C’est à la mode et le phénomène est amplifié par la crise du Covid : les artistes (se) cherchent des solutions pour se faire entendre, ils créent leur application. C’est le cas de Pascal Obispo. Et notoriété oblige, la nouvelle va très vite. A la vitesse du web.

Pascal Obispo frappe un grand coup, avec une application très prometteuse. (Photo Christophe Bonnefoy).

Saez l’a fait avant lui. Da Silva a, lui, compris depuis longtemps que l’échange avec le public pouvait aussi se faire via Internet. Pascal Obispo se lance désormais, et visiblement, il évite et évitera les écueils qui ont fait d’autres expériences, des ratés ou des démarches seulement à moitié concluantes.

Choix d’indépendance
Le phénomène a bien sûr été accéléré par une pandémie qui a obligé les artistes à trouver des solutions face au silence qu’on leur imposait par l’annulation de leurs spectacles. Il est aussi dicté par un choix d’indépendance.
Dans le cas de Pascal Obispo, c’est toute l’œuvre passée ou à venir qui viendra graver le sillon d’“Obispo : All access”. Des musiques déjà connues, bien sûr. Mais aussi des inédits postés à intervalles réguliers. Ou encore des rendez-vous avec d’autres artistes, la diffusion d’un podcast sur la méditation… Bref, Obispo fait et fera ce qu’il veut, sans se laisser dicter quoi que ce soit par les maisons de disque. Et il revendique cette liberté totale.

Pour « le prix d’une place de concert par an », soit 5,99 euros mensuels, on peut en quelque sorte dire que tout Obispo sera réuni en un seul lieu. Et nulle part ailleurs. Un choix assumé par celui à qui tout a réussi. Qui a forcé le destin, plutôt.

Mais l’artiste multi-casquettes devra tenir la promesse. Ses promesses. Faire vivre une telle application demande forcément un travail de chaque jour. Une alimentation quotidienne, ou presque, si l’on peut dire. On n’est pas, là, dans la création d’un simple album qui pourrait mettre des années à mûrir et offrirait au chanteur de longues pauses. Les fans qui viendront s’abonner en demanderont forcément pour leur argent. Et tous fans qu’ils sont, feront vite savoir leur mécontentement si la coquille semble vide. Les exemples ne manquent pas, de projets ambitieux qui errent aujourd’hui dans les méandres de la toile.

Christophe Bonnefoy