles ! Honnêtement, c’est la première fois que j’attends tous les spectacles avec la même impatience. Puisqu’il faut faire un choix, je pencherai pour celles qui ont fait naître l’envie de cette programmation féminine à savoir Clio, Barbara Weldens et Sarah Olivier. Trois styles, trois artistes rencontrées au Festival Jacques Brel à Vesoul.

 

Marie d’Epizon : «C’est particulier de venir à Nogent»

Originaire du petit village haut-marnais dont elle a emprunté le nom, Marie d’Epizon ouvrira le 17e Festival Dimey. Son dernier album “Bleu nuit” servira de fil conducteur à un tour de chant qui donnera à entendre aussi la poésie de Bernard Dimey et de quelques auteurs aussi incontournables.

Les amateurs de chansons françaises sont toujours heureux de retrouver Marie d’Epizon. Installée du côté de Montpellier depuis plusieurs décennies, ce petit bout de femme aime revenir dans son département natal et s’enthousiasme d’y faire entendre à nouveau sa voix. «Ca fait longtemps que je ne suis pas venue chanter ici. C’est particulier de venir à Nogent», assure-t-elle. Pour les organisateurs du Festival Dimey, accueillir Marie d’Epizon est vite devenu une évidence quand, à l’automne dernier, ils se sont penchés sur la programmation de cette 17e édition, cent pour cent féminine.
Nourrie à la poésie de Barbara, Brassens et Béranger dès l’adolescence, Marie d’Epizon a longtemps chanté ces sources d’inspiration-là. Elle a consacré un album à Barbara qu’elle interprète avec une aisance déconcertante. Brassens a eu aussi ses faveurs. «Je me suis surtout intéressée aux chansons dans lesquelles il dépeint les femmes», souligne-t-elle.
Sur ce socle granitique, Marie d’Epizon a posé les bases d’une carrière qui impose le respect. Une trajectoire saluée par quelques grands noms de la chanson à l’instar de Fabienne Thibeault, marraine des Journées 2014 du Parc Georges Brassens, qui est tombée en amour avec l’artiste d’origine haut-marnaise.
Des surprises
Et puis, avec l’aide de son complice Claude Kintzler, originaire de Forcey, Marie s’est attelée à la composition. Un premier album Les desseins des pensées, joliment troussé, pose les fondations de son style. Une chanson d’auteur(s) exigeante. Le dernier album s’intitule Bleu nuit mais sa couleur n’est «pas noir du tout. En fait, c’était le titre initial d’une chanson qui a changé en cours de route. L’album est plutôt poétique», précise Marie d’Epizon. Il aborde aussi des sujets d’actualités (les migrants) ou intemporels (la vie qui passe). Les textes sont essentiellement signés par Claude Kintzler. Marie a composé les musiques. Tous deux ont mêlé leurs mots sur quelques titres et l’album s’est enrichi de contributions de Bernard Joyet, Jean-Michel Piton et Joseph Moalic.
Mercredi, en ouverture du festival, Marie d’Epizon se produira en trio avec Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse). «J’ai longtemps tourné en piano-voix mais j’avais envie d’autre chose. La formule guitare-contrebasse laisse beaucoup d’espace pour la voix et permet des rythmiques sud-américaines que j’adore», souligne encore Marie d’Epizon.
Bleu nuit est un «spectacle très féminin», assure l’artiste qui reviendra au centre culturel de Nogent en fin d’année pour y chanter Barbara, cette fois.
Mais ce n’est pas une raison pour faire l’impasse sur son passage printanier au Festival Dimey. Marie d’Epizon a prévu quelques surprises. Pour les dimeytistes et les autres.
A. S.

Marie d’Epizon, mercredi 3 mai, 20 h 30, grande scène.

 

Dimey nous fait son cinéma

Dimey, poète et pourquoi pas ? Tel est le titre du documentaire de 52 mn réalisé par Dominique Regueme. Le film sera projeté, en avant-première, à l’occasion de la 17e édition du festival nogentais dédié au poète.

Curieusement, Bernard Dimey semble mieux connu dans le grand monde francophone, grâce à quelques succès, que dans le bourg nogentais qui l’a vu naître, et où il repose. Voilà un film qui tombe à point. Ceux qui ont côtoyé l’auteur de Syracuse dans les rues de Nogent – et ils sont encore quelques-uns – vont découvrir comment le beau gosse qui prenait la pose sur la place est devenu un ogre des bistrots de Montmartre, dévoré par l’écriture et la picole. Les dimeyphiles, quant à eux, vont se régaler avec de succulentes images d’époque (chez Danièle Gilbert, au bistrot avec Mouloudji…). Ils feront à coup sûr des découvertes, grâce aux témoignages pertinents qui rythment le film. Quelques moments de grâce aussi, comme le chant émouvant de Claire Taïb.
Témoignages
Il faut dire que le réalisateur n’a pas lésiné sur la qualité des interviewés : Francis Lai, Aznavour, Philippe Meyer… Yvette Cathiard, sa dernière femme, qui l’appelle Dimey. Dominique, la fille du poète retrouvée quand elle avait vingt ans, et qui l‘appelle Bernard. Philippe Savouret, le précieux archiviste nogentais. Enfin LE spécialiste de Dimey, le Chaumontais Francis Couvreux, intarissable dans son style, entre Philippe Manœuvre et Henri-Jean Servat. Sauf que cette fois, on parle d’un poète qui, en déambulant devant sa maison natale, se compare à Victor Hugo. A juste titre, crient les uns. Plutôt à François Villon, répondent d’autres.
Nogentais, dimeyphiles, vous devez absolument voir ce film !
De notre correspondant
Florent Desprez

Dimey, poète et pourquoi pas ? (2017) – Avant-premières au Centre culturel de Nogent mardi 2 mai à 20 h 30, vendredi 5 mai à 11 h. Entrée gratuite.

 

Les archives du festival

2016 : un grand cru

Le festival Dimey 2016 aura été marqué par quelques temps forts : la prestation de Les Flow, dès le premier soir, et la classe de Jean-Michel Piton, dans un spectacle magique autour des textes de Bernard Dimey. Retour, au jour le jour, sur ce cru 2016 particulièrement gouleyant.

