Festival Dimey 2017 : j’aime écouter les filles !

Et pour ceux qui veulent encore plus de Dimey, voilà une archive très intéressante (Merci à Eric Chardin et à Loïc Lantoine) :

 

Dimanche 7 mai :

Retour aux abris
Dimanche après-midi, pour le dernier jour du festival Dimey, la triste pluie qui arrosait la cité coutelière n’aura pas désarmé les organisateurs. Il pleut ? Eh bien, rentrons !
Juja Lula, c’est beau comme un grand livre de contes. En deux secondes, Juliette et Lucie Taffin font de l’estrade une scène. Ce sont deux grandes sœurs modèles, à la fois semblables et différentes, deux charmeuses bien éduquées qui ne donnent pas leur part au chien. Ces sœurs-là pratiquent des religions comme on les aime au festival Dimey : la poésie, la tolérance, le partage. Leur passé théâtral, leur culture familiale apparaissent comme des évidences. Chacune des chansons raconte une histoire. Les frangines touche-à-tout, qui ont vécu une partie de leur enfance près de Langres, ont bien rendu la monnaie au public haut-marnais.
Dame ! Trois concerts dans l’après-midi. Il ne fallait pas s’endormir. Pas de risque avec Tournelune, dont la classe a débordé depuis longtemps les frontières du département. Le groupe surfe sur les registres, passant des textes à bien écouter (ses “Oiseaux de Nuit”, de Dimey, notamment) à des titres très rock, où les mots sont triturés et martelés. Une musique qui a parfois du mal à passer au festival. Tournelune a prouvé que la qualité de la chanson française n’a rien à voir avec les formes musicales. On en redemande ! Tournelune est chez lui au festival Dimey.

Les Lillois de La Goutte ont distillé leur poésie du quotidien
C’est donc dans le hall-bar, qui accueille en fin de soirée les fameuses troisièmes mi-temps, que trois groupes ont pu livrer chacun une petite heure de concert. La Goutte, ce sont quatre Lillois, une aventure démarrée en 2012. Au centre du groupe, Gabriel Devilleneuve écrit et chante tous les titres, d’une jolie voix masquée de voile et teintée de grain. Les musiques, les arrangements sont travaillés ensemble. En ressort une galerie de portraits un peu désespérés, d’instants de vie qui vous prennent aux tripes. La Goutte fait passer des émotions, et ne donne aucune leçon. Cela fait du bien aussi, de temps en temps.

De notre correspondant Florent Desprez

Ebouriffante Morissette
La Québécoise Geneviève Morissette s’était vu confier une lourde tâche : clore le festival 2017 à un horaire décalé (21 h 30) pour cause d’élection. Il lui a fallu s’accrocher.
Alors que la plupart des spectateurs avaient flâné en fin de repas, pour discuter des premiers résultats et des commentaires qui suivaient, Geneviève Morissette est arrivée sur scène avec ses trois musiciens, s’asseyant sur le bord du plateau pour entonner, a cappella, un bouleversant “Chant des Partisans”. Un moment fort, fait de partage et d’émotion, avant que la chanteuse ne commence à expliquer que Français et Québécois ne partageaient en fait qu’une demi-langue. Une problématique connue, mais toujours aussi savoureuse de ce côté-ci de l’Atlantique.
La rousse flamboyante, toujours en mouvement, a ensuite déployé sa palette de talents : chanson-sketch avec son guitariste, magnifique reprise d’une chanson de Véronique Sanson, “Amoureuse”, appel public à Michel Drucker, sublime hommage à Paris, écrit après les attentats. Le tout servi par un rock éclectique, parfaitement en place. Geneviève Morissette n’a pas ménagé ses efforts pour l’emporter sur un public a priori morose (la fin du festival, l’actualité, la météo…). Les saillies explosives de la Québécoise ont fini par la faire gagner haut-la-main.
De notre correspondant Florent Desprez
Un volcan québécois sur la scène nogentaise.

Samedi 6 mai :

Le F de la femme

F comme festival. Le grand Festival de la femme a déployé ses charmes multiples samedi soir à Nogent avec Barbara Weldens et Sarah Olivier. Deux tempéraments.

On sent bien des fêlures chez Barbara Weldens dans ce tour de chant «plein de chansons d’amour». Un amour désenchanté car, même si la vie offre toujours d’autres chances, la quête du bonheur semble une souffrance de tous les instants.
On aura apprécié, du coup, une petite dose de deuxième degré avec cette question existentielle de la plus haute importance : «Mais où sont passés mes nichons ?»
En english
On aura assisté aussi à une première descente d’organe vocal dans la salle au contact des festivaliers. Comme un besoin de se frotter d’un peu plus près à ses congénères.
Quant à Sarah Olivier, elle assume parfaitement ses talons aiguilles et sa condition de femme libérée. Bien dans sa peau, Sarah. Tempérament flamboyant. Jolie présence scénique. Voix à vous décrocher les étoiles. Contact instinctif avec le public, surtout masculin. C’était la fièvre rock’n roll du samedi soir avec une section rythmique flamboyante. Tout le monde n’aura pas adhéré car la batterie reste un instrument honni d’une partie des festivaliers.
Bref. Sarah Olivier se permet tout. Jusqu’à offrir un set pour moitié en langue anglaise. Du jamais vu ici. Bernard Dimey se sera retourné dans sa tombe, lui, qui avait défendu avec acharnement le français. Mais la charmante Sarah ne doit pas connaître l’œuvre du poète nogentais.
A. S.

Vendredi 5 mai :

Vive les Franc-Comtoises !
Clio et Maggy Bolle ont mis les pendules à l’heure vendredi soir au Festival Dimey à Nogent. La jeunesse désinvolte et survoltée a pris le pouvoir et rythmé cette folle soirée.
D’abord, d’abord… Il y a Clio. Une toute jeune artiste. Sa carrière a débuté il y a trois ans lors du tremplin du Festival Jacques Brel à Vesoul. On sent bien cette fraîcheur qui relèverait presque de la désinvolture façon Birkin ou Delerm. Une jeunesse qui cultive cette naturelle différence à tel point que cela en est touchant. A son âge, on tombe facilement amoureuse. C’est légitime. Le public a succombé au charme de cette jeune auteure-interprète sans se faire prier. Les thématiques fétiches de la demoiselle défilent comme dans un film de Rohmer où on croiserait Romy Schneider et quelques icônes de cette classe-là.
Et même quand Clio fait une petite sortie de route dans un duo avec son guitariste, on se remet en piste sans se prendre la tête.
Maggy et les morilles
On saluera le travail instrumental de ses deux brillants musiciens, Etienne Champolion aux claviers et Paul Robin à la guitare. Ils impulsent un souffle novateur dans cet univers ouaté. Un souffle qui puise ses racines dans la folk song anglo-saxonne et qui se marie très intimement à l’univers de Clio.
Avec Maggy Bolle, c’est une autre histoire. Rien qu’à la lecture de la fiche technique de l’artiste, on se dit qu’on ne va pas s’ennuyer un instant. Petit caprice en forme de clin d’œil de la Franc-Comtoise : «Tu nous mets les coordonnées GPS de tes coins à morilles, sinon on chantera du Sardou ».
Le reste est dans la même veine. C’est truculent, totalement barré à l’image de son “Requiem pour un gros con”. Voilà qui fleure bon la saucisse de Morteau et le demi de bière avec ou sans faux col. Le titre générique de son spectacle : “T’as vu la vierge ?” Non ! Mais on a croisé une diablesse au tempérament débordant qui en a remis une couche lors de la troisième mi-temps pour le plus grand bonheur des festivaliers.
A. S.
Clio est arrivée et repartie sur la pointe des pieds. (Photos Dominique Decker).
Toute la gouaille de Maggy Bolle.

(Photos Dominique Decker)

Barbara pour mémoire
Barbara est particulièrement à l’honneur cette année au festival Dimey. Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz lui ont rendu hommage lors de la soirée inaugurale. vendre et samedi, dans La cave à Bernard, la grande dame de la chanson française livrait ses mémoires inachevées par le truchement de Claude Fèvre, une habituée du festival passée de l’autre côté du rideau, et Dora Mars, présente pour la première fois à Nogent.
Une heure trente de lecture entremêlée de bribes de ses chansons. Le mélange, un peu déséquilibré d’entrée de jeu car il faut bien replanter le décor de ce que fut l’enfance et l’adolescence de Monique Serf, a pris toute sa saveur peu à peu.
Son goût affirmé, dès le plus jeune âge, pour le piano. Cette liaison contrariée par plusieurs opérations de la main droite. « Alors, je ne serai que chanteuse », se console-t-elle. Vient alors le lent et laborieux apprentissage du chant. Un choix conforté par la découverte d’Edith Piaf.
Cette lecture musicale a mis en exergue toute la fragilité de l’artiste, son extrême sensibilité mais aussi sa fougue restituées par Claude Fèvre qui prend un plaisir fou à retracer ce parcours hors du commun. Dora Mars, au clavier, au thérémine et au chant lui donne le change dans ce spectacle débordant d’amour pour la dame en noir.
A.S

Jeudi 4 mai :

Quand deux grandes dames entrent en scène
Superbe entrée en matière pour le lancement du 17e festival Bernard Dimey jeudi soir à Nogent. Entre la sensibilité de Marie d’Epizon (photo ci-dessous à gauche) et le travelling grand format d’Yvette Théraulaz sur une vie de femme, les deux artistes ont récolté tous les suffrages.
Photos Dominique Decker

