Changement d’humeur, instant de liberté octroyé au détour d’un live bien ficelé… animent les morceaux du groupe Of Ivory & Horn. Rencontre avec Damien Chamoin, Langrois et initiateur du groupe, qui touche un premier aboutissement avec la sortie en mars d’un premier opus : “Where lions cry”.

L’histoire de Of Ivory & Horn, c’est avant tout l’histoire de trois garçons dans le vent qui pensent chaque morceau comme une œuvre à part entière, plutôt que comme support de promotion. La base reste la même. Un thème vocal simple et quelques notes pour former une mélodie. Là-dessus, s’ajoute tout un travail de construction harmonique qui va se jouer des changements d’humeur et donner tout son sens au morceau. Les paroles – secondaires pour Damien Chamoin – «sont extrapolées de fables inspirées de mes expériences, mais aussi de choses plus universelles». Ce projet, c’est en quelque sorte son bébé, le jeune homme de 27 ans en est à l’origine. A l’âge de 22 ans, il rédige ses premiers écrits avant de trouver Rémi Fay et Vincent Fliniaux, son batteur et son contrebassiste qui l’accompagneront sur diverses scènes.
1, 2, 3, et puis s’en vont
Puis leurs chemins devront se séparer… L’un ira au Canada, où il est encore actuellement et produit des musiques pour jeux vidéo, l’autre essaiera une galerie d’Art en Islande. Reste Damien qui, marqué par un caractère fort et une motivation plus que grandissante, reconstituera son groupe avec d’autres membres et l’histoire continuera… Sur sa route, il trouvera Gabriel Rouet, étudiant en musicologie et claviériste, ainsi que Willy Brauner, un batteur amateur de punk et de jazz.
Ensemble, ils se donnent un objectif : faire aboutir ce beau projet à la rythmique “néo-folk”. Un vrai challenge car il faut allier le côté intimiste du disque avec celui presque animalier tellement empli d’énergie, du live. D’ailleurs, Damien Chamoin ne s’en cache pas : «Dans un live quand je ne transpire pas, c’est qu’il est raté». Si toutefois d’autres multi-instrumentistes veulent transpirer avec lui, il est preneur. L’homme souhaite en effet voir évoluer son trio en quintet pour prendre encore plus de plaisir sur scène.
Pas de promo,
juste du risque
Des scènes, il en a connu avec son groupe, celle du Chien à plumes notamment. Mais c’est la représentation en première partie d’Emilie Simon, qui a donné un vrai coup de fouet à Of Ivory & Horn.
Son fil conducteur reste clair, ne pas s’enfermer dans l’acoustique et ne pas avoir un rendu dit «promotionnel». Lui et ses musiciens aiment particulièrement le goût du risque, c’est pourquoi ils cherchent l’innovant, l’atypique… «Il faut que quelque chose se construise, si ça te parle et que tu rentres dedans, tu as réussi ton objectif». Toujours dans l’atypique, il ne se conforme pas au format standard. Son disque à venir en est la preuve, il contiendra sept morceaux pour une durée de 36 minutes. Une fabrication qui se veut artisanale, avec du mastering fait maison et quelques voix enregistrées via Iphone… Verdict en mars prochain.
Marine Prodhon

ofivoryandhorn