Quatrième jour

La fiesta totale

Au quatrième jour, il y avait du « off » dans l’air. Les réjouissances ont débuté à l’heure de l’apéro. Dixwatts remettait sa tournée dans les estaminets de Nogent. le groupe a participé à l’aventure de l’album Dimey Pluriel. Depuis, il a mis en musiques quelques textes du poète nogentais. Pour la deuxième année consécutive, les musiciens sont allés -de leur propre initiative- au contact des gens de Nogent dans les lieux de vie qu’ils fréquentent. Au cheval blanc à l’heure de l’apéro, Au San Remo pour un déjeuner gourmand – avec une belle tablée de soldats du feu qui ne s’attendaient sans doute pas à une telle animation – puis au petit bar-tabac de la rue Astier où le groupe à désormais ses habitudes. De bons moments de partage jusqu’à la pause café. Ensuite, un autre groupe du cd Dimey Pluriel a pris la relève pour un concert gratuit en extérieur, vers le centre culturel : Joli Falzar. Les festivaliers ont apprécié ce nouveau rendez-vous. Sur la scène baignée de soleil, Jean et ses camarades ont livré un concert des plus rythmés.
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Enfin, avec Les Didoudingues, le feu d’artifice espéré a été coloré. Ce groupe est composé de multiples talents. A l’occasion du Festival “Faites de la chanson” à Arras, l’association Di Dou Da avait souhaité réunir ces artistes. Les festivaliers ont eu plaisir à retrouver des connaissances. Le groupe est composé d’Hervé Lapalud, Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger et Eric Frasiak. Leur rencontre est toujours réjouissante.
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Une pièce créée pour l’événement
La troupe “Le Petit théâtre d’Ernest” a créé une pièce originale. 
Elle a la particularité d’être composée d’une vingtaine de textes 
de Bernard Dimey, qui s’enchaînent sous forme de dialogues. 
Le spectacle a déjà été réservé à Chaumont et du côté de Nancy.
L’association est de Metz. Les comédiens du “Petit théâtre d’Ernest” sont principalement issus de sa région et de Nancy. C’est parce qu’ils venaient au festival à Nogent qu’il a été proposé à ces passionnés de Dimey, par l’association organisatrice du Festival, de créer une pièce de théâtre. Un défi qu’ils ont relevé avec un travail original de la part du metteur en scène, Patrice Guillaumet. Dans cette pièce, il a planté cinq personnages dans “Le bistrot d’Alphonse”, le titre d’un texte du poète nogentais. Trois sont de Dimey : “Pépère”, “Mimi” et “Alfonse le patron du bistrot”. Deux ont été créés, “Nanar” et “Bébert”. Patrice Guillaumet est accompagné par Claude Lecarme, Gilles Grateau, Anne-Marie Boussange-Diaquin et Calogero Di Maïda.
Deux représentations, dans la Cave à Bernard, ont séduit le public pendant le festival, jeudi 5 et vendredi 6 mai. A tel point que la pièce a été commandée pour une représentation à Chaumont. La semaine prochaine, ce sera en Meurthe-et-Moselle.
Pour les contacter, téléphoner au 06.13.85.98.98 ou par mail : pternest57@hotmail.com
E. G.
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Un spectacle original conçu spécialement pour les festivaliers nogentais, et qui a séduit.

Troisième jour

La fille et la rock star

Imaginez une fille qui se prend pour son violoncelle. Elle arbore même une coiffure en forme de tête de cello déglinguée, c’est vous dire si cette fille-là est légèrement barrée. Katrin Waldteufel, M. cello et son excellent homme orchestre (claviers-guitare) ont embarqué les festivaliers dans un monde loufoque. Une promenade enchantée et toute douce. A grand renfort de boucles vocales et/ou instrumentales, les artistes ont pris leur temps pour poser les ambiances. On aura préféré la tessiture du violoncelle et des cordes vocales de la jeune femme. On a encore rien trouvé de mieux que la chaleur de ses deux instruments là pour titiller nos sens. L’interprétation au violoncelle, dans un épurement magnifique, de L’affiche rouge du duo Ferré-Aragon en a donné la plus parfaite illustration.
Puis est venu le tour de Jérémy Bossone. Physique de rock star, l’artiste déploie une belle énergie à en faire rompre les contingences techniques. Sa voix androgyne donne le meilleur en concert. C’est un fait. Le public, pourtant mûr du festival, a pris un bon bol d’airs frais.

Deuxième jour

Piton s’est envolé

C’était une grande soirée avec du grand Piton, du grand Dimey. Les deux artistes sont liés à la vie, à la mort.
Jean-Michel Piton a réussi un tour de force en convoquant Dimey pour le plus grand plaisir de amoureux du poète de Nogent qui se sont pressés dans la grande salle du centre culturel. Ils l’attendaient les «Dimeytistes» ce rendez-vous là. Ils n’ont pas été déçus.
Piton, voue un véritable culte au plus prolixe des paroliers de Montmartre. Il a su puiser et assembler quelques-uns de ses plus beaux textes en trouvant le bon fil conducteur. Il en livre sa vision à lui, écorchée, sensible au possible, émouvante. On traine dans les bas-fonds de l’âme, là où peu se risquent vraiment. Au contact des clodos magnifiques qui s’inventent un monde où l’humanisme règle en valeur absolue. La tendresse des sentiments et la force des mots de Dimey ont trouvé leur meilleur ambassadeur. Piton s’est envolé hier et le public avec lui.
Auparavant, Pierre Lebelâge est arrivé et reparti… sur la pointe des pieds. Ce petit gars de la région de Perpignan écrit très bien. Une dentelle d’une finesse rare, c’est évident. Musicalement, c’est irréprochable. Vocalement, ça chante juste aussi mais, car il y a un mais : il manquait un petit supplément d’âme pour que Lebelâge embarque le public de Nogent.
Ce supplément-là, le Petit théâtre d’Ernest l’a trouvé au plus profond des textes de Dimey, en après-midi, dans La cave à Bernard. Un beau moment plein de sens.
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(Photo Patrick Boez)

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(Photo Estelle Galland)

