Trois musiciens de Saint-Dizier et Laneuville-au-Pont ont participé ce week-end au “Rockin’ 1 000”. Ils ont fait partie des 1 038 qui se sont rassemblés au Stade de France pour jouer du rock devant 55 000 personnes. Une expérience inoubliable.
« Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi fort émotionnellement. Il n’y a pas de mot pour le décrire. C’est vraiment quelque chose à vivre.  » Alexis Guillemin a du mal à redescendre sur Terre. Florian Spini et lui ont joué aux côtés de plus de 1 000 musiciens, samedi au Stade de France. Les jeunes guitaristes ont vécu une expérience unique : il n’y a aucun doute là-dessus. Même si les mots manquent, les émotions sont là. Et sont bien visibles : c’est avec de grands sourires que les Bragards racontent leur aventure.

« Des liens incroyables »

Ils sont arrivés ensemble à Paris, mercredi après-midi, en voiture. Une bassiste de Laneuville-au-Pont faisait aussi partie de ce groupe de rock hors-norme. Blandine Dépret est arrivée de son côté en train, le même jour. Les répétitions ont commencé le lendemain. Les Bragards ont retrouvé les 300 autres guitaristes de la France entière. Sous un soleil de plomb, ils n’ont pas été tant dérangés par la canicule. « On prenait tellement de plaisir, la chaleur était secondaire », assure Florian Spini. Il faut dire que les organisateurs avaient prévu le coup : gourdes, parasols, couvertures de survie pour le matériel…
Leur “guitar guru”, Claudio, les a coachés jour après jour. « Il nous prenait par groupes ou personnellement. Et beaucoup de gens venaient lui poser des questions », assure Alexis Guillemin, qui porte fièrement son T-shirt “Un des mille”. Avec lui, le courant est tout de suite passé. « On s’est super bien entendu avec lui, c’est comme un frère », renchérit Florian Spini. Comme avec tous leurs collègues, d’ailleurs. « C’est surtout le côté humain que je retiens », lâche Alexis Guillemin. « En trois jours, des liens incroyables se sont créés. On était tous de grands enfants. »
Vendredi soir, place à la répétition générale. Dans les mêmes conditions du concert… mais sans le public. Le jour J, l’excitation monte d’un cran. A 15 h, ils sont convoqués pour un dernier débriefing. Le coach leur rappelle bien les consignes : ne pas quitter sa zone, ne pas faire de vidéo… et « prendre du plaisir ». 20 h 40, soit 20 minutes avant le début du concert : une ambiance de folie règne dans les loges. « On était vraiment pressés d’y aller », décrit Alexis Guillemin.
Au bout du compte, les guitaristes voient défiler le concert en un rien de temps. « On a joué pendant deux heures, mais j’ai l’impression que c’est passé en quinze minutes ! », s’étonne encore Florian Spini. Ils se lâchent vraiment. Au cours des 19 chansons, des moments forts les marquent.
Ils étaient plus de 1 000, dont trois du coin, ne se connaissaient pas tous, mais se sont retrouvés pour faire ce qu’ils aiment le plus. C’est ce que les jeunes Bragards retiennent. A ceux qui critiquent le Rockin’ 1 000 (une vidéo tourne sur internet), ils répondent du tac au tac. « C’était un moment de partage, et ça vaut tout l’or du monde », conclut Alexis Guillemin.
Clotilde Percheminier

Alexis Guillemin immortalise les meilleurs moments.
Florian Spini, 23 ans, et Alexis Guillemin, 22 ans,sont arrivés ensemble au Stade de France, jeudi.
Philippe Manœuvre, parrain de l’événement, et Florian Spini.
Le concept du Rockin’ 1 000 est de réunir 1 000 musiciens pour se produire en concert et jouer des morceaux de rock.
Photos D. R.