C’était le quatrième passage ici pour Marie d’Epizon. L’artiste originaire du département a embarqué la salle du centre culturel pour un beau voyage musical.
«Elle est sacrée la différence», un message qu’il convient de marteler. Plus que jamais. Marie d’Epizon s’y est employée.
Sa voix s’est posée tel un flocon de finesse et d’élégance. Une empreinte d’une grande pureté. La grâce était au rendez-vous pour ce tour de chant d’une remarquable précision. Remarquable par le timbre de cette voix qui n’est pas sans rappeler celle d’une Véronique Sanson à ses débuts lorsque Marie accroche les notes hautes. Remarquable aussi ses incartades dans le répertoire de Barbara qu’elle porte au pinacle et reviendra chanter à Nogent en fin d’année. Remarquable enfin l’accompagnement très latino de ses deux musiciens, Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse) notamment sur un répertoire plus personnel qui donnait à entendre de larges extraits de son dernier album (“La sirène de Lampedusa”, “Les couleurs de Collioure”).
Clé de lecture
Lauréate du tremplin du Festival Dimey en 2006, Marie d’Epizon a fait passer un frisson divin avec “Le marchand de sable” qui l’avait couronnée alors. Et même si cette édition 2017 porte la voix des femmes, la présence masculine est toujours sous-jacente. Dimey a été chanté pour le coup, renouant avec l’esprit originel du Festival dans une reprise de “J’aimerais tant savoir” version Jehan. Un début de nuit d’une grande clarté.
La deuxième partie de soirée donnait à entendre une autre grande dame, Yvette Theraulaz, dans un spectacle qui mêle théâtre et chant. C’est toute l’évolution de la condition féminine qui a défilé de façon magistrale plus d’une heure durant. De la délirante course des spermatozoïdes, aux premières velléités d’émancipation et autres luttes féministes, des premières flétrissures du corps, aux pensées crépusculaires qui s’installent alors… La performance d’actrice a été saluée à sa juste valeur par le public nogentais. Scolaires du groupe Baudon-Rostand présents dans la salle et fidèles du Festival seront passés par toutes les émotions.
On comprend mieux les mots d’Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, en introduction du spectacle. La prestation hors-normes de la Suissesse était bien la clé de lecture d’un festival au féminin qui, jeudi soir, a écrit une très belle page de son histoire.

A.S

Un festival 2017 au féminin

Le Festival Dimey a débuté jeudi soir, en présence de nombreux convives, au centre culturel de Nogent. Pour cette 17e édition, l’association organisatrice a concocté une programmation qui offre une large place aux femmes.
Cette année est également marquée par le documentaire “Dimey, poète et pourquoi pas ?”* de Dominique Regueme, diffusé mardi soir à Nogent en avant-première et pour lequel une deuxième projection est prévue ce matin à 11 h au centre culturel (entrée gratuite). «Ce film a été pour moi un moment d’émotion extrême», a commenté dans son discours la conseillère départementale Mireille Ravenel. La présidente de la grande Agglo – représentant également la Région – Christine Guillemy a, quant à elle, tenu un propos plus politique en cette période d’élection présidentielle. Durant son intervention, l’élue a volontairement insisté à plusieurs reprises sur «l’esprit de tolérance, dont on a vraiment besoin aujourd’hui !». Jeudi, les artistes Marie d’Epizon et Yvette Théraulaz ont ouvert le bal de cette 17e édition prometteuse qui se poursuit jusqu’à dimanche soir.
B. T.

* Le documentaire sera diffusé lundi, sur France 3, après le Soir 3.
Le Festival Dimey, c’est aussi des expositions (sur Simone de Beauvoir et Louise Michel), des ventes de disques (ci-contre) et de livres.
Yves Amour, le président de l’association Bernard-Dimey.
Chemise bariolée et barbe bien taillée, Yves Amour a lancé avec humour et émotion le Festival Dimey. Saluant le travail de son équipe de bénévoles – «sans faille !» – le président de l’association Bernard Dimey avait réuni, hier soir au centre culturel de Nogent, de nombreux convives à l’occasion de l’inauguration. Au début de son discours, Yves Amour a eu une «pensée émue» pour Jean Benedetti, membre actif de l’association décédé au mois de février, avant d’évoquer la programmation très féminine de cette année. «On ne veut pas dire non plus que les femmes ont toujours raison…», a lancé le président avec malice, ajoutant un peu plus tard : «Il n’y a pas de spectacle Dimey mais l’esprit Dimey est bien là : le partage, la générosité, l’amitié sont au rendez-vous !» Représentant le maire de Nogent Anne-Marie Nédélec, excusée, son adjoint Patrick Prodhon a cité le poète : «Dimey disait : “C’est à 17 ans que j’ai tout appris” ». Une référence qui s’imposait pour cette 17e édition dont l’ouverture a été suivie par bon nombre de fidèles, mais aussi des nouvelles têtes, comme l’a constaté Yves Amour, dont le souhait est d’ouvrir le Festival aux plus jeunes. Une ouverture qui passe notamment par un partenariat noué avec les lycées où sont allées se produire les Crieuses publiques, fil rouge du festival (lire ci-contre).

 

Mercredi 3 mai :

Les Crieuses envoient du bois
Il se passe toujours quelque chose autour du Festival Dimey de Nogent (jusqu’au 7 mai). Avant même le lancement officiel, jeudi soir, de ces quatre jours consacrés à la chanson française, les élèves du bassin nogentais ont découvert, mardi, le spectacle de Paccoud et Dumoulin. Les amoureux du poète se sont délectés du documentaire qui lui est consacré et qui sera diffusé lundi soir sur France 3.
Jeudi matin, Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et ancien prof de maths, a repris le chemin du lycée Charles-de-Gaulle, à Chaumont, à l’invitation de la direction de l’établissement. Avec lui, Les Crieuses publiques, fil rouge de cette 17e édition, sont allées à la rencontre des étudiants, durant une petite heure. Dans un premier temps, une séance très enrichissante était au programme et permettait notamment de se chauffer la voix. Une mise en condition payante puisque les élèves ont montré de belles dispositions à l’interclasse de 10 h, durant un petit quart d’heure débridé et interactif mené de mains de maîtresses par Victoria Delarozière et Capucine Maillard, de la compagnie Aziadé.

Le jeune public n’avait sans doute jamais entendu parler de la criée publique avant l’intervention des deux artistes polyformes. Lacune comblée dans la joie et la bonne humeur. Et si de prime abord, la mise en abîme pouvait sembler hardie à l’air du selfie, les petits bouts de papier distribués et complétés ont remplacé pour un temps les écrans de téléphone. On y souhaite un anniversaire, on y couche quelques mots d’amour ou d’amitié… et les crieuses relayent le message, libèrent la parole. Tout fini dans un cri communicatif. Evidemment.
Une expérience jubilatoire qu’ont vécu à leur tour les élèves de Bouchardon vendredi matin à la récré.
A. S.

 

Mardi 2 mai :

Les scolaires et les aficionados du poète étaient déjà dans l’ambiance de ce rendez-vous festif.

C’est une tradition bien ancrée. Les scolaires sont les premiers à profiter de la programmation du festival Dimey.

Mardi, à deux reprises, Christian Paccoud et Armelle Dumoulin se sont produits sur la grande scène du centre culturel devant un jeune public qui s’est vite laissé embarquer dans l’univers poétique et pédagogique de ces artistes, mi-clowns, mi-baladins. Il faut dire que Paccoud et Dumoulin font tourner leur spectacle depuis près de quinze ans. Le jeune public, ils connaissent et savent capter son attention. On est dans ce qui relève du conte burlesque… interactif !

Sans artifices (pas de sonorisation) avec juste un petit accordéon, leurs cordes vocales, quelques accessoires et beaucoup de talent, Paccoud et Dumoulin se mettent à la portée des enfants invités à s’exprimer sans retenue aucune. Et ça marche du tonnerre ! Petits bonheurs, petits malheurs, superficialité des choses et sens de ce qui est vrai et important : une petite leçon de vie livrée en toute simplicité. Les quelques 300 élèves de Biesles, Mandres-la-Côte et Nogent, de la petite section maternelle aux classes primaires, en garderont quelque chose, c’est certain.

Dimey sur l’écran

En soirée, changement de décor avec la projection en avant-première d’un documentaire consacré au poète originaire de Nogent. Bernard Dimey, poète et pourquoi pas ?, titre de ce film d’un peu moins d’une heure, doit beaucoup à l’opiniâtreté d’un autre nogentais, Bruno Florentin. Fils de bouchers installés jadis à Nogent-le-Bas, Bruno Florentin a fait des pieds et des mains pour réunir financements et partenariats afin de finaliser son projet. Plusieurs années d’efforts ont été nécessaires et salués hier soir par les 150 amoureux de Dimey présents dans la salle. Ils ont pu se délecter, en avant-première, d’images d’archives de l’INA et autres documents du fond Dimey regroupé à la médiathèque locale ainsi que de commentaires croustillants sur la vie et l’oeuvre de Dimey.

Son biographe, le nogentais Philippe Savouret souligne l’intérêt et la qualité du documentaire qui sort toutefois un peu tard compte-tenu des diverses contraintes. « Il y a trois ans ont aurait pu avoir les témoignages de son éditeur Michel Célie, de Jean-Louis Foulquier et de quelques autres qui ont bien connu Dimey », souligne-t-il.