Premier jour

Se retrouver à Nogent

Une fois l’an, se retrouver à Nogent. On croise des têtes connues dans le hall du centre culturel et sportif. Les habitués du Festival Dimey, des nouveaux venus aussi et la cohorte des bénévoles qui s’active à quelques minutes de l’ouverture officielle.
Le soleil est de la partie, les sourires sont sur les lèvres. Dans la grande salle, les artistes balancent gentiment. En cuisine Jean-Paul et son équipe s’affairent. Du côté du bar où a lieu, chaque soir, la troisième mi-temps chère aux festivaliers, ont s’active aussi.
Bref, il règne l’agitation propre au festival. Chacun est à sa place, impatient d’entrer dans le vif du sujet.
Ce sera chose faite au terme des discours inauguraux, rituel là-encore bien rôdé mais toujours apprécié. On s’est délecté des bons mots de Jean-Claude Daniel qui est venu réitérer le soutien de la nouvelle grande région ; on sait que, cette année encore, Anne-Marie Nédélec, mairesse de Nogent et fidèle parmi les fidèles, a pris son pass sans même regarder de quoi il en retournait «car on aime découvrir les artistes et on n’est jamais déçu» ; Yves Amour, président de l’association Dimey, a sorti, comme de coutume, une de ses chemises à fleurs dont il a le secret. Le décor est planté et la convivialité s’installe à l’heure de l’apéro, à grand renfort d’emmenthal et de rosette arrosés gaillardement du breuvage dont s’est délecté Dimey sans modération une bonne partie de sa vie de poète.
Mam’zelle Suzi, fil rouge 2016, a pris le relais avec son orgue de barbarie. Premières notes guillerettes d’un début de festival qui devait réserver un premier temps fort d’entrée de jeu.
On attendait Les Flow, on n’a pas été déçu. Cette petite nana-là est sur scène comme à la ville : authentique. Dégaine des gens de la rue (casquette visée sur la tête et sweat extra-large). Pas de chi-chi sur les apparences. A l’intérieur, il y a un cœur gros comme ça. Flow évoque les enfants, son enfance. Les guerres couvertes dans la vie d’avant. La fragilité de la paix. Sa paix intérieure parfois mise à mal. Sa sensibilité a fait mouche. Ce fut un moment de bonheur trop court livré par une grande dame de la chanson et par un excellent guitariste.
Difficile, après ce moment de partage magnifique, de s’embarquer dans l’univers cadavérique de Mazo. Ces gars-là sont des instrumentistes talentueux, certes, mais le prêchi-prêcha du Mac Abbé manquait de vérité et de profondeur. On a vu des musiciens adopter des postures dignes des zombies d’un Thriller façon king of pop. D’accord ! Au premier rang, un spectateur s’est même fait baptiser, façon Mazo, au vin d’une étrange messe et s’en est visiblement beaucoup amusé. Pour apprécier Mazo, il fallait être sensible au troisième degré alors qu’on avait encore à l’esprit la belle simplicité de Flow.
A.S
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Pas facile pour Mazo de passer après Les Flow…

Le festival Dimey sur le site d’une copine, Claude Fèvre, qui parle tellement bien des artistes. C’est ici : http://chantercestlancerdesballes.fr/

Avant le festival, c’est déjà le festival

Les mots coulent à Flow
Un atelier d’écriture a été offert par la chanteuse Flow. Une artiste hors du commun, qui ne mâche pas ses mots, qui s’est servie de la richesse de la langue française pour jouer à écrire avec une classe de 3e. Emotions garanties.
nogflow
Auteur, interprète, éditeur, producteur de musique et de livres, voici Flow, Florence Vaillant, invitée au Festival Dimey. A la classe de 3e du collège Françoise-Dolto de Nogent et à leur professeur Margaut Tenand, elle s’est présentée. «Moi je n’ai pas mon bac. Je suis ce que l’on appelle un cancre». Voilà qui est dit. De surcroit, pas souvent dans un collège. Mais ce cancre s’en est bien sorti. «Vous savez ce qui m’a sauvée. C’est l’écriture. Pourtant, je suis dyslexique. A 47 ans, je fais encore pas mal de fautes. Je fais gaffe si c’est un courrier important mais quand j’écris mes chansons, je me lance et je corrige après». Des adolescents parfaitement à l’aise avec cette intervenante et qui acceptent de suite le premier exercice. Deux colonnes sur une feuille. Dans l’une il fallait trouver cinq mots pour désigner une émotion positive, le mot qui vient quand on pense à quelqu’un qu’on aime. A l’inverse dans la seconde, il était destiné à une personne beaucoup, beaucoup moins sympathique. «Attention, sans insulte et niaiseries. Evitez les ‘‘Je t’aime’’ et ‘‘pouffiasse’’, il existe des tas d’autres mots pour exprimer ses sentiments. Par exemple, moi quand je pense à quelqu’un que je déteste, je l’associe à une fosse à purin. Vous comprenez bien le rapport». C’est ainsi que les élèves ont trouvé, entre autres, ‘‘moitié’’, ‘’sagesse’’ pour le coté positif. ‘‘Godzilla’’ ou encore ‘‘misérable’’, pour le coté négatif. Ecrire pour être bien Et avec les mots, ils ont construit des phrases comme : «L’amitié est un trésor, nous sommes complices». Flow a commenté, «si je reçois ce genre de courrier, ça me touche». La version moins sympa : «Tu reflète le noir, j’ai pitié de toi». Une telle phrase dans une lettre, «ça tue ! Et pourtant vous n’avez employé aucun mot grossier. Prenez conscience de l’écriture. Si nous la perdons, nous ne serons plus que de bons petits soldats, manipulables à souhaits». Flow leur a donné des exemples de situations où il était important d’écrire. «Une personne à qui on a envie de dire qu’on l’aime, au moins on ne rougit pas, on n’est pas là quand elle lit. Et si un jour, vous devez 500 euros aux Impôts, que vous n’avez que cinq à leur donner, ce sera plus facile de leur expliquer par écrit. L’écriture ça rend service, ça permet d’exprimer ses sentiments, de se libérer, ça fait du bien pour tout, tout le temps». Les exercices ludiques se sont enchainés. Les collégiens comblés ont été invités par l’association Bernard-Dimey au concert de Flow qui a eu lieu mercredi 4 mai. Pour découvrir Flow,: http//les-flow.wix.com/les-flow Au festival Jeudi 5, Pierre Lebelage et Jean-Michel Piton ; vendredi 6, Katrin Waldteufel et Jeremie Bossone ; samedi 7, Joli Falzar et Les Didoudingues ; jeudi 5 et vendredi 6, à 15 h 30, à la médiathèque Bernard-Dimey, ‘‘Le bistrot d’Alphonse’’, une mise en scène des textes de Bernard Dimey par Le Petit théâtre d’Ernest. La Chaumontaise Mam’zelle Suzi assurera le fil rouge de cette 16e édition. Renseignements au 06.40.17.22.01ou au centre culturel. Programme sur : (http://festival-bernard-dimey.fr/Bienvenue.html).
De notre correspondante Estelle Galland

Concentré de talents à Nogent

L’association Bernard Dimey a mitonné une programmation aux petits oignons pour cette 16e édition du festival qui a lieu du 4 au 7 mai. Nogent accueillera la jeune garde de la chanson française (Flow, Mazo, Lebelâge, Bossone…), le patriarche, Jean-Michel Piton, dans un spectacle truculent autour de l’œuvre du poète nogentais, et les Didoudingues pour un final qui s’annonce haut en couleurs.

