Ya-Ourt sauce langroise
Chanteur, musicien, auteur, interprète, créateur de style… Karim Billon sait tout faire. Il a donné naissance à un personnage, Ya-Ourt, et à un style, depuis 2012. Rencontre avec l’homme-orchestre langrois.
Certains se souviennent des débuts d’un jeune garçon aux cheveux blond platine. Avec des potes du lycée, il était membre du groupe Arkange. Une formation heavy metal qui lui a permis de faire ses premiers pas sur la scène locale.
Fin 2005, il intégrait les Sales Timbanques, un groupe de cinq joyeux drilles distillant des chansons festives à souhait. «Nous nous sommes rencontrés au lycée Diderot, dans l’atelier musique de Julien Cottet. J’avais écrit une chanson, “Super mamie”. Nous l’avons jouée aux Festi’Mardis, ça a bien plu au public», raconte le trentenaire. Ensemble, ils ont enchaîné les belles scènes : le Chien à plumes, la Niche, la Cartonnerie à Reims…
En 2010, le groupe s’est arrêté, par la force des choses et de l’éloignement géographique. «Je n’ai pas fait de scène musicale durant deux ans. Mais j’ai participé à une pièce avec Anne-Laure Lemaire et j’ai acheté un looper : c’est un appareil qui permet de faire des boucles. Je m’amusais avec…» Et c’est ainsi que l’envie est revenue.

Un style unique

Le 2 juin 2012, Karim entrait pour la première fois en scène avec son personnage de Ya-Ourt lors de la finale de Jukebox, le tremplin musical du JHM. «Je n’avais pas de morceau à moi, je ne faisais que de l’impro», se souvient-il. «Je n’ai pas gagné Jukebox, mais c’était un test pour moi. Et au final j’ai tout gagné», sourit-il. Le projet était né, le personnage aussi.
Avec son looper, sa voix transformable à volonté, son sens du rythme et ses chansons façon Ya-Ourt, le succès a rapidement suivi avec douze dates en 2012. Peaufinant son style, il a enchaîné les scènes. Sa participation au Dispositif de soutien aux artistes régionaux (DSAR) lui a ouvert de nombreuses portes et lui a permis de nouer des contacts à l’échelle régionale. «Depuis 2014, je suis intermittent», précise-t-il. Il vit sa passion à fond.
De nouveau passé par la scène du Chien à plumes dans le courant de l’été 2013, il a également fait la première partie de Sergent Garcia, High Tone, a joué au Nouveau Casino de Paris, avec Orelsan, LEJ et dans le Before du Grand Journal de Canal +. «J’ai joué dans toute la France et même en Suisse, en Belgique et à la Guadeloupe». Son succès aux “Bars en Trans”, à Rennes, lui a permis de trouver de nombreuses autres dates. «C’était une belle expérience, il y avait une ambiance extra».

Energique

Ya-Ourt cultive un style unique. Sur le plan vestimentaire, il mêle sarouel, casquette hip-hop, lunettes pixel et veste de l’artillerie anglaise. Ce sont autant de signes révélateurs de ses goûts éclectiques. «Je chante en yaourt. Je fais tout à la voix et j’utilise des effets», explique-t-il tout simplement. On comprend bien le principe. Mais en scène, le résultat est étonnant. Un véritable homme-orchestre. «Les cordes vocales sont un instrument formidable : j’adore m’amuser», assure-t-il.
Serein lors de l’interview, il dégage une énergie phénoménale dès qu’il entre en scène. Le fauve est lâché. «J’ai fait de tout : des ateliers avec les enfants ou les adultes, j’ai joué en prison et face à la mer des Caraïbes», résume-t-il.
Actuellement, il fait partie du collectif Ouïe-Fi, qui présente Peace & lobe, un dispositif éducatif faisant de la prévention auprès des jeunes pour les risques auditifs. C’est aussi un sacré moment musical. Actuellement en résidence avec l’artiste brésilien de cirque André Mandarino, Ya-Ourt prend part à une création intitulée “Loin et si proche” qui sera présentée au public sous peu.
Une autre actualité concerne un projet conduit avec la Compagnie haut-marnaise de théâtre Préface.
«J’aime être aux confins des styles», conclut Ya-Ourt appelé à évoluer. Un peu à la manière de “M”, le personnage de Matthieu Chedid qu’il affectionne.
Sylvie Chapron

 

 

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