Yvette Cathiard, qui a vécu aux côtés du poète, sur Butte Montmartre, assume à merveille son rôle de transmission dans ce documentaire qui sera diffusé lundi soir sur France 3 et que les festivaliers pourront découvrir vendredi, à 11 h, lors d’une nouvelle projection au centre culturel. Le film est appelé ensuite à emprunter la filière scolaire, si possible un peu partout dans l’Hexagone. C’est du moins l’ambition de Bruno Florentin.

A.S

 

Dimey : Un festival 2017 tout feu tout femmes

 

Le Festival Dimey 2017 passe en mode féminin pluriel du 4 au 7 mai. Une programmation excitante, une avant-première que les aficionados du poète ne voudront manquer sous aucun prétexte et des surprises à la pelle. Voilà qui promet une parenthèse enchantée, quatre jours durant, du côté de Nogent.

Enthousiaste. C’est sans doute l’état d’esprit qui domine dans les rangs de l’association Bernard Dimey depuis que les membres de la commission programmation ont dévoilé le menu artistique de cette édition 2017. C’était le 8 mars dernier concomitamment à la Journée internationale des droits de la femme. Une date qui n’a pas été choisie au hasard. Cette année, les organisateurs ont fait le pari des voix féminines dans toute leur diversité. On serait presque allé jusqu’à féminiser le mot «festival» pour l’occasion et dans une démarche totalement jusqu’au-boutiste mais cette transgression orthographique s’est heurtée à quelques – masculines – réticences (sic) !
La grande scène du centre culturel et sportif servira à nouveau d’écrin aux tours de chant d’interprètes aux styles très variés. Peu de points communs, en effet, entre la poésie ciselée de Marie d’Epizon (lire en page 10), la furie contagieuse de Barbara Weldens ou l’univers déjanté de Maggy Bolle. Nogent sera donc, une fois encore, terre de contrastes artistiques dans une grande communion entre les générations.
Le sens de la fête
Ce n’est pas la moindre des qualités du festival Dimey qui attire un public de fidèles amoureux de la chanson française. Dans ce milieu où le sens des mots est porté au pinacle, il y a Barjac (Ardèche), la référence absolue où on transpire au coeur de l’été. Il y a aussi Nogent où une belle équipe de passionnés, telles de consciencieuses abeilles, s’évertue à polliniser les premières fleurs chantantes du joli mois de mai. Voilà dix-sept printemps que ce petit miracle se produit. Un rendez-vous garanti sans OGM !
Et comme à Nogent, le sens de la fête n’est pas un vain mot, les bénévoles se plient en quatre pour satisfaire le public. On a même ouvert une cantine sur le site historique mis à disposition par la municipalité, partenaire incontournable de la manifestation. Artistes, techniciens et public y prennent leurs quartiers dans une proximité et un sens du partage que ne n’aurait pas renié Dimey. Succès total !
Sur un plateau
Comme pour chaque édition, le poète nogentais, décédé en 1981, reviendra hanter joyeusement les esprits avec la projection, en avant première, d’un film documentaire qui lui est consacré (lire en page 11). Bel hommage !
Les estaminets du centre-ville auront la visite du fil rouge, Les crieuses publiques, à l’heure de l’apéritif. Santé !
Ces filles du rock et du boniment iront également porter la bonne parole dans les maisons de retraite du Bassigny.
La Cave à Bernard accueillera le spectacle de Claude Fèvre et Dora Mars en hommage à Barbara (gratuit sur réservation pour les gens de Nogent).
Victoria Delarozière investira l’espace bar, en après-midi, samedi 6 mai.
La scène extérieure, lancée l’an dernier, est reconduite le dimanche dès 15 h avec La goutte, Jula Lula et Tournelune. Les concerts seront festifs et gratuits.
Chaque soir, l’espace bar sera pris d’assaut pour de mémorables 3e mi-temps ouvertes à tous ceux – des deux sexes – qui ont quelques choses à chanter ou à déclamer.
Le jeune public n’est pas oublié. C’est lui qui aura le privilège de goûter en premier, dès mardi, aux joies du spectacle vivant avec l’inimitable Christian Paccoud.
Une édition 2017 tout feu tout femmes… avec quelques mecs aussi.
A. S.

 Yves Amour : «Donner la voix aux femmes»

Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey, livre sa clé de lecture sur une programmation très prometteuse.

JHM : Cette 17e édition du festival offre une large place aux voix féminines. Pourquoi ce choix ?
Yves Amour : On cherche en général un équilibre entre les voix féminines et masculines. La parité est souvent abordée avec l’idée de laisser une place aux femmes. C’est tout l’inverse dans notre cas. En fait, il était difficile de respecter l’équilibre tant le nombre de femmes que nous avions envie de programmer était important. Yvette Theralaz est arrivée en point d’orgue, comme une clé de lecture. Du coup, cette année, nous avons pris le parti de donner la voix aux femmes.

JHM : La dernière soirée du festival coïncide avec le second tour de l’élection présidentielle.
Y.A : Oui, il fallait trouver une artiste qui ne soit pas directement «impliquée». Je pense que Geneviève Morissette, avec son humour et son bel accent québécois, nous aidera à dépasser les idées partisanes.

JHM : Vos coups de coeur ?
Y.A : Tout est bon chez elles ! Honnêtement, c’est la première fois que j’attends tous les spectacles avec la même impatience. Puisqu’il faut faire un choix, je pencherai pour celles qui ont fait naître l’envie de cette programmation féminine à savoir Clio, Barbara Weldens et Sarah Olivier. Trois styles, trois artistes rencontrées au Festival Jacques Brel à Vesoul.

 

Marie d’Epizon : «C’est particulier de venir à Nogent»

Originaire du petit village haut-marnais dont elle a emprunté le nom, Marie d’Epizon ouvrira le 17e Festival Dimey. Son dernier album “Bleu nuit” servira de fil conducteur à un tour de chant qui donnera à entendre aussi la poésie de Bernard Dimey et de quelques auteurs aussi incontournables.

Les amateurs de chansons françaises sont toujours heureux de retrouver Marie d’Epizon. Installée du côté de Montpellier depuis plusieurs décennies, ce petit bout de femme aime revenir dans son département natal et s’enthousiasme d’y faire entendre à nouveau sa voix. «Ca fait longtemps que je ne suis pas venue chanter ici. C’est particulier de venir à Nogent», assure-t-elle. Pour les organisateurs du Festival Dimey, accueillir Marie d’Epizon est vite devenu une évidence quand, à l’automne dernier, ils se sont penchés sur la programmation de cette 17e édition, cent pour cent féminine.
Nourrie à la poésie de Barbara, Brassens et Béranger dès l’adolescence, Marie d’Epizon a longtemps chanté ces sources d’inspiration-là. Elle a consacré un album à Barbara qu’elle interprète avec une aisance déconcertante. Brassens a eu aussi ses faveurs. «Je me suis surtout intéressée aux chansons dans lesquelles il dépeint les femmes», souligne-t-elle.
Sur ce socle granitique, Marie d’Epizon a posé les bases d’une carrière qui impose le respect. Une trajectoire saluée par quelques grands noms de la chanson à l’instar de Fabienne Thibeault, marraine des Journées 2014 du Parc Georges Brassens, qui est tombée en amour avec l’artiste d’origine haut-marnaise.
Des surprises
Et puis, avec l’aide de son complice Claude Kintzler, originaire de Forcey, Marie s’est attelée à la composition. Un premier album Les desseins des pensées, joliment troussé, pose les fondations de son style. Une chanson d’auteur(s) exigeante. Le dernier album s’intitule Bleu nuit mais sa couleur n’est «pas noir du tout. En fait, c’était le titre initial d’une chanson qui a changé en cours de route. L’album est plutôt poétique», précise Marie d’Epizon. Il aborde aussi des sujets d’actualités (les migrants) ou intemporels (la vie qui passe). Les textes sont essentiellement signés par Claude Kintzler. Marie a composé les musiques. Tous deux ont mêlé leurs mots sur quelques titres et l’album s’est enrichi de contributions de Bernard Joyet, Jean-Michel Piton et Joseph Moalic.
Mercredi, en ouverture du festival, Marie d’Epizon se produira en trio avec Thomas Fontvieille (guitare) et Jean-Pierre Barreda (contrebasse). «J’ai longtemps tourné en piano-voix mais j’avais envie d’autre chose. La formule guitare-contrebasse laisse beaucoup d’espace pour la voix et permet des rythmiques sud-américaines que j’adore», souligne encore Marie d’Epizon.
Bleu nuit est un «spectacle très féminin», assure l’artiste qui reviendra au centre culturel de Nogent en fin d’année pour y chanter Barbara, cette fois.
Mais ce n’est pas une raison pour faire l’impasse sur son passage printanier au Festival Dimey. Marie d’Epizon a prévu quelques surprises. Pour les dimeytistes et les autres.
A. S.

Marie d’Epizon, mercredi 3 mai, 20 h 30, grande scène.

 

Dimey nous fait son cinéma

Dimey, poète et pourquoi pas ? Tel est le titre du documentaire de 52 mn réalisé par Dominique Regueme. Le film sera projeté, en avant-première, à l’occasion de la 17e édition du festival nogentais dédié au poète.