Le printemps, c’est la saison des poètes. Nogent s’apprête à fêter cette catégorie d’artistes aux tempéraments bien trempés quatre jours – et quatre nuits – durant. Le festival donnera le ton mercredi 4 mai avec Flow puis Mazo. Ils sont jeunes. Ils sont talentueux. La première occupe une place à part dans la chanson française. A la fois rebelle et sensible. Les seconds sont des musiciens virtuoses totalement déjantés qui évoluent au sein du Mac Abbé et le Zombi Orchestra. De quoi réveiller les morts comme les vivants.
La Chaumontaise Dorothée Daniel devancera l’appel des beaux textes, la veille, avec un spectacle pour les scolaires. Les jeunes têtes blondes goûteront aux charmes d’un conte acidulé concocté par Lady Do (Dorothée Daniel) et Monsieur Papa (Frédéric Feugas). L’association Dimey renoue ainsi avec les spectacles pour la jeunesse après une courte pause d’une année due aux vacances scolaires qui tombaient en plein festival.
En trombe
Les organisateurs ont demandé également à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto. Une initiative qui doit beaucoup à l’arrivée d’une nouvelle enseignante au sein de l’équipe pédagogique. On a hâte d’en découvrir la teneur tant la démarche artistique de Flow est totalement «raccord» avec l’impétuosité de notre belle jeunesse. Les bénévoles de l’association ont approché l’artiste à Barjac (Ardèche), l’été dernier, lors du festival Chansons de parole. Ils sont tombés sous son charme à l’instar d’un certain Yannick Noah qui a invité ce talent brut à assurer les premières parties de ses concerts parisiens il y a quelques temps déjà. Depuis, l’ancienne reporter photographe, dont la trajectoire artistique peut s’apparenter à celle de Patti Smith ou du regretté Mano Solo, trace son sillon en toute indépendance.
Jeudi soir, Jean-Michel Piton (lire en page 6) livrera son Dimey de cœur. Un Dimey chantant et théâtral. Il succèdera sur la grande scène à Pierre Lebelâge. Les chansons de ce jeune artiste «pétillent d’humour et d’intelligence», assurent les organisateurs.
Digne héritier de Brassens, Lebelâge a séduit Leprest, Lemesle, et trouvé son public avec un album, Babel, qui a caracolé en tête du classement des radios indépendantes françaises durant plusieurs mois.
Final collégial
Vendredi, Katrin Waldteufel donnera le La à M. Cello, son violoncelle, pour un set un tantinet burlesque et décalé. Jérémie Bossone accordera sa guitare et racontera ses histoires d’écorchés de sa voix singulière.
Samedi, le festival s’achèvera avec la troupe musicale Les Didoudingues (lire en page 7), un collectif réunissant la fine fleur de la chanson (Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger, Eric Frasiak) à l’invitation d’Hervé Lapalud, autre habitué du festival de Nogent. Ce grand brassage musical a été monté spécialement pour les dix ans du festival Faites de la chanson à Arras. Depuis, Les Didoudingues font les belles heures des rencontres musicales de l’Hexagone. Les spectateurs de Nogent devraient goûter leur poésie et leur bonne humeur communicative. Voilà qui préfigure assurément une ultime troisième mi-temps intense et dans l’air du temps. A Nogent aussi se sera nuit debout… ou assis.
A.S

Piton love Dimey

pitonchantal

Jean-Michel Piton sera sur la grande scène jeudi soir. Un rendez-vous qu’attendent tout spécialement les aficionados de Bernard Dimey.

Dans la galaxie Dimey, trois étoiles brillent tout particulièrement au firmament. Il y a Jehan, bien sûr, Valérie Mischler, aussi et Jean-Michel Piton. Les deux premiers sont déjà venus rendre leur hommage très personnel au poète de Nogent. Au tour, cette année, du plus débonnaire de ce trio de tête.
«C’est un spectacle pas tout à fait complet car je ne danse pas», s’amuse-t-il. Un spectacle qui a mûri au fil des ans. Jean-Michel Piton en livre des versions revisitées depuis 1982. «Je me suis vraiment penché sur l’œuvre de Dimey à sa mort en juillet 1981 en m’intéressant à la face un peu moins connue de l’auteur».
Le rapport à l’ivresse est une constante chez ceux qui ont osé ouvrir le grand livre de Dimey et s’en approprier quelques pages. Jean-Michel Piton a voulu se démarquer en allant chercher des pépites plus mystiques. Candidat au grand séminaire, Dimey a largement abordé le sujet dans ses écrits. Dieu et la mort sont traités de façon quasi obsessionnelle. «Dans L’homme de la manche, j’ai cherché à raconter une histoire proche de la faune des gens que Dimey a côtoyé lorsqu’il vivait à Montmartre. Ces anciens militaires, ces philosophes à leur façon», souligne Jean-Michel Piton qui s’est demandé «pourquoi cette faune en est arrivé là».
L’homme de la manche conte cette quête en mêlant l’interprétation théâtrale (Jean-Michel Piton est aussi acteur) et le chant. Un tableau en 25 nuances que l’artiste livrera avec deux musiciens qui connaissent la chanson : Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon.Piton se lovera autour de Dimey à Nogent. Enfin !
A.S

Joli Falzar : «C’est le public qu’on aime»

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Cette année, le festival Dimey propose un concert gratuit, aux abords du centre culturel, samedi après-midi, avec le groupe Joli Falzar. Anatole Jeanson (trompette et choeurs) s’en réjouit déjà.

Journal de la Haute-Marne : Joli Falzar essuie les plâtres avec un nouveau rendez-vous sur ce festival. Il y a un côté existant à ouvrir cette nouvelle voie ?
– Anatole Jeanson : On attendait ça depuis la sortie du cd Dimey Pluriel. C’est un grand plaisir de pouvoir jouer sur le festival. On avait eu de bons retours lors de notre courte prestation durant la soirée de lancement de l’album en mars 2015. Un concert en journée, touche généralement un public plus large. C’est le public qu’on aime.

