Rien ne sera plus jamais comme avant. Et surtout pas au Bataclan. Les 21, 22 et 23 décembre, Damien Saez a marqué le lieu de son empreinte – son humanisme presque -.

Damien Saez et le Bataclan, c’est une longue histoire. Il en avait déjà empli sa poésie par le passé. Mais en cette fin 2016, ses trois concerts donnés en hommage aux victimes des attentats – son album, L’oiseau liberté, rappelle d’ailleurs sans cesse à quel point il a été marqué par l’année 2015 -, ont donné un ton tout particulier à cette parenthèse, qui verra, avec l’arrivée du printemps, éclore une tournée annoncée comme beaucoup plus rock.
La comparaison est facile, peut-être, mais Saez a transformé le lieu en une véritable cathédrale, trois soirs de suite. Quatre heures de concert, pas moins, une incroyable proximité avec le public, de l’humour, mais point trop n’en faut vu les circonstances, un discours revendicatif toujours, l’artiste s’est voulu bouleversant. Par la force des mots, cette voix qui vient des tripes et une simple guitare. Simple ? Tellement magique…

Que dire de cet Ave Maria, accompagné au piano, qui restera sans doute dans les mémoires, digéré par le public dans un silence religieux. Et de tous ces autres morceaux, dans lesquels le mot Bataclan, le mot terroriste et bien d’autres lancés du fond de l’âme ont forcément touché. Beaucoup touché les 1 500 fans présents à chaque opus.

Il a régné pendant ces trois soirs une ambiance très particulière. De celles qui marquent un artiste. De celles qui marquent une salle. Et de celles qui marquent ceux qui auront eu la chance d’être là.

Christophe Bonnefoy