Curieusement, Bernard Dimey semble mieux connu dans le grand monde francophone, grâce à quelques succès, que dans le bourg nogentais qui l’a vu naître, et où il repose. Voilà un film qui tombe à point. Ceux qui ont côtoyé l’auteur de Syracuse dans les rues de Nogent – et ils sont encore quelques-uns – vont découvrir comment le beau gosse qui prenait la pose sur la place est devenu un ogre des bistrots de Montmartre, dévoré par l’écriture et la picole. Les dimeyphiles, quant à eux, vont se régaler avec de succulentes images d’époque (chez Danièle Gilbert, au bistrot avec Mouloudji…). Ils feront à coup sûr des découvertes, grâce aux témoignages pertinents qui rythment le film. Quelques moments de grâce aussi, comme le chant émouvant de Claire Taïb.
Témoignages
Il faut dire que le réalisateur n’a pas lésiné sur la qualité des interviewés : Francis Lai, Aznavour, Philippe Meyer… Yvette Cathiard, sa dernière femme, qui l’appelle Dimey. Dominique, la fille du poète retrouvée quand elle avait vingt ans, et qui l‘appelle Bernard. Philippe Savouret, le précieux archiviste nogentais. Enfin LE spécialiste de Dimey, le Chaumontais Francis Couvreux, intarissable dans son style, entre Philippe Manœuvre et Henri-Jean Servat. Sauf que cette fois, on parle d’un poète qui, en déambulant devant sa maison natale, se compare à Victor Hugo. A juste titre, crient les uns. Plutôt à François Villon, répondent d’autres.
Nogentais, dimeyphiles, vous devez absolument voir ce film !
De notre correspondant
Florent Desprez

Dimey, poète et pourquoi pas ? (2017) – Avant-premières au Centre culturel de Nogent mardi 2 mai à 20 h 30, vendredi 5 mai à 11 h. Entrée gratuite.

 

Les archives du festival

2016 : un grand cru

Le festival Dimey 2016 aura été marqué par quelques temps forts : la prestation de Les Flow, dès le premier soir, et la classe de Jean-Michel Piton, dans un spectacle magique autour des textes de Bernard Dimey. Retour, au jour le jour, sur ce cru 2016 particulièrement gouleyant.

Quatrième jour

La fiesta totale

Au quatrième jour, il y avait du « off » dans l’air. Les réjouissances ont débuté à l’heure de l’apéro. Dixwatts remettait sa tournée dans les estaminets de Nogent. le groupe a participé à l’aventure de l’album Dimey Pluriel. Depuis, il a mis en musiques quelques textes du poète nogentais. Pour la deuxième année consécutive, les musiciens sont allés -de leur propre initiative- au contact des gens de Nogent dans les lieux de vie qu’ils fréquentent. Au cheval blanc à l’heure de l’apéro, Au San Remo pour un déjeuner gourmand – avec une belle tablée de soldats du feu qui ne s’attendaient sans doute pas à une telle animation – puis au petit bar-tabac de la rue Astier où le groupe à désormais ses habitudes. De bons moments de partage jusqu’à la pause café. Ensuite, un autre groupe du cd Dimey Pluriel a pris la relève pour un concert gratuit en extérieur, vers le centre culturel : Joli Falzar. Les festivaliers ont apprécié ce nouveau rendez-vous. Sur la scène baignée de soleil, Jean et ses camarades ont livré un concert des plus rythmés.
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Enfin, avec Les Didoudingues, le feu d’artifice espéré a été coloré. Ce groupe est composé de multiples talents. A l’occasion du Festival “Faites de la chanson” à Arras, l’association Di Dou Da avait souhaité réunir ces artistes. Les festivaliers ont eu plaisir à retrouver des connaissances. Le groupe est composé d’Hervé Lapalud, Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger et Eric Frasiak. Leur rencontre est toujours réjouissante.
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Une pièce créée pour l’événement
La troupe “Le Petit théâtre d’Ernest” a créé une pièce originale. 
Elle a la particularité d’être composée d’une vingtaine de textes 
de Bernard Dimey, qui s’enchaînent sous forme de dialogues. 
Le spectacle a déjà été réservé à Chaumont et du côté de Nancy.
L’association est de Metz. Les comédiens du “Petit théâtre d’Ernest” sont principalement issus de sa région et de Nancy. C’est parce qu’ils venaient au festival à Nogent qu’il a été proposé à ces passionnés de Dimey, par l’association organisatrice du Festival, de créer une pièce de théâtre. Un défi qu’ils ont relevé avec un travail original de la part du metteur en scène, Patrice Guillaumet. Dans cette pièce, il a planté cinq personnages dans “Le bistrot d’Alphonse”, le titre d’un texte du poète nogentais. Trois sont de Dimey : “Pépère”, “Mimi” et “Alfonse le patron du bistrot”. Deux ont été créés, “Nanar” et “Bébert”. Patrice Guillaumet est accompagné par Claude Lecarme, Gilles Grateau, Anne-Marie Boussange-Diaquin et Calogero Di Maïda.
Deux représentations, dans la Cave à Bernard, ont séduit le public pendant le festival, jeudi 5 et vendredi 6 mai. A tel point que la pièce a été commandée pour une représentation à Chaumont. La semaine prochaine, ce sera en Meurthe-et-Moselle.
Pour les contacter, téléphoner au 06.13.85.98.98 ou par mail : pternest57@hotmail.com
E. G.
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Un spectacle original conçu spécialement pour les festivaliers nogentais, et qui a séduit.


Troisième jour

La fille et la rock star

Imaginez une fille qui se prend pour son violoncelle. Elle arbore même une coiffure en forme de tête de cello déglinguée, c’est vous dire si cette fille-là est légèrement barrée. Katrin Waldteufel, M. cello et son excellent homme orchestre (claviers-guitare) ont embarqué les festivaliers dans un monde loufoque. Une promenade enchantée et toute douce. A grand renfort de boucles vocales et/ou instrumentales, les artistes ont pris leur temps pour poser les ambiances. On aura préféré la tessiture du violoncelle et des cordes vocales de la jeune femme. On a encore rien trouvé de mieux que la chaleur de ses deux instruments là pour titiller nos sens. L’interprétation au violoncelle, dans un épurement magnifique, de L’affiche rouge du duo Ferré-Aragon en a donné la plus parfaite illustration.
Puis est venu le tour de Jérémy Bossone. Physique de rock star, l’artiste déploie une belle énergie à en faire rompre les contingences techniques. Sa voix androgyne donne le meilleur en concert. C’est un fait. Le public, pourtant mûr du festival, a pris un bon bol d’airs frais.


Deuxième jour

Piton s’est envolé

C’était une grande soirée avec du grand Piton, du grand Dimey. Les deux artistes sont liés à la vie, à la mort.
Jean-Michel Piton a réussi un tour de force en convoquant Dimey pour le plus grand plaisir de amoureux du poète de Nogent qui se sont pressés dans la grande salle du centre culturel. Ils l’attendaient les «Dimeytistes» ce rendez-vous là. Ils n’ont pas été déçus.
Piton, voue un véritable culte au plus prolixe des paroliers de Montmartre. Il a su puiser et assembler quelques-uns de ses plus beaux textes en trouvant le bon fil conducteur. Il en livre sa vision à lui, écorchée, sensible au possible, émouvante. On traine dans les bas-fonds de l’âme, là où peu se risquent vraiment. Au contact des clodos magnifiques qui s’inventent un monde où l’humanisme règle en valeur absolue. La tendresse des sentiments et la force des mots de Dimey ont trouvé leur meilleur ambassadeur. Piton s’est envolé hier et le public avec lui.
Auparavant, Pierre Lebelâge est arrivé et reparti… sur la pointe des pieds. Ce petit gars de la région de Perpignan écrit très bien. Une dentelle d’une finesse rare, c’est évident. Musicalement, c’est irréprochable. Vocalement, ça chante juste aussi mais, car il y a un mais : il manquait un petit supplément d’âme pour que Lebelâge embarque le public de Nogent.
Ce supplément-là, le Petit théâtre d’Ernest l’a trouvé au plus profond des textes de Dimey, en après-midi, dans La cave à Bernard. Un beau moment plein de sens.
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(Photo Patrick Boez)

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(Photo Estelle Galland)

Premier jour

Se retrouver à Nogent

Une fois l’an, se retrouver à Nogent. On croise des têtes connues dans le hall du centre culturel et sportif. Les habitués du Festival Dimey, des nouveaux venus aussi et la cohorte des bénévoles qui s’active à quelques minutes de l’ouverture officielle.
Le soleil est de la partie, les sourires sont sur les lèvres. Dans la grande salle, les artistes balancent gentiment. En cuisine Jean-Paul et son équipe s’affairent. Du côté du bar où a lieu, chaque soir, la troisième mi-temps chère aux festivaliers, ont s’active aussi.
Bref, il règne l’agitation propre au festival. Chacun est à sa place, impatient d’entrer dans le vif du sujet.
Ce sera chose faite au terme des discours inauguraux, rituel là-encore bien rôdé mais toujours apprécié. On s’est délecté des bons mots de Jean-Claude Daniel qui est venu réitérer le soutien de la nouvelle grande région ; on sait que, cette année encore, Anne-Marie Nédélec, mairesse de Nogent et fidèle parmi les fidèles, a pris son pass sans même regarder de quoi il en retournait «car on aime découvrir les artistes et on n’est jamais déçu» ; Yves Amour, président de l’association Dimey, a sorti, comme de coutume, une de ses chemises à fleurs dont il a le secret. Le décor est planté et la convivialité s’installe à l’heure de l’apéro, à grand renfort d’emmenthal et de rosette arrosés gaillardement du breuvage dont s’est délecté Dimey sans modération une bonne partie de sa vie de poète.
Mam’zelle Suzi, fil rouge 2016, a pris le relais avec son orgue de barbarie. Premières notes guillerettes d’un début de festival qui devait réserver un premier temps fort d’entrée de jeu.
On attendait Les Flow, on n’a pas été déçu. Cette petite nana-là est sur scène comme à la ville : authentique. Dégaine des gens de la rue (casquette visée sur la tête et sweat extra-large). Pas de chi-chi sur les apparences. A l’intérieur, il y a un cœur gros comme ça. Flow évoque les enfants, son enfance. Les guerres couvertes dans la vie d’avant. La fragilité de la paix. Sa paix intérieure parfois mise à mal. Sa sensibilité a fait mouche. Ce fut un moment de bonheur trop court livré par une grande dame de la chanson et par un excellent guitariste.
Difficile, après ce moment de partage magnifique, de s’embarquer dans l’univers cadavérique de Mazo. Ces gars-là sont des instrumentistes talentueux, certes, mais le prêchi-prêcha du Mac Abbé manquait de vérité et de profondeur. On a vu des musiciens adopter des postures dignes des zombies d’un Thriller façon king of pop. D’accord ! Au premier rang, un spectateur s’est même fait baptiser, façon Mazo, au vin d’une étrange messe et s’en est visiblement beaucoup amusé. Pour apprécier Mazo, il fallait être sensible au troisième degré alors qu’on avait encore à l’esprit la belle simplicité de Flow.
A.S
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Pas facile pour Mazo de passer après Les Flow…