L’été s’annonce chaud pour Joli Falzar ?
On a beaucoup, beaucoup de dates prévues. Ca tombe bien car on adore partager ces moments avec le public. Avoir des retours directs de leur part. Ce sont autant d’opportunités pour décrocher de nouveaux concerts. Dernièrement, on a fait un tremplin à Nancy. On a signé plusieurs dates dans la foulée.

Bernard Dimey, c’est quelqu’un qui parle à un jeune groupe comme Joli Falzar ?
On l’a découvert avec le projet Dimey Pluriel. On n’a pas trop creusé son univers depuis, il faut l’avouer, mais on se sent une filiation même si nous ne sommes pas de la même génération. Actuellement, nous sommes surtout proches d’un mouvement comme Nuit debout. Il faut dire que nos textes parlent essentiellement de notre rapport à la société.
Recueillis par A.S

Final Didoudingues

Les Didoudingues

Ils seront huit sur scène, samedi, pour assurer la dernière soirée du festival Dimey. La fine fleur de la chanson française réunie dans un spectacle collectif des plus rafraîchissants.

Le tour de chant a été conçu à Arras en juin 2014 à la demande de l’association DiDouDa qui fêtait les 10 ans de son festival Faites de la chanson. L’idée consistait à créer un spectacle réunissant des artistes qui ont participé aux cabarets découvertes organisés par ces amoureux de la chanson française. La mission a été confiée à Hervé Lapalud. L’artiste avait deux jours pour monter un spectacle collectif avec ses sept nouveaux amis (Marion Rouxin, Coline Malice, Julie Rousseau, Laurent Berger, Davy Kilembé, Gilles Roucaute et Eric Frasiak). Une sacrée gageure !
Respect mutuel
Le défi a été relevé haut la main avec un concept à la fois simple et efficace, qu’Hervé Lapalud n’a eu aucun mal à vendre aux organisateurs et qui consiste à «partager les chansons des copains, des copines et celle du répertoire de la chanson française, bien sûr. On aime tous interpréter les autres», assure Hervé Lapalud. A titre d’exemple, Gilles Roucaute a adapté Bruce Springsteen en français. Eric Frasiak glisse toujours des chansons de Béranger dans ses concerts.
A Nogent, la troupe sera au complet, bien sûr. «C’est un spectacle construit. Tout est tellement lié qu’on peut difficilement se passer d’un copain ou d’une copine. On a fait le choix des chansons ensemble», souligne le monsieur Loyal des Didoudingues qui est tout à sa joie de retrouver ses camarades à Nogent. «Chacun a sa trajectoire mais là c’est une réunion d’amour. On est dans de la jalousie positive car on a beaucoup de respect humainement et artistiquement entre nous», poursuit-il.
Clin d’oeil
Le talent et la complicité qui se dégage des Didoudingues expliquent sans doute l’engouement suscité lors de leurs trop rares prestations en public.
Voilà une belle et grande famille artistique faite d’individualités qui, pour la plupart, ont découvert les bienfaits de partager la même scène. Et ils en redemandent. «C’est vraiment bien de se frotter à d’autres gens. Tu sors de ta bulle. Tu apprends. Tu regardes», témoigne Eric Frasiak. L’artiste meusien est un peu à l’origine de la venue des Didoudingues, cette année, en terre nogentaise.
Tous les amoureux de spectacle vivant s’en réjouissent car le festival Dimey cultive depuis toujours ce goût du partage qui colle vraiment aux aspirations des Didoudingues. Et si la structure de base du spectacle reste la même, il est prévu qu’un clin d’oeil à Bernard Dimey figure au répertoire. Et pourquoi pas de façon pérenne ?
A.S

Carte blanche à Mam’zelle Suzi
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Géraldine Salmon, alias Mam’zelle Suzi, a carte blanche. La Chaumontaise aime les vieilles rengaines qu’elle revisite avec son orgue de barbarie. Elle sera le fil rouge de cette édition 2016, se produira dans les maisons de retraite du pays de Nogent et lancera les 3e mi-temps qui font aussi l’âme du festival. Pour l’occasion, elle a convié Snic’Fou, des p’tits gars du Bassigny, sera accompagnée pour un soir par son guitariste Poêt et rejointe par ses camarades des Voix de Dimey lors de la soirée inaugurale. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Avis aux amateurs !

Le petit théâtre d’Ernest
Ambiance troquet assurée dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Le petit théâtre d’Ernest s’y installera pour deux après-midis. Les personnages qui se mettent à table dans Le bistrot d’Alphonse sont truculents. Et Dimey n’est jamais loin. Réservation obligatoire.

Chansons à l’étal
Le Pythagore sera à nouveau présent dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif. L’an dernier, les festivaliers avaient apprécié la qualité et la diversité des ouvrages proposés sur la thématique de la chanson.
Cette année, le libraire fera pièce commune avec Jean-Yves Coissard et son impressionnant stand de cd et vinyles. Il y aura matière à assouvir bien des envies entre les spectacles.

L’oeil de Dominique Decker
Dominique Decker capture les à-côtés du festival de son œil aiguisé. La photographe réalise des tirages, dans la foulée, qui sont accrochés aux cimaises du hall d’accueil. A la fin du festival, on peut même emporter un de ses clichés en souvenir.

A table !
Initiative appréciée des festivaliers, la cantine reprendra du service pour le déjeuner et le repas du soir. Des moments d’échanges et de partage bien dans l’esprit du festival. Réservation obligatoire.

Les coups de coeur de Josette Dupont
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Au sein de l’association Bernard Dimey, Josette Dupont fait partie de la commission programmation. A quelques jours du festival, elle nous livre ses coups
de cœur.
Pierre Lebelâge
Ce jeune talent raconte des histoires, celles de la vie, la vraie, la nôtre, pas de la guimauve aseptisée par le politiquement correct. Il écrit très bien, dans une langue maîtrisée qui ne se croit pas obligée de faire des écarts… pour faire jeune. De la lucidité, le regard attentif à ce qui se passe autour et, malgré tout, avec une tendresse pour les pauvres humains que nous sommes.
Jérémie Bossone
La voix est haute avec du coffre et les mots portent autant d’urgence que de fraîcheur. Il passe d’une couleur à l’autre, de la ballade à la guitare, à la saga épique, au rock le plus électrifié. Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs.
Katrin Waldteufel
Chanteuse-violoncelliste comme certains sont plombiers-chauffagistes, Katrin Waldteufel visite avec humour les petits riens de la vie quotidienne. La tendresse est là, comme le culot. Elle porte ses chansons avec un timbre de voix d’une belle limpidité et fait valser les mots et les notes avec grâce. Courez-y !