Le festival Dimey sur le site d’une copine, Claude Fèvre, qui parle tellement bien des artistes. C’est ici : http://chantercestlancerdesballes.fr/

Avant le festival, c’est déjà le festival

Les mots coulent à Flow
Un atelier d’écriture a été offert par la chanteuse Flow. Une artiste hors du commun, qui ne mâche pas ses mots, qui s’est servie de la richesse de la langue française pour jouer à écrire avec une classe de 3e. Emotions garanties.
nogflow
Auteur, interprète, éditeur, producteur de musique et de livres, voici Flow, Florence Vaillant, invitée au Festival Dimey. A la classe de 3e du collège Françoise-Dolto de Nogent et à leur professeur Margaut Tenand, elle s’est présentée. «Moi je n’ai pas mon bac. Je suis ce que l’on appelle un cancre». Voilà qui est dit. De surcroit, pas souvent dans un collège. Mais ce cancre s’en est bien sorti. «Vous savez ce qui m’a sauvée. C’est l’écriture. Pourtant, je suis dyslexique. A 47 ans, je fais encore pas mal de fautes. Je fais gaffe si c’est un courrier important mais quand j’écris mes chansons, je me lance et je corrige après». Des adolescents parfaitement à l’aise avec cette intervenante et qui acceptent de suite le premier exercice. Deux colonnes sur une feuille. Dans l’une il fallait trouver cinq mots pour désigner une émotion positive, le mot qui vient quand on pense à quelqu’un qu’on aime. A l’inverse dans la seconde, il était destiné à une personne beaucoup, beaucoup moins sympathique. «Attention, sans insulte et niaiseries. Evitez les ‘‘Je t’aime’’ et ‘‘pouffiasse’’, il existe des tas d’autres mots pour exprimer ses sentiments. Par exemple, moi quand je pense à quelqu’un que je déteste, je l’associe à une fosse à purin. Vous comprenez bien le rapport». C’est ainsi que les élèves ont trouvé, entre autres, ‘‘moitié’’, ‘’sagesse’’ pour le coté positif. ‘‘Godzilla’’ ou encore ‘‘misérable’’, pour le coté négatif. Ecrire pour être bien Et avec les mots, ils ont construit des phrases comme : «L’amitié est un trésor, nous sommes complices». Flow a commenté, «si je reçois ce genre de courrier, ça me touche». La version moins sympa : «Tu reflète le noir, j’ai pitié de toi». Une telle phrase dans une lettre, «ça tue ! Et pourtant vous n’avez employé aucun mot grossier. Prenez conscience de l’écriture. Si nous la perdons, nous ne serons plus que de bons petits soldats, manipulables à souhaits». Flow leur a donné des exemples de situations où il était important d’écrire. «Une personne à qui on a envie de dire qu’on l’aime, au moins on ne rougit pas, on n’est pas là quand elle lit. Et si un jour, vous devez 500 euros aux Impôts, que vous n’avez que cinq à leur donner, ce sera plus facile de leur expliquer par écrit. L’écriture ça rend service, ça permet d’exprimer ses sentiments, de se libérer, ça fait du bien pour tout, tout le temps». Les exercices ludiques se sont enchainés. Les collégiens comblés ont été invités par l’association Bernard-Dimey au concert de Flow qui a eu lieu mercredi 4 mai. Pour découvrir Flow,: http//les-flow.wix.com/les-flow Au festival Jeudi 5, Pierre Lebelage et Jean-Michel Piton ; vendredi 6, Katrin Waldteufel et Jeremie Bossone ; samedi 7, Joli Falzar et Les Didoudingues ; jeudi 5 et vendredi 6, à 15 h 30, à la médiathèque Bernard-Dimey, ‘‘Le bistrot d’Alphonse’’, une mise en scène des textes de Bernard Dimey par Le Petit théâtre d’Ernest. La Chaumontaise Mam’zelle Suzi assurera le fil rouge de cette 16e édition. Renseignements au 06.40.17.22.01ou au centre culturel. Programme sur : (http://festival-bernard-dimey.fr/Bienvenue.html).
De notre correspondante Estelle Galland

Concentré de talents à Nogent

L’association Bernard Dimey a mitonné une programmation aux petits oignons pour cette 16e édition du festival qui a lieu du 4 au 7 mai. Nogent accueillera la jeune garde de la chanson française (Flow, Mazo, Lebelâge, Bossone…), le patriarche, Jean-Michel Piton, dans un spectacle truculent autour de l’œuvre du poète nogentais, et les Didoudingues pour un final qui s’annonce haut en couleurs.

Le printemps, c’est la saison des poètes. Nogent s’apprête à fêter cette catégorie d’artistes aux tempéraments bien trempés quatre jours – et quatre nuits – durant. Le festival donnera le ton mercredi 4 mai avec Flow puis Mazo. Ils sont jeunes. Ils sont talentueux. La première occupe une place à part dans la chanson française. A la fois rebelle et sensible. Les seconds sont des musiciens virtuoses totalement déjantés qui évoluent au sein du Mac Abbé et le Zombi Orchestra. De quoi réveiller les morts comme les vivants.
La Chaumontaise Dorothée Daniel devancera l’appel des beaux textes, la veille, avec un spectacle pour les scolaires. Les jeunes têtes blondes goûteront aux charmes d’un conte acidulé concocté par Lady Do (Dorothée Daniel) et Monsieur Papa (Frédéric Feugas). L’association Dimey renoue ainsi avec les spectacles pour la jeunesse après une courte pause d’une année due aux vacances scolaires qui tombaient en plein festival.
En trombe
Les organisateurs ont demandé également à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto. Une initiative qui doit beaucoup à l’arrivée d’une nouvelle enseignante au sein de l’équipe pédagogique. On a hâte d’en découvrir la teneur tant la démarche artistique de Flow est totalement «raccord» avec l’impétuosité de notre belle jeunesse. Les bénévoles de l’association ont approché l’artiste à Barjac (Ardèche), l’été dernier, lors du festival Chansons de parole. Ils sont tombés sous son charme à l’instar d’un certain Yannick Noah qui a invité ce talent brut à assurer les premières parties de ses concerts parisiens il y a quelques temps déjà. Depuis, l’ancienne reporter photographe, dont la trajectoire artistique peut s’apparenter à celle de Patti Smith ou du regretté Mano Solo, trace son sillon en toute indépendance.
Jeudi soir, Jean-Michel Piton (lire en page 6) livrera son Dimey de cœur. Un Dimey chantant et théâtral. Il succèdera sur la grande scène à Pierre Lebelâge. Les chansons de ce jeune artiste «pétillent d’humour et d’intelligence», assurent les organisateurs.
Digne héritier de Brassens, Lebelâge a séduit Leprest, Lemesle, et trouvé son public avec un album, Babel, qui a caracolé en tête du classement des radios indépendantes françaises durant plusieurs mois.
Final collégial
Vendredi, Katrin Waldteufel donnera le La à M. Cello, son violoncelle, pour un set un tantinet burlesque et décalé. Jérémie Bossone accordera sa guitare et racontera ses histoires d’écorchés de sa voix singulière.
Samedi, le festival s’achèvera avec la troupe musicale Les Didoudingues (lire en page 7), un collectif réunissant la fine fleur de la chanson (Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau, Davy Kilembé, Gilles Roucaute, Laurent Berger, Eric Frasiak) à l’invitation d’Hervé Lapalud, autre habitué du festival de Nogent. Ce grand brassage musical a été monté spécialement pour les dix ans du festival Faites de la chanson à Arras. Depuis, Les Didoudingues font les belles heures des rencontres musicales de l’Hexagone. Les spectateurs de Nogent devraient goûter leur poésie et leur bonne humeur communicative. Voilà qui préfigure assurément une ultime troisième mi-temps intense et dans l’air du temps. A Nogent aussi se sera nuit debout… ou assis.
A.S

Piton love Dimey

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Jean-Michel Piton sera sur la grande scène jeudi soir. Un rendez-vous qu’attendent tout spécialement les aficionados de Bernard Dimey.