Revivez les précédentes éditions du festival

Courir les rues : trop forts, les gars !

Samedi : Courir les rues

Courir les rues a pris son temps. Le groupe a dix ans et quatre albums au compteur. Leur spectacle est rôdé : la musique est parfaitement en place, les éclairages et la scénographie inventifs et efficaces. Quelques spectateurs ont trouvé le son un peu fort. Ou un peu rock, peut-être… Maxime Tailliez, chanteur et guitariste, signe la plupart des paroles et musiques. «Nous interprétons des chansons à texte, soulignait-il en fin de concert.» Ses poèmes méritent effectivement d’autres écoutes et d’autres lectures. Courir les rues a respecté la tradition en donnant sa version de « Quand on n’a rien à dire ». Et le lien s’est – à nouveau – fait entre les musiciens de 2015 et le poète nogentais. Parfait pour le tomber de rideau de cette 15e édition du Festival Dimey.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=rEgaBaWFiU4

Vendredi : jeunes et beaux

Les programmateurs du Festival Dimey savent décidément dénicher des jeunes talents aux univers marqués. Vendredi, après le tour de chant du trio Un chat dans la main qui remettait le couvert dans La cave à Bernard, l’espace du centre culturel dédié aux 3e mi-temps accueillait un disciple du slam atypique : Jean-Noël Bobey. L’artiste à l’allure d’éternel adolescent manie les mots avec une belle dextérité. Il excelle dans l’art de mêler la dialectique et les langues régionales. Sans sonorisation, jouant tant sur la rime que sur la proximité avec son public, Bobey a donné du plaisir.
Autre jeune talent, au féminin, Claire Danjou. Ce petit bout de femme a vaincu un trac immense, pour livrer une prestation d’une grande élégance. Elle déménage Claire, la bien nommée. Son prénom résume à lui seul la pureté de sa voix. La thématique de l’amour, le fou, l’impossible, l’absolu… était omniprésente dans l’entame de son tour de chant. Puis, comme libérée d’un fardeau, elle s’est glissée dans une peau toute neuve mais aussi sensuelle, portant haut les textes de Nicolas Daquin. Revisitant Nougaro et chantant Dimey (Quarante ans). Le poète de Nogent dont on avait trop peu entendu les mots, jusque là, sur la grande scène. Une fleur a éclos. Son nom : Danjou.
En fin de soirée, Fred Bobin, électrique et sensible, a parachevé cette avant dernière journée du festival Dimey en poète engagé.
A.S

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Claire Danjou, une jeune femme pleine de fraicheur.

Jeudi : intenses rendez-vous

On l’avait un peu vu venir. Le programme de ce deuxième jour de festival annonçait de belles rencontres ou de belles retrouvailles. Ce fut encore plus intense qu’espéré. D’abord. D’abord, il y a eu « Un chat dans la main », trio « anarcho-chantant » venu du pays lingon (lire le portrait sur cette même page). Ca se passait sur les coups de 15 h 30 dans La cave à Bernard devant une soixantaine de spectateurs qui ont vécu un excellent moment. Les chansons sont faites pour être partagées. Les voix pour être mêlées. La mayonnaise a vite pris et le public a été soumis, pacifiquement bien sûr, à la question. Couté, Nougaro, Blanche, Ferré, Aragon ?… Les amateurs de beaux textes, plutôt grisonnants dans l’ensemble, n’ont pas la mémoire qui flanche pour autant et, quand retentira le Syracuse de Dimey immortalisé par Salvador ou Montand, un murmure cadencé montera harmonieusement dans la cave. Comme le chant des partisans d’une certaine esthétique culturelle défendue par Michel Bellegy, Pascal Inza et Jean-Luc Juy.
Dans la foulée de ce spectacle intimiste du meilleur tonneau, le trio a remis ça au monument des Mobiles dans un petit square qui surplombe la vallée de la Traire sur les hauteurs de Nogent. La municipalité dévoilait une plaque en hommage à Bernard Dimey (lire ci-dessous) qui a immortalisé l’endroit et son fameux marbre dans son poème « L’enfance ». Celui-ci a été déclamé par Chantal, Nogentaise, fidèle de l’association Dimey, dans la douceur de cet après-midi printanier où émotion, recueillement et culture se sont mêlés intensément.
Au rendez-vous du soir, dans la grande salle, il y avait un espoir de la chanson française. Gaëlle Vignaux, petit bout de femme noué par le trac. Ce troublant compagnon ne l’a pas quittée de la soirée, de son propre aveu. La belle a parfois perdu le fil des mots mais personne ne lui en a voulu vraiment. Au contraire. Ces textes brossent de jolis portraits, en phase avec son quotidien qu’on devine à fleur de peau.
Au rendez-vous du soir, dans cette même grande salle, il y avait aussi Barzingault. On ne sent pas de trac chez ce professeur « tourne clé de sol » venu de Toul dans sa « Barzingault mobile » et flashé à Goncourt par un gendarme gris et immobile. On vous l’a fait court !!! Quand Barzingault monte sur scène, il est comme dans la vie. Un intarissable moulin à bonnes paroles et autres truculents jeux de mots. Sa prestation tient aussi du one man show. C’est ce qu’on appelle FAIRE SON NUMÉRO.
A.S