Dans la galaxie Dimey, trois étoiles brillent tout particulièrement au firmament. Il y a Jehan, bien sûr, Valérie Mischler, aussi et Jean-Michel Piton. Les deux premiers sont déjà venus rendre leur hommage très personnel au poète de Nogent. Au tour, cette année, du plus débonnaire de ce trio de tête.
«C’est un spectacle pas tout à fait complet car je ne danse pas», s’amuse-t-il. Un spectacle qui a mûri au fil des ans. Jean-Michel Piton en livre des versions revisitées depuis 1982. «Je me suis vraiment penché sur l’œuvre de Dimey à sa mort en juillet 1981 en m’intéressant à la face un peu moins connue de l’auteur».
Le rapport à l’ivresse est une constante chez ceux qui ont osé ouvrir le grand livre de Dimey et s’en approprier quelques pages. Jean-Michel Piton a voulu se démarquer en allant chercher des pépites plus mystiques. Candidat au grand séminaire, Dimey a largement abordé le sujet dans ses écrits. Dieu et la mort sont traités de façon quasi obsessionnelle. «Dans L’homme de la manche, j’ai cherché à raconter une histoire proche de la faune des gens que Dimey a côtoyé lorsqu’il vivait à Montmartre. Ces anciens militaires, ces philosophes à leur façon», souligne Jean-Michel Piton qui s’est demandé «pourquoi cette faune en est arrivé là».
L’homme de la manche conte cette quête en mêlant l’interprétation théâtrale (Jean-Michel Piton est aussi acteur) et le chant. Un tableau en 25 nuances que l’artiste livrera avec deux musiciens qui connaissent la chanson : Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon.Piton se lovera autour de Dimey à Nogent. Enfin !
A.S

Joli Falzar : «C’est le public qu’on aime»

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Cette année, le festival Dimey propose un concert gratuit, aux abords du centre culturel, samedi après-midi, avec le groupe Joli Falzar. Anatole Jeanson (trompette et choeurs) s’en réjouit déjà.

Journal de la Haute-Marne : Joli Falzar essuie les plâtres avec un nouveau rendez-vous sur ce festival. Il y a un côté existant à ouvrir cette nouvelle voie ?
– Anatole Jeanson : On attendait ça depuis la sortie du cd Dimey Pluriel. C’est un grand plaisir de pouvoir jouer sur le festival. On avait eu de bons retours lors de notre courte prestation durant la soirée de lancement de l’album en mars 2015. Un concert en journée, touche généralement un public plus large. C’est le public qu’on aime.

L’été s’annonce chaud pour Joli Falzar ?
On a beaucoup, beaucoup de dates prévues. Ca tombe bien car on adore partager ces moments avec le public. Avoir des retours directs de leur part. Ce sont autant d’opportunités pour décrocher de nouveaux concerts. Dernièrement, on a fait un tremplin à Nancy. On a signé plusieurs dates dans la foulée.

Bernard Dimey, c’est quelqu’un qui parle à un jeune groupe comme Joli Falzar ?
On l’a découvert avec le projet Dimey Pluriel. On n’a pas trop creusé son univers depuis, il faut l’avouer, mais on se sent une filiation même si nous ne sommes pas de la même génération. Actuellement, nous sommes surtout proches d’un mouvement comme Nuit debout. Il faut dire que nos textes parlent essentiellement de notre rapport à la société.
Recueillis par A.S

Final Didoudingues

Les Didoudingues

Ils seront huit sur scène, samedi, pour assurer la dernière soirée du festival Dimey. La fine fleur de la chanson française réunie dans un spectacle collectif des plus rafraîchissants.

Le tour de chant a été conçu à Arras en juin 2014 à la demande de l’association DiDouDa qui fêtait les 10 ans de son festival Faites de la chanson. L’idée consistait à créer un spectacle réunissant des artistes qui ont participé aux cabarets découvertes organisés par ces amoureux de la chanson française. La mission a été confiée à Hervé Lapalud. L’artiste avait deux jours pour monter un spectacle collectif avec ses sept nouveaux amis (Marion Rouxin, Coline Malice, Julie Rousseau, Laurent Berger, Davy Kilembé, Gilles Roucaute et Eric Frasiak). Une sacrée gageure !
Respect mutuel
Le défi a été relevé haut la main avec un concept à la fois simple et efficace, qu’Hervé Lapalud n’a eu aucun mal à vendre aux organisateurs et qui consiste à «partager les chansons des copains, des copines et celle du répertoire de la chanson française, bien sûr. On aime tous interpréter les autres», assure Hervé Lapalud. A titre d’exemple, Gilles Roucaute a adapté Bruce Springsteen en français. Eric Frasiak glisse toujours des chansons de Béranger dans ses concerts.
A Nogent, la troupe sera au complet, bien sûr. «C’est un spectacle construit. Tout est tellement lié qu’on peut difficilement se passer d’un copain ou d’une copine. On a fait le choix des chansons ensemble», souligne le monsieur Loyal des Didoudingues qui est tout à sa joie de retrouver ses camarades à Nogent. «Chacun a sa trajectoire mais là c’est une réunion d’amour. On est dans de la jalousie positive car on a beaucoup de respect humainement et artistiquement entre nous», poursuit-il.
Clin d’oeil
Le talent et la complicité qui se dégage des Didoudingues expliquent sans doute l’engouement suscité lors de leurs trop rares prestations en public.
Voilà une belle et grande famille artistique faite d’individualités qui, pour la plupart, ont découvert les bienfaits de partager la même scène. Et ils en redemandent. «C’est vraiment bien de se frotter à d’autres gens. Tu sors de ta bulle. Tu apprends. Tu regardes», témoigne Eric Frasiak. L’artiste meusien est un peu à l’origine de la venue des Didoudingues, cette année, en terre nogentaise.
Tous les amoureux de spectacle vivant s’en réjouissent car le festival Dimey cultive depuis toujours ce goût du partage qui colle vraiment aux aspirations des Didoudingues. Et si la structure de base du spectacle reste la même, il est prévu qu’un clin d’oeil à Bernard Dimey figure au répertoire. Et pourquoi pas de façon pérenne ?
A.S

Carte blanche à Mam’zelle Suzi
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Géraldine Salmon, alias Mam’zelle Suzi, a carte blanche. La Chaumontaise aime les vieilles rengaines qu’elle revisite avec son orgue de barbarie. Elle sera le fil rouge de cette édition 2016, se produira dans les maisons de retraite du pays de Nogent et lancera les 3e mi-temps qui font aussi l’âme du festival. Pour l’occasion, elle a convié Snic’Fou, des p’tits gars du Bassigny, sera accompagnée pour un soir par son guitariste Poêt et rejointe par ses camarades des Voix de Dimey lors de la soirée inaugurale. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Avis aux amateurs !

Le petit théâtre d’Ernest
Ambiance troquet assurée dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Le petit théâtre d’Ernest s’y installera pour deux après-midis. Les personnages qui se mettent à table dans Le bistrot d’Alphonse sont truculents. Et Dimey n’est jamais loin. Réservation obligatoire.

Chansons à l’étal
Le Pythagore sera à nouveau présent dans le hall d’accueil du centre culturel et sportif. L’an dernier, les festivaliers avaient apprécié la qualité et la diversité des ouvrages proposés sur la thématique de la chanson.
Cette année, le libraire fera pièce commune avec Jean-Yves Coissard et son impressionnant stand de cd et vinyles. Il y aura matière à assouvir bien des envies entre les spectacles.

L’oeil de Dominique Decker
Dominique Decker capture les à-côtés du festival de son œil aiguisé. La photographe réalise des tirages, dans la foulée, qui sont accrochés aux cimaises du hall d’accueil. A la fin du festival, on peut même emporter un de ses clichés en souvenir.

A table !
Initiative appréciée des festivaliers, la cantine reprendra du service pour le déjeuner et le repas du soir. Des moments d’échanges et de partage bien dans l’esprit du festival. Réservation obligatoire.

Les coups de coeur de Josette Dupont
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Au sein de l’association Bernard Dimey, Josette Dupont fait partie de la commission programmation. A quelques jours du festival, elle nous livre ses coups
de cœur.
Pierre Lebelâge
Ce jeune talent raconte des histoires, celles de la vie, la vraie, la nôtre, pas de la guimauve aseptisée par le politiquement correct. Il écrit très bien, dans une langue maîtrisée qui ne se croit pas obligée de faire des écarts… pour faire jeune. De la lucidité, le regard attentif à ce qui se passe autour et, malgré tout, avec une tendresse pour les pauvres humains que nous sommes.
Jérémie Bossone
La voix est haute avec du coffre et les mots portent autant d’urgence que de fraîcheur. Il passe d’une couleur à l’autre, de la ballade à la guitare, à la saga épique, au rock le plus électrifié. Jérémie Bossone s’emballe, avance sans se cacher entre flammes et cendres… La fièvre et la liberté semblent l’animer. Précieux moteurs.
Katrin Waldteufel
Chanteuse-violoncelliste comme certains sont plombiers-chauffagistes, Katrin Waldteufel visite avec humour les petits riens de la vie quotidienne. La tendresse est là, comme le culot. Elle porte ses chansons avec un timbre de voix d’une belle limpidité et fait valser les mots et les notes avec grâce. Courez-y !

Revivez les précédentes éditions du festival


Courir les rues : trop forts, les gars !

Samedi : Courir les rues

Courir les rues a pris son temps. Le groupe a dix ans et quatre albums au compteur. Leur spectacle est rôdé : la musique est parfaitement en place, les éclairages et la scénographie inventifs et efficaces. Quelques spectateurs ont trouvé le son un peu fort. Ou un peu rock, peut-être… Maxime Tailliez, chanteur et guitariste, signe la plupart des paroles et musiques. «Nous interprétons des chansons à texte, soulignait-il en fin de concert.» Ses poèmes méritent effectivement d’autres écoutes et d’autres lectures. Courir les rues a respecté la tradition en donnant sa version de « Quand on n’a rien à dire ». Et le lien s’est – à nouveau – fait entre les musiciens de 2015 et le poète nogentais. Parfait pour le tomber de rideau de cette 15e édition du Festival Dimey.


Vendredi : jeunes et beaux

Les programmateurs du Festival Dimey savent décidément dénicher des jeunes talents aux univers marqués. Vendredi, après le tour de chant du trio Un chat dans la main qui remettait le couvert dans La cave à Bernard, l’espace du centre culturel dédié aux 3e mi-temps accueillait un disciple du slam atypique : Jean-Noël Bobey. L’artiste à l’allure d’éternel adolescent manie les mots avec une belle dextérité. Il excelle dans l’art de mêler la dialectique et les langues régionales. Sans sonorisation, jouant tant sur la rime que sur la proximité avec son public, Bobey a donné du plaisir.
Autre jeune talent, au féminin, Claire Danjou. Ce petit bout de femme a vaincu un trac immense, pour livrer une prestation d’une grande élégance. Elle déménage Claire, la bien nommée. Son prénom résume à lui seul la pureté de sa voix. La thématique de l’amour, le fou, l’impossible, l’absolu… était omniprésente dans l’entame de son tour de chant. Puis, comme libérée d’un fardeau, elle s’est glissée dans une peau toute neuve mais aussi sensuelle, portant haut les textes de Nicolas Daquin. Revisitant Nougaro et chantant Dimey (Quarante ans). Le poète de Nogent dont on avait trop peu entendu les mots, jusque là, sur la grande scène. Une fleur a éclos. Son nom : Danjou.
En fin de soirée, Fred Bobin, électrique et sensible, a parachevé cette avant dernière journée du festival Dimey en poète engagé.
A.S

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Claire Danjou, une jeune femme pleine de fraicheur.


Jeudi : intenses rendez-vous

On l’avait un peu vu venir. Le programme de ce deuxième jour de festival annonçait de belles rencontres ou de belles retrouvailles. Ce fut encore plus intense qu’espéré. D’abord. D’abord, il y a eu « Un chat dans la main », trio « anarcho-chantant » venu du pays lingon (lire le portrait sur cette même page). Ca se passait sur les coups de 15 h 30 dans La cave à Bernard devant une soixantaine de spectateurs qui ont vécu un excellent moment. Les chansons sont faites pour être partagées. Les voix pour être mêlées. La mayonnaise a vite pris et le public a été soumis, pacifiquement bien sûr, à la question. Couté, Nougaro, Blanche, Ferré, Aragon ?… Les amateurs de beaux textes, plutôt grisonnants dans l’ensemble, n’ont pas la mémoire qui flanche pour autant et, quand retentira le Syracuse de Dimey immortalisé par Salvador ou Montand, un murmure cadencé montera harmonieusement dans la cave. Comme le chant des partisans d’une certaine esthétique culturelle défendue par Michel Bellegy, Pascal Inza et Jean-Luc Juy.
Dans la foulée de ce spectacle intimiste du meilleur tonneau, le trio a remis ça au monument des Mobiles dans un petit square qui surplombe la vallée de la Traire sur les hauteurs de Nogent. La municipalité dévoilait une plaque en hommage à Bernard Dimey (lire ci-dessous) qui a immortalisé l’endroit et son fameux marbre dans son poème « L’enfance ». Celui-ci a été déclamé par Chantal, Nogentaise, fidèle de l’association Dimey, dans la douceur de cet après-midi printanier où émotion, recueillement et culture se sont mêlés intensément.
Au rendez-vous du soir, dans la grande salle, il y avait un espoir de la chanson française. Gaëlle Vignaux, petit bout de femme noué par le trac. Ce troublant compagnon ne l’a pas quittée de la soirée, de son propre aveu. La belle a parfois perdu le fil des mots mais personne ne lui en a voulu vraiment. Au contraire. Ces textes brossent de jolis portraits, en phase avec son quotidien qu’on devine à fleur de peau.
Au rendez-vous du soir, dans cette même grande salle, il y avait aussi Barzingault. On ne sent pas de trac chez ce professeur « tourne clé de sol » venu de Toul dans sa « Barzingault mobile » et flashé à Goncourt par un gendarme gris et immobile. On vous l’a fait court !!! Quand Barzingault monte sur scène, il est comme dans la vie. Un intarissable moulin à bonnes paroles et autres truculents jeux de mots. Sa prestation tient aussi du one man show. C’est ce qu’on appelle FAIRE SON NUMÉRO.
A.S


La colonne des Mobiles 
et Bernard Dimey

La Ville a restauré le monument des Mobiles et l’extrait 
d’un poème de Bernard Dimey enrichit le site, son point de vue, et rend hommage aux victimes de la guerre de 1870.
Anne-Marie Nédélec et son conseil municipal ont été ravis de dévoiler avec l’Association Bernard-Dimey, le monument des Mobiles restauré, jeudi
7 mai. Cette colonne a été érigée par souscription publique et inaugurée le 19 juillet 1875 en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1870. Sa remise en place rend hommage aux nombreuses victimes et à la population qui a connu ces événements tragiques.
Comme l’a rappelé Philippe Savouret, «du 6 au 13 décembre de cette funeste année, 80 maisons ont été brûlées, surtout à Nogent-le-Bas, d’autres ont été atteintes par des obus. Ce sont 500 personnes qui se sont retrouvées sans abri au cœur de l’hiver. Chez les victimes, on dénombre 30 soldats français et 81 prussiens. A ceci s’ajoutait la variole et l’hiver rigoureux».
Sur l’ancien cimetièreUn élan de solidarité s’est mis en place. Les bienfaiteurs étaient le baron Lesperat, M. Du Breuil de Saint-Germain, la comtesse de Paris, l’évêque de Langres. Ainsi que les communes d’Ageville, Esnouveaux, Vitry-lès-Nogent, Champlitte qui donnèrent argent et grains. Quant au capitaine Barotte, il a transmis les cotisations de l’armée de Langres. «La Ville de Nogent, meurtrie a décidé d’élever un monument commémoratif aux victimes. Il a été érigé à l’emplacement de l’ancien cimetière et financé par souscription publique», a précisé Philippe Savouret. Une colonne en fonte de 7 m de haut, avec des anges. Au socle, quatre plaques. Celle au nord rappelle l’événement. Celle au sud, indique la souscription publique. A l’est, les noms des victimes civiles  : Pierre Degabrielle, Didier Nancey, François Robert, Claude Georgin, Jean-Baptiste Remy, Eugène Coyot et les frères Devoisin. A l’ouest, les soldats tués : Arthur Pernot, Joseph Dupont, Auguste Lepine, De-Jossey Grandjean, Charles Landenwesth, deux inconnus et un “turco” (surnom donné aux tirailleurs). Le poème de Dimey «décrit parfaitement cet endroit, son joli point de vue, qu’il fallait admirer sur le mur, aujourd’hui il est dégagé», a commenté Anne-Marie Nédélec. Le président de l’Association Bernard-Dimey, Yves Amour, a exprimé sa fierté et associé aux remerciements, tous ceux qui ont œuvré et continue à le faire pour rendre hommage au poète nogentais. Le poème “L’Enfance” a été lu par Chantal, avant quelques chants de circonstance par Un Chat dans la main, un groupe de Langres. La plaque a été dévoilée par le maire et la tante de Bernard Dimey, Michelle Delanne.
Estelle Galland

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Barzingault et une partie de sa fine équipe.
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Trois chats dans la cave à Bernard.
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Un plaque en hommage à Dimey vers le monument des mobiles qui surplombe la vallée de la Traire.
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Gaëlle Vignaux, talentueuse et un brin espiègle.



Extraits de la prestations du groupe Casius Belli

Extraits de la prestation d’Anne Baquet

Mercredi : De toutes les couleurs !..

Yves Amour, président de l’association Dimey, l’avait annoncé mercredi en fin d’après-midi dans son petit mot inaugural : Les festivaliers vont en voir de toutes les couleurs quatre jours durant.
Cette 15e édition a démarré fort avec le groupe Casius Belli. Un groupe du secteur (Chaumont-Châteauvillain-Mandres-la-Côte) qui aime les défis. Le groupe s’est rapproché de l’association Dimey à la faveur de sa participation constructive à l’album Dimey Pluriel dont le lancement officiel a eu lieu quelques semaines auparavant au Centre culturel de Nogent qui accueille également le festival depuis ses débuts.
Avec Yann le formidable (rôle de pure composition pour Yannick) et son équipe, la mise en perspective est soignée. Le groupe a travaillé son set cet hiver lors d’une résidence au Nouveau Relax de Chaumont. La matière a bien évolué, certes. Musicalement, Casius Belli tient la route, on le sait depuis longtemps. Yannick a aussi un talent certain d’interprète. Mettez-lui un texte de Bernard Dimey entre les mains et le résultat est là, avec cette version remarquablement troussée du poème «Le français» qui ouvre l’album Dimey Pluriel et restera LE temps fort de la prestation du groupe mercredi soir à Nogent. Pour celles et ceux qui placent l’intérêt pour la langue française au premier plan.
Avec Anne Baquet, qui partageait l’affiche avec Casius Belli, point de rose bonbon dans le décor mais une ambiance monochrome hyper classe. Du velours ! Pardon. De la soie. Enveloppante. Du meilleur grain ! Anne Baquet, c’est quelqu’un. Une voix étonnante : tantôt fragile, tantôt d’une force impressionnante. Madame Baquet n’en fait pas des tonnes. Tout est dans la mesure, dans le contrôle. Une perfection incarnée aussi par Grégoire, pianiste au tempérament débordant. Quelle claque ! C’est burlesque, intime, profond, décalé… C’est grand.
A.S

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Dixwatts a fait son marché et la tournée des bars de Nogent.