La colonne des Mobiles 
et Bernard Dimey

La Ville a restauré le monument des Mobiles et l’extrait 
d’un poème de Bernard Dimey enrichit le site, son point de vue, et rend hommage aux victimes de la guerre de 1870.
Anne-Marie Nédélec et son conseil municipal ont été ravis de dévoiler avec l’Association Bernard-Dimey, le monument des Mobiles restauré, jeudi
7 mai. Cette colonne a été érigée par souscription publique et inaugurée le 19 juillet 1875 en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1870. Sa remise en place rend hommage aux nombreuses victimes et à la population qui a connu ces événements tragiques.
Comme l’a rappelé Philippe Savouret, «du 6 au 13 décembre de cette funeste année, 80 maisons ont été brûlées, surtout à Nogent-le-Bas, d’autres ont été atteintes par des obus. Ce sont 500 personnes qui se sont retrouvées sans abri au cœur de l’hiver. Chez les victimes, on dénombre 30 soldats français et 81 prussiens. A ceci s’ajoutait la variole et l’hiver rigoureux».
Sur l’ancien cimetièreUn élan de solidarité s’est mis en place. Les bienfaiteurs étaient le baron Lesperat, M. Du Breuil de Saint-Germain, la comtesse de Paris, l’évêque de Langres. Ainsi que les communes d’Ageville, Esnouveaux, Vitry-lès-Nogent, Champlitte qui donnèrent argent et grains. Quant au capitaine Barotte, il a transmis les cotisations de l’armée de Langres. «La Ville de Nogent, meurtrie a décidé d’élever un monument commémoratif aux victimes. Il a été érigé à l’emplacement de l’ancien cimetière et financé par souscription publique», a précisé Philippe Savouret. Une colonne en fonte de 7 m de haut, avec des anges. Au socle, quatre plaques. Celle au nord rappelle l’événement. Celle au sud, indique la souscription publique. A l’est, les noms des victimes civiles  : Pierre Degabrielle, Didier Nancey, François Robert, Claude Georgin, Jean-Baptiste Remy, Eugène Coyot et les frères Devoisin. A l’ouest, les soldats tués : Arthur Pernot, Joseph Dupont, Auguste Lepine, De-Jossey Grandjean, Charles Landenwesth, deux inconnus et un “turco” (surnom donné aux tirailleurs). Le poème de Dimey «décrit parfaitement cet endroit, son joli point de vue, qu’il fallait admirer sur le mur, aujourd’hui il est dégagé», a commenté Anne-Marie Nédélec. Le président de l’Association Bernard-Dimey, Yves Amour, a exprimé sa fierté et associé aux remerciements, tous ceux qui ont œuvré et continue à le faire pour rendre hommage au poète nogentais. Le poème “L’Enfance” a été lu par Chantal, avant quelques chants de circonstance par Un Chat dans la main, un groupe de Langres. La plaque a été dévoilée par le maire et la tante de Bernard Dimey, Michelle Delanne.
Estelle Galland

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Barzingault et une partie de sa fine équipe.
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Trois chats dans la cave à Bernard.
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Un plaque en hommage à Dimey vers le monument des mobiles qui surplombe la vallée de la Traire.
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Gaëlle Vignaux, talentueuse et un brin espiègle.

Extraits de la prestations du groupe Casius Belli

Extraits de la prestation d’Anne Baquet

Mercredi : De toutes les couleurs !..

Yves Amour, président de l’association Dimey, l’avait annoncé mercredi en fin d’après-midi dans son petit mot inaugural : Les festivaliers vont en voir de toutes les couleurs quatre jours durant.
Cette 15e édition a démarré fort avec le groupe Casius Belli. Un groupe du secteur (Chaumont-Châteauvillain-Mandres-la-Côte) qui aime les défis. Le groupe s’est rapproché de l’association Dimey à la faveur de sa participation constructive à l’album Dimey Pluriel dont le lancement officiel a eu lieu quelques semaines auparavant au Centre culturel de Nogent qui accueille également le festival depuis ses débuts.
Avec Yann le formidable (rôle de pure composition pour Yannick) et son équipe, la mise en perspective est soignée. Le groupe a travaillé son set cet hiver lors d’une résidence au Nouveau Relax de Chaumont. La matière a bien évolué, certes. Musicalement, Casius Belli tient la route, on le sait depuis longtemps. Yannick a aussi un talent certain d’interprète. Mettez-lui un texte de Bernard Dimey entre les mains et le résultat est là, avec cette version remarquablement troussée du poème «Le français» qui ouvre l’album Dimey Pluriel et restera LE temps fort de la prestation du groupe mercredi soir à Nogent. Pour celles et ceux qui placent l’intérêt pour la langue française au premier plan.
Avec Anne Baquet, qui partageait l’affiche avec Casius Belli, point de rose bonbon dans le décor mais une ambiance monochrome hyper classe. Du velours ! Pardon. De la soie. Enveloppante. Du meilleur grain ! Anne Baquet, c’est quelqu’un. Une voix étonnante : tantôt fragile, tantôt d’une force impressionnante. Madame Baquet n’en fait pas des tonnes. Tout est dans la mesure, dans le contrôle. Une perfection incarnée aussi par Grégoire, pianiste au tempérament débordant. Quelle claque ! C’est burlesque, intime, profond, décalé… C’est grand.
A.S

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Dixwatts a fait son marché et la tournée des bars de Nogent.

Nogentais et fiers de Dimey
A l’origine, il y a près de deux décennies, le Festival Dimey allait à la rencontre des Nogentais dans ces lieux où l’on revendique une culture populaire. C’est dans cet esprit qu’Anicet Seurre et ses amis du groupe Dixwatts ont décidé de faire leur marché, samedi à la mi-journée, avant d’investir les bars du centre-ville. Dans leur cabas, les textes de Bernard Dimey mis en musique par leurs soins, mais aussi ceux d’Alain Bashung, de Léo Ferré et les propres compositions du groupe. Dixwatts a participé à l’album Dimey Pluriel qui regroupe une douzaine d’artistes du département autour des textes de Dimey (lire plus bas sur cette même page). Autant dire qu’on est ici en présence de musiciens concernés par l’oeuvre du poète nogentais. « Dimey, c’est tout le contraire d’une culture élitiste. C’est la culture populaire transcendée. C’est pour ça qu’on a voulu investir le marché, les cafés », assure Anicet, Nogentais lui aussi, et initiateur de l’album Dimey Pluriel qui est sorti le 28 mars dernier. Dans Dixwatts, tous les musiciens, à l’exception de Kamel (guitare-chant), ont un lien avec Nogent. Arnaud Maîtrehenry (percussions) travaille dans la cité coutelière, Pierre Huguenel (basse) a épousé une fille d’ici), Anicet (chant-guitare) a passé sa petite enfance à quelques mètres de la médiathèque Dimey où l’on trouve aujourd’hui La cave à Bernard, seul lieu de spectacle ouvert dans l’hyper centre mais où les Nogentais vont peu.
« Plutôt que de les stigmatiser, on préfère leur chanter Dimey, aux gens de Nogent », s’amuse Anicet. « Chanter Dimey, c’est un bonheur qu’on veut partager là où le poète a passé le plus clair de son temps. Dans un bistrot, un verre à la main. Et puis, je me plais à penser que mon grand-père, qui fréquentait assidument les troquets de Nogent, a pu trinquer avec Dimey. On est très heureux d’avoir investi ces lieux de vie ». Surtout au petit bar-tabac situé au bas de la rue Astier où Dixwatts a reçu un accueil formidable de la part de la patronne. Le groupe est allé chercher les gens dans la rue. Deux heures d’enfer. Et il n’y avait quasiment que des Nogentais pour écouter la poésie chantée de Dimey. Comme quoi !..
A.S

L’expo des photos instantanées de Dominique Decker.

Ci-dessous, le petit journal du festival Dimey 2014 (photos, vidéos…)lapalud

Barzingault, comme son nom l’indique

Quand on lui demande qui sont ses papas, il n’en finit plus… Higelin, Thiéfaine, Desproges… Ben voyons, rien que cela !!! Son poète contemporain préféré : Wally. Une de ses salles favorites : Chez Paulette, un haut-lieu du rock et du blues dans la banlieue de Toul, où il a enregistré un DVD. Son style : un country slave, vous voyez…, un genre de rock mou, avec des côtés musette, mais à texte, quoi, vous y êtes ? Voilà… de la poésie vivante, sortie des boucles folles d’une tête de savant dingue, pianiste doué, entouré comme il se doit d’un accordéon, d’un violon et d’une section rythmique. Tenez, en deux citations qu’il utilise, vous allez avoir une idée : «Un véritable anarchiste, il traverse dans les clous parce qu’il n’a pas envie de parler aux agents… (Georges Brassens)», «Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien… (Jean-Claude Van Damme)».
Barzingault va vous faire rire, il va aussi vous émouvoir. Ne le manquez pas, parce que lui, il ne va pas vous louper… Le bougre a donné plus de 1200 concerts en dix ans. Il n’a pas peur du public intransigeant, des connaisseurs de la bonne chanson française et des adeptes des troisièmes mi-temps bruyantes. Il les attend. Il est né à Chalindrey, et sa grand-mère est de Bricon. Même que son voisin, qui jouait de la batterie avec lui, s’appelle Dimey… et qu’il est parent avec le grand Bernard. Alors, c’est pas une preuve, ça ?
De notre correspondant Florent Desprez

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Barzingault, jeudi soir au centre culturel de Nogent

Un chat dans la main : «A trois, c’est plus jouissif»

Un chat dans la main ne se prend pas au sérieux mais le trio langrois fait les choses sérieusement et dans une belle harmonie. Démonstration lors du festival dans La cave à Bernard où le groupe vocal chantera deux fois.
Ils n’en reviennent toujours pas. Les trois gais lurons qui forment le groupe vocal Un chat dans la main ne s’attendaient pas à se produire en public aux quatre coins du territoire national. De Cohons à Dignes en passant par Langres, leur terre d’adoption.
L’aventure a débuté en 2012 à la faveur d’une sortie à Verdun au monument des Basques. Portés sur les chants antimilitaristes et pacifiques, Michel Bellegy et Pascal Inza sont rapidement rejoints par Jean-Luc Juy. Cette rencontre doit beaucoup à «un pote qui n’est plus là», assurent-ils, en pleine répétition, dans un des rares moments où l’émotion prend le dessus sur l’humour. Avec ces trois gaillards-là, éclats de rire et contrepèteries font bon ménage.
Double sens
Leur spectacle «Encore un vers» cultive le goût du double sens à l’instar du nom de groupe retenu par le triumvirat. «On aime l’ambiguïté. Un chat dans la main, c’est limite coquin. On veut intriguer, interpeller», assure Pascal Inza.
Et rester dans un esprit «anarcho-libertaire» revendiqué.
Leur prestation pour La libre pensée, en faveur d’une reconnaissance des fusillés pour l’exemple, les a amené jusqu’à Hénin-Beaumont en terre frontiste. Ils en rigolent encore. «On n’est pas du genre à se laisser faire. On dénonce la connerie ambiante, les fachos…», renchérit Jean-Luc Juy.
Dans La cave à Bernard, le trio chantera Dimey, bien sûr, mais aussi Vian, Blanche, Tachant, Couté, Brassens, Aragon…
Aux forceps
«Généralement, chacun vient avec un texte qu’il apprécie. On choisit au forceps. Parfois, la sauce ne prend pas», attestent-ils. Et c’est toujours le plaisir qui guide les ébats collectifs. «Chanter à trois, c’est plus jouissif !» Et le public ne s’en lasse pas. «On arrive toujours à décrocher quelques engagements quand on joue quelque part», assurent-ils un rien surpris par leur pouvoir d’attraction.
Le tour de chant, travaillé avec l’aide du metteur en scène langrois Jérôme Hudeley, est construit autour d’une vingtaine de textes interprétés dans des versions déjà existantes. Le pouvoir de leurs voix mêlées, la force des mots et la passion véhiculée par ces trois grands gamins valent vraiment le détour.
Dans l’antre de Dimey, Un chat dans la main va en surprendre plus d’un.
A.S
Un chat dans la main, jeudi et vendredi à 15 h 30, Cave à Bernard.

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Douze allers pour Syracuse

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Dimey-Syracuse

Qui a eu cette idée folle ? Réunir onze groupes haut-marnais pour un album célébrant Bernard Dimey, né à Nogent en 1931 et décédé à Montmartre moins de cinquante ans plus tard.
C’est Anicet Seurre, nogentais lui-même, qui a soufflé cette folie à Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et du festival annuel du même nom.
Et pour ce qui est des talents vivants dans le département, ils n’ont eu que l’embarras du choix. Le voisin lorrain Eric Frasiak a accepté la direction artistique de l’album. Et ce n’était pas rien, car la diversité stylistique des artistes impliqués saute aux yeux et aux oreilles. Pourtant, la mayonnaise a pris. Grâce à deux ingrédients : le coup de patte indéniable du meusien auprès des artistes et des techniciens du studio de Faverolles, et, plus encore, les textes du poète hirsute.
Non, Dimey l’écorché n’a pas pris une ride : sa poésie bien torchée va comme un gant au rock, à l’électro, aux chanteurs d’aujourd’hui tout simplement. Tout le monde s’en est emparé, comme on a pu le voir lors de la soirée de présentation du CD à Nogent (*). La Haute-Marne célèbre sa richesse dans cet album superbe. Ne prêtez jamais ce disque, on ne vous le rendra pas. Offrez-le, c’est mieux.
De notre correspondant Florent Desprez

Il reste quelques expemplaire du CD Dimey pluriel (Casius Belli, Ya-Ourt, Joli Falzar, Cédric Barré, Dorothée Daniel, Bagad Café, Millefeuille, Céline Bardin, Christophe Rémy, Tournelune, Dixwatts – Direction artistique : Eric Frasiak) à la vente.
Association Dimey – BP 37-52800 NOGENT (15 € + 2 € envoi)
*http://site17.ippac2.nfrance.com/2015/04/01/dimey-pluriel-un-vrai-festival-avant-lheure/