Nogentais et fiers de Dimey
A l’origine, il y a près de deux décennies, le Festival Dimey allait à la rencontre des Nogentais dans ces lieux où l’on revendique une culture populaire. C’est dans cet esprit qu’Anicet Seurre et ses amis du groupe Dixwatts ont décidé de faire leur marché, samedi à la mi-journée, avant d’investir les bars du centre-ville. Dans leur cabas, les textes de Bernard Dimey mis en musique par leurs soins, mais aussi ceux d’Alain Bashung, de Léo Ferré et les propres compositions du groupe. Dixwatts a participé à l’album Dimey Pluriel qui regroupe une douzaine d’artistes du département autour des textes de Dimey (lire plus bas sur cette même page). Autant dire qu’on est ici en présence de musiciens concernés par l’oeuvre du poète nogentais. « Dimey, c’est tout le contraire d’une culture élitiste. C’est la culture populaire transcendée. C’est pour ça qu’on a voulu investir le marché, les cafés », assure Anicet, Nogentais lui aussi, et initiateur de l’album Dimey Pluriel qui est sorti le 28 mars dernier. Dans Dixwatts, tous les musiciens, à l’exception de Kamel (guitare-chant), ont un lien avec Nogent. Arnaud Maîtrehenry (percussions) travaille dans la cité coutelière, Pierre Huguenel (basse) a épousé une fille d’ici), Anicet (chant-guitare) a passé sa petite enfance à quelques mètres de la médiathèque Dimey où l’on trouve aujourd’hui La cave à Bernard, seul lieu de spectacle ouvert dans l’hyper centre mais où les Nogentais vont peu.
« Plutôt que de les stigmatiser, on préfère leur chanter Dimey, aux gens de Nogent », s’amuse Anicet. « Chanter Dimey, c’est un bonheur qu’on veut partager là où le poète a passé le plus clair de son temps. Dans un bistrot, un verre à la main. Et puis, je me plais à penser que mon grand-père, qui fréquentait assidument les troquets de Nogent, a pu trinquer avec Dimey. On est très heureux d’avoir investi ces lieux de vie ». Surtout au petit bar-tabac situé au bas de la rue Astier où Dixwatts a reçu un accueil formidable de la part de la patronne. Le groupe est allé chercher les gens dans la rue. Deux heures d’enfer. Et il n’y avait quasiment que des Nogentais pour écouter la poésie chantée de Dimey. Comme quoi !..
A.S


L’expo des photos instantanées de Dominique Decker.

Ci-dessous, le petit journal du festival Dimey 2014 (photos, vidéos…)lapalud

Barzingault, comme son nom l’indique

Quand on lui demande qui sont ses papas, il n’en finit plus… Higelin, Thiéfaine, Desproges… Ben voyons, rien que cela !!! Son poète contemporain préféré : Wally. Une de ses salles favorites : Chez Paulette, un haut-lieu du rock et du blues dans la banlieue de Toul, où il a enregistré un DVD. Son style : un country slave, vous voyez…, un genre de rock mou, avec des côtés musette, mais à texte, quoi, vous y êtes ? Voilà… de la poésie vivante, sortie des boucles folles d’une tête de savant dingue, pianiste doué, entouré comme il se doit d’un accordéon, d’un violon et d’une section rythmique. Tenez, en deux citations qu’il utilise, vous allez avoir une idée : «Un véritable anarchiste, il traverse dans les clous parce qu’il n’a pas envie de parler aux agents… (Georges Brassens)», «Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien… (Jean-Claude Van Damme)».
Barzingault va vous faire rire, il va aussi vous émouvoir. Ne le manquez pas, parce que lui, il ne va pas vous louper… Le bougre a donné plus de 1200 concerts en dix ans. Il n’a pas peur du public intransigeant, des connaisseurs de la bonne chanson française et des adeptes des troisièmes mi-temps bruyantes. Il les attend. Il est né à Chalindrey, et sa grand-mère est de Bricon. Même que son voisin, qui jouait de la batterie avec lui, s’appelle Dimey… et qu’il est parent avec le grand Bernard. Alors, c’est pas une preuve, ça ?
De notre correspondant Florent Desprez

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Barzingault, jeudi soir au centre culturel de Nogent

Un chat dans la main : «A trois, c’est plus jouissif»

Un chat dans la main ne se prend pas au sérieux mais le trio langrois fait les choses sérieusement et dans une belle harmonie. Démonstration lors du festival dans La cave à Bernard où le groupe vocal chantera deux fois.
Ils n’en reviennent toujours pas. Les trois gais lurons qui forment le groupe vocal Un chat dans la main ne s’attendaient pas à se produire en public aux quatre coins du territoire national. De Cohons à Dignes en passant par Langres, leur terre d’adoption.
L’aventure a débuté en 2012 à la faveur d’une sortie à Verdun au monument des Basques. Portés sur les chants antimilitaristes et pacifiques, Michel Bellegy et Pascal Inza sont rapidement rejoints par Jean-Luc Juy. Cette rencontre doit beaucoup à «un pote qui n’est plus là», assurent-ils, en pleine répétition, dans un des rares moments où l’émotion prend le dessus sur l’humour. Avec ces trois gaillards-là, éclats de rire et contrepèteries font bon ménage.
Double sens
Leur spectacle «Encore un vers» cultive le goût du double sens à l’instar du nom de groupe retenu par le triumvirat. «On aime l’ambiguïté. Un chat dans la main, c’est limite coquin. On veut intriguer, interpeller», assure Pascal Inza.
Et rester dans un esprit «anarcho-libertaire» revendiqué.
Leur prestation pour La libre pensée, en faveur d’une reconnaissance des fusillés pour l’exemple, les a amené jusqu’à Hénin-Beaumont en terre frontiste. Ils en rigolent encore. «On n’est pas du genre à se laisser faire. On dénonce la connerie ambiante, les fachos…», renchérit Jean-Luc Juy.
Dans La cave à Bernard, le trio chantera Dimey, bien sûr, mais aussi Vian, Blanche, Tachant, Couté, Brassens, Aragon…
Aux forceps
«Généralement, chacun vient avec un texte qu’il apprécie. On choisit au forceps. Parfois, la sauce ne prend pas», attestent-ils. Et c’est toujours le plaisir qui guide les ébats collectifs. «Chanter à trois, c’est plus jouissif !» Et le public ne s’en lasse pas. «On arrive toujours à décrocher quelques engagements quand on joue quelque part», assurent-ils un rien surpris par leur pouvoir d’attraction.
Le tour de chant, travaillé avec l’aide du metteur en scène langrois Jérôme Hudeley, est construit autour d’une vingtaine de textes interprétés dans des versions déjà existantes. Le pouvoir de leurs voix mêlées, la force des mots et la passion véhiculée par ces trois grands gamins valent vraiment le détour.
Dans l’antre de Dimey, Un chat dans la main va en surprendre plus d’un.
A.S
Un chat dans la main, jeudi et vendredi à 15 h 30, Cave à Bernard.

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Douze allers pour Syracuse

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Dimey-Syracuse

Qui a eu cette idée folle ? Réunir onze groupes haut-marnais pour un album célébrant Bernard Dimey, né à Nogent en 1931 et décédé à Montmartre moins de cinquante ans plus tard.
C’est Anicet Seurre, nogentais lui-même, qui a soufflé cette folie à Yves Amour, président de l’association Bernard Dimey et du festival annuel du même nom.
Et pour ce qui est des talents vivants dans le département, ils n’ont eu que l’embarras du choix. Le voisin lorrain Eric Frasiak a accepté la direction artistique de l’album. Et ce n’était pas rien, car la diversité stylistique des artistes impliqués saute aux yeux et aux oreilles. Pourtant, la mayonnaise a pris. Grâce à deux ingrédients : le coup de patte indéniable du meusien auprès des artistes et des techniciens du studio de Faverolles, et, plus encore, les textes du poète hirsute.
Non, Dimey l’écorché n’a pas pris une ride : sa poésie bien torchée va comme un gant au rock, à l’électro, aux chanteurs d’aujourd’hui tout simplement. Tout le monde s’en est emparé, comme on a pu le voir lors de la soirée de présentation du CD à Nogent (*). La Haute-Marne célèbre sa richesse dans cet album superbe. Ne prêtez jamais ce disque, on ne vous le rendra pas. Offrez-le, c’est mieux.
De notre correspondant Florent Desprez

Il reste quelques expemplaire du CD Dimey pluriel (Casius Belli, Ya-Ourt, Joli Falzar, Cédric Barré, Dorothée Daniel, Bagad Café, Millefeuille, Céline Bardin, Christophe Rémy, Tournelune, Dixwatts – Direction artistique : Eric Frasiak) à la vente.
Association Dimey – BP 37-52800 NOGENT (15 € + 2 € envoi)
*http://site17.ippac2.nfrance.com/2015/04/01/dimey-pluriel-un-vrai-festival-avant